dimanche 6 mai 2018

Dans ta maison


Ps 65
13 Je viens dans ta maison avec des holocaustes,
je tiendrai mes promesses envers toi,
14 les promesses qui m'ouvrirent les lèvres,
que ma bouche a prononcées dans ma détresse.
15 Je t'offrirai de beaux holocaustes
avec le fumet des béliers ;
je prépare des bœufs et des chevreaux.

Viens Esprit Saint, viens nous rappeler nos promesses, viens soutenir notre fidélité, viens surtout nous redire la fidélité de notre Dieu.

Je viens dans ta maison avec des holocaustes : le chant devient action de grâce et il passe alors à la première personne. Le psalmiste exprime sa joie de pouvoir enfin venir à la maison du Seigneur, de pouvoir accomplir au temple les rites prescrits.

je tiendrai mes promesses envers toi, les promesses qui m'ouvrirent les lèvres, que ma bouche a prononcées dans ma détresse : c’est le temps d’honorer les promesses qu’il a faites quand il suppliait Dieu de lui venir en aide. Il va accomplir ses vœux avec une intention droite.

Je t'offrirai de beaux holocaustes avec le fumet des béliers ; je prépare des bœufs et des chevreaux : béliers, bœufs, chevreaux : l’offrande est abondante, démesurée même si l’on s’en tenait au décompte. L’énumération exprime bien le zèle du priant, la quantité et la qualité de l’offrande est à la mesure de la reconnaissance du psalmiste qui parle au nom de son peuple : c’est en tous cas en public, dans le temple, qu’il va exprimer la louange et l’action de grâce.

Seigneur Dieu, comment répondre à tes dons ? De quelle façon exprimer notre reconnaissance ? Tu nous accueilles en ta demeure, tu acceptes nos humbles moyens lorsque notre intention est pure. Donne-nous un cœur droit qui puisse te rendre hommage.



samedi 5 mai 2018

Vers l’abondance


Ps 65
10 C'est toi, Dieu, qui nous as éprouvés,
affinés comme on affine un métal ;
11 tu nous as conduits dans un piège,
tu as serré un étau sur nos reins.
12 Tu as mis des mortels à notre tête ;
nous sommes entrés dans l'eau et le feu,
tu nous as fait sortir vers l'abondance.

Viens Esprit Saint, que cette parole nous apporte la paix et la sérénité, dans la certitude de ta présence.

C'est toi, Dieu, qui nous as éprouvés, affinés comme on affine un métal : Dieu qui met à l’épreuve… on bute souvent sur ce genre d’affirmation. Pour la cadrer, relisons d’abord le verset qui précède : « il rend la vie à notre âme, il a gardé nos pieds de la chute ». Ainsi le psaume nous rappelle que Dieu protège, autant qu’il permet que nous soyons confrontés à l’épreuve. Tant de psaumes nous répètent cela. Ici apparaît un autre mot, comme un synonyme qui nous permet d’y voir plus clair : éprouvés / affinés. Quand le chemin monte trop fort et que les ornières sont profondes, quand la contradiction nous barre la route, souvenons-nous : c’est en passant au feu que le métal se débarrasse de sa gangue et devient lui-même.

tu nous as conduits dans un piège, tu as serré un étau sur nos reins : pour la énième fois, le psalmiste décrit à sa façon l’épreuve initiale – initiatique – subie par Israël sous la domination égyptienne pour mieux souligner le moment de la délivrance. Le mot traduit par « étau » ne se trouve qu’ici dans la Bible. Il a aussi été traduit oppression, affliction…

Tu as mis des mortels à notre tête : les dominations égyptienne, babylonienne sont, comme toujours, attribuées à l’action de Dieu… On a quitté provisoirement la visée universelle pour s’attacher à l’histoire d’Israël et la relire avec la conception présente au temps du psalmiste.

nous sommes entrés dans l'eau et le feu : référence probable à l’exode, mais, par leur portée symbolique, ces éléments peuvent nous évoquer des circonstances plus proches de notre aujourd’hui.

tu nous as fait sortir vers l'abondance : il s’agit d’une délivrance : Dieu a fait échapper au piège, au filet du chasseur. C’est lui qui fait « sortir », ce verbe qui revient d’ailleurs sans cesse dans l’évangile. On pourrait s’attendre à une sortie vers le désert, mais c’est vers l’abondance ! Cela nous rappelle que, même au désert, le peuple en exode avait aussi connaissance de l’abondance comme nous l’exprime le récit de la manne. Une abondance qui apporte la vie, et, en surplus, la joie et la certitude d’être objet de la sollicitude de notre Dieu.

Seigneur, tu es le Dieu de la surabondance. Permets-nous d’accueillir tes dons si précieux. Evite-nous la tentation du gaspillage ou de l’égoïsme. Donne-nous cette confiance qui nous fait aller de l’avant en sachant que demain encore tu prendras soin de tous.

vendredi 4 mai 2018

Il rend la vie


Ps 65
8 Peuples, bénissez notre Dieu !
Faites retentir sa louange,
9 car il rend la vie à notre âme,
il a gardé nos pieds de la chute.

