lundi 5 septembre 2022

Liturgie de la Parole, 23e lundi TO

 (SMJn Noville)

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

En ce 23e lundi, la liturgie nous propose un texte paulinien difficile à lire.

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul expose la situation :

« On entend dire partout qu’il y a chez vous un cas d’inconduite, une inconduite telle qu’on n’en voit même pas chez les païens : il s’agit d’un homme qui vit avec la femme de son père ».

L’aspect le plus ardu n’est pas tant la situation elle-même que la réponse de Paul :

« Il faut livrer cet individu au pouvoir de Satan, pour la perdition de son être de chair ».

Pas facile à entendre lorsqu’on veut favoriser l’accueil de chacun dans la pastorale…

Quant à l’évangile, Jésus se trouve face à « un homme dont la main droite était desséchée ».

Cet homme sera-t-il stigmatisé pour cet handicap ?

Nous le découvrirons dans un instant…

À présent, recueillons les intentions des hommes et femmes de notre temps par le chant des psaumes.

 Méditation

Dans l’évangile, Jésus pose une question qui nous renvoie au cœur du débat : « Est-il permis… de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? ».

Le critère ultime de la réflexion et du discernement de Jésus est celui de la vie.

Tel est le but de sa Venue en notre monde : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, la vie en abondance » (Jn 10, 10).

Dès lors, la célébration du sabbat passe au second plan et Jésus « sauve » cet « homme dont la main droite était desséchée ».

 Et qu’en est-il du critère de la vie dans la situation d’inconduite à laquelle Paul est confronté dans la communauté de Corinthe ?

Cet « homme qui vit avec la femme de son père » ne cherche-t-il pas la vie ?

Pour stimuler notre réflexion, je citerai de nouveau Sr Véronique Margron, une théologienne moraliste que j’apprécie beaucoup[1].

Elle parle d’« hospitalité christique », en ce sens que, dans l’évangile, « les rencontres (de Jésus) manifestent son accueil sans condition, spécialement aux gens peu recommandables de son époque. Ce qui ne veut jamais dire qu’il ‘bénirait’ leur mode de vie ».

Et, en corollaire de cette hospitalité christique, Véronique Margron dégage une « hospitalité éthique », qui ne signifie pas une « bénédiction de ces modes de vie ou pratiques », mais qui permet d’« entendre la souffrance et le désir que portent ces évolutions, ces demandes, ces mœurs ».

Face aux situations diverses de notre monde, aux choix de nos contemporains, aux expériences qu’ils vivent, bon gré mal gré, laissons-nous interpeller par cette déclaration de la même théologienne :

« Nous appartenons à la même humanité, celle où aucun d’entre nous n’est blanc comme la colombe ».

 Prenons un temps de silence pour écouter ce que la Parole du Seigneur veut nous dire au creux du cœur…

 Temps de silence

 Notre Père

Avec Jésus, qui porte notre monde en sa prière, redisons les mots qu’Il adresse à son Père…

Prière

Dieu notre Père, tu aimes tellement notre monde que Tu lui as envoyé ton Fils unique. Il est venu sur notre terre, porteur de la Vie reçue de Toi. Il nous la partage, afin qu’elle se répande à l’entour et témoigne de Toi. Accorde-nous de nous laisser interpeller par ce que vivent les hommes et femmes de notre temps, que nous puissions témoigner de Ta présence vivifiante, en leur quotidien, quel qu’il soit. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

 Bénédiction

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde…

 

[1] V. Margron, avec Cl. Plettner, Fragiles existences, Orienter sa vie, Montrouge, Bayard, 2010.

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