jeudi 3 mars 2022

Liturgie de la Parole – jeudi après les Cendres

Liturgie de la Parole jeudi après les cendres  Luc 9, 22-25 ; Deutéronome 30, 15-20

 (Rosy)

 Introduction

Les deux lectures de ce jour parlent de choisir et sont toutes deux une pressante invitation à choisir la vie ! Elles décrivent le bon choix qui mène à la vie mais aussi celui qui mène à la mauvaise décision, qui conduit à la mort.

D’une part, nous lirons un extrait du très long discours de Moïse qui a oublié qu’il était bègue et qu’il ne savait pas parler… mais c’est vrai que 40 ans ont passé… et que le Seigneur veille.

D’autre part, c’est Jésus qui nous met devant la même alternative, mais cette fois en rapport avec sa propre personne. Et cela juste après avoir annoncé sa passion, sa mort et sa résurrection.

Chantons le psaume qui est précisément celui du graduel et qui déjà nous invite à ce choix.

 Commentaire

« Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi
ou bien la vie et le bonheur,
ou bien la mort et le malheur. »


J’aimerais me mettre à l’écoute de Moïse dans ce très beau discours traitant de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Bien sûr, cela nous concerne : n’insiste-t-il pas 4 fois sur « l’aujourd’hui » ?.

Et ne sommes-nous pas dans l’aujourd’hui de Dieu ?

Il y a un aujourd’hui pour chacun d’entre nous. C’est toujours « aujourd’hui » que Dieu veut me rejoindre, là où j’en suis, là où je vis. « Aujourd’hui, le Salut est entré dans cette maison. » dira Jésus en entrant chez Zachée (Luc 19,9). Il dépend de ma liberté que j’accueille cet aujourd’hui, pour laisser Dieu « demeurer chez moi ». « Le voici maintenant le moment favorable, c’est, aujourd’hui, le jour du salut » rappellera Paul » (2 Co 6, 1-2).

 Il s’agit donc de choisir aujourd’hui.

Bien sûr que nous voulons la vie, mais qu’est-ce que ce désir implique pour se réaliser ?

La réponse est immédiate :

« Ce que je te commande aujourd’hui,
c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu,
de marcher dans ses chemins,
de garder ses commandements.
Alors, tu vivras »

Est-ce clair ? Il y a des commandements, il y a une loi pour nous guider.

Michée le redira sous une formule qui reste gravée en nous :

« On t'a fait connaître, ô homme,

ce qui est bien,

ce que le Seigneur attend de toi.

 C'est que tu pratiques la justice,

que tu aimes la miséricorde

et que tu marches humblement avec ton Dieu. »

Y a-t-il plus beau programme ?

 « Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction.

Choisis donc la vie !
Pour que vous viviez en aimant le Seigneur,
en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ;
c’est là que se trouve ta vie, une longue vie. »

Promesse de vie, promesse de bénédiction.

La vie nous est donnée, il s’agit donc de vivre selon l’attente du Seigneur, selon sa Loi : Loi d’amour, loi de justice et de miséricorde ; elle nous appelle à écouter la voix du Seigneur pour marcher avec lui, humblement.

Mais Jésus nous enseignera que choisir la Vie, la vraie, la sienne, cela commence par renoncer à notre petite vie étriquée : alors seulement, et avec Lui, nous serons capables de porter notre croix, et de le suivre, humblement.

 Notre Père,

Dieu, notre père, nous, tes enfants à qui tu donnes chaque jour la vie et le pain, nous nous tournons ensemble vers toi :

 Oraison

Seigneur Dieu, tu connais le chemin des justes qui se plaisent dans ta loi et la murmurent jour et nuit. Qu’elle nous mène sur le chemin de la Vie et soit notre guide tout au long de ce carême.

