Liturgie de la Parole 14e dimanche A Matthieu11, 25-30 ; Zacharie 9, 9-10 ; Romains 8, 9.11-13
Homélie
Liturgie de la Parole 14e dimanche A Matthieu11, 25-30 ; Zacharie 9, 9-10 ; Romains 8, 9.11-13
Homélie
Lorsque je
dis « le soleil se lève » ou « se couche » tout le
monde comprend qu’il s’agit d’un langage symbolique et non pas que le soleil
sort de son lit ou s’y couche ! Notre vocabulaire est plein d’expressions
imagées. Quelques exemples :
« Il a mis les pieds dans le plat » ou « je suis passé par le
petit trou » … Les Evangélistes utilisaient aussi ce procédé. Il ne faut donc
pas interpréter de manière littérale certaines expressions de l’Evangile que
nous venons d’entendre.
Lorsque
Jésus dit : « Père ce que tu as caché aux sages et aux savants tu l’as révélé aux tout-petits »
je
comprends ainsi : « Père, je suis heureux parce que,
parmi les personnes qui ont entendu ma parole, il se fait que ce sont les
plus petits qui l’ont comprise. »
Il est évident que
Dieu n’a rien voulu cacher volontairement aux sages et aux savants. Il n’a rien
contre eux. Mais il est certain que pour s’approcher de Dieu, il ne suffit pas
d’utiliser son raisonnement et son intelligence. Il faut surtout y mettre son
cœur. De la même façon que nous pouvons lire tous les livres sur l’amour sans
le vivre, connaître toute la théologie sans vivre selon l’Evangile. La foi
est d’abord une affaire de cœur !
Jésus
est allé vers tous sans exclusion : vers les riches comme vers les
pauvres, les savants comme les illettrés, vers les pharisiens et les scribes
comme vers les publicains et les pécheurs. A tous, Jésus dit ce qu’il pense. :
3 exemples :
1- Aux pharisiens il déclare : C’est
l’extérieur de la coupe et du plat que vous purifiez mais votre intérieur est
rempli de rapacité et de méchanceté. (Luc 11,39
2- Après la multiplication des pains il déclare au peuple : « c’est
parce que vous avez reçu à manger gratuitement que vous me suivez » (Jean 6,26).
3- Jésus rabroue Pierre en disant :
« Arrière de moi Satan tes vues ne sont pas celles de Dieu mais celles
des hommes. » (Marc 8,33)
Jésus avait son franc-parler. Très vite,
il a été rejeté par les gens du pouvoir. Les pharisiens se sont acharnés contre
lui.
Jésus
en a beaucoup souffert et s’est retrouvé dans le camp des blessés de la vie. Il leur dit : « Venez-à
moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. » « Venez
à moi », je suis avec vous.
Aujourd’hui, chez nous, ceux qui
sont accablés par le fardeau de la vie sont les foules qui n'ont pas le minimum
vital. Ce sont aussi ceux qui travaillent pour un salaire de misère.
Lorsque nous souffrons
il est toujours plus facile d’être compris par des personnes qui ont connu une
souffrance semblable. Il existe des groupes de paroles pour personnes atteintes
d’un cancer, pour parents qui ont perdu un enfant, pour personnes veuves, etc. …
Cela soulage énormément de porter ensemble le fardeau.
De
même dans l’évangile, Jésus ne prend pas notre croix à notre place, mais il la
porte avec nous.
Jésus utilise l’image du joug. Jadis,
les cultivateurs travaillaient avec des bœufs. Ceux-ci étaient reliés l’un à
l’autre par un joug. Un bœuf seul tirait difficilement une charrue. A deux, en
étant reliés par un joug, leurs forces étaient plus que doublées.
Le Christ voit nos peines. Il ne veut pas nous laisser seuls. S’il nous invite
à prendre son joug, c’est parce qu’il veut porter nos fardeaux avec nous. Il
nous suffit d’accepter d’être reliés à Lui afin de rendre notre fardeau
plus léger.
« Je vous
procurerai le repos. » dit Jésus. Avec
Lui, nos fardeaux n’auront pas disparu. Mais ils cesseront de nous anéantir. Nous
ne serons plus seuls à les porter.
L’invitation
de Jésus : « Venez à moi » est toujours actuelle surtout lorsque
nous avons de lourds fardeaux à porter. Par exemple : soucis de santé ou
de famille, soucis financiers, soucis
de voisinage ou avec des collègues, soucis avec les règles de l’Eglise ou avec le
message diffusé par le curé de la paroisse, …
«
Personne ne
connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler. » Pour « con-naître
» Dieu, autrement dit littéralement pour naître avec Lui, il nous faut
accepter de nous laisser aimer, comme un enfant se laisse prendre dans les bras
de son papa et de sa maman.
Aujourd’hui, à travers Jésus, c'est l'infinie tendresse
de notre Dieu que nous découvrons.
Lui qui est « doux et humble de cœur ».
Puissions-nous aussi dire à des personnes :
« Viens, toi qui peines sous le fardeau… trouve un peu de repos, de paix,
d’amitié !’ »
Abbé. Fernand
STREBER, Hurtebise le 5 juillet 26
Li p’tit rawett’
LA MARCHE D'UN ANE
J'avance
comme l'âne de Jérusalem dont le Messie, un jour des Rameaux, fit une monture
royale. Je ne sais pas grand-chose, mais
je sais que je porte le Christ sur mon dos et j'en suis fier. Je le porte, mais c'est Lui qui me mène.
J'avance à petits
pas par des chemins escarpés. Quand je
bute contre une pierre, mon Maître doit être bien caboté, mais il ne me
reproche jamais rien. Il me laisse même le
temps de saluer une ravissante ânesse, de rêver devant un champ de lavande.
J'avance, en
silence. C'est fou comme on se comprend
sans se parler. D'ailleurs, je n'entends
pas trop quand il me souffle des mots à l'oreille. La seule parole de lui que j'ai comprise
semblait être pour moi et je peux témoigner de sa vérité : "Mon joug
est facile à porter et mon fardeau léger". C'est comme quand je
portais sa mère vers Bethléem, juste avant Noël. Elle pesait peu, n'étant occupée que de
l'avenir en elle.
Quand je
veux chanter ses louanges, je fais un boucan de tous les diables, je chante
faux. Lui, alors, il rit de bon cœur,
d'un rire qui transforme les ornières en pistes de danse et mes sabots en
sandales de vent. Ces jours-là, je vous
jure, on fait du chemin !
J'avance comme un âne qui porte le Christ sur son dos.
Inspiré de
Roger Etchegaray.
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