mercredi 7 août 2013

Le roi des juifs

IL y avait aussi un écriteau au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des juifs ».
Luc 23, 38

Viens Esprit de vérité
Viens Esprit de sainteté

IL y avait aussi un écriteau au-dessus de lui :
Luc continue de poser son regard sur la scène, avec pudeur, avec un certain recul aussi, pour nous donner de partager son regard. Au sommet de la croix, on plaçait le motif de la condamnation, qui devait servir de dissuasion pour les autres.

« Celui-ci est le roi des juifs ».
Jésus, roi des juifs. On devine l’énorme quiproquo sur cette expression. Jésus est condamné comme agitateur politique, il soulève le peuple, et met en danger le pouvoir en place. Serait-il concurrent de l’empereur romain ? Mais la royauté dont Jésus est revêtu est d’un tout autre ordre. Sa royauté n’est pas de ce monde dira-t-il dans l’évangile de saint Jean. Sa royauté est justice, paix… sa mission est salut, service. L’écriteau dit vrai, mais qui comprend cette vérité ?

Seigneur, en te contemplant sur la croix, donne-moi de découvrir ta royauté.

mardi 6 août 2013

Les soldats aussi

Les soldats aussi se moquèrent de lui : s’approchant de lui pour lui présenter du vinaigre, ils dirent : « Si toi, tu es le roi des juifs, sauve-toi, toi-même ».  
Luc 23, 36-37

Viens Esprit de compassion
Viens Esprit de patience et de constance

Les soldats aussi se moquèrent de lui :
Les soldats ont accompli leur rude mission, ils doivent sans doute se blinder un brin pour ce faire. On ne crucifie pas quelqu’un de gaieté de cœur. Et leur nervosité passe en moquerie. IL doit aussi y avoir toute la querelle entre Romains et Juifs. Crucifier un juif, doit quelque part être une manière d’humilier le peuple assujetti.

s’approchant de lui pour lui présenter du vinaigre,
qu’en est-il de cette boisson vinaigrée ? Le psaume 68,22 dit : Pour boisson ils m’ont donné du vinaigre… Le psalmiste gémit devant ses ennemis, le texte fait il ici allusion à cette plainte de l’homme persécuté ?

 ils dirent : « Si toi, tu es le roi des juifs, sauve-toi, toi-même ».  
On croirait entendre le malin de la tentation au désert : Jésus est invité à prouver qui il est, et à user, abuser de la puissance dont il est revêtu. Mais la royauté de Jésus n’est pas de ce monde, il n’est pas venu pour écraser, dominer, mais pour servir et sauver. Pour servir et sauver notre humanité, non point pour se servir… Nous sommes face à une totale méprise sur la véritable identité de Jésus. Il est tourné en dérision.

Jésus, je me tiens devant ta croix, donne-moi de partager ton cœur, ta peine. Je suis là dans l’impuissance, face à ta douleur, qui aujourd’hui dure encore dans la douleur de tant de nos frères et sœurs humains.

Jésus, donne-moi un cœur compatissant.

lundi 5 août 2013

Le peuple contemplait

Et le peuple se tenait là, contemplant. Mais les chefs se moquaient disant : « Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’élu »
Luc 23,35

Viens Esprit de paix
Viens clarté de nos yeux

Et le peuple se tenait là, contemplant.
Face à la croix, deux groupes se dessinent. Le peuple est là… à l’entrée de Jésus à Jérusalem, il était là, il acclamait. Au temple, il l’écoutait avec joie. Puis entraîné par les chefs religieux, il a réclamé la mise en croix de Jésus. Maintenant il est là, debout devant la croix, il contemple. Il se laisse interroger par les événements qui viennent de se passer sous ses yeux, comme un tourbillon. Il contemple… le temps s’est comme arrêté, face à la croix où Jésus vient de lancer une nouvelle parole de miséricorde. Le peuple contemple, chacun est là, accueillant les événements dans le silence de son cœur.

 Mais les chefs se moquaient disant :
Le deuxième groupe devant la croix, ce sont les chefs religieux, qui ont cherché à mettre à mort Jésus, qui ont réussi à le traîner devant Pilate et à arracher la condamnation. Ils célèbrent leur victoire, par une dernière raillerie, ils se moquent. Ils sont dans l’extériorité du regard, dans la dérision.

 « Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même,
C’est justement réclamer là, ce que Jésus est bien incapable de faire. Il ne veut pas se sauver lui-même, car il a tout reçu du Père, et nous a tout donné. Il ne nous enlèvera pas notre liberté. Il a consacré sa vie à nous révéler ce visage du Père, il ne va pas maintenant le trahir, en usant d’un pouvoir magique. Dieu est amour, un amour qui ne s’impose pas, un amour qui s’offre humblement, qui se dit dans la pauvreté et la générosité. Il est né pauvre parmi les pauvres, il meurt pauvre parmi les malfaiteurs.

s’il est le Messie de Dieu, l’élu »
Deux titres qui sont effectivement ceux de Jésus, qui lui reviennent effectivement avec grande justesse. Mais comme Jésus n’a cessé de le dire, de le répéter, son Royaume n’est pas de ce monde, sa messianité est service, don de soi, et non pouvoir écrasant. Oui, il est l’élu du Père, le fils unique, et aux yeux du Père nous avons tant de prix, qu’il nous donne son bien-aimé.

Seigneur, avec le peuple donne-nous de nous tenir aujourd’hui devant la croix, de la contempler longuement. Seigneur, viens parler à notre cœur.

dimanche 4 août 2013

Père, pardonne-leur

Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font ». Se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort.
Luc 23, 34

Viens Esprit de pardon et de paix
Viens Esprit de réconciliation

Et Jésus disait : « Père,
Dans la détresse de sa mise en croix, Jésus se tourne vers Dieu, comme il s’est tourné vers lui au long de sa vie, en lui disant ce nom de Père. Toute sa confiance, tout son amour se disent en ce simple mot.

pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font ».
Et sa prière n’est point d’être délivré de cette souffrance qu’il subit injustement, mais une demande de pardon. Jésus ne s’adresse pas aux hommes en leur disant « je vous pardonne », ce serait prendre les autres de haut. Non, il s’en remet au Père, qui n’est qu’amour, comme il l’a voulu nous le montrer, il lui demande de se révéler une fois encore, Dieu de miséricorde. Sa prière est forte, dense, faite de peu de mots. Jésus avait dans son discours dans la plaine (Luc 6) invité à l’amour des ennemis. Voici qu’il met cet amour en acte, en demandant au Père de pardonner. Il ne dit pas « ce n’est rien ce qu’ils font », mais il invoque le pardon et excuse quelque peu en ajoutant : « ils ne savent pas ce qu’ils font », ils ne se rendent pas compte à quel point ce jugement est injuste.

Se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort.
Pendant que Jésus prie, ceux qui ont eu la terrible mission de l’exécuter, partage les vêtements de Jésus (sa seule possession), et tirent au sort les parts. Triste salaire de bourreau. Et dépouillement extrême pour Jésus. Dans ce verset on lit l’accomplissement du psaume 21, 19, mais aussi la pauvreté totale en laquelle Jésus se livre, s’abandonne au Père.

Seigneur, dans nos ténèbres, fais que nous levions les yeux vers ta croix, que nous entendions ta prière, et y puisions toute confiance.

Seigneur, grand est ton amour pour nous. Je te rends grâce. Que ma vie devienne chant de louange pour toi, don d’amour à ta suite.

samedi 3 août 2013

Là, ils le crucifièrent

Et lorsqu’ils arrivèrent au lieu-dit du Crâne, là, ils le crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche.
Luc 23, 33

Viens Esprit de force
Viens Esprit consolateur

Et lorsqu’ils arrivèrent au lieu-dit du Crâne,
Cette colline porterait ce nom en fonction de sa forme, donnant l’image d’un crâne.

 là, ils le crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche.
Luc relate le plus simplement possible, de la manière la plus dépouillée possible les faits. Aucun dolorisme, aucune image sanguinolente. Il nous dit presqu’en un profond silence comment les faits se sont déroulés. Grande pudeur, non point froideur. Invitation à contempler plus profond que la croix effective, le mystère de don qui s’y vit.

Jésus est crucifié, ainsi que les deux malfaiteurs, il est au centre.

Seigneur, je regarde longuement, dans le silence cette scène. Je cherche à t’écouter, à être simplement là, à tes cotés. Laissant déferler les sentiments de révolte contre cette mort injuste, les sentiments de culpabilité, qui nous rend tous solidaires dans la faute, laissant tout, je te regarde tout simplement. Viens habiter ma prière silencieuse.