Viens Esprit Saint, que cette parole nous guide, nous tourne vers notre Dieu, nous préserve de la chute.

Peuples, bénissez notre Dieu ! Faites retentir sa louange : voici de nouveau associées ces deux dimensions : d’une part, l’invitation universelle à bénir Dieu, à le louer avec enthousiasme (« faites retentir »),…

car il rend la vie à notre âme, il a gardé nos pieds de la chute : et d’autre part l’expérience personnelle où le psalmiste se fait le porte-parole de son peuple de fidèles qui se voit vivant, debout, grâce à l’action efficace de son Dieu. A noter que la traduction de la « septante » met même ce verset au singulier : vécue au sein de la communauté, l’expérience spirituelle reste personnelle.
C’est sur cette expérience que se fonde l’invitation à la louange : tous les peuples, voyant la sollicitude de Dieu pour Israël - pour chacun de nous - ,  peuvent à leur tour se tourner avec confiance vers le Seigneur.

Seigneur Dieu, tu es source de vie, grâce à ton aide nous ne chancellerons pas, car tu nous accompagnes sur tous nos chemins. Permets qu’y marchent aussi tous nos frères en humanité, et que tous te rendent la louange qui t’est due.

jeudi 3 mai 2018

Venez et voyez


Ps 65
5 Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables
pour les fils des hommes.
6 Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu'il nous donne.
7 Il règne à jamais par sa puissance.
Ses yeux observent les nations :
que les rebelles courbent la tête !

Viens Esprit Saint, viens aujourd’hui nous ouvrir les yeux et rends-nous témoins des « exploits » quotidiens de notre Dieu.

Venez et voyez les hauts faits de Dieu, ses exploits redoutables pour les fils des hommes : une « pause » encadre ces  versets qui nous invitent : « venez et voyez ». Ils décrivent les hauts-faits de Dieu pour « les fils des hommes » ; nous restons donc dans l’universalisme.

Il changea la mer en terre ferme : ils passèrent le fleuve à pied sec : bref rappel de l’exode, de la délivrance d’Israël : non pas que le propos se réduise maintenant au peuple élu, mais le fameux passage de la mer reste emblématique du pouvoir et de l’attention de Dieu et est donc la référence qui redonne toujours espoir dans les diverses épreuves.

De là, cette joie qu'il nous donne : la louange n’est pas exprimée comme telle dans ces versets (elle les encadre plutôt), mais c’est la notion de joie qui vient s’y glisser : la joie du salut est présente et est don de Dieu.

Il règne à jamais par sa puissance. Ses yeux observent les nations : que les rebelles courbent la tête : le Seigneur met sa puissance au service de notre délivrance, et son salut, répète le psalmiste, est destiné à tous les peuples.

La pause invite à la méditation de ces merveilles.

Seigneur Dieu, puissent toutes les nations puiser aux sources de ta joie !

mercredi 2 mai 2018

La terre chante pour toi


Ps 65

1 Acclamez Dieu, toute la terre ;
2 fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
3 Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables !
En présence de ta force, tes ennemis s'inclinent.
4 Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »

Viens Esprit Saint, viens inspirer nos chants afin qu’ils fêtent notre Dieu.

 Acclamez Dieu, toute la terre : le lien est étroit avec le psaume précédent qui se terminait sur l’exultation de la terre. La tonalité restera donc identique, y compris la dimension d’universalité : c’est bien toujours de toute la terre dont il s’agit.

Ces quatre premiers versets sont comme un invitatoire : acclamez, fêtez, glorifiez, dites à Dieu…

fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le en célébrant sa louange : comme au Ps 64 (v.2) c’est la louange qui est le thème majeur ; à la place de "fêtez" on peut traduire par « psalmodiez », ce qui évoque à la fois la musique et le chant : un chant accompagné par les instruments à cordes.

Dites à Dieu : Que tes actions sont redoutables ! En présence de ta force, tes ennemis s'inclinent : le psalmiste invite à contempler les œuvres de Dieu. Elles frappent de crainte les ennemis qui « s’inclinent », reconnaissant leur défaite (ils « rampent ») ou bien rendant un hommage flatteur (le verbe veut aussi dire mentir, tromper). Mais, chez les fidèles, la même vision provoque l’admiration et la joie.

Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom : au lieu de s’incliner, les fidèles se prosternent, signe de respect. La joie va déborder dans le chant, et le terme est répété avec instance. 

Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom : au lieu de s’incliner, les fidèles se prosternent, signe de respect. La joie va déborder dans le chant, et le terme (en fait « psalmodiez ») est répété avec instance. Nous voyons que ces versets forment un ensemble qui se referme comme il s’est ouvert : « toute la terre ». Les verbes sont au pluriel : c’est bien de tous les habitants de la terre dont il s’agit.
Seigneur Dieu, nous voulons te fêter, te glorifier, te chanter avec toute la terre !