mercredi 1 juillet 2026

Liturgie 13e mercredi TO-II Matthieu 8 28-34 ; Amos 5, 14-15, 21-24 

Introduction

Nous aurons la lecture du livre d’Amos « Chercher le bien et non le mal ». Le bien, un torrent qui ne tarit jamais. 

Psaume 49, 7 à 13 : Invitation à marcher sur les pas du Seigneur, Il nous fera vivre son salut. Offrir à Dieu le sacrifice d’action de grâce. Le psaume nous invite à « écouter ».

Evangile de Matthieu : Force dans l’histoire des deux possédés et beauté dans la parole de Jésus « Allez ».

Trois textes qui nous invitent à suivre Jésus et à réfléchir sur notre façon d’être dans ce monde. Dans mon quotidien, dans l’ici et maintenant. 

Invitation à crier, écouter, et à « Allez ».


Méditation

Cet épisode se situe après le miracle de la tempête apaisée. Jésus débarque en territoire païen, un endroit où les démons et les esprits mauvais ont beaucoup de latitude.

Deux hommes possédés vivent dans le cimetière (domaine de la mort). Ils habitent dans les tombeaux, lieux obscurs, absence de vie. Ils crient… se blessent…ils connaissent la souffrance physique et morale. Ils vivent à l’écart des autres, à part, comme rejetés loin des vivants, loin des échanges de la communication. Ils connaissent une grande souffrance.

L’homme possédé est sorti de la communion d’Amour, de Vie et de Lumière…Il est séparé de lui-même, des autres et de Dieu. Démoniaque, possédé, voilà bien des mots qui me perturbent. Pour décrire le mal en l’homme Mathieu emploie des mots que ma petite tête remplacerait bien par : Furieux, enragé, fou, malfaisant, inhumain, contrarié, ennuyé, fâché, irrité ? Un de ces mots vous parle ? Cache-t-il une souffrance ?

Le mal est partout dans notre société, il fait son œuvre…Ne sommes-nous pas un peu comme les Gadaréniens ? Nous voyons à court terme et nous avons du mal de changer nos habitudes. Accueillir l’étranger, changer nos modes de consommation, freiner l’utilisation d’énergie fossile, partager, ouvrir nos cœurs.

La pandémie a mis en évidence les dysfonctionnements de notre société, voire les abus. Il serait coupable et suicidaire de reprendre comme si rien ne s’était passé, comme s’il fallait tout oublier et tout continuer comme avant.

Le récit est fort en mots, en actions. Jésus chasse et fait disparaitre les esprits mauvais hors des hommes, les envoie dans des animaux impurs qui se précipitent dans la mer. Jésus fait une action salutaire.

« Allez » dit Jésus.

Oui Jésus nous invite avec ce simple mot. J’y perçois à la fois de la fermeté et de la douceur. Il nous fait confiance. Il nous confie une noble liberté, liberté du cœur, Jésus invite. Rien n’est à forcer juste à accueillir et à le suivre. Écouter la « voix du dedans » qui invite.   

L’évangéliste Matthieu me laissait un peu sur ma faim, je suis allée lire l'évangile de Marc. A la fin de l'histoire, l'homme est assis, calmé, habillé, il retrouve une dignité. Il se met à proclamer tout ce que Jésus a fait pour lui. Que s’est-il passé ? Jésus a agi dans la vie de cet homme. C'est vrai qu'il a fallu que cet homme, ce possédé agisse aussi. Il a eu envie de sortir de l'obscurité et il s’est mis à crier. Sortir de nos enfermements, de nos peurs, de nos doutes, de la détresse, de la souffrance, de mes petites irritations ? Oui, sortir et crier vers Dieu. 

Malgré la démarche de Jésus, on lui demande de partir…ce qu’IL fait…

Comment est-ce que j’accueille la parole de Dieu dans ma vie ? Comment est-ce que j’accueille le « Allez » ?


Avant le Notre Père…

Toi mon Dieu, tu donnes vie, tu nous accompagnes, tu nous pousses sur le chemin de la vie, dans nos choix. Avec Toi, nous ne sommes jamais seuls. Ensemble prions le « Notre Père » ayons une pensée pour chacun chacune d’entre nous ici…puisque c’est le « Notre Père » à nous toutes et tous…et au monde. 

Brigitte le 1er juillet 2020


mardi 30 juin 2026

Liturgie 13e mardi TO-II Matthieu 8, 23-27 ; Amos 3, 1-8 ; 4, 11-12

Accueil 

Panique à bord ! C’est terrifiant quand on voit la mort de près.

