mercredi 6 mars 2019

Jésus revint

Mc 2
1 Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison.
2 Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.

Viens Esprit Saint, viens nous rassembler autour de la parole, permets que nombreux soient ceux qui viennent recevoir l’annonce de cette Parole.

Il a fallu « quelques jours » avant que Jésus ne puisse revenir dans la ville de Capharnaüm, tout cela à cause du lépreux qui n’a pas su tenir sa langue comme Jésus le lui avait pourtant ordonné « avec sévérité ».

Peine perdue ; dès que Jésus est passé le seuil de la maison de Simon, voilà que la rumeur fait de nouveau son office.

Mais cette fois, au départ, ils sont là pour écouter. Ils ne viennent pas d’abord pour que soient guéris les malades ou les possédés. Ils viennent, nous précise Marc, en grand nombre : « Tant de monde s’y rassembla ».

Tant le monde, c’est aussi… tous les types de publics… Nous verrons qu’il y avait des scribes à côté des pêcheurs …

Mais la maison du pêcheur est bien petite pour cette foule, alors, on se presse devant la porte, on tend l’oreille. Et Jésus, de nouveau, accueille et enseigne. Il annonce la Parole.

Seigneur Jésus, tu as rassemblé autour de toi tant de gens avides de ta parole. Donne-nous cette soif d’écouter ton enseignement, de puiser à la source de ta parole de quoi découvrir toujours mieux qui est notre Dieu et de pouvoir répondre à ton attente. Reste avec nous, Seigneur, guide-nous.

lundi 4 mars 2019

Un témoignage.

Marc 1,43-45

43 Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt 44 en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens . » 45 Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.


Viens Esprit de Jésus, donne-nous un coeur qui écoute.


Pourquoi Jésus parle-t-il avec fermeté au lépreux qu'il vient de purifier? Il y a un enjeu dans son avertissement. Jésus ne veut pas de publicité : celle-ci aurait - et aura effectivement- l'effet de lui compliquer la tâche! Ce n'est pas encore le moment d'annoncer la nouvelle... Ce moment viendra beaucoup plus tard, après la Passion et la Résurrection de Jésus: alors il n'y aura plus l'ambiguïté d'un Messie triomphant!
Pourquoi renvoie t-il l'homme purifié ? Pour que la purification soit complète, elle doit être constatée par les prêtres du Temple (le livre du Lévitique 14,2-26 prévoit à cet effet tout un rituel compliqué et en plusieurs temps).Alors la personne est réhabilitée et peut reprendre place dans sa communauté humaine. Tant que la personne n'a pas fait cette démarche elle reste exclue! Si l'homme obéit à la demande de Jésus, les prêtres du Temple et le peuple auraient eu là un témoignage de la puissance de vie de Jésus.
L'homme, et on le comprend, n'attend pas et il "se mit à proclamer et à répandre la nouvelle". Nous imaginons sans peine que le bouche à oreilles a fonctionné à toute vitesse! Du coup Jésus est assailli: un tel faiseur de miracles, il ne faut pas le rater! C'est cela que l'on cherche, sans voir plus profond, au delà du signe, le sens de la purification.
Il est possible aussi qu'en n'ayant pas obéi à la demande de Jésus d'aller se montrer aux prêtres et d'effectuer les rites de purification, l'homme aie suscité de leur part une hostilité envers Jésus! Et lui aie ainsi fermé des portes!
Jésus, lui, préfère rester "à l’écart, dans des endroits déserts", où il peut se recueillir (voir le verset 35).
"De partout cependant on venait à lui." Malgré les conséquences négatives de l'attitude du lépreux purifié, la Bonne Nouvelle poursuit son chemin dans les coeurs. Jésus attire les hommes au désert, le lieu où Dieu parle au coeur: "Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l'entraîner jusqu'au désert, et je lui parlerai coeur à coeur" (Osée 2,16).

Puisse-t-il nous attirer et nous parler au coeur! Que nous soyons ses témoins par nos actes et notre vie. Et si parfois nous n'avons pas fait ou dit ce qu'il aurait fallu, confions-nous à sa miséricorde qui,même du mal, sait tirer du bien.

dimanche 3 mars 2019

Saisi de compassion, Jésus le toucha.

Marc 1,40-42

40 Un lépreux vient auprès de lui ; il le supplie et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » 41 Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » 42 À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.


Viens Esprit de vie, viens purifier nos coeurs.


Qu'est-ce que c'est que cette histoire de purification ? Il ne s'agit pas d'une pureté morale, mais rituelle. La lèpre n'est pas une maladie comme les autres. Perçue comme un châtiment de Dieu, contagieuse et souvent repoussante par ses atteintes cutanées, elle entraîne l'exclusion de la vie sociale et religieuse. Celui qui touche un lépreux devient à son tour exclu ! Les lépreux sont de vrais parias.
Le lépreux a dû entendre parler de Jésus qui proclame son message dans toute la Galilée et chasse les démons (voir verset 39). Il « vient auprès de lui », sa seule chance. Sa supplication se fait intense, il tombe aux genoux de Jésus mais sans le toucher. Sa démarche est très audacieuse. Les lépreux devaient crier « impur, impur » et laisser aux  gens le temps de s'éloigner d'eux ! Et lui, il s'est approché ! Il s'en remet totalement à Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » ! Celui qui chasse les démons, veut-il bien chasser la lèpre ?
«  Saisi de compassion », Jésus est pris aux entrailles par la demande et l'attitude  confiantes du lépreux. Jésus bouleversé par nos misères de toutes sortes !
Jésus transgresse l'interdit, touche l'homme, et reprend les termes même de sa requête. C'est un choix délibéré de Jésus. Il franchit le mur qui les sépare. Mais il n'est pas contaminé. La contagion inverse se produit : c'est sa puissance de vie, sa sainteté, qui « contaminent » la maladie et la font définitivement reculer et disparaître. La Vie commence dès aujourd'hui à vaincre la mort.
L'effet est instantané. La lèpre quitte l'homme comme une chose extérieure nous quitte. Et l'homme est « purifié » (et non « guérit »). Il retrouve son intégrité et peut être réintégré dans la communauté humaine.

