mardi 7 juillet 2026

Liturgie 14e mardi TO-II Matthieu9, 32-38 ; Osée 8, 4-7.11-13

Introduction

« Ils ont fait des rois, mais sans mon aveu, ils ont fait des chefs mais à mon insu… puisqu’ils sèment le vent, ils moissonneront la tempête. » Que faisons-nous du Seigneur ? Qui ou que mettons-nous à sa place ? Cette parole d’Osée est vraiment prophétique et toujours d’actualité. Jésus, dans l’Evangile de Matthieu va nous enseigner qui est Dieu et ce qu’il attend de nous. Une invitation à prier, écouter puis répondre.

Méditation

Ce que nous venons d’entendre n’est pas un slogan publicitaire ou une proposition de boulot via la voix d’un agent intérimaire. C’est la demande de Jésus à ses disciples et à tous ceux qui ont le désir de le suivre : prier, écouter, répondre ; décider une fois pour toutes que notre vie est sous la guidance du Saint-Esprit et non pas sous la guidance de nos projets ou de notre volonté.

La guidance du Saint Esprit. C’est celle que Jésus a vécue : « Je dis ce que j’ai vu chez mon Père » (Jean 8, 38) ; « Ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé ce que j’avais à dire et à faire connaître » (Jean 12, 49). Je trouve cela fascinant ! C’est possible de se laisser mouvoir, de se laisser émouvoir, de se laisser bouger par le Saint Esprit.

Ce serait intéressant de s’arrêter pour une relecture de nos vies où nous pourrions mettre le doigt sur ces visitations du Saint-Esprit à travers des rencontres, des événements, des activités, des partages… et de voir comment nous l’avons écouté et lui avons répondu.

Je voudrais que nous regardions d’un peu plus près comment ça se passe pour Jésus pour mieux comprendre à quoi il nous invite !

Jésus est en pleine activité. Il parcourt toutes les villes et villages, il y enseigne dans les synagogues, il proclame la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et guérit toute sorte de maladies et d’infirmités. Tout ce qu’il fait est pour restaurer et mettre en œuvre la vie. L’ampleur du travail est immense.

« Voyant les foules, il fut pris de pitié pour elles, parce qu’elles étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger »

Cette attitude de Jésus me touche beaucoup. De quelle pitié s’agit-il ? Il y a une manière viscérale de ressentir de la compassion : il est saisi aux entrailles. Il a la boule au ventre de voir toutes ces foules de gens fatigués, abattus, qui errent comme des brebis sans berger. Tous ces gens ont leur raison pour suivre Jésus. Certains, il ne faut pas être dupe, viennent pour être guéris, leur confiance est liée à leur besoin du moment, un besoin de guérison, et Jésus les guérit ou les libère de démons. D’autres ont soif de plus de vie, de mieux être. Alors, à travers ses paroles et ses miracles, Jésus fait plus que guérir, il fait apparaître Dieu ; mais cette vision, cette perception de Dieu ne s’impose pas. Elle se propose. Ce que Jésus induit, c’est que la puissance de l’Amour de Dieu est le seul pouvoir de guérir de manière définitive. En ce sens, ses miracles, au même titre que ses paroles, sont des enseignements qui ouvrent sur des perspectives de vie.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson »

Le constat est criant, aujourd’hui pas moins que hier. Si le Saint Esprit. nous suggère de faire quelque chose, le faisons-nous ?  La vie dans le Saint Esprit demande un lâcher-prise total parce que se laisser conduire par lui, c’est lâcher la conduite uniquement par mode de projet. Sans doute il est nécessaire de réfléchir mais aussi remettre le fruit de la réflexion au Saint Esprit. L’intelligence seule, la rationalité seule n’a aucun goût. C’est juste cohérent, ou pas cohérent, selon le cas, mais ça n’a pas de goût. Par contre, la rationalité remise au Saint Esprit nous fait dire : « Cette solution-ci, quand je l’envisage, me donne de l’enthousiasme et de la joie, et cette solution-là, quand je l’envisage, m’alourdit complètement ». Cà c’est le goût.

J’expérimente avec bonheur ce travail de restauration au nom de Jésus, dans l’accompagnement de détenus. Je pourrais sûrement me sentir dépasser par l’ampleur du travail si j’en faisais une affaire personnelle mais dans cette perspective de collaborer à l’œuvre du Saint Esprit il y a une légèreté, un bonheur et un enthousiasme qui ne trompe pas. La vie dans le Saint Esprit a un goût. Comme dit Bernard BASTIAN quand on n’a pas le cœur brûlant on a le cerveau brûlant. On a plein d’idées, de bonnes idées, on construit des plans, des projets, des stratégies, des pastorales… et il arrive que personne n’en veuille ou que ça ne marche pas. Et après, on est fatigué. Tout cela doit nous éveiller. Cela signifie que c’est l’Esprit qui conduit, l’Esprit qui est dans l’Evangile et l’Esprit qui est dans notre cœur.

Alors, oui, en lisant l’évangile d’aujourd’hui, je reconnais les prophètes, les guérisseurs, les pacifistes et les pacifiants, aussi les pourvoyeurs de justice, les écoutants, les accueillants, les aidants qui, aujourd’hui travaillent, consciemment ou inconsciemment, à la réalisation du Royaume. Je reconnais aussi tous les lépreux, les aveugles, les sourds, les malades, les endeuillés, les exclus pour toutes sortes de raisons qui, dans la foi, consciente ou inconsciente, sont mis ou remis debout. Aucune de ces personnes ne fait la « une » des journaux… ou trop rarement. Cependant chacun et chacune d’entre elles sont un levier créateur du Royaume annoncé. Chacun et chacune d’entre elles me donnent à croire que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre dans le monde ou plus particulièrement dans le cœur des hommes. Voilà ce que les récits de miracles me permettent de discerner, voilà ce qu’ils me font percevoir de cette présence bénéfique de l’Esprit de Pentecôte à l’œuvre dans nos vies d’hommes et de femmes.

Priez le maître de la moisson qu’il envoie les ouvriers, que nous sommes tous et toutes, à sa moisson.

Introduction au Notre Père

Seigneur Jésus, c’est toi qui nous montres l’exemple, c’est toi qui nous invites à mettre nos pas dans les tiens et à goûter au bonheur de vivre de ta vie. Pour que nous osions l’aventure avec toi, inspirés par l’Esprit de vérité et de vie, prions notre Père comme toi-même tu nous l’as enseigné.

Prière de conclusion

Seigneur, Tu es le Dieu de l’inattendu, de l’imprévisible mais avec certitude Tu es le Dieu de la Vie. Apprends-nous à entendre ta voix, rends-nous docile à ton enseignement et donne-nous le bonheur de te servir là où Tu nous y appelles.

Raymond le 7 juillet 2020

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