Le cri des disciples : « Seigneur, Sauve-nous ! Nous sommes perdus. »

Et Jésus de leur répondre : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ?  Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? »

Que ce soit dans le livre d’Amos ou dans l’Evangile de Matthieu, nous verrons que le Seigneur ne se détourne pas de nous, qu’il est tout près de nous, à côté de nous toujours prêt à nous tendre la main.

 

Commentaire

Quel est le message que nous entendons tous d’une manière ou d’une autre, message que nous ne savons pas ou que nous pourrions croire prophétique ?

Comme Chrétiens, il y a la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus ; comme lecteur de la Bible il y a ce que Dieu éveille en nous et ce qui résonne dans notre conscience ; comme croyant, il y a ce que l’Esprit suggère dans notre cœur.

Dans l’histoire biblique, Amos a été un de ces nombreux porte-paroles de Dieu capable de réveiller les consciences au moyen de paroles prophétiques. Ce qu’il annonçait au peuple d’Israël, c’est à nous qu’il le dit aujourd’hui.

« Mes chers enfants, écoutez cette parole que Dieu prononce contre vous » : C’est un appel à être responsable par rapport à ce qui peut arriver et qui va nous arriver.

Le texte utilise une série de métaphores concrètes pour illustrer la logique de Dieu :

  • Deux personnes ne marchent pas ensemble sans s’être concertées et avoir planifiées leur rencontre. Dieu fait alliance avec nous, il est à nos côtés et marche avec nous. Le prophète nous éveille par rapport aux ruptures de nos relations à Dieu. L’alliance implique deux partenaires fidèles l’un à l’autre. Les ruptures se manifestent de différentes façons : entre partenaires, entre l’humanité et la nature, entre les progrès technologiques et la responsabilité éthique…
  • « Un lion ne rugit pas sans proie » Si Dieu parle à travers un prophète c’est qu’il a quelque chose à dire.  Si nous ne changeons pas nos manières de nous comporter et de penser, il y aura un retour de manivelle. C’est la conséquence logique de nos propres fautes – idolâtrie de l’argent, corruption, mépris des plus vulnérables et de ceux qui ne sont pas comme nous, convoitise… – Le prophète n’a pas choisi de lui-même d’apporter un message de malheur mais il lui est impossible de se taire. En effet, nous devons avoir peur des conséquences de nos actes comme d’un lion qui rugit.
  • « Un oiseau ne tombe pas dans un filet sans qu’il y ait de piège », Ce qui risque de nous arriver, - et qui nous arrive - cataclysmes de toutes sortes, catastrophes naturelles, inondations, incendie destructeur, tremblement de terre, guerres, migrations climatiques ne sont pas des fatalités mais le piège que l’humanité a elle-même tendu par ses modes de production et de consommation. Elles sont les conséquences de nos comportements et de nos manques de remises en question.
  • « Sonner de la trompette » Quand les sirènes retentissent c’est que le danger est imminent. On peut vraiment dire que c’est un flux constant d’alertes mondiales. Je pourrais rajouter les pandémies à tout ce que j’ai déjà évoqué qui ont provoqué la panique et des réactions en chaine. Nous souffrons d’autosuffisance et d’individualisme qui nous donnent l’illusion de pouvoir tout maîtriser. Tout cela vient nous dire qu’une tragédie n’arrive pas dans une ville sans que Dieu n’ait averti ses habitants.

Quatre images pour dire combien les causes produisent leurs effets de manière logique.

La conclusion est limpide : Après nous avoir bouleversés par des prédictions aux conséquences inéluctables, le prophète nous dit « Prépare-toi ».            

C’est un appel à sortir du déni.  Il y a une obligation de rendre des comptes : transparence, justice sociale… et cet appel n’est pas seulement pour nos dirigeants, il est pour chacun et chacune d’entre nous. Nous sommes invités à regarder en face les conséquences de nos choix égoïstes pour retrouver une éthique de la solidarité.

 

Invitation au Notre Père 

« Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour ceux qui t’appellent, écoute notre prière, Seigneur, entends nos voix qui te supplient. Notre Père…

Raymond le 30 juin 26

samedi 27 juin 2026

Liturgie 12e samedi TO-II Matthieu 8, 5-17

Avant les clés… le tablier

Méditation

C'est drôle... Quand j'ai entendu cet Évangile, j'ai pensé à... un tablier ! J'ai pourtant relu le texte. Je vous assure : le mot « tablier » n'y figure pas.

Et pourtant, je suis persuadée qu'il est là.

 Jésus entre dans la maison de Pierre. Il prend la main de sa belle-mère. La fièvre la quitte. Et saint Matthieu ajoute simplement : « Elle se mit à le servir. »

 Nous lisons cela comme si c'était une évidence. Elle était malade. Elle va mieux. Et hop ! Elle retourne préparer le repas.

 Mais saint Matthieu n'écrit pas cela. Il choisit un verbe très particulier. Le verbe grec dont vient notre mot "diaconie" [1].

La diaconie, c'est une manière d'être. Une manière d'habiter le monde. Une manière de vivre avec le Christ.

Le Christ lui-même est venu pour servir.

Et voilà qu'une femme, remise debout par lui, entre à son tour dans cette dynamique. 

Je me demande ce qu'elle a bien pu ressentir.

Jésus ne lui demande rien. Il ne lui dit pas : « Maintenant, tu vas faire ceci. »

Il lui prend simplement la main. Il la remet debout.

Et quelque chose naît. Un miracle.

 Le véritable miracle n'est pas que la fièvre disparaît. Le véritable miracle, c'est que cette guérison devient une vocation [2].

Comme si, quand on a vraiment rencontré le Christ, il devenait difficile de vivre seulement pour soi.

On parle beaucoup des ministères dans l'Église... L'Évangile nous rappelle qu'avant les ministères reconnus, il y a un élan intérieur qui transforme la vie.

 L’élan d'une femme qui découvre qu'elle peut à nouveau donner.

 C'est comme si le Christ lui faisait revêtir un tablier. Le tablier de ceux qui rendent la vie plus belle sans faire de bruit. Le tablier de ceux qui accueillent. Qui prennent soin. Qui rendent une maison plus fraternelle. Qui permettent aux autres de trouver leur place.

 Et je me dis...

Que ce serait beau si l'Église savait reconnaître davantage les tabliers ! Ces femmes et ces hommes que le Christ a relevés, et dont toute la vie est devenue une manière de servir. Ne sont-ce pas eux qui, très souvent, tiennent nos communautés debout ?

 Finalement, cette femme n'a laissé qu'une seule trace dans l'Évangile.

Elle a servi. Et cela a suffi. Son nom s'est effacé. Son geste, lui, demeure. [3]

Tout à l’heure, si vous voyez un tablier accroché dans la cuisine, ou si vous le décrochez, regardez-le autrement.

Avant les clés confiées à Pierre... il y avait un tablier [4].

Isabelle Halleux, le 27 juin 2026

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[1] Le verbe grec utilisé est diēkonei (du verbe diakonein). Si, dans le contexte socio-culturel de la Galilée du Ier siècle, ce terme désignait le service domestique et le fait de servir à table, la tradition chrétienne et l'usage qu'en feront plus tard les Épîtres pauliennes (notamment Phil 1,1) chargeront ce mot d'une dimension ecclésiale et spirituelle majeure. Nous lisons ici l'embryon de ce qui deviendra dans notre Eglise la théologie du service (la diaconie).

[2] Il ne s'agit pas de subordonner l'action divine (le miracle de la guérison) à l'activité humaine, mais de souligner la dimension relationnelle de la grâce. La guérison opérée par le Christ n'est pas seulement de redonner un meilleur état de santé : elle réintègre la personne dans sa pleine capacité d'action et suscite une réponse libre et aimante (la vocation).

[3] Le pape François les appelaient « les saints de la porte d'à côté »

[4] Ce parallèle rappelle seulement que tout ministère ordonné ou d'autorité dans l'Église trouve sa source et sa légitimité évangélique dans l'attitude fondamentale du service (diakonia), dont le Christ reste le modèle (Mt 20, 28 : "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir"). 

vendredi 26 juin 2026

Liturgie 12e vendredi TO-II Matthieu 8, 1-4 ; 2Rois 25, 1-12

En ruines

 

Homélie

D’une ville en ruines à un homme en ruines. Dans la première lecture, Jérusalem tombe. Les murailles sont percées. Le Temple est incendié. Les maisons sont détruites. Le peuple est déporté. C'est l'un des jours les plus tragiques de toute l'histoire biblique. Tout ce qui semblait solide s'effondre. Tout ce qui paraissait éternel disparaît dans les flammes. Le peuple juif lit les événements historiques comme des signes ; et il découvre douloureusement à travers cela qu'il est possible d'habiter près du Temple sans habiter vraiment près de Dieu.


Et voilà que l'Évangile nous présente un autre homme en ruines. Non plus une ville blessée, mais un cœur blessé. Un lépreux. A l'époque, la lèpre n'était pas seulement une maladie. Elle était aussi une exclusion. On ne perdait pas seulement sa santé, mais sa place et parfois même sa famille. J’en fait l’expérience lorsque je me rends en Inde. Cet homme porte dans sa chair toutes les murailles écroulées de Jérusalem. Il est lui-même une ville détruite. Pourtant, il accomplit un geste extraordinaire.


Il s'approche de Jésus. Normalement, il aurait dû rester à distance. Mais son espérance est plus forte que sa peur. Et il prononce une des plus belles prières de l'Évangile : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ». Si tu le veux … Quelle confiance ! Saint Jean Chrysostome admirait cette foi : « Le lépreux n'a pas dit : si tu le demandes à Dieu, mais : si tu le veux. » Autrement dit, il reconnaît déjà en Jésus la puissance même de Dieu.


Et alors survient un détail bouleversant. Jésus le touche. Nous passons parfois trop vite sur ce geste. Depuis combien de temps personne ne l'avait-il touché ? Un mois ? Une année ? Dix ans ? Nous l'ignorons. Mais Jésus ne commence pas par parler. Il commence par tendre la main. Comme si Dieu voulait lui dire : « Avant même de guérir ta peau, je veux guérir ta solitude. » Ceux que je rencontre en Inde font, en plus de la lèpre, partie de la sous caste des Intouchables. Ils sont donc intouchables deux fois. Et le plus beau geste que l’on puisse faire, c’est de les toucher, de leur faire un câlin. Là où le monde voyait une impureté, Jésus voit une personne. Et c'est ici que les deux lectures se rejoignent.

Car notre Dieu est spécialiste des reconstructions. Après Jérusalem détruite viendra le retour d'exil. Après les ruines viendra la restauration. Après la lèpre vient la guérison. Après le Vendredi Saint viendra Pâques. Dieu ne nie jamais les blessures. Mais il refuse qu'elles aient le dernier mot.

Il y a même une discrète note d'humour dans cet Évangile. Le lépreux s'approche de Jésus alors que tout le monde sait qu'il ne devrait pas être là. On imagine les disciples reculer de quelques pas : « Seigneur, il y a un problème sanitaire qui arrive droit sur nous ! » Et Jésus, au lieu de reculer, avance. Dieu a décidément une étrange habitude : il va toujours vers ceux que tout le monde évite.

Nous portons tous quelques ruines intérieures : Des déceptions. Des regrets. Des blessures anciennes. Des pardons difficiles. Des peurs que nous cachons soigneusement. Or aujourd'hui le Seigneur nous invite seulement à faire comme le lépreux : nous approcher. Et lui dire avec confiance : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »

Le reste lui appartient.

Car le Dieu qui a relevé Jérusalem est aussi celui qui relève les cœurs. Le Dieu qui a touché le lépreux continue de toucher nos vies. Et lorsqu'il touche une blessure, celle-ci ne devient pas seulement guérie ; elle devient souvent une source de lumière pour d'autres.

Pierre Hannosset le 26 juin 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/06/de-la-12-eme-semaine-du-temps-de_01202931833.html 


jeudi 25 juin 2026

Liturgie de la Parole 12e jeudi TO-II Matthieu 7, 21-29 ; 2Rois 24, 8-17

Mot d’accueil

Ne soyons pas fous ! Ne construisons pas nos maisons sur le sable ! Ne nous laissons pas emmener en exil, loin de Dieu, comme les gens de Jérusalem qui furent déportés par Nabucodonosor. Peut-être disaient-ils avec leurs lèvres « Seigneur, Seigneur ! », mais leurs cœurs étaient loin. Le Temple avec tous ses objets d’or et d’argent ne leur a servi à rien. Tous leurs espoirs se sont effondrés. Écoutons bien la fin du discours de Jésus sur la montagne, afin de comprendre comment nous pourrons établir notre maison solidement sur le roc.


Commentaire après l’évangile

Ce passage de la fin du discours sur la montagne nous laisse perplexes. Car enfin, que veut-il, Jésus ? Et que faut-il faire pour entrer dans le royaume des Cieux ?

« Il ne suffit pas de me dire ‘Seigneur, Seigneur’, il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux ».

Et nous répondons : « n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, expulsé des démons, accompli des miracles ? » Que lui faut-il de plus ? Mais non, ça n’a pas l’air d’être ça, puisqu’il nous lance à la figure ce verset du psaume 6 : « écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ». Et il ajoute : « je ne vous connais pas ! » Quel culot ! Mais ces deux éléments de réponse nous mettent sur la piste... nous les avons déjà entendus quelque part. « Je ne vous connais pas » : c’est dans la parabole de Matthieu 25 où il est question de dix jeunes filles invitées à des noces. Cinq étaient sages, prévoyantes, cinq autres folles, insensées. Tiens, c’est comme ici avec l’homme qui construit sa maison sur le roc (celui-là est prévoyant, sage) ou sur le sable (l’insensé !). Quand l’époux arrive, alors qu’on ne l’attendait plus, les prévoyantes entrent avec lui dans la salle des noces et la porte se referme.

Il s’agit bien d’entrer dans le Royaume des Cieux : c’est tout le propos de ce discours sur la montagne. Et il y a une porte pour y entrer : c’est même une porte étroite !

Alors arrivent les cinq autres jeunes filles et elles disent : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! ». La réponse fuse, terrible : « je ne vous connais pas ! ».

L’autre parole dure de Jésus (« écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité »), nous en trouvons l’écho dans le même chapitre 25 de Matthieu, un peu plus loin, dans la fresque sur le jugement : à ceux qui sont à sa gauche, le roi dira « allez-vous en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel... ». Ils ne comprennent pas : pourquoi cette dureté ? N’avons-nous pas prophétisé en ton nom, accompli des miracles, expulsé des démons ?

Alors, le langage de Jésus est on ne peut plus clair : il n’a que faire de nos actions spectaculaires (prophéties, exorcismes, miracles), surtout quand elles servent à renforcer notre orgueil. Lui, ce qu’il voit, c’est que nous n’avons pas fait les choses simples, qui sont à la portée de tout le monde, même de ceux qui ne le connaissent pas, ne croient pas en lui, et agissent simplement au nom de leur humanité commune : visiter les malades et les prisonniers, donner à manger et à boire, accueillir les étrangers... C’est tout cela, « faire la volonté du Père des Cieux ». Ça n’a l’air de rien à côté des miracles et des exorcismes spectaculaires, mais c’est la clé pour entrer dans le Royaume, c’est le secret pour bâtir sa maison sur le roc. Un secret qui est à la portée de tous.

Ainsi se termine le discours sur la montagne : il ne suffit pas d’écouter la parole, il faut la mettre en pratique, et alors notre maison sera solidement fondée. Et mettre la parole en pratique, c’est accomplir ces gestes tous simples, qui sont à la portée de tous et qui nous font servir le Christ, souvent sans le savoir, à travers le prochain. Le discours s’était ouvert sur les Béatitudes, il se termine sur l’image de la maison solidement fondée, mais le dernier verset est redoutable, car il nous met en face de ce qui se passera si nous ne comprenons pas : « la pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée et son écroulement a été complet. »

Prenons garde que cela ne nous arrive pas ! 


Oraison de conclusion

Seigneur, tu nous étonnes, car ta parole est pleine d’autorité, une autorité à la fois simple et terriblement exigeante. Nous voulons te suivre et mettre en pratique ta loi d’amour : viens à notre secours et donne-nous de voir et d’accomplir ce qui est à notre portée pour faire grandir ton Royaume et en ouvrir les portes à tous ceux qui te cherchent avec droiture. Toi qui règnes... 

Sr Marie-Raphaël le 25 juin 2020


mercredi 24 juin 2026

Liturgie de la Parole 24 juin Nativité de saint Jean-Baptiste Luc 1, 57-66.80 ; Isaïe 49,1-6 Psaume 138 ; Actes 13, 22-26

Dieu a été favorable

Homélie

            Luc avait prévenu son destinataire Théophile : 'je vais écrire pour toi un exposé suivi des événements qui se sont accomplis parmi nous" (1,3).  La grossesse d'Élisabeth était annoncée.  Elle arrive à son terme pour le plus grand bonheur de la maman, de la famille et des voisins.  Quelle joie pour une femme de sentir la vie grandir en elle !  Quel bonheur plus grand encore de mettre au monde cette vie patiemment construite ! Le ravissement des nouveaux parents est d'autant plus contagieux que leur entourage savait qu'ils ne pouvaient pas avoir d'enfant.  Mais la miséricorde du Seigneur est sans frontière, son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui jouent la confiance. (1, 50)

La naissance de Jean-Baptiste fut pour ses parents un événement inespéré.  Ils étaient âgés et à leurs yeux l'avenir ne devait plus leur offrir grand-chose. Mais voilà qu'est survenu l'inconcevable : un fils.  Déjà, de par sa naissance, Jean-Baptiste a quelque chose à nous dire.

Un premier enseignement : Que Dieu n'a pas encore dit son dernier mot dans notre vie et dans le monde.  Lorsque l'on n'attend plus rien, Il a encore de bonnes surprises à nous faire.  Nous sommes appelés à entendre ce message.  Dans nos vies, Dieu continue à faire de grandes choses.

Après les premiers jours d’extase, il faut passer à la phase publique : déclaration de naissance et inscription du nom au registre.  La circoncision est bien plus qu'une simple étape administrative.  Elle est le signe de l'inscription de l'enfant dans une parenté particulière, celle qui vit de l'Alliance conclue par Dieu avec Abraham : {"Et toi, tu observeras mon alliance, de génération en génération : tous les garçons devront être circoncis.  Ce sera le signe de l'Alliance entre moi et vous" }(Gn 17, 9).

Comment va-t-on appeler le petit ? Tout le monde s'attend à ce que l'on perpétue un nom familial, comme le veut la coutume.  Pourquoi ne pas l'appeler Zacharie, comme son père ?  La réponse d'Elisabeth est sans discussion : "Non, il s'appellera Jean" Son entourage croit que la mère divague.  Alors il se tourne vers le père toujours enfermé dans son mutisme.  Si Zacharie a perdu la parole, il a gardé toute sa tête.  Il n'hésite pas à écrire sur une tablette : "Son nom est Jean."  Dans la conception de l'époque, le nom ne désigne pas seulement un être mais il détermine aussi un projet.  C'est pour cette raison que la fidélité au patronyme est importante.  Un changement de nom marque donc un changement de destinée !  C'est ainsi qu'Abram devient « Abraham, le père d'une multitude ».  Elisabeth signifie « maison de Dieu ». Emmanuel  signifie « Dieu avec nous ».

         Ce ne sont pas les parents qui choisissent de s'écarter de la coutume en donnant un nom original à leur enfant.  C'est l'ange du Seigneur qui a soufflé aux oreilles de Zacharie ce nom de "Jean" (1, 13).  Ce prénom est tout un programme : Il signifie : Dieu a été favorable, Dieu aide !'  Le message de l'Ange révèle une destinée tout à fait inédite pour Jean-Baptiste.

La mission de Jean-Baptiste n'a pas été ni facile, ni de tout repos.  Il n'a pas connu que des succès puisqu'il terminera sa vie en martyr.  Jean-Baptiste a été audacieux dans sa foi.  Il a vaincu la peur.  Cette attitude entraînera pour lui la mise en prison et la mort.

Un deuxième enseignement qui devrait nous inspirer, à nous, qui sommes envoyés dans le monde pour être les témoins et les messagers de ce Dieu qui aime inlassablement tous les êtres humains, en particulier les pauvres, les petits et les exclus. 

Aujourd’hui, notre mission est exigeante.  Témoigner de notre foi, reconnaître que nous existons aussi par notre relation à Dieu et aux autres, c'est aller à contre-courant de la mentalité ambiante.  Cette mission est souvent difficile.  La vraie difficulté vient du fait que nous nous heurtons tous les jours à des murs d'indifférence et des haussements d'épaules.  Cela finit par devenir décourageant et épuisant.  A ce moment-là, nous sommes invités à prier le Christ pour qu'il nous donne force et courage en vue de vivre notre foi et pour qu'il répande en nos cœurs l'amour qui bannit la peur.

Abbé STREBER Fernand, Hurtebise 24 juin 26

mardi 23 juin 2026

Liturgie 12e mardi TO-II Matthieu 7, 6.12-14 ; 2Rois 19, 9b-11.14-21.35a.36

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

Nous poursuivons nos lectures continues en ce mardi de la 12e semaine.

Dans le Second Livre des Rois, le roi de Juda Ezékias est confronté à Sennakérib, roi d’Assyrie.

Il lui annonce que l’Assyrie l’emportera, que Jérusalem ne sera pas épargnée et qu’il ne doit pas se laisser tromper par son Dieu.

Mais Ezéchias met sa confiance en son Dieu, le Dieu de vie.

Et dans l’Evangile de Mathieu, Jésus livre trois conseils à ses disciples rassemblés sur la montagne :

« Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré… » : invitation à respecter ce qui est don de Dieu.

« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi » : la Règle d’or invite à favoriser la vie d’autrui.

« Il est resserré, le chemin qui conduit à la vie » : invitation à s’y engager.

La vie sous-tend les textes du jour… 

Dieu nous y appelle ! Dieu nous la confie. Nous en sommes responsables. C’est un cadeau que Dieu nous offre…

Prions le Seigneur, Dieu de vie, de nous indiquer le chemin qui mène à Lui.

Et confions-Lui les intentions de notre terre, par le chant des psaumes.


Méditation

Pour nous faire goûter les différentes harmoniques de ce qu’est la vie et ce qu’elle implique, je vous propose une prière de Mère Teresa.

Après cette lecture, chacun(e) pourra dire la phrase qui l’interpelle particulièrement (les membres de la Communauté Zoom peuvent aussi intervenir)

« La vie est une chance, saisis-la.

La vie est beauté, admire-la.

La vie est béatitude, savoure-la.

La vie est un rêve, fais-en une réalité.

La vie est un défi, fais-lui face.

La vie est un devoir, accomplis-le.

La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, prends-en soin.

La vie est amour, jouis-en.

La vie est mystère, perce-le.

La vie est promesse, remplis-la.

La vie est tristesse, surmonte-la.

La vie est hymne, chante-le.

La vie est combat, accepte-le.

La vie est une tragédie, prends-la à bras le corps.

La vie est une aventure, ose-la.

La vie est bonheur, mérite-le.

La vie est la vie, défends-la »


Temps de silence


Notre Père

Oraison

Seigneur, tu nous as offert ta Parole pour nourrir notre marche à ta suite.

À Ezéchias, tu t’es révélé Dieu de vie et tu as exaucé sa prière.

C’est la confiance en son Dieu et ton Amour jaloux qui ont sauvé le roi de Juda et tout son peuple.

Aux disciples de ton Fils, tu confies des pistes pour un chemin de Vie, avec Toi et avec autrui.

Aujourd’hui, Seigneur, envoie ton Esprit pour discerner les impulsions de ta présence en notre quotidien et en notre monde, afin que nous nous laissions inspirer par tes appels et soyons les témoins de ta Vie en tout lieu. 

Nous te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 23 juin 2020


lundi 22 juin 2026

Liturgie de la Parole 12e lundi TO-II Matthieu 7, 1-5 ; 2 Rois 17, 5-8.13-15a.18

Homélie

Je vous laisse méditer sur la première lecture où c’est toujours « Game of Throne » version Samarie autant que vous connaissiez cette série !

J’en viens à l’Evangile. Il me semble que le Seigneur dans l’Evangile vient conclure cette retraite où nous avons évoqué les rencontres de Jésus. Il vient nous donner quelques consignes sur l’art de rencontrer les autres à sa façon.

Il touche à ce regard que nous portons les uns sur les autres.

L’art de discerner sans juger, sans humilier. L’art de partager nos difficultés avec l’autre avant que les conflits n’éclatent où en disant alors à l’autre ses 4 vérités… on en dit au moins 3 de trop !

L’art de s’adresser à l’autre, en sachant que lui comme moi nous sommes fragiles. Saint Augustin disait à ce propos : « Rappelons-nous toujours notre commune fragilité !»

L’art de la rencontre en vérité : cet art d’aimer, c’est le Christ qui vient nous l’apprendre. C’est l’art de se faire le prochain de l’autre, à sa manière. C’est l’Esprit qui peut nous faire vivre avec justesse : demandons-lui de « voir clair » pour nous parler toujours « avec mesure » comme dit le Seigneur. Et avec ces pailles et toutes ces poutres que nous enlèverons de nos yeux, comme dit un proverbe du Burkina Faso, avec ces pailles et ces poutres, construisons une maison commune !

Mgr JL Hudsyn, Hurtebise le 22 juin 26


dimanche 21 juin 2026

Liturgie 12e dimanche A Matthieu 10, 26-33 ; Jérémie 20, 10-13 ; Romains 5, 12-15

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Sœurs et frères, dimanche passé, le Seigneur dans l’Evangile envoyait ses disciples en mission. J’ai l’impression que cette semaine, les hirondelles du monastère se sont lancées hors de leur nid. Lancés dans la mission, le Christ, aujourd’hui, nous invite à lui faire confiance. Il sait que vivre de lui, témoigner de lui, n’est pas toujours évident. Par trois fois dans l’Evangile il va nous dire : « ne craignez pas, soyez sans crainte ». Il vient ce matin re-nourrir cette confiance et notre élan. Tournons-nous vers lui : vers sa fidélité et son pardon.


Homélie

Parcourons les différentes lectures de ce dimanche.

Il y a d’abord Jérémie, un prophète au long cours. Cela fait 40 ans qu’il n’a cessé de lever le voile sur la vérité. Cette vérité n’était pas toujours agréable à dire. Il vit en un temps où on vit une religion de façade. La corruption bat son plein à tous les niveaux de la société. Et le roi voisin, Nabuchodonosor, attend son heure pour envahir et écraser Israël. Jérémie le pressent et le dit : ce tyran ne fera qu’une bouchée de notre peuple. Et ce fut ce qui arriva. Évidemment, de tout côté, on va lui reprocher ces paroles pourtant évidentes. Jérémie sera persécuté, tant et plus. Mais il mise tout sur Dieu, il reste fidèle à sa parole envers et contre tout. Il lui fait confiance.