Seigneur, je voudrais avoir la confiance si belle de ce lépreux : mais je viens à toi comme je suis, avec ma confiance  et ma foi parfois médiocres.
Seigneur, viens me purifier de tout ce qui me sépare de toi et des autres.
Seigneur je te confie aussi tous les exclus d'aujourd'hui.

samedi 2 mars 2019

Je suis sorti


Mc 1
38 Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
39 Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

Viens Esprit Saint, rends-nous disponibles, prêts à accueillir toutes les sollicitations avec un esprit libre et généreux. Que ces mots de Jésus soit un appel à rester attentifs.

On imagine sans peine le ton de reproche de Simon qui vient de dire à Jésus « Tout le monde te cherche ! »

Qu’aurions-nous pu imaginer comme réponse, comme réaction de la part de Jésus à cette irruption dans sa solitude, dans sa prière… ? Je n’ose pas imaginer ce que nous aurions dit ou au moins ressenti à sa place.

Mais, selon une habitude qui ne fera que se confirmer au long des évangiles, Jésus déplace la question.

Il ne s’agit pas de lui et de son désir de prière, ni des apôtres et de leur tendance à s’approprier Jésus, ni même des malades qui pointent déjà à l’horizon…
S’il rassemble ses apôtres, ce n’est pas pour retourner à Capharnaüm, dans le confort de la maison de Simon.

Non, c’est pour partir, pour aller vers d’autres qui ne le connaissent pas encore, qui ignorent encore la « bonne nouvelle ».

Oui, il est « sorti »… mais finalement, était-ce pour prier ou pour « évangéliser » ? A-t-il changé d’avis ? Ou bien parle-t-il d’autre chose, lui qui est « sorti » du Père… ?

Cette réponse de Jésus nous invite à la réflexion. Est-ce que prier et annoncer, c’est la même chose ? Est-ce que l’un découle de l’autre ? Il faut être Jésus pour faire ainsi l’unité dans sa vie et ne pas la découper en tranches à notre manière.

Seigneur Dieu, nous t’en prions, préserve-nous de faire de notre prière un écran à l’accueil de ceux que tu mets sur notre route. Permets-nous de te rencontrer dans la solitude comme dans la rencontre de nos frères. Toi qui viens sans cesse à nous, donne-nous de ne pas rater ton passage. Béni sois-tu.

vendredi 1 mars 2019

Tout le monde te cherche


Mc 1
35 Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
36 Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
37 Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. »

Viens Esprit Saint, sois notre guide dans notre quête de notre Dieu. Que la parole soit une lampe sur notre route.

Nous comprendrons vite que Jésus a l’habitude de se lever aux aurores (ou bien avant, comme dit Marc).
La foule a dû se disperser dans la nuit, et, après un rien de sommeil, nous suivons à nouveau Jésus.
Il « sort ». On sort beaucoup dans les évangiles, et cela est extrêmement inspirant.

Pour prier, Jésus choisit une heure et un lieu qui ont en commun d’être favorables à la rencontre intime entre le Père et le Fils. Parfois nous entendons dire « on peut prier partout » ou encore « tout est prière. Oui, peut-être, en un certain sens du mot « prière ». Mais contemplons plutôt Jésus qui, au-delà de son union constante avec son père, emploie des moyens d’homme pour  passer du temps en prière, et, en premier lieu, la solitude.

Les apôtres, eux, ont encore bien des choses à apprendre. Où est Jésus ? Ils s’inquiètent, ils sont pris par le « manque » de sa présence à leurs côtés. Ils ne lui font guère confiance…
Et donc, ils se mettent à sa recherche… et ils le trouvent.
Si nous pouvions poursuivre notre quête avec une telle conviction…

La première parole sort de la bouche des apôtres et elle est un peu étonnante. Elle sonne comme un reproche, à lui qui, toute la journée précédente, a été entièrement à la disposition de tous ceux qui le « cherchaient ». Un brin d’exagération renforce le reproche, car qui est-ce « tout le monde » ?

Les apôtres semblent indifférents au fait que Jésus prie, ils ne perçoivent pas cette intimité au secret de la nuit. Sans doute cette prière solitaire leur est-elle quelque peu étrangère. Ils veulent « récupérer » Jésus, peut-être l’avoir enfin pour eux seuls (tout le monde = apôtres ?) ou bien pouvoir répondre à nouveau à l’attente des malades (tout le monde = le peuple ?).

Regardons la scène comme si nous ignorions la suite, comme si nous entendions le récit pour la première fois… Voyons Jésus « dérangé » jusqu’en ce lieu éloigné qu’il s’est choisi.

Seigneur, toute notre vie est le lieu de la quête de Dieu. Nous, chrétiens, pouvons nous définir comme des « chercheurs de Dieu ». Et, comme en cette aube aux environs de Capharnaüm, tu te laisses trouver ! Mieux, tu nous cherches toi aussi… Béni sois-tu.