dimanche 12 août 2018

Ouvre l'oreille à ma plainte


Psaume 87, 1-8

2 Seigneur, mon Dieu et mon salut,
dans cette nuit où je crie en ta présence,
3 que ma prière parvienne jusqu'à toi,
ouvre l'oreille à ma plainte.

4 Car mon âme est rassasiée de malheur,
ma vie est au bord de l'abîme ;
5 on me voit déjà descendre à la fosse,
je suis comme un homme fini.

6 Ma place est parmi les morts,
avec ceux que l'on a tués, enterrés,
ceux dont tu n'as plus souvenir,
qui sont exclus, et loin de ta main.

7 Tu m'as mis au plus profond de la fosse,
en des lieux engloutis, ténébreux ;
8 le poids de ta colère m'écrase,
tu déverses tes flots contre moi.
  
Viens Esprit Saint crier en nous l'espérance.

Nous ouvrons ici un des psaumes les plus sombres...et pourtant si riche de foi et surtout d'espérance.
« Seigneur mon Dieu » : le mien, celui que j'ai choisi de suivre, mais surtout celui qui m'a choisi.
« Mon salut » : quel beau nom donné à Dieu. Pas simplement celui qui me sauve, comme cela, juste en passant. Non, celui qui est lui-même mon salut. Pensons au nom de Jésus, « c'est à dire ''Le-Seigneur-sauve'' » (Matthieu 1, 21)
C'est la nuit, pas seulement la nuit extérieure, mais surtout la nuit de celui qui ne comprend pas, qui ne sait plus ni où il en est, ni où il va….
Sa prière : un cri. Pas de phrase, pas de mots, un cri ! Mais ce cri est poussé « en ta présence ». Simplement devant le Seigneur qui est là et devant qui il se met.
Que lui demander ? Qu'il écoute ce cri qui est prière et plainte. Ce gémissement qui monte du fond des entrailles.

Cet homme n'en peut plus, il est au bord du gouffre et c'est aussi l'avis des autres. Il dit franchement au Seigneur ce qu'il ressent.
« Un homme fini » ! Combien de personnes se voient ainsi ! Cette expression dit le désespoir, l'absence totale d'issue. C'est comme s'il était mort, pire, tué et déjà enterré.
Pour la foi juive de l'époque, tout s'arrête à la mort. Les morts mènent au Shéol une vie larvaire, coupée et des vivants et de Dieu. L'homme se voit exclu de la vie, exclu de Dieu qui ne peut lui saisir la main pour le tirer de ce gouffre et la faire remonter vers la vie.

Cette épreuve est forte, très forte. « Tu m'as mis au plus profond de la fosse... » : comme si Dieu lui-même en était l'auteur et même qu'il en rajoutait. Situation extrême, on voit la personne suffoquer, se débattre en vain. Tous les efforts pour en sortir ne font que l'oppresser et l'ensevelir davantage.

Seigneur aujourd'hui encore ouvre l'oreille à la plainte de tous ceux qui sont dans la nuit noire de l'épreuve. Tous les chrétiens persécutés à cause de toi et de l'Évangile ; les personnes de bonne volonté persécutées pour la justice, le respect des droits de l'homme ; les migrants, tous ceux dont la vie est en danger, et aussi ceux qui connaissent des épreuves successives, qui sont dans des situations sans issue…
Pour eux et avec eux nous te redisons ces versets de psaume. Nous nous tenons tout simplement en ta présence, sûrs que tu ouvres l'oreille à la plainte et entends les cris de détresse. (voir Exode 3, 7-8)

Soeur Marie-Christine

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