mercredi 16 mars 2022

Liturgie de la Parole, 2e mercredi de Carême

 (sœur Marie Raphaël)

Ouverture

Lundi, Marina Ovsyannikova, une jeune femme russe dont le père est ukrainien, rédactrice en chef d’un JT officiel, a posé un acte de courage et de vérité prophétique. Pendant le JT, elle est montée sur le plateau avec une pancarte dénonçant la guerre et la propagande officielle. Sur les réseaux sociaux, elle laisse parler la voix de sa conscience et exprime sa honte d’avoir participé si longtemps à la désinformation du peuple russe. En faisant cela, elle sait qu’elle va au-devant de sa passion. Elle le fait quand même, convaincue que c’est l’acte qui est à sa portée maintenant. Est-elle croyante ? Le fait-elle au nom de sa foi ? En tout cas, elle met ses pas dans les pas du Christ qui marche au-devant de sa Passion. Aujourd’hui, dans l’évangile, il l’annonce pour la troisième fois. Accueillons-le avec respect et prions-le de donner un fruit de résurrection à Marina et à tous ceux qui, comme elle, se dressent contre le mensonge au prix de leur propre vie.

Résonances

C’est la troisième fois que Jésus annonce sa Passion à ses disciples. La première fois, c’était dans la région de Césarée de Philippe, après la profession de foi de Pierre. Nous connaissons la réaction de Pierre et comment il a été remis en place. La première réaction, quand Jésus annonce sa Passion, c’est de dire : « non, pas ça ! ». La deuxième fois, cela s’était passé en Galilée, et l’évangéliste Matthieu avait simplement mentionné que les disciples « furent profondément attristés ». La troisième fois, c’est sur le chemin qui monte vers Jérusalem. Jésus prend encore une fois à part ses Douze disciples. Il entre dans les détails : trahison, dérision, flagellation, crucifixion… Et toujours cette conclusion énigmatique : « le troisième jour, il ressuscitera ». Ici, l’évangéliste ne signale aucune réaction des disciples. Après le déni, puis la tristesse, c’est le silence de la sidération. Que peut-on dire ?

La mère des fils de Zébédée n’a rien entendu de tout cela, puisque l’évangéliste a bien précisé que Jésus l’avait dit en aparté aux Douze. Elle rompt le silence de leur sidération par une demande qui, dans ce contexte, paraît complètement déplacée. Mais en fait, elle se rattache à une parole que Jésus avait dite peu de temps avant : « lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël ». Cette parole se terminait par la sentence : « beaucoup de premiers seront derniers et beaucoup de derniers seront premiers ».

« Vous ne savez pas ce que vous demandez » … Mais au moins, ils l’ont demandé, ce qui donne à Jésus l’occasion d’aller plus loin dans la catéchèse. Siéger à la droite et à la gauche du Seigneur dans la gloire, être le premier, être le plus grand dans le Royaume des Cieux… c’est quoi ? Avoir le privilège de se tenir tout près de Jésus, si près de lui qu’on vit la même chose, qu’on boit la même coupe. La réponse de Jésus est claire : « celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur, et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave ». Et cela, pas par ambition, mais par imitation du Fils de l’homme. « Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Donner sa vie en rançon pour la multitude, risquer sa vie pour faire avancer la cause de la vérité et de la paix, c’est ce qu’a fait Marina Ovsyannikova, c’est que font tant d’autres aujourd’hui, un peu partout dans le monde. Laissons-nous toucher par cette promesse : « le troisième jour, ils ressusciteront ».

Prière

Seigneur Jésus, librement, tu marches vers ta Passion. Convertis notre ambition, notre désir de grandeur, en ambition de service, en désir de participer à ton offrande parfaite. Veille sur notre monde et sur tous ceux qui mettent leurs talents au service du Royaume. Au cœur de toute détresse, donne la force de l’espérance qui prend sa source en ta résurrection.

lundi 14 mars 2022

Liturgie de la Parole 2ème lundi de carême

(sœur Marie-Christine)

Introduction

Bonjour et bienvenue à cette célébration de la Parole qui nous rassemble au nom du Seigneur. La première lecture tirée du livre de Daniel nous offre la très belle prière de ce dernier.

À la fois confiance au Dieu miséricordieux et confession de ses péchés, de ceux de son peuple. Daniel reconnaît surtout que « nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes qui ont parlé en ton nom… nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »

L’écoute qui est ouverture du cœur à la Parole, à ceux qui parlent au nom du Seigneur, à ceux qui rappellent ses lois, loi d’amour et de miséricorde. « Au Seigneur notre Dieu la miséricorde et le pardon », il fait de nous ses enfants et nous le devenons à la fois en reconnaissant que nous ne correspondons pas à cette vie filiale et fraternelle à laquelle il nous invite, et en ne nous décourageant pas, en nous tournant sans cesse et toujours vers lui le Miséricordieux.

L’évangile est si fort que nous prendrons 5 mn de silence pour l’accueillir.

Mais auparavant chantons la miséricorde du Seigneur au moyen des Psaumes.

 

Introduction au Notre Père

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » Tournons=nous vers le Père des miséricordes et chantons lui la prière reçue du Seigneur Jésus

 

Prière d’envoi

« Pitié pour nous, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface notre péché. Crée en nous un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de nous notre esprit. Rends- nous la joie d’être sauvé » (cf. Psaume 50)

Seigneur cette prière du psalmiste ne te l’adressons en notre nom et au nom de tous nos frères et sœurs en humanité. Par Jésus le Christ, notre Seigneur qui vit avec toi dans l’Esprit Saint, Dieu miséricordieux pour les siècles des siècles. 

mercredi 9 mars 2022

Liturgie de la Parole, 1er mercredi de carême

Liturgie de la Parole 1er mercredi carême Luc 11, 29-32 ; Jonas 3, 1-10

(sœur Marie Raphaël)

Ouverture

Notre Dieu a de la suite dans les idées. Jonas a pu le vérifier. Il avait d’abord essayé de se dérober à l’appel de Dieu. Mais la tempête, puis le grand poisson, l’avaient ramené à son point de départ. De nouveau, Dieu lui adresse la parole. Notre Dieu est un Dieu qui ne cesse de nous donner, de se donner une nouvelle chance. De nouveau… Car il ne veut pas s’avouer vaincu, il ne se laisse pas vaincre en générosité. De nouveau : c’est une des clés qui permet d’entrer dans le secret de Dieu !

Résonances

« Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? » Tout le secret du petit livre de Jonas tient dans ces mots : « qui sait ? »

Les gens de Ninive ne savent pas, mais ils font l’hypothèse, ils n’ont rien à perdre, ils misent tout sur cette hypothèse.

Jonas, lui, sait. Il l’avouera dans les versets qui suivent. Il savait. Et c’était même pour cela qu’il avait tant résisté à l’ordre divin : « Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Jonas, prophète malgré lui, voulait bien se faire le porte-parole de la justice de Dieu, mais pas de sa miséricorde. Pourquoi Jonas se met-il en colère ? On dirait qu’il voudrait protéger Dieu de Dieu. Cela ne convient pas, un Dieu qui fait marche arrière ! Il mesure la folie dans laquelle Dieu se laisse entraîner s’il cède à sa miséricorde. Il mesure la révolution qui est ici en jeu. Un Dieu qui se repent : où va-t-on ?

Et si cette marche arrière, cette apparente régression, était précisément la « botte secrète » de Dieu ? Sa tactique inattendue qui lui permet de sortir de l’impasse et de sauver à la fois sa justice et sa miséricorde ?[1] Le livre de Jonas, si petit soit-il, vaut son pesant d’or dans l’ensemble de la révélation biblique. Il nous parle d’un Dieu qui ne rêve que d’une chose : faire justice en pardonnant, nous révéler l’excès de son amour.

Et il y a ici bien plus que Jonas. Jésus n’est pas seulement prophète de la miséricorde divine, il est en personne cette miséricorde, la mise en œuvre de l’excès de l’amour du Père. Jésus est la botte secrète du Père.

