jeudi 12 septembre 2013

Ils l'avaient reconnu

Lc 24
35 Et eux racontèrent ce qui s'était passé sur la route et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain.

Esprit Saint, éclaire notre route, donne-nous d’y reconnaître les traces de Jésus.

Et eux racontèrent : communiquer la nouvelle, rapporter son expérience, laisser déborder sa joie, …

ce qui s'était passé sur la route : ils distinguent les deux temps de leur expérience. D’abord ce qui s’est passé sur la route ; ces belles heures où un inconnu, marchant à leur pas, leur a « entrouvert les Ecritures » comme jamais personne ne l’avait fait.

 et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain : puis ce qui s’est passé dans la maison : le geste du partage du pain, cet instant où leurs yeux ont été ouverts. Oui, ils l’ont vu, oui, « c’est bien vrai ».
Et entre les deux, cet instant décisif où ils l’ont invité à demeurer avec eux.


Seigneur Jésus, tu es présent sur nos routes quotidiennes, présent au cœur de notre lecture priante des Ecritures où tu continues à nous révéler qui est notre Dieu, présent au sein de nos rencontres liturgiques, quand nous nous rassemblons en communauté autour de la fraction du pain pour faire mémoire de Toi…

mercredi 11 septembre 2013

C'est bien vrai

Lc 24
33 A l'instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, 34 qui leur dirent : « C'est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon. »

Esprit saint, viens toi-même nous l’affirmer : c’est bien vrai ce que notre foi nous permet de percevoir.


A l'instant même, ils partirent: l’annonce d’une – de la – bonne nouvelle ne peut attendre : il y a urgence pour le Royaume. Les voilà donc qui se remettent en route. « Le soir vient » disaient-ils, il y a un instant, pour inviter Jésus à demeurer. La nuit doit être tout à fait là maintenant. A moins que les ténèbres, les vraies, ne se soient dissipées. « La nuit devient lumineuse comme le jour » (Ps 138,12).

et retournèrent à Jérusalem : ils font donc demi-tour, ils s’en retournent, ils se tournent, ils se « convertissent ». Ils vont rejoindre les frères, reconstituer la communauté.

ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons : les apôtres et d’autres que l’on ne nomme pas mais qui élargissent le cercle, tous ceux-là sont réunis. Ils le sont autour de la grande annonce, de la merveilleuse réalité.

qui leur dirent : C'est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon : ils n’osaient le croire tant que personne n’avait vu Jésus. Mais entre-temps Simon l’a vu. Rien ne nous est rapporté de cette apparition à Simon. Elle est juste mentionnée. Mais elle est essentielle car, après cette manifestation, ils ont pu dire « C’est bien vrai » et le proclamer dès l’arrivée des deux marcheurs… sans même leur laisser la parole… « Le Seigneur est ressuscité » : la grande nouvelle peut à présent se répandre.

Seigneur Jésus, tu es allé toi-même à la rencontre de Simon et des disciples d’Emmaüs pour qu’ils puissent proclamer « c’est vrai ! ». Viens aussi toi-même vers chacun de nous pour que nous puissions à notre tour faire l’expérience de te rencontrer et de dire « c’est bien vrai ».

mardi 10 septembre 2013

Ouvrir les Ecritures

Lc 24
32 Et ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous tandis qu'il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures ? »

Esprit saint, viens allumer en nous le feu de l’amour.

Et ils se dirent l'un à l'autre : ils reprennent leur dialogue, ils continuent à exprimer leurs sentiments, à partager leur expérience commune…

« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous : Jésus a « expliqué » les Ecritures : voilà a priori qui s’adresse à la connaissance, au raisonnement… et ce qu’ils en retiennent, c’est que leur cœur a été atteint, touché avec force puisqu’il en est devenu brûlant. Brûlant d’enthousiasme, de joie, d’amour… Brûlant de ce contact avec Jésus, de cette rencontre qui les a ouverts à une nouvelle espérance.

tandis qu'il nous parlait en chemin : oui, Jésus a partagé leur chemin, et il leur a parlé. Comme des dizaines de fois sur les routes de Galilée. Mais cette fois, peut-être, leur désir était-il, à la mesure de leur tristesse, tellement grand qu’il ont pu recevoir la parole de Jésus.

et nous ouvrait les Ecritures ? : ils n’ont pas eu l’impression de marcher avec un prêcheur ni un enseignant, mais avec quelqu’un qui ouvrait des chemins. Beaucoup de versions traduisent par « expliquer » ou, au mieux, « ouvrir le sens ». Pourtant le terme grec est bien « ouvrir » ou même « entrouvrir ». Littéralement, il s’agit donc bien d’entrouvrir les Ecritures. Maintenant, puisque la porte s’est ouverte, ils peuvent eux-mêmes pénétrer dans les Ecritures, ils y sont chez eux, ils peuvent en explorer toute la richesse.

Seigneur Jésus, tu nous as donné l’accès à ta Parole, tu nous donnes chaque jour de la pénétrer davantage : bénis sois-tu pour la grâce de la lectio qui illumine chaque journée.

lundi 9 septembre 2013

A table avec eux

Lc 24
30 Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. 31 Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible.

Esprit Saint, ouvre nos yeux, donne-nous de connaître Jésus, de le reconnaître au cœur de nos liturgies et de nos rencontres.

Or, quand il se fut mis à table avec eux : « j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui et lui avec moi » (Ap 3,20), « être avec », voilà bien le fil rouge de cette rencontre à Emmaüs. Luc insiste autant qu’il le peut : après avoir fait route « avec eux » (v. 15), ils l’ont supplié en disant : « reste avec nous » (v. 29), sur quoi Jésus est entré pour rester « avec eux », et voilà enfin qu’il se met à table avec eux. Ils vont manger ensemble ce qui sera préparé dans la maison de Cléopas : Jésus se laisse inviter, il reçoit ce qu’il lui est offert.

il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna : et avec ce pain qu’on lui apporte, il va refaire le geste qu’il a posé à la veille de sa mort mais déjà aussi lors de la multiplication des pains (9,16). Sans doute Luc ne vise-t-il pas ici à décrire une liturgie que Jésus aurait faite pour reproduire ou renouveler le dernier repas. Mais en employant ce vocabulaire liturgique, ne veut-il pas souligner comment le Ressuscité se donne dans l’Eucharistie, comment nous pouvons l’y rencontrer à l’instar des disciples d’Emmaüs ?

Alors leurs yeux furent ouverts : le verbe à la forme passive, comme si souvent lors des signes accomplis par Jésus, nous montre que les disciples ne sont pas acteurs de cette soudaine clairvoyance : elle leur est donnée.

 et ils le reconnurent : mais c’est bien eux qui le re-connaissent, qui le connaissent à nouveau, à partir de leur expérience propre, à partir des longs mois passés avec lui, à partir des moments où ils avaient déjà partagé la même table, à partir sans doute de l’expérience unique du dernier soir.

puis il leur devint invisible : simplement invisible, leurs yeux de chair ne le perçoivent plus. Ce n’est plus nécessaire. Luc semble dire qu’il est toujours bien là à leurs côtés, mais d’une présence au-delà du visible.
Tel qu’il en sera désormais pour tous ses amis.


Seigneur Jésus, ce n’est pas avec nos sens que nous pouvons te percevoir, mais tu t’approches toujours de nous pour être avec nous, pour partager la route, la parole et la table avec nous. Bénis sois-tu !

dimanche 8 septembre 2013

Reste avec nous

Lc 24
29 Ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. » Et il entra pour rester avec eux.

Esprit Saint, donne-nous les mots d’une prière pressante.

Ils le pressèrent : selon les règles de l’hospitalité, ils ne peuvent laisser ce compagnon de marche s’enfoncer dans l'obscurité, il faut insister, le presser d’entrer dans la maison pour la nuit. Mais sans doute est-ce bien plus qui les pousse à cette insistance : il y a en leur cœur une joie brûlante qui les incite à prolonger cette rencontre autant que possible.

en disant : Reste avec nous : et ils énoncent clairement et simplement le vrai motif : « Reste avec nous ». Ils énoncent ainsi, les premiers, une des plus belles prières. « Reste avec nous » : ces mots seront repris au long des siècles par les chrétiens, ils seront dits et chantés.

car le soir vient et la journée déjà est avancée : phrase de sollicitude, désir de passer encore ensemble les heures calmes de la soirée… besoin d’appeler aujourd’hui le Seigneur au moment les plus sombres de nos existences.

Et il entra : on imagine la scène, Cléopas sur son seuil, la porte largement ouverte : « si quelqu’un ouvre la porte, j’entrerai chez lui » (Ap 3,20). Alors Jésus entre…

pour rester avec eux : ils avaient dit « reste avec nous » et Jésus les exauce. Rien d’autre ne compte que d’être ensemble, les uns en union avec les autres. Peu importe le contexte : la fatigue de la route, la nuit qui entoure la maison, l’heure tardive. S’il entre c’est uniquement pour « rester avec eux ».


Seigneur Jésus, une seule chose compte : être ensemble, avec Toi au milieu de nous. Et cette prière-là, tu l’exauces parce qu’elle rejoint ton désir de nous voir unis en ton nom. Reste avec nous, Seigneur !