Nous te le demandons, toi qui es vivant, avec le Père et l’Esprit saint, aujourd’hui et pour toujours.

mardi 1 mars 2022

Liturgie de la Parole, 8e jeudi TO

 (Danièle)

 Introduction

Dans sa première lettre, Saint Pierre rappelle que les prophètes ont annoncé d' avance les souffrances du Christ et la gloire qui s'ensuivrait . C'est pour nous et pas pour eux qu'ils ont annoncé ce message. Pierre demande de rester sobre... (peut-être de quitter le superflu?)  et de mettre notre espérance dans la révélation de Jésus-Christ.

Saint Marc, dans son Évangile, parle des apôtres qui ont tout quitté pour suivre Jésus.  Ils s'interrogent alors pour savoir quelle place ils occuperont dans le Royaume.  Ils espèrent sans doute avoir la première. 

Entrons dans cette célébration en chantant les psaumes pour rendre grâce et louer Dieu.

 

Après l Évangile 

En suivant Jésus,  aurons-nous la première place?

Nous recevons tout de Dieu, ce n'est pas un droit, c'est un don gratuit, généreux de son amour. Il nous promet une place dans son royaume, dès lors la place, première ou dernière, n'a aucune importance,  l'essentiel, c est d'être auprès de lui. Premier ou dernier, ce sont des termes humains. Dieu n'est pas comptable. Dans l'esprit de beaucoup, les premiers seraient les chrétiens et les païens seraient les derniers, or, Jésus dit "les premiers seront les derniers ". Ça pourrait être le cas de certains chrétiens...

Que recevons nous en retour?

Comme Pierre, il nous arrive peut-être de penser "nous avons tout quitté pour te suivre, nous renonçons à certains conforts pour toi. Est-ce que tu es content? Jésus a compris Pierre. Il nous assure que personne ne pourra jamais surpasser Dieu en générosité,  nous recevons au centuple, déjà maintenant. En réfléchissant, nous nous rendons compte à quel point c'est vrai.

Jésus nous invite à quitter tout pour le suivre.

Il ne s'agit pas d'abandonner nos responsabilités et bien sûr nous sommes libres de le suivre, même s'il s'agit de quitter des parents, des amis... Il promet une compensation extraordinaire sur la terre mais aussi au ciel, à tous ceux qui ont quitté quelqu'un ou quelque chose pour le suivre. 

Il y aura aussi des persécutions...

Au temps de Marc, c'était une dure réalité mais maintenant encore, dans certains pays du  monde, les chrétiens sont persécutés, dans nos villes ou nos villages, à un autre niveau, nous devons parfois supporter les railleries, les moqueries des non croyants. "Le ferment évangélique provoque des remous, la contradiction peut amener des persécutions. (1) 

Cette demande de tout quitter s'applique à ce que nous vivons.

A quoi nous appelle le Seigneur?

Il nous appelle à un "donner" pour un "recevoir"... un "aller" vers un "être" qui ne se base plus sur un avoir (avoir une maison, une famille, des terres) mais sur un "être avec", "être pour" (2)

Que devons-nous faire pour avoir la vie éternelle ?

Faire pour avoir? Alors qu’il s'agit de faire pour "être " être avec les autres et avec Dieu. D'ailleurs, l'Évangile n'est pas à faire, il est à vivre. Il faut se dépouiller,  même de sa bonne conscience afin d'être libre pour suivre Jésus et savoir qu'en amour, on est toujours au commencement.(3)

Nous ne vivons pas de nos possessions mais d'être tournées vers une promesse, celle d'être avec Dieu. Le don de Dieu n'est pas comme une béquille indispensable à notre identité mais comme le signe de l'appel à aller vers Lui, à entrer dans la fraternité universelle. Cela nous change radicalement, comme une nouvelle naissance, nos familles ne font plus partie de notre vie de la même manière. "Une promesse irrigue  notre vie présente, la promesse de la vie éternelle "(4)

Renoncer aux choses, à certaines situations, ce n'est pas renoncer au bonheur, ceux qui suivent Jésus sont comblés.(5)

Nous sommes comblées. C'est joyeusement que demain, nous entrerons dans le Carême qui nous conduit vers la résurrection. 

