Liturgie 1er novembre Toussaint Matthieu 5, 1-12a
Homélie
Notre joie est double
aujourd’hui. D’abord, nous célébrons la fête de tous les Saints, cette foule
immense, venue de toutes nations, qui se tient debout devant le trône de
l’Agneau. Parmi eux, il y a aussi ces saintes et ces saints de nos familles, de
nos paroisses, de nos quartiers. Certains ont croisé nos vies : nous avons vu
leurs visages, entendu leur voix. Ils nous sont proches, et pourtant souvent
anonymes aux yeux du monde. Ces saints du quotidien, quelle joie de les savoir
accueillis par Dieu comme ses enfants bien-aimés !
Mais notre joie aujourd’hui est
aussi celle des béatitudes : le bonheur des pauvres de cœur, des doux, de ceux
qui pleurent, des miséricordieux, des artisans de paix, de ceux qui sont
persécutés pour la justice. Attention cependant : ce bonheur ne vient pas de la
souffrance elle-même — comment pourrions-nous trouver de la joie dans la
douleur ?
Non, cette joie naît d’une
promesse, d’une attente, d’une espérance. C’est l’espérance que Jésus vient
apporter. Car Jésus est lui-même la clé des béatitudes. Il est le premier à les
avoir vécues. Il est le pauvre de cœur, le doux, le miséricordieux, l’artisan
de paix, le persécuté pour la justice. Le suivre, c’est recevoir le Royaume des
cieux en héritage. C’est, dans l’espérance, être consolé, être appelé fils de
Dieu.
La joie des béatitudes et la
sainteté ne viennent pas de nous, elles nous sont d’abord données par Jésus.
C’est là leur secret. Quels que soient nos mérites ou nos fautes, nos réussites
ou nos échecs, la joie et la sainteté sont des dons. Elles ne dépendent pas
d’abord de nos efforts, mais de la grâce de Dieu.
Pour accueillir ce don, les
béatitudes nous indiquent aussi le chemin : celui de la pauvreté de cœur, de la
douceur, de la pureté, de la justice. Car c’est dans nos manques, nos
fragilités, nos moments d’humilité, que se creuse l’espace intérieur capable
d’accueillir le bonheur inattendu de l’espérance que Jésus vient offrir.
Nous sommes dès lors invités à
revisiter notre conception du bonheur et de la sainteté. Nous croyons trop
souvent qu’ils s’obtiennent à la force du poignet, comme s’il fallait
correspondre à un idéal de perfection pour mériter le paradis. Mais ce sont les
situations de faiblesse, de vulnérabilité et de pauvreté qui ouvrent nos cœurs
au bonheur du ciel — là où nous nous laissons porter par Jésus sur le chemin de
la sainteté et rejoindre par le don de Dieu.
S’il en est ainsi, si le bonheur
du ciel est d’abord à recevoir plutôt qu’à mériter, faut-il alors se résigner à
l’attendre passivement, les bras croisés ? À quoi bon encore se fatiguer si
tout est déjà donné ?
Mais non, bien au contraire ! La
confiance et l’accueil du don de Dieu ne nous endorment pas : ils nous
réveillent, ils nous fortifient. Ils nous rendent capables de devenir pauvres
de cœur, doux, miséricordieux, artisans de paix, jusqu’à accepter d’être
persécutés pour la justice, à cause de Jésus.
Oui, la fête de tous les Saints
nous remplit aujourd’hui de joie. Mais cette fête, par le bonheur et
l’espérance qu’elle suscite en nous, nous donne aussi des ailes pour, à notre
tour, prendre humblement le chemin de la sainteté.
Monseigneur Luc
Terlinden Homélie du 01 novembre 2025
En direct Jodoigne en Belgique
https://www.lejourduseigneur.com/homelie/homelie-de-la-toussaint-2025
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire