jeudi 5 novembre 2026

Liturgie de la Parole 31e jeudi TO-II Luc 15, 1-10 ; Philippiens 3, 3-8

Méditation

Avec les jeunes en retraite nous méditions aujourd’hui l’hymne à la charité en 1 Corinthiens 13. Ce texte magnifique, mais exigeant devant lequel on peut se sentir tout petit ! … C’est beau, mais cela me dépasse ! Peut-être est-il bon de lire ce texte en voyant Jésus le vivre, comme les Béatitudes. Alors cela devient une route à suivre, plus ou moins bien selon les moments. Il s’agit plus d’essayer que de réussir à tout prix !

Dans l’Evangile Jésus va nous ouvrir un chemin. Il raconte deux paraboles qui expriment le fond de son cœur, du cœur de Dieu. Pourquoi ? Parce que les publicains et les pécheurs, les rejetés de son temps, au niveau religieux et humain, viennent à lui. Ils ont compris qu’il les accueille sans les juger, qu’il leur ouvre une route d’espérance et de renouveau.

Les pharisiens et les scribes, les bien-pensants, récriminent contre Jésus à cause de ce bon accueil.

Jésus les implique, et nous implique, dans la première parabole « si l’un de vous a 100 brebis et en qu’il en perd une… » que fait-il ? La considère -t-il comme une moindre perte et tant pis ? Ou bien est-elle précieuse, unique à ses yeux et met-il tout en œuvre pour la retrouver, prenant le risque de laisser les 99 autres. Ces dernières semblent en sécurité, au moins pour le moment.

Jésus met aussi en scène une femme qui, elle, a perdu, non 1%, mais 10 % de son avoir ! Elle met la même ardeur, et même d’avantage que le berger, à retrouver son bien. Sa joie est débordante.

Quand il s’agit d’une personne, pour Jésus il n’y a pas d’hésitation. Sans s’imposer, il met tout en œuvre pour que cette personne retrouve un chemin de vie.

Et si cette personne, c’était moi qui, à certains moments, m’égare, me disperse, prend un chemin de traverse qui risque de me conduire à ma perte insensiblement ? Ou qui tout simplement n’y arrive pas ? Si je suis découragée, est-ce que je ne serais pas heureuse que Jésus vienne me chercher, me prenne sur ses épaules et aie soin de moi ?

Est-ce que sa sollicitude et sa bienveillance ne m’aideraient pas à prendre un nouveau départ ?

Que le moment de trouble soit petit ou grand, ces paraboles, qui expriment l’amour du Christ pour chacun, peuvent m’aider à ne pas m’enfoncer d’avantage, à me relever, à m’appuyer sur lui et sur sa miséricorde.

Jésus ne parle pas de la joie de la brebis, qui peut-être en est encore incapable, mais de sa joie à lui ! Cette joie est communicative et sera source de joie et de reconstruction pour ceux que Jésus invite à la fête, pour nous tous, et pour la brebis.

Paul était de ces pharisiens irréprochables, et pourtant quand il a rencontré Jésus, tout a changé. « Mais tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte. Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. » Il a découvert que ce ne sont pas ses mérites qui le sauvaient, mais l’amour inconditionnel, la miséricorde du Christ. Et cela a tout changé. Il ne vivait plus à la force de ses poignets. De même ce n’est pas à la force de nos poignets que nous vivrons selon l’hymne à la charité. C’est un don à demander, à accueillir, c’est une lente transformation intérieure, jamais achevée, une collaboration entre l’œuvre de Jésus en nous et notre action concrète.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien », si je ne reçois pas l’amour et la miséricorde, je ne suis rien ! (Cf. 1 Corinthiens 13). C’est Jésus agissant en moi, avec moi, qui me donnera de vivre selon son amour, d’être miséricordieuse, de prendre patience, de rendre service etc.

« Seigneur, tu fais tout pour moi, n’arrête pas l’œuvre de tes mains » (cf. Psaume 137, 9) et donne-moi d’y participer avec l’aide de ta miséricorde.

 

Introduction au Notre Père

Chantons le Père qui se réjouis quand un de ses enfants accueille sa miséricorde.

Sr Marie-Christine le 7 novembre 2024

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