 

Invitation au Notre Père 

Comme toute la grande famille des Chrétiens, nous nous adressons à Dieu en

l'appelant "père "

 

Prière finale

Puissions-nous être de vrais disciples prêts pour être avec les autres et avec toi et non pour avoir...

Nous te confions tous ceux et toutes celles qui ont tout quitté pour te suivre, spécialement cette communauté d'Hurtebise. Que leur joie soit un signe d' encouragement pour tous ceux qui cherchent à te suivre.

Donne-nous la grâce dont nous avons besoin pour traiter toutes les personnes de la même manière, qu'elles soient pauvres, faibles ou délaissées. 

Nous te le demandons à toi qui vis et règne avec le Père et le saint Esprit maintenant et dans les siècles des siècles. 

 

 

(1). Jésuites d’Irlande

(2). Jardinier de Dieu

(3). Abbé Gillet

(4). Père J.L Fabre

(5). Gitans en Église 

vendredi 25 février 2022

Liturgie de la Parole, 7e vendredi TO

 (Isabelle)

 Introduction

Nous allons entendre, au cours de cette célébration, un passage de la lettre de Saint Jacques, au chapitre 5 (Jc 5, 9-12), dont j’extrais un verset : « Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur ». Du chapitre 1 (v.2-4), j’avais retenu ceci: « Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d’épreuves. Vous le savez, une telle vérification de votre foi produit l’endurance, et l’endurance doit s’accompagner d’une action parfaite, pour que vous soyez parfaits et intègres, sans que rien ne vous manque ».

Une joie extrême, toute sorte d’épreuves, de la patience, de l’endurance, une action parfaite…  Voilà une merveilleuse introduction à l’évangile de Marc du jour (Mc 10, 1-12) qui parle de l’« indissolubilité du mariage » ! Avant de nous plonger dans ce sujet, entrons en prière et chantons notre louange au Seigneur.

 

Méditation (Mc 10, 1-12)

Le mariage et son indissolubilité … J’avais l’âge auquel la plupart d’entre vous s’engageaient dans une vie pour Dieu quand j’ai rencontré Michel. Nous nous sommes mariés. C’était cohérent avec nos sentiments, nos projets et nos convictions de jeunes chrétiens engagés. Avons-nous parlé de notre conception religieuse du mariage ? Peu, si je me souviens bien. C’était il y a bien longtemps !

 

Huit jours après mon mariage, mes parents se séparaient. Deux ans plus tard, au lendemain du mariage de ma belle-sœur, mes beaux-parents se séparaient. A cette époque-là, la mère de mon témoin n’osait pas entrer à l’église à cause de son divorce, et ma tante, connue pour ses rocambolesques histoires d’alcôve, redisait son engagement à mon oncle dans l’église du village à l’occasion de leur Xe anniversaire de mariage. Notre ami prêtre regrettait l’impossibilité de se marier avec la mère de son fils, tandis qu’un couple d’amis d’université introduisait une demande de nullité du sacrement de leur mariage après la naissance de leur 3e enfant. Le gendre de mon amie, lui, franchement athée, acceptait un mariage à l’église même si … et notre curé baptisait le bébé de deux mamans qu’il avait bénies, faute d’avoir pu les marier. Elle n’est pas belle, la vie ? Le sacrement du mariage, son indissolubilité, quel sens cela fait-il aujourd’hui ? Quel sens pour la vie, la vraie vie, des couples ? Pour tous les couples ? Et pour les proches, les enfants, les parents ? L’occasion était trop belle d’une bonne discussion en famille. Je vais vous la rapporter, en vous rassurant : tous m’en ont donné l’autorisation !

 

« C’est quoi le mariage ? Quel sens cela fait-il pour vous ? Et Dieu dans tout ça ? »

 

 Maman, à 85 ans, me parle de mon père, de sa jeunesse, de son amour, de son projet de famille, de sa joie et de sa tendresse pour nous. Elle parle aussi de ses regrets d’une vie qui a tourné autrement qu’elle l’aurait voulu. Elle s’est remariée il y a dix ans et était émue « comme si c’était la première fois ». « Un engagement de vieillesse », dit-elle, « c’est s’inscrire dans une autre perspective du soutien indéfectible à l’autre « jusqu’à la mort ». On a en plus la richesse du passé. Tout cela est fécond ! ».