Jonas avait raison : cela ne convient pas. Un Dieu qui donne sa vie et meurt pour nous / par nous. Quel gâchis. Et pourtant, Jésus l’a fait. Devant ce gâchis, nous pouvons rester extérieurs, observer de loin, comme Jonas, et nous mettre en colère parce que Dieu est trop bon. Nous pouvons aussi nous mettre en route comme la reine de Saba et nous incliner devant la sagesse d’un Dieu qui nous aime à la folie.

Prière.

Dieu, tu nous aimes à la folie. Ta justice atteint sa plénitude dans l’excès de ta miséricorde. Béni sois-tu ! Apprends-nous à te suivre sur ce chemin de salut, convertis nos cœurs afin qu’ils reconnaissent ton passage dans nos vies. Bénis et protège tous ceux qui, aujourd’hui, dans notre monde en guerre, opposent au mal la résistance d’un cœur droit, d’un authentique repentir, d’une solidarité persévérante, tous ceux qui refusent d’entrer dans la spirale du mensonge et de la violence, suivant ainsi, peut-être sans le savoir, les traces de ton Fils bien-aimé.



[1] Pour l’expression « botte secrète » et l’explication de cette intuition, voir l’article de Jean-Pierre Sonnet, « Justice et miséricorde. Les attributs de Dieu dans la dynamique narrative du Pentateuque », dans Nouvelle Revue Théologique 138/1, 2016.

mardi 8 mars 2022

Liturgie de la Parole, 1er mardi de Carême

Liturgie de la Parole 1er mardi de carême Matthieu 6, 7-15, Isaïe 55, 10-11

 (Isabelle)

 Introduction

Aujourd’hui, 8 mars, nous fêtons Saint Jean de Dieu, fondateur de l’ordre des Hospitaliers, patron des malades et du personnel de soins. Nous prions spécialement pour eux, par son intercession.

Le 8 mars, c’est aussi la journée internationale des droits des femmes. Une journée au cours de laquelle, un peu partout dans le monde, les femmes dénoncent ouvertement les discriminations, les inégalités, les violences dont elles font l’objet ; elles écrivent des plaidoyers et des propositions d’action, y/c pour faire reconnaître leur place dans l’Eglise[1]. Des hommes se joignent à elles, bien sûr ! Dans certains pays, là où les femmes n’ont guère droit à la parole, là où elles n’ont pas le droit de manifester, elles se confectionnent une tenue spéciale, arborent des slogans et des symboles porteurs de vie, et elles font la fête. Elles dansent dans les quartiers, et à l’église elles chantent la gloire du Seigneur sur des rythmes « de Dieu le Père ». Les hommes les soutiennent bien évidemment, notamment en prenant leurs tâches pour un jour !

Dans la première lecture, les derniers versets du second Isaïe nous rappellent que la Parole de Dieu est féconde en nos vies, comme la terre est féconde. Cette parole, nous l’accueillons. Nous accueillons aussi et redisons chaque jour la seconde lecture : « Notre Père ». Nous répétons cette prière parce que Jésus nous l’a apprise ; nous l’aimons parce qu’elle rejoint notre humanité, qu’elle fait sens dans nos vies et qu’elle ouvre aux dimensions de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Amour face auquel nous sommes tous égaux.

Commençons cette célébration en chantant notre louange au Seigneur avec les psaumes.

Méditation (Is 55, 10-11)

« La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ». (Is 55, 10)

Quelle merveilleuse description ! On imagine un paysage un peu comme dans le cantique des cantiques : doucement vallonné, avec chevaux sauvages, des gazelles, des agneaux, des papillons, des abeilles, des arbres croulant de fruits, des blés dorés. Une brise légère, de la chaleur, de la douceur. Du vert, ou plutôt des verts, et des bleus. Et des senteurs …

Je me permets de vous lire ce matin un portrait d’une femme qui évolue dans un univers différent, et pourtant tellement lointain et tellement proche. Vous ferez le lien avec ce début du texte d’Isaïe …

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L. L comme Libona. Elle.

5h. L. se lève qu’il fait déjà grand soleil. Il fait toujours grand soleil dans ce pays. Un soleil de plomb qui ne se voile que pour devenir rouge des poussières du Sahara, ou qui s’assombrit quelques heures avec la promesse d’une pluie de mousson africaine.

Je l'imagine à ses heures matinales, mais je ne suis pas sûre de pouvoir le faire avec justesse. Elle aime la justesse, par-dessus tout. Il fait déjà chaud. Il fait toujours chaud. Sans doute prend-elle d’abord une courte douche, avec une attention énorme à économiser l’eau. Elle enfile un élégant pagne coloré, impeccablement repassé. Vert. C’est sa couleur préférée ! Elle dit : « Vert : la couleur de l’herbe que Dieu vous a donnée en abondance. Il aurait pu nous en donner un peu … ».

Elle déjeune de tô, une bouillie de petit mil cultivé par la coopérative des femmes qu’elle a créée. La gamine du village qu’elle a prise sous son aile pour lui apprendre à tenir une maison, lui a préparé le thé, sur le charbon de bois, accroupie, dehors. « C’est important de bien tenir une maison, c’est la dignité des pauvres ». Important pour garder le mari qu’on a choisi pour vous et pour bien élever les nombreux enfants qui naîtront, même si on n’en a pas encore vraiment l’âge.

L. a quitté depuis longtemps le village familial pour une vie de femme émancipée. Diplômée. Ce n’est pas nécessairement un cadeau : « une femme instruite, c’est difficile à accepter » ! Elle ne délaisse pas pour autant son village car elle tient à y promouvoir l’éducation des filles. Par tous les moyens. Leurs faibles moyens. Féministe. Généreuse. « La chance que Dieu m’a donnée, je dois la rendre tant que je vis », répète-t-elle.

Ce qui m’a frappé, une des dernières fois où je l’ai rejointe au pays, c’est son « africanité ». Chance de la voir me faire rencontrer "les siens", ceux de sa vie. Perte de mes repères occidentaux. Ils sont nombreux ses amis. Pauvres. Accueillants. Souriants. Ils se veulent intègres. C'est le nom de son pays : le pays des hommes intègres. Un vœu pieux pour un des pays les plus pauvres du monde, en proie à un terrorisme impossible à réfréner, et une gouvernance démocratique impossible à maintenir.

Chez nous, L. s’adapte. Elle se fond. Elle met de côté ses expressions indigènes. Elle parle moins fort. Elle ne dit sa foi que dans les cercles amis. Elle ne perd rien, prend tout, gagne « en expérience et en espérance ». C’est sans doute cela qui nous lie le plus : l’espérance.

Chez elle, je la vois fonceuse, frondeuse. Elle guide. Elle porte. Elle soulève des montagnes. Elle tient bon. Elle ne laisse personne indifférent.  Elle s'inquiète beaucoup : pour la santé, la sûreté alimentaire, la sécurité. Pour ses enfants, son village, pour son peuple. « Dieu n’oublie personne. », me dit-elle. « C’est difficile à prier ! »

Toujours à l’heure et pleinement de son temps, malgré un âge au-delà de l’espéré, elle s’en va rejoindre ses étudiants et étudiantes. « Les jeunes, c’est l’espoir de la nation ». Je partage cela aussi avec elle. Elle démarre en soulevant un nuage de poussière ocre rouge sur la piste avant de rejoindre le goudron. Tout est poussière dans ce pays !

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Je vous relis Isaïe (Isaïe 55, 10-11) :

« La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ».

« Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » 

Oui, Seigneur, Ta parole revient avec du résultat. Oui, en ayant fait ce qui Te plaît. Oui, en accomplissant sa mission. Qu’importe l’herbe, l’eau, la semence ou le pain, ce sont les hommes et les femmes debout qui Te suivent et façonnent ton Royaume ! Au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest, dans la richesse ou la pauvreté, dans la verdure ou la poussière du désert, en temps de paix ou en temps de guerre, en particulier ce jour, Seigneur, bénis les femmes !

Introduction au Notre Père

« Notre Père, qui es aux cieux », nombreux sont ceux et celles qui s’adressent à toi par cette prière. C’est la prière des femmes qui subissent des blessures énormes, en particulier en période de guerre, et y survivent avec courage, c’est la prière de celles qui portent de lourds fardeaux au quotidien, de celles qui vivent d’immenses joies et donnent de l’espoir à leur entourage, de celles qui t’accueillent avec amour. C’est la prière que Jésus nous as apprise. Poussés par l’Esprit, nous la chantons ensemble avec joie.

 Oraison

« Notre Père, qui es aux cieux », ton église nous présente des saintes comme modèles de vie. Nous les reconnaissons ; elles nous inspirent et nous soutiennent. Ton église nous parle moins des femmes qui, dans la discrétion, intercèdent pour nous auprès de Toi. Elles portent ta parole, elles portent la vie en toi. Accueille leur vie donnée, leur prière, celle de leurs familles, celle de leurs amis. Nous te le demandons, par Jésus, le Christ, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et à jamais.


[1] « Agir pour les femmes dans l’Eglise catholique - les 15 propositions du Forum de l’Evêque, 22/2/22 », rédigé en suite aux consultations d’Anne Soupa lors de sa candidature à l’Archevêché de Lyon : https://drive.google.com/file/d/1-bogBVzm2rvKnJjZbmlJrnLWFy3wsM0E/view

lundi 7 mars 2022

Liturgie de la Parole, 1er lundi de Carême

Liturgie de la Parole 1er lundi de carême Matthieu 25, 31-46 ; Lévitique 19, 1-2.11-18

(SMJn Noville)

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

En ce temps béni, des lectures inspirantes sont proposées à notre méditation.

En ce lundi de la première semaine du Carême, la liturgie nous parle de nos trois prochains : Lui le Seigneur, celui ou celle qu’Il met sur notre chemin et nous confie… et nous-mêmes.

En effet, l’extrait du Lévitique cite le verset qui fonde ce triple amour : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur »

Quant à l’Evangile, il nous rappelle la célèbre fresque du jugement, selon le chapitre 25 de Matthieu et nous questionne sur notre relation face à celui qui a faim, soif, est étranger, malade, nu ou en prison…

Deux déclarations fortes qui ne doivent pas nous décourager devant nos manquements, mais nous mettre en route, dès aujourd’hui :

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait… (et) chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait »

 En ce temps de grand bouleversement international, où tant de nos prochains souffrent et meurent, implorons le Seigneur afin que cesse la guerre et que s’apaisent les hostilités.

Aujourd’hui, bâtissons la paix, là où nous sommes, en nous-mêmes et avec tous les prochains que nous rencontrons. Et, par le chant des psaumes, prions pour que cette paix soit contagieuse…

 Méditation

En guise de méditation, je vous propose d’écouter l’enseignement d’une chantre de la charité, M Teresa de Calcutta :

« Si nous montrons tant d’amour aux pauvres, c’est qu’en eux nous trouvons Jésus aujourd’hui, lui qui est la Parole de Dieu faite chair. Plus nous sommes unis à Dieu, plus grandissent notre amour pour les pauvres et notre disponibilité à les servir du fond du cœur…

N’allez pas chercher Dieu dans les pays lointains ; il est tout près de vous ; il est avec vous. Tenez toujours vos lampes allumées, et vous le découvrirez sans cesse. Veillez et priez.

Jésus offre son amitié durable, confiante, personnelle, à chacun de nous ; il l’exprime avec tendresse et amour. Il nous a liés à lui pour toujours. Et maintenant, par notre empressement, nous mettons cet amour en pratique. Jésus est venu dans le monde en faisant le bien, et nous essayons maintenant de l’imiter, parce que je crois que Dieu aime le monde à travers nous. Je vois tant de gens dans la rue, des gens dont on ne veut pas, dont on ne s’occupe pas, des gens avides d’amour. Ils sont Jésus »

 Temps de silence

 Notre Père

Avec Jésus, redisons la prière des enfants de Dieu…

 Oraison

Seigneur, tu nous confies aujourd’hui à neuf notre responsabilité, notre mission : l’amour de Toi, l’amour de notre prochain, l’amour de nous-mêmes. Tu nous laisses percevoir que derrière le visage d’autrui, c’est ton visage que nous pouvons découvrir, servir, aimer. Accorde-nous de nous laisser interpeller par le frère, la sœur que tu mets sur notre chemin. Et que ton Esprit nous inspire afin que nous allions, à travers autrui, à Ta rencontre. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

 Bénédiction

Que le Seigneur, le grand Pauvre, nous bénisse et nous garde…