vendredi 6 septembre 2019

Pas en pleine fête


Mc 14
1 La Pâque et les azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les Grands prêtres et les Scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.  2 Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. »

En Israël, la religion juive dicte le rythme de la vie. La période de Pâque et des Azymes a lieu dans deux jours. Qu’est-ce à dire ?    

« Pendant sept jours, vous mangerez des Azymes. Dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons car quiconque, du premier au septième jour, mangera du pain levé, celui-là sera retranché d’Israël. » (Ex 12, 15)                                 
« Vous observerez la fête des Azymes, car c’est en ces jours-là que j’ai fait sortir vos armées du pays d’Egypte. » (Ex 12, 17)
« Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au crépuscule, c’est Pâque pour le Seigneur, et le quinzième jour de ce mois, c’est la fête des Azymes pour le Seigneur.  Pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain. Le premier jour il y aura pour vous une sainte assemblée ; vous ne ferez aucune œuvre servile.  Pendant sept jours vous offrirez un mets au Seigneur… »(Lév 23, 5-8)

Fomenter un complot pour faire périr Jésus !  Comme préparation à la Pâque, souvenir d’une libération,  on ne peut pas dire que,  pour fêter cet événement, les intentions qui animent le cœur  des grands prêtres et des scribes soient pures.  C’est aussi pour cette raison qu’ils veulent agir, avant la fête, pour éviter les tumultes et les réprobations du peuple.

A partir d’une relecture de ces événements, de la manière dont Jésus a été glorifié,  Paul invectivera les gens de Corinthe en leur disant : « Il n’y a pas de quoi vous glorifier !  Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ?  Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des Azymes.  Car, notre Pâque, le Christ, a été immolée.  Ainsi donc, célébrons la fête, non pas avec du vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des Azymes de pureté et de vérité. » (1Co 5, 6-8)

Crée en moi un cœur pur, Ô mon Dieu.  
Renouvelle en moi la fidélité.    
Que ta bonté transforme mon regard.  
Donne-moi d’espérer et de garder courage.     
(Adaptation du Psaume 50 par la communauté de La Roche d’Or)
Raymond

mercredi 4 septembre 2019

Veillez !


Mc 13
34 C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. 35 Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; 36 s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. 37 Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Viens Esprit Saint, soutiens et éclaire notre veille.

Le mot revient dans chacun des versets de ce jour qui concluent le chapitre : « Veillez ! »
Jésus reprend son langage imagé avec une petite mise en situation : un maître de maison part en voyage. Il s’en va, met une distance, laisse son personnel se débrouiller.

Il a confiance en ses serviteurs car il leur donne « tout pouvoir » ! Les choses sont dans leurs mains, pas question d’invoquer l’absence du maître pour se distraire ou s’endormir : ils ont tout pouvoir de décisions.

Mieux même, pour que tout soit bien clair, il fixe à chacun son travail et – bien sûr – charge le portier de veiller. « Il ne faudrait pas », ajoute Jésus, qu’il les trouve endormis !

Jésus semble raconter une histoire, pourtant il passe immédiatement à l’interpellation personnelle de ses auditeurs : « Veillez - vous ne savez - qu’il vous trouve endormis - Ce que je vous dis là ». Et ensuite l l’élargit au maximum son propos : « je le dis à tous ». Oui, décidément, il n’y a aucun doute : c’est bien à nous aussi, à chacun et chacune, que Jésus donne cet ordre avec tant d’insistance : Veillez !

Seigneur Jésus, tu as donné une mission à chacun et chacune d’entre nous. Tu nous l’as confiée, et tu nous demandes de l’accomplir au jour le jour. Donne-nous de saisir la grâce de chaque jour !

mardi 3 septembre 2019

Restez éveillés


Mc 13 
32 Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.
33 Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment.

Viens Esprit Saint, viens nous tenir en éveil.

Ce passage apocalyptique où Jésus dépeint les signes de la fin des temps, en lien avec le « retour » du Fils de l’homme, touche à sa fin et le ton de la mise en garde se prolonge jusqu’au bout.

La fin de ce chapitre nous est peut-être plus proche car elle développe un très beau thème : celui du veilleur. Si l’on veille, c’est que l’on ne connaît pas l’heure de l’avènement attendu ! Une évidence que Jésus souligne fortement en déclarant que nul ne connaît « cette heure-là » hormis le Père. Il se fait ainsi l’un des nôtres, ignorant comme nous – dit-il – « le moment ».

Un « veilleur qui attend l’aurore »… voilà ce que nous devons être, ce que nous devons devenir ; il ne faut pas d’abord veiller pour être prêts à affronter les catastrophes, mais bien pour accueillir le Seigneur. Quand il vient frapper à notre porte, de nuit comme de jour, que tout soit prêt pour sa visite.

C’est sans doute dans la vigilance de la prière, dans le respect de la « liturgie des Heures », que nous est donné le meilleur moyen pour rester « veilleurs » tout au long du jour, et de la nuit.

Seigneur Dieu, accorde-nous cette grâce de la vigilance qui permette de vivre au jour dans ton amitié et la rencontre de nos frères et sœurs ; puissions-nous nous encourager mutuellement à rester éveillés !

lundi 2 septembre 2019

Laissez-vous instruire...


 Mc 13
28 Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. 29 De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. 30 Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. 31 Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.


Le figuier, nous en avons croisé un en 11,12-14 et 11,22-21 : il avait été « maudit » par Jésus pour sa stérilité, image de la stérilité du culte rendu par les responsables du Temple.

«  Laissez-vous instruire » : accueil, réceptivité, écoute intérieure, ouverture du coeur. Seigneur ce sont les attitudes du disciple. Or le figuier est justement symbole de la Torah qui nourrit le coeur du disciple. Non seulement par son fruit, mais aussi par son aspect, sa transformation au printemps, signe de du renouveau qui est là, en germe, en devenir, qui grandit, qui annonce l’été, le temps des fruits. Seigneur, ouvre mes yeux à ces signes.

Tous les signes de persécution, de grandes détresses et de grand bouleversements… qui sont de tous les temps, n’annoncent pas une mort, mais une vie qui naît, une Présence qui advient, qui est toute proche. L’important à discerner et à accueillir est celui qui est déjà là, qui attend que nous lui ouvrions la porte de notre coeur, que nous l’accueillions dans notre vie concrète : « sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. ».

« Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. » Jésus s’est-il trompé ? Pire, a-t-il menti ? Les premiers chrétiens attendaient sa venue imminente et nous sommes plus de 2000 ans plus tard ! Il y a la venue finale à la fin des temps, qui semble très éloignée… ou trop proche devant les bouleversements climatiques et la pollution. Nous pouvons en être paralysés. Jésus tu nous encourages : «  mes paroles ne passeront pas », toutes les paroles où tu nous assures de ta présence, et surtout de ton amour, de celui du Père, de la présence et de l’assistance de l’Esprit.

Il y a aussi ta venue quotidienne ou plus forte à une étape de notre vie. Dans l’Apocalypse tu nous dit: « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui et lui avec moi. » (Apocalypse 3,20). À moi d’ouvrir la porte !

Il y a encore ta venue à la fin de notre vie, lors de la grande rencontre, qui peut faire peur. Je crains de n’être jamais prête ! Et c’est une chance, car si je me croyais prête,,cela signifierait que je m’appuie sur moi, sur ma « bonne conscience », mes mérites et que sais-je encore ! Alors qu’il ne s’agit pas de cela. « De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » (Marc 10,26-27). Heureusement le salut, la grande rencontre, ne sont pas notre œuvre, mais celle du Seigneur en nous ! Saint Benoît nous invite à « Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu » ( Règle de st Benoît 4,74).

Seigneur ouvre mon coeur, ouvre mes lèvres, ouvre mes mains : que je t’accueille, que je te laisse descendre en moi, me transformer et rayonner en moi, par moi, à travers moi ; que je le sache, que je le sente, ou pas tu es là et tu agis. Merci.Je te redis avec le psalmiste :

« Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi ! » (Psaume 32(33),20-22).
sr Marie-Christine

dimanche 1 septembre 2019

On verra le Fils de l’homme venir


 Mc 13
26 Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. 27 Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Viens Esprit, viens rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Viens unifier les coeurs et prier en nous

Jésus, tu nous as demandé de ne pas courir après tous les faux messies et faux prophètes. Et tout de suite après tu dis comment tu viens. Après la grande détresse tu viens aussi de manière extraordinaire. Comment savoir que c’est bien toi ?

Qui est ce Fils de l’homme ? Dès le début Jésus se désigne ainsi. (2,10.28 ; 8,31.38 ; 9,9.31 ; 10,33.45 ; 13,26.29 ; 14,21.41.62 : les deux premières fois il use de l’expression pour manifester que son autorité vient de Dieu - pouvoir de pardonner et autorité sur le sabbat-, les autres fois c’est au sujet de sa passion). Ce titre vient du livre de Daniel et ici Jésus cite le passage presque littéralement : « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Daniel 7,13-14) Lors de la dernière utilisation en 14,62 Jésus reprend devant les grands prêtres la citation explicite de Daniel. Un des critères d’authenticité de ta présence dans notre vie et dans celle de ceux que nous choisissons comme maîtres… tu nous l’as donné en 10,43-45 : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Quant à ta venue à la fin des temps, tu as usé d’une image de venue, et cette venue n’est pas terrifiante.

Le Fils de l’homme est un rassembleur, non un diviseur, ni un disperseur : Marc fait allusion à différents textes. « Le Seigneur changera ton sort, il te montrera sa tendresse, et il te rassemblera de nouveau du milieu de tous les peuples où il t’aura dispersé. Serais-tu exilé au bout du monde, là même le Seigneur ton Dieu ira te prendre, et il te rassemblera. » (Deutéronome 30,3-4 ). Le beau texte d’Isaïe : « Ne crains pas, car je suis avec toi. Je ferai revenir ta descendance de l’orient ; de l’occident je te rassemblerai. Je dirai au nord : « Donne ! » et au midi : « Ne retiens pas ! Fais revenir mes fils du pays lointain, mes filles des extrémités de la terre, tous ceux qui se réclament de mon nom, ceux que j’ai créés, façonnés pour ma gloire, ceux que j’ai faits ! » (Isaïe 43,5-7).  « Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais prendre les fils d’Israël parmi les nations où ils sont allés. Je les rassemblerai de partout et les ramènerai sur leur terre. » (Ézéchiel 37,21)

Seigneur Jésus, aujourd’hui  et chaque jour, je désire t’accueillir, marcher avec toi dans la voie où tu as marché, la voie du service et du don de soi, sans éclat, sans dérobade.
Viens unifier mon coeur et viens rassembler en toi ceux qui se réclament de toi et tous les hommes et femmes du monde.
sr Marie-Christine