 

C’est quoi le mariage ? Ma petite-fille Judith, 4 ans,  me répond du tac au tac : « C’est quand on s’échange les bagues pour se dire qu’on s’aime pour toujours et qu’on a confiance ». « Pour toujours ? ». « Oui », ajoute Céleste, « et quand on divorce, c’est bien simple : on enlève son alliance. Mais ne t’inquiète pas, ça ne risque pas d’arriver à mes parents, parce que mon papa ne sait plus enlever la sienne ». « Et Dieu, et Jésus dans tout ça ? ». « … ». Je retiens « confiance et alliance ».

 

Mes fils aînés se souviennent encore d’une déclaration émouvante de Philippe à son frère Simon le jour de son mariage. Une réflexion sur l’importance de l’introduction de filles dans la tribu : une femme choisie par l’un d’eux, « imposée » aux autres, qui continuera son chemin dans la famille et l’ouvrira. « Et Dieu dans tout ça ? ». Ils ne sont guère plus bavards que leurs enfants. Leurs épouses, Marie et Catherine, parlent des valeurs chrétiennes auxquelles elles adhèrent, de leurs séjours à Taizé, et de leur responsabilité de parents pour l’éveil religieux de leurs enfants.

 

Pierre, mon 3e, hausse les épaules - il est encore « un cœur à prendre ». Il attend, dit-il, « de la générosité et un vrai engagement mutuel ». Il dit : « L’église, pour beaucoup, c’est d’abord un beau décor ... Pour le sacrement, je ne sais pas, il me faudra faire du chemin ». Vincent, mon plus jeune fils, lui, rit : « Le mariage, il faut vraiment le vouloir ! ». Pas qu’il n’en veuille pas mais depuis 2 ans, il doit reporter la célébration pour cause de COVID. Florence est depuis devenue son épouse légitime et la petite Aria, 6 mois, illumine leur vie. Il ajoute : « Quand le jour viendra, ce sera une façon de consacrer ce que nous vivons chaque jour ». Consacrer l’existant !

 

J’ai posé la question aussi bien entendu à mon mari, en insistant sur le caractère religieux du mariage, et il m’a répondu : «  C’est bien simple, c’est faire ménage à trois. 1 + 2 : Dieu et  (toi et moi). C’est Dieu qui entre d’abord dans notre humanité, dans ce que nous vivons et, pour une fois, nous lui répondons ensemble ». Double solitude et communion de personnes[1]. Oriana, notre fille de cœur, ajoute : « Ce lien à Dieu aide à laisser l’autre advenir pleinement, à mourir à certaines choses, à nous soutenir dans les joies et les difficultés ». Quand j’ai fait remarquer que nous n’en avions pas vraiment connu des difficultés, Michel m’a assuré que c’était normal, « puisque que nos liens à Dieu sont bien huilés ».

 

Céleste m’a raconté que, quand ses parents ont une grosse dispute, « ils regardent ensemble leurs alliances, ils se rappellent pourquoi ils l’ont, ils se calment et ils se pardonnent ». « Parce que tu comprends, Mamisa, ils s’aiment comme le Seigneur les aime et c’est ça qui est bien ». Du Céleste ! Elle a 7 ans !

 

Je pense que ma tribu a abordé, l’air de rien, les 4 piliers du mariage religieux : liberté, indissolubilité, fidélité, fécondité. Ils en ont parlé avec un langage et un vécu d’aujourd’hui, et une conception peut-être moins étriquée que certaines sources catholiques. Le mariage, demande confiance, générosité, don mutuel … et échange des alliances. C’est consacrer l’existant, continuer son chemin, ouvrir la famille, faire germer l’amour, célébrer le quotidien. C’est expérimenter l’amour divin, faire un ménage à 3, entretenir ce don, ce lien au Seigneur qui, fidèle, soutient toujours. C’est transmettre sa foi, en témoigner.

