mardi 29 mai 2018

Dieu, donne au roi tes pouvoirs


Ps 71, 1-4
Seigneur, tandis que je découvre la Parole que tu m’adresses aujourd’hui, je veux m’ouvrir à ton Esprit, t’accueillir dans les profondeurs de mon être… Eloigne de moi tout ce qui n’est pas Toi… Amen.

« 1 Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
À ce fils de roi, ta justice.
2 Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
Qu’il fasse droit aux malheureux !
3 Montagnes, portez au peuple la paix,
Collines, portez-lui la justice !
Qu’il sauve les pauvres gens, qu’il écrase l’oppresseur ! »
v. 1 « Dieu, donne au roi tes pouvoirs… »
Dans ce verset, trois personnes sont impliquées : Dieu, le roi et le psalmiste. C’est à Dieu que le psalmiste s’adresse : il lui formule une demande qui concerne le roi.
Deux choses lui sont demandées : qu’il donne ses « pouvoirs » et sa « justice ».  Derrière la notion de « pouvoir », il faut lire une capacité de juger, de rendre de justes jugements. Quant à la « justice », elle reçoit le sens d’ajustement à Dieu, de rendre la justice selon le juste droit de Dieu.
Puisque le roi était l’héritier de Dieu, son « fils » (comme dans le psaume 2 : « Tu es mon fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré… »), il devait aussi recevoir de lui ses attributs : rendre la justice, se laisser ajuster pour représenter Dieu.

v. 2 « Qu’il gouverne ton peuple avec justice, Qu’il fasse droit aux malheureux ! »
Ce verset à la fois constitue une répétition et, à la fois, dépasse le verset 1. Si l’on y trouve pareillement la demande de justice, le psalmiste offre un dépassement, en y introduisant un quatrième personnage : les « malheureux ». Ce sont les bénéficiaires de la justice et de l’ajustement précités. Dans les temps bibliques, « les malheureux » pouvaient recouvrir plusieurs classes de la société : outre les économiquement pauvres, il y avait les étrangers, les veuves, les orphelins… Tous ceux qui étaient privés de leurs droits, d’une dignité, d’une place dans la société. C’est pour eux d’abord que le roi doit recevoir de Dieu la justice et exercer le droit.

v. 3 : « Montagnes, portez au peuple la paix, Collines, portez-lui la justice ! »
A présent, les montagnes et les collines sont conviées, toute la création est invitée à contribuer à la bonne marche de la cité habitée par le roi : la « paix » et la « justice » sont ici souhaitées, au profit du peuple. On sent une harmonie cosmique au profit du mandaté de Dieu.

v. 4 : « Qu’il fasse droit aux malheureux de son peuple, Qu’il sauve les pauvres gens, qu’il écrase l’oppresseur ! »
En ce verset 4, le roi est de nouveau le sujet des trois verbes employés : faire droit aux malheureux, sauver les pauvres gens, écraser l’oppresseur. Le psalmiste appelle le roi à une double œuvre régulatrice : instaurer le droit et le salut des petits et réduire à rien les ennemis.

Et nous ?
Le roi, auquel s’adresse le psalmiste, est une image de nous-mêmes. Chacun(e) de nous a un rôle à jouer là où il vit : en famille, dans son métier, ses engagements, ses relations sociales. Et nous sommes, jour après jour, heure après heure, confrontés à un choix : la justice, le droit et le salut… ou ses contraires. Que choisirons-nous ?

Afin que nous révélions ton visage, Seigneur, envoie ton Esprit ! Rends-nous dociles à ta Parole, perméables à tes appels, flexibles devant les intuitions de ta Grâce… Amen.

Sr Marie-Jean

Aucun commentaire: