lundi 24 juillet 2017

Juge-moi

Ps 7
8 Une assemblée de peuples t'environne : reprends ta place au-dessus d'elle,
9 Seigneur qui arbitres les nations. Juge-moi, Seigneur, sur ma justice : mon innocence parle pour moi.

Viens Esprit Saint, viens nous révéler quel est ce Dieu dont le jugement peut être désiré et non craint.

Une assemblée de peuples t'environne : reprends ta place au-dessus d'elle, Seigneur qui arbitres les nations : nous retrouvons la présence de toutes les nations (cfr Ps 2 et 3, etc). Celles-ci sont souvent présentées comme ennemies, mais le Seigneur est « au-dessus » d’elles, lui-même peut arbitrer leurs conflits : il est leur juge. La justice de Dieu ne s’applique pas qu’à son peuple, elle s’étend à tous les peuples de la terre.

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice : le jugement du Dieu juste constitue vraiment la trame de ce psaume, avec la déclaration d’innocence du priant. « Rends justice à ma loyauté » donnent d’autres traductions peut-être plus explicites, car la justice de Dieu et celle de l’homme ne sont pas du même ordre : l’homme juste est précisément celui qui marche sur les voies du Seigneur, qui est attentif à ses « commandements ».

mon innocence parle pour moi : on passe sans transition du jugement sur l’assemblée des peuples au jugement individuel. Le psalmiste proteste de son innocence et répète qu’il est accusé faussement. D’où lui vient cette audace de se proclamer innocent ? Qui oserait une telle déclaration ? Se voit-il dans le regard même du Seigneur ? Lui, fidèle à son Dieu, c’est avec confiance qu’il fait appel à son jugement.


Seigneur Dieu, c’est avec confiance que je me place sous ton regard aimant ; tu connais le cœur de l’homme et tous ses détours mais tu vois aussi mon désir de te suivre. Tu es le Dieu des nations, tu es mon Dieu, béni sois-tu.

dimanche 23 juillet 2017

Si j’ai fait cela

Ps 7
4 Seigneur mon Dieu, si j'ai fait cela, si j'ai vraiment un crime sur les mains,
5 si j'ai causé du tort à mon allié en épargnant son adversaire,
6 que l'ennemi me poursuive, qu'il m'atteigne, qu'il foule au sol ma vie et livre ma gloire à la poussière.
7 Dans ta colère, Seigneur, lève-toi, domine mes adversaires en furie, réveille-toi pour me défendre et prononcer ta sentence.

Viens Esprit Saint, viens nous révéler notre Dieu en sa justice.

Seigneur mon Dieu, si j'ai fait cela : ce psaume mal connu ne parle ni de l’amour de Dieu, ni de la confiance, mais de l’injustice : il est peu utilisé en liturgie et jamais cité dans le Nouveau Testament. Il s’agit d’une supplication individuelle de quelqu’un (David ?) qui se trouve accusé à tort.

si j'ai vraiment un crime sur les mains, si j'ai causé du tort à mon allié en épargnant son adversaire : l’accusation porte sur un point inattendu : avoir épargné l’adversaire de son allié ! Il nous faut donc quelque peu « traduire » ce crime-là, voir ce qu’il peut évoquer en nos vies, en quoi nous sommes (nous nous sentons) victimes de l’injustice, en quoi nous la voyons sévir autour de nous.

que l'ennemi me poursuive, qu'il m'atteigne, qu'il foule au sol ma vie et livre ma gloire à la poussière : l’auteur fait donc cruellement l’expérience de l’injustice, mais, convaincu de son innocence, il prend un ton un rien provocateur, mettant même sa vie et sa réputation en jeu.

Dans ta colère, Seigneur, lève-toi, domine mes adversaires en furie, réveille-toi pour me défendre et prononcer ta sentence : mais c’est que sa foi dans le Seigneur est la plus forte, il sait que Dieu ne supporte pas que ses enfants soient maltraités, que sa colère s’élève contre leurs ennemis. Il attend la sentence de son Dieu car celle-là seule est « juste ».


Seigneur, toi le  Dieu juste et bon, regarde tes enfants maltraités, lève-toi, apporte-leur force et courage, défends-les face à toutes les sortes d’ennemis, qu’ils trouvent en toi la paix et la sérénité.

samedi 22 juillet 2017

Personne ne me délivre


Ps 7
2 Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge ! On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
3 Sinon ils vont m'égorger, tous ces fauves, me déchirer, sans que personne me délivre.

Viens Esprit saint, mets tes mots en nos cœurs, fais-y résonner le psaume pour qu’il y devienne prière.

Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge : les psaumes s’enchaînent mais la supplication demeure. Le cri de l’homme n’arrête pas de monter vers son Dieu. Les expressions sont multiples pour dire la confiance, la protection recherchée. Dieu est notre refuge ! Les psaumes le répéteront sans cesse pour que nous puissions y alimenter notre foi.

On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi : quel est le danger ? Qui est l’ennemi, le poursuivant ? A chaque époque, à chaque lieu, à chaque personne de reconnaître les siens. Mais celui qui apporte le salut et la délivrance, c’est notre Dieu.

Sinon ils vont m'égorger, tous ces fauves, me déchirer, sans que personne me délivre : le psalmiste se sent menacé, assailli, prêt de succomber. Personne ne veut, ne peut le délivrer. Le Seigneur entend-il son cri ? Lui apportera-t-il la délivrance ? Le psaume 90 répond en écho : « Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ».


Oui, Seigneur, tu es mon rocher, tu es le roc sur lequel je prends appui, celui qui ne me décevra jamais. Donne-moi de vivre ce jour dans la confiance, comptant sur ta présence et ta grâce.

jeudi 20 juillet 2017

Je me tourne vers toi



Psaume 5 : reprise

Ce psaume, la liturgie nous invite à le chanter  tous les lundi matin, à l’office de Laudes. Il n’est guère difficile de trouver la raison de ce choix : le verset 4 par deux fois parle du matin. Seigneur, au matin tu entends ma voix, au matin je me prépare pour toi, et j’attends.

Avec le psalmiste je me tourne ainsi vers Dieu, au matin du jour, au début du jour, mais aussi en tous les mini matins que sont toutes les nouvelles activités du jour, petites ou grandes. Benoît nous invite à confier à Dieu tout ce que nous comptons entreprendre.  Que toutes nos activités prennent leur source en toi, et reçoivent de toi leur achèvement, dit une oraison du missel. 

Ce psaume est une invitation à vivre en Dieu, et à lui permettre de vivre en nous. Habiter en sa maison, et être sa maison. Dans cette habitation mutuelle, nous trouverons la force de résister à tout mouvement qui nous pousserait vers le mal, nous nous laisserons gagner par la seule puissance qui soit vraie, juste : la douceur de l’amour. 

Seigneur, au matin je veille, au matin je me tourne vers toi. Accueille ma prière, accueille-moi auprès de toi, et fais de moi ta demeure. Que toutes mes paroles, mes activités soient fondées en toi.  Seigneur, aplanis devant moi ton chemin, conduis moi sur une route sûre, que ma vie soit louange à ta gloire. Qu’elle te réjouisse.

mercredi 19 juillet 2017

des cris de joie



Et ils se réjouiront tous ceux qui se réfugient en toi
Pour toujours ils pousseront des cris de joie
Et tu feras un abri sur eux
Ils exulteront en toi ceux qui aiment ton nom.
Car toi, tu bénis le juste, Seigneur.
Comme un grand bouclier ta faveur l’environne.
Psaume 5, 12-13

Viens Esprit de Jésus, viens illuminer nos cœurs,
Conduis, par la méditation de la Parole à la prière,
Conduis, par la prière, à la vie juste et droite qui te plaise.

Et ils se réjouiront tous ceux qui se réfugient en toi
Habiter en Dieu, et que Dieu habite en nous. Voici un thème qui parcourt toute la Bible. Notre Dieu est un Dieu qui veut vivre en compagnie de l’homme, et qui invite l’homme à partager sa vie.
Jésus en l’évangile de Jean aura de fortes paroles à ce propos : le Père et lui viendront faire leur demeure en celui qui garde la Parole.
La présence de Dieu, réjouit le cœur, et touche toute l’assemblée des fidèles.
Le fidèle qui portait sa plainte devant Dieu, lorsqu’il se découvre exaucé par la présence divine, voit sa joie partagée par tout le peuple. La joie se diffuse, se partage, comme naturellement. On trouve le même partage de joie en Luc 15.

Pour toujours ils pousseront des cris de joie
Et la joie du salut qui survient, est une joie éternelle, nul ne pourra la ravir. On peut traverser des zones de violence, de dureté, de ténèbres. La joie du salut est là, comme une petite flamme d’espérance qui traverse toutes les nuits.

Et tu feras un abri sur eux
Si Dieu nous laisse libre d’agir ou non, de vivre avec lui ou non, il n’agit jamais en magicien, nous privant de notre liberté. Mais il demeure présent en toute circonstance, présence invisible mais réelle, qui donne assurance au croyant en tous ses combats.
Le Seigneur est notre abri. En lui notre cœur trouve son repos et sa joie.