 

Je me tourne maintenant vers vous dans la foulée de mon enquête familiale : Quels que soient vos parcours d’amour et d’amitié, quelle que soit votre histoire, quelle que soit votre vocation, votre engagement au Seigneur n’est-il pas du type «  libre, indissoluble, fidèle et fécond » ? Que l’on reçoive un sacrement ou que l’on fasse vœux de pauvreté, chasteté, obéissance, conversion des mœurs, stabilité, n’est-ce pas par le don sincère de soi-même,  ancré dans la communion des personnes avec lesquelles on vit, que l’on advient, que l’on devient « une personne accomplie » au sens divin ? Réfléchissons-y, chacun, chacune, dans notre cœur, en toute humilité.

 

Introduction au Notre Père

Jésus, toi qui nous as montré ce que pouvait être le lien au Père et le don d’amour jusqu’à la mort, avec toi qui nous rejoins chaque jour dans notre humanité, nous redisons la prière que tu nous as apprise.

 

Oraison

Dieu Notre Père, que nous soyons seul.e, en couple, en famille, en communauté, aide-nous à garder nos relations à Toi fortes et solides. Puissions-nous vivre nos engagements en confiance et aimer nos proches dans un profond respect de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils deviennent. Aide-nous à ne pas dénaturer nos engagements, même si nous sommes soumis à des épreuves difficiles, si la vie commune se révèle un échec, si nous vivons une relation dans l’impasse. Puissions-nous toujours nous rappeler que le premier à entretenir les liens d’amour, sans condition, sans dissolution, c’est Toi. Nous te le demandons par Jésus-Christ, notre Seigneur, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen.



[1] Relire « La théologie du corps » de St Jean-Paul II

jeudi 24 février 2022

Liturgie de la Parole 7e jeudi TO

 (sr Marie Christine)

 Introduction

Bonjour et bienvenue à cette célébration de la Parole qui nous rassemble en communauté et en Église.

Jésus nous parle de donner un verre d’eau. C’est-à-dire de donner la vie, surtout dans un pays chaud comme la terre d’Israël où l’accès à l’eau a toujours été un problème. Aujourd’hui on parle de « l’or bleu » : oui, l’eau est de l’or, nous l’oublions parfois dans nos pays où elle ne manque pas, ou si rarement.

Soyons des semeurs de vie dans les petites choses aussi naturelles que de donner un verre d’eau.

Saint Jacques n’est pas tendre ! Il annonce les malheurs qui attendent les riches, non parce qu’ils sont riches, mais parce qu’ils ont frustré les ouvriers de leur salaire, il ont condamné les juste qui s’opposait à leur injustice sociale. Que c’est, hélas, toujours actuel !

Alors l’évangile où Jésus invite à se séparer de tout ce qui , en nous, cause du scandale prend tout son sens. Et les révélations  et scandales d’abus dans l’Église donnent une actualité criante à ces textes.

Prions pour les victimes, prions aussi pour ceux qui ont abusés.

 Méditation :

En entendant l’évangile est monté en moi le beau chapitre 30 du Deutéronome où Dieu invite à choisir la vie. c’est cela qui est en jeu. Je vous ai mis les deux textes.

Prenons 5 mn de silence pour laisser la Parole travailler nos cœurs.

 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc ( Mc 9, 41-50 )

Jésus disait à ses disciples : « Celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.

Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.

Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.

Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

Chacun sera salé au feu. C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre de la saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »

 Deutéronome 30, 11-14.19-20

Cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises : « Qui montera aux cieux nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ? » Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises : « Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ? » Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. (...)

Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

 Invitation au Notre Père

Toi le Père de tous les hommes et femmes, toi qui vois dans le secret de nos cœurs, nous te prions :

 Prière d’envoi

Seigneur Jésus, tu nous invites à être le sel de la terre, et à rejeter ce qui ne nous fais obstacle à cette mission. Fais-nous trouver notre joie à te choisir et à tout te donner, pour que se développe en nous et autour de nous ton Royaume de vie et d’Amour où nous t’appartiendrons à jamais.

