jeudi 1 septembre 2022

Liturgie de la Parole, 22e jeudi TO

 (sœur Marie-Christine)

 Introduction

Bonjour et bienvenue à cette célébration qui nous rassemble autour de la Parole. Que nous soyons seuls chez nous ou en assemblée, que chaque jour nous nous pressions « autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu » comme le dit l’Évangile de ce jour.

Dans la première lettre aux Corinthiens, Paul nous rappelle, comme il l’a fait la semaine dernière, « la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. ». Et surtout il nous invite à la confiance quoiqu’il arrive :

« Il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. »

Sur quoi est fondé cette confiance ou plutôt sur QUI ? Paul le dit dans le passage non repris par la liturgie : «  11 La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ… 16 Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? 17 … le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. »[1]

La confiance qui nous conduit à la paix quoiqu’il arrive, c’est que notre vie, par le baptême, est fondée sur le Christ : Nous sommes un sanctuaire de Dieu, l’Esprit Saint habite en nous, nous sommes au Christ et le Christ est à Dieu. Que l’Esprit Saint nous aide à vivre dans cette confiance et à la faire grandir en choisissant chaque jour de marcher sur ce chemin.

Exprimons notre confiance, notre prière, par le chant des Psaumes, en communion avec nos frères et sœurs priant dans le monde entier.

  Méditation 

Jésus est au bord du lac, il a rejoint les pêcheurs sur leur lieu de travail. Il nous rejoint dans notre quotidien.

Tandis que la barque quitte la terre ferme et s’éloigne un peu du rivage, Jésus reste debout dedans… Il est stable et en équilibre sur un bateau mouvant. Qu’il soit et demeure la source de notre stabilité et notre équilibre de vie.

Il s’assied pour enseigner LES foules (et non la foule) : il s’adresse aux foules dans leur multiplicité, il s’adresse à la multiplicité qui habite le cœur de chacun. Il nous rejoint là où nous en sommes aujourd’hui.

En même temps Jésus est pédagogue et concret : il sait que l’eau porte le son et donc pour que chacun puisse l’entendre, il s’éloigne un peu sur le lac. En faisant cela il prend aussi de la distance, et empêche la foule qui se pressait autour de lui et de l’écraser et de faire obstacle pour que les autres, ceux qui sont plus en arrière, ne puissent le voir et l’entendre.

Nous ne savons rien de l’enseignement donné à ce moment-là. L’accent est mis sur la suite qui se passe entre Jésus et les pêcheurs.

Jésus a l’initiative et demande littéralement à Simon : « Remonte vers la profondeur, et faites-descendre vos filets pour une capture »[2].

Comme si Jésus s’adressait à chacun en particulier, que ce soit dans cette traduction « Remonte vers la profondeur » ou dans la traduction liturgique « avance au large », c’est au singulier. « Remonte vers la profondeur », c’est paradoxal ! Dans le lac cela peut se comprendre au sens où il faut s’éloigner de la rive pour aller là où il y a de la profondeur. En plus ce n’est pas « monte » mais « remonte » : tu en venais, et bien remontes y une deuxième fois. « Et faites-descendre vos filets pour une capture » : si tu remontes vers la profondeur, tu t’aperçois que tu n’es pas seul, alors tu peux entendre la parole de Jésus « faites-descendre », quoi ? Ce qui fait votre quotidien qui doit aller, lui aussi, vers la profondeur.

Simon avoue l’échec qui a précédé la rencontre avec Jésus qu’il reconnaît comme maître. Est-ce déjà son maître ? Lui le pêcheur a été honoré que le Rabbi enseigne depuis sa barque et maintenant il est confronté à ses limites, son échec. C’est apparemment la 2ème fois qu’il rencontre Jésus, la 1ère nous est racontée juste avant (Luc 4,31,44) : Jésus avait enseigné avec autorité dans la synagogue de  Capharnaüm, puis fait des guérisons. Jésus avait refusé de se laisser accaparer par les foules :« Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »[3]

Simon a suffisamment confiance en Jésus pour obéir, lui le professionnel, à ce Rabbi dont la pêche n’est pas du tout le métier.

Remonte-t-il vers la profondeur ? Le texte ne le dis pas. Matériellement sans doute, pour pouvoir pêcher, mais spirituellement peut-être pas encore. Il en fera un pas en tombant aux pieds de Jésus :« Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi. Et le 2ème pas sera de se laisser apaiser par Jésus et de se mettre en route : « Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. ». Pas seul « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. »

Rendons grâce pour le cheminement de chacun vers la profondeur, ce cheminement qui rejaillit sur nos proches et sur les lointains. Mettons-nous en route aujourd’hui et chaque jour pour marcher avec Jésus comme compagnon de route et de vie.

 Introduction au Notre Père

Par Jésus, avec lui et en lui qui nous invite à remonter vers la profondeur, chantons du fond de notre cœur la prière qu’il nous a offerte :

 Prière d’envoi

Dieu notre Père, en Jésus tu rejoints chacun là où il est, dans sa multiplicité et ses échecs. Que nous nous ouvrions à ta Présence, remontions jour après jour vers la profondeur et y faisions descendre ce qui fait notre quotidien.

Par Jésus notre Maître, lui le Seigneur qui nous conduit à la vie avec Toi dans l’Esprit, dès maintenant et pour toujours.

 



[1]     1 Corinthiens 11 et 16-17

[2]     Traduction de Philippe Bossuyt et Jean Radermakers dans Jésus Parole de la Grâce selon Luc Institut d’Études Théologiques Éditions vol I Texte p 23

[3]     Luc 4, 43

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