Ils exulteront en toi ceux qui aiment ton nom.
Aimer le nom de Dieu, c’est aimer Dieu lui-même. Son nom est amour et bonté. Son nom est lumière et vie. Son nom est tendresse et miséricorde. Tout au long de notre vie, nous découvrons des facettes de l’être même de Dieu, et nous pouvons faire de notre prière, un temps où épeler tous ces noms, les laisser résonner en nos cœurs, et remonter vers Dieu en action de grâce.

Car toi, tu bénis le juste, Seigneur.
Quand Dieu bénit l’homme, il lui donne sa vie en partage, il lui donne fécondité, pour à son tour porter la vie (cf Gn 1). Dans le juste, la vie du Seigneur passe, se transmet, porte fruit. Cet homme s’est laissé ajuster à Dieu. Il devient à son image et ressemblance, porteur de bénédiction.

Comme un grand bouclier ta faveur l’environne.
Le bouclier protège du danger. Ainsi la faveur de Dieu, la dilection de Dieu, traduira Chouraqui, protège le fidèle.  Pour répondre aux attaques armées, Dieu ne donne pas un bouclier, une arme à son fidèle, il l’environne seulement de son amour, de sa grâce. Il fait entrer son fidèle dans la voie non-violente.

Père, à l’heure de sa passion, Jésus t’a prié, il t’a demandé de le glorifier, pour qu’à son tour il puisse te glorifier. Et tu as répondu, accompagnant de ton amour, le chemin de ton Fils, jusqu’au bout. Et tu as répondu en le ressuscitant.
Seigneur, que l’assurance de ton amour soit notre joie, que ta bénédiction soit source de vie.
Seigneur, donne-nous de trouver en toi joie et refuge !

mardi 18 juillet 2017

Conduis-moi



Seigneur,
Conduis-moi dans ta justice, à cause de ceux qui me guettent
Rends droit devant moi ton chemin.
Car rien de sûr dans leur bouche
Au-dedans d’eux une ruine
Un tombeau béant  leur gorge
Ils rendent douce leur langue.
Déclare-les coupables Dieu,
Ils tomberont à cause de leurs projets
Dans l’abondance de leurs révoltes, chasse-les
Car ils se sont rebellés contre toi.
Psaume 5, 9-11

Envoie ton Esprit Dieu d’amour
Envoie ton Esprit tandis que nous prions la Parole, qu’elle guide nos pas au chemin de ta paix.

Seigneur,
C’est le nom révélé de Dieu, dont le psalmiste fait usage, il lui parle comme un ami parle à son ami.

Conduis-moi dans ta justice,
La justice de Dieu montre la voie, elle n’est pas justice de tribunal, mais ajustement à la vie, à la bonté, au cœur de Dieu. Le psalmiste demande que le Seigneur lui-même le conduise sur cette voie juste qui est celle de l’amour.

à cause de ceux qui me guettent
Le psalmiste le demande d’autant plus, qu’il se voit entouré de gens qui le guettent pour le faire tomber, pour le faire dévier de la voie du Seigneur.

Rends droit devant moi ton chemin.
Audace du psalmiste qui demande à marcher sur le chemin du Seigneur, non point sur son chemin personnel, mais sur celui du Seigneur. Audace du psalmiste qui demande au Seigneur de lui faciliter la marche, en rendant droit le chemin.

Car rien de sûr dans leur bouche
Au-dedans d’eux une ruine
Un tombeau béant  leur gorge
Ils rendent douce leur langue.
Les adversaires du psalmiste ne sont pas nommés, mais décrits par leur activité. Ils nuisent par leur langue, qui fait d’eux un tombeau béant. Leur langue rendue doucereuse est trompeuse. Le psalmiste voit clairement la possibilité d’être entraîné par d’eux sur de mauvais chemins, il voit qu’il ne peut leur faire confiance. Il s’en remet au Seigneur, pour garder la vigilance, et marcher sur le chemin du Seigneur.

Déclare-les coupables Dieu,
Ils tomberont à cause de leurs projets
Dans l’abondance de leurs révoltes, chasse-les
Car ils se sont rebellés contre toi.
Le psalmiste veut s’assurer du chemin, en demandant au Seigneur de condamner les pratiques de ceux qui veulent dévier, qui veulent entraîner sur des chemins de mensonge, des chemins qui ne sont ni amour, ni bonté, ni vie.
Ce n’est pas qu’ils se soient rebellés contre le psalmiste qui l’accable, mais qu’en méprisant un humain, ils se sont rebellés contre le Seigneur.

Seigneur, en toi notre refuge, en toi notre vie et notre lumière.
Seigneur, tandis que nous affrontons parfois l’opposition, garde-nous de la vengeance, de toute forme de violence. Apprends-nous à nous en remettre à toi qui est juge et ami des hommes. Conduis-nous tous ensemble jusqu’à toi.