Toi qui vis avec le Père’ et l’Esprit Saint, Dieu, pour les siècles des siècles.

mercredi 23 février 2022

Liturgie de la Parole, 7e mercredi TO

(Saint Polycarpe)

(Sr Marie Raphaël)

Ouverture

Nous faisons aujourd’hui mémoire de saint Polycarpe. Il fut évêque à Smyrne au 2ème siècle et mourut martyr à 86 ans le 23 février 155. Sa mémoire nous est particulièrement chère, parce qu’il est témoin des tout premiers temps de l’Eglise, il a connu saint Jean, le disciple bien-aimé du Christ. Témoin de ce siècle où la foi au Christ, l’attachement à l’Evangile, s’est répandue comme une trainée de poudre dans le monde méditerranéen, malgré les résistances juives et les persécutions romaines. Cela nous interpelle aujourd’hui : comment la Bonne Nouvelle poursuit-elle sa route dans les cœurs ? Polycarpe a connu Jean qui a connu Jésus. La foi se transmet par contagion, comme un flambeau qui se propage et se partage sans diminuer. Soyons dans la reconnaissance pour les témoins qui nous ont précédés et nous ont permis de devenir témoins à notre tour.

 Résonances

Je trouve que cet extrait de la lettre de saint Jacques est d’une brûlante actualité. Je pense aux jeunes d’aujourd’hui, la génération de mes neveux et nièces. Que signifie pour eux cette parole : « vous autres, maintenant, vous dites : ‘aujourd’hui ou demain, nous irons dans telle ou telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent’, alors que vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! Vous n’êtes qu’un peu de brume qui paraît un instant puis disparaît… ». Pour eux qui sont au seuil de l’âge adulte, c’est très difficile de se projeter dans le futur. Il y a le réchauffement climatique, les pandémies, l’immense problème migratoire, les incertitudes géopolitiques… et nous voudrions qu’ils fassent des projets solides pour le monde de demain. Plus que jamais, ils ont conscience de n’être « qu’un peu de brume qui paraît un instant puis disparaît ».

Jacques, dans sa lettre, s’adressait aux arrogants qui se prétendaient maîtres de leur destin, ces vantards dépourvus de vigilance qui construisaient un monde sans Dieu. Au contraire, les jeunes d’aujourd’hui ont une conscience aiguë de leur fragilité et de l’incertitude de l’avenir. C’est l’autre extrême : on n’entreprend plus rien, on se laisse couler, on baisse les bras.

Mais la réponse de Jacques reste valable : il suggère : « vous devriez dire, au contraire : ‘si le Seigneur le veut bien, nous serons en vie et nous ferons ceci ou cela’ » et il ajoute : « être en mesure de faire le bien et ne pas le faire, c’est un péché. » La parole de Jacques nous invite à remettre le Seigneur au centre de nos vies. L’espérance n’est pas une confiance béate en un avenir où tout serait facile. L’espérance chrétienne est plutôt de savoir que le Seigneur est là, au cœur du réel dans toute sa complexité, qu’il est avec nous et qu’il se présente à nous comme le rocher sur lequel nous pouvons nous appuyer pour nous projeter dans l’avenir. Accepter l’incertitude et la non-maîtrise ne veut pas dire démissionner.

On rejoint l’évangile et cette incroyable confiance de Jésus lorsqu’il dit : « celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Quelle ouverture ! En disant cela, il exclut la catégorie de l’entre-deux, des indécis. Du moment qu’on n’est pas contre, on est pour !

Le Royaume de Dieu se construit bien au-delà des frontières de l’Eglise. Partout où l’on ne refuse pas l’amour, l’amour fait sont travail et trace son chemin dans les cœurs. Puissions-nous offrir cette belle espérance au monde qui est le nôtre.

 Prière

Seigneur Jésus, nous voulons invoque ton nom sur notre monde. Établis ton règne d’amour dans tous les cœurs. Apprends-nous la confiance pour aujourd’hui et demain, afin que nous puissions discerner le bien qui est à notre portée, et le faire.