Néanmoins, Jérémie est humain : devant tant d’hostilité contre lui- on le voit- Jérémie demande à Dieu de prendre sa revanche : il lui demande de venger son prophète. Son désir c’est que ses persécuteurs connaissent la défaite, qu’ils soient – comme il dit- couverts de honte, et d’une confusion éternelle, inoubliable…

Pas sûr évidemment qu’une telle prière, Dieu va l’exaucer. Le Christ n’est pas encore passé par là. Et on entend bien la différence que le Christ va apporter : on apprendra de lui que la revanche de Dieu ce n’est pas dans la vengeance : c’est l’humble refus de la vengeance. Comment Dieu ajouterait encore de la haine à la haine ?

Nous avons entendu ensuite saint Paul. Dans son commentaire des Ecritures il aime comparer la figure d’Adam avec la figure du Christ. Une façon de comparer, et même d’opposer, deux types de comportements, deux types d’attitudes spirituelles. Celle qui apporte la vie : celle du Christ – et celle qui spirituellement engendre à la mort ; celle qui nous crée, qui nous recrée, et celle qui nous détruit, qui nous déshumanise.

Comment répondre justement à notre vocation d’homme et de femme dans la ligne de ce que le livre de la Genèse nous proposait ? Face à la spirale du mal, face à la tentation de vivre, comme Adam, centré sur soi, en ne comptant que sur lui-même, face à ce qui dé-crée l’homme et la femme, et la paix, et notre planète, face à tout cela, saint Paul nous tourne vers le Christ, pour entrer dans la spirale de son amour infini, un amour surabondant, inlassable, offert à la multitude, généreux, quoiqu’il en coûte.

Être homme et femme à la ressemblance et à l’image de Dieu, c’est accueillir cet amour du Christ, c’est le demander, c’est le faire nôtre, c’est accueillir son Souffle comme la Pentecôte nous y invitait. C’est vivre de cette grâce, de cette gratuité, qu’à chaque Eucharistie nous recevons en abondance pour la donner en partage, là où nous sommes, là où nous sommes appelés, là où on nous attend.

Dimanche passé, le Christ nous appelait par notre nom pour faire de nous ses témoins, ses envoyés. Aujourd’hui, Il nous prévient quand même : cette aventure n’est pas sans risque, et il savait de quoi il parlait. Mais donc il nous le dit : « ne craignez pas » ! Ayez de l’audace ! Vous pourrez trouver en moi la force d’affronter les regards obliques, les agressivités qu’engendre parfois le fait d’être de mes disciples. Parfois même de la part de vos proches.

Rappelons-nous alors que nous ne serions pas chrétiens si d’autres avant nous n’avaient pas osé affronter le risque de se montrer des témoins fidèles, courageux de l’Evangile. Si nous croyons au Christ aujourd’hui, c’est parce que d’autres chrétiens n’ont pas craint dans l’histoire de lever le voile sur leur appartenance au Christ. Parfois persécutés, ils n’ont pas déserté l’Evangile. Et bien des chrétiens de par le monde connaissent cela aujourd’hui. Portons-les dans notre prière.

Jesus le dit : rien ne peut arrêter la vérité. Confiance, vous êtes dans la main de Dieu, vous valez infiniment plus qu’une paire de moineaux aux yeux du Père. Et donc, ne craignons pas. Ne craignons pas de nous montrer solidaires avec le Christ. Sans arrogance, sans nous croire supérieurs, mais sans mutisme non plus.

Tout à fait à la fin de l’Evangile, Jésus ajoute un mot sur la liberté qu’il nous laisse… Oui nous pouvons le renier… saint Pierre en sait quelque chose. Mais ce que Pierre a compris, émerveillé, c’est qu’après avoir renié le Christ, quand il est revenu vers lui, il n’a suffi que d’un mot pour que tout reparte entre eux : « Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime » (Jean 21, 17).


Prière d’envoi

Nourris par ton Esprit donne-nous l’audace de témoigner de toi et de ton Evangile : ouvre nos lèvres pour semer la paix ; ouvre nos mains à la surabondance de ton amour ; ouvre nos cœurs à ceux qui perdent pied ; toi le Dieu fidèle, lumière pour nos pas. Nous te le demandons par Jésus-Christ, Notre Seigneur, qui vit et règne avec toit dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 21 juin 26

samedi 20 juin 2026

Liturgie 11e samedi TO-II Matthieu 6, 24-34 ; 2 Chroniques 24, 11-25

Homélie

La violence et l’idolâtrie prennent encore plus d’ampleur dans le Royaume de Juda. Avec persévérance les prophètes se lèvent : en vain. Ils ne sont pas écoutés. Zacharie se présente alors. Mais le roi le fait éliminer. Et bientôt ce sera le tour du roi. Zacharie avait dit en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! » Le Seigneur le voit et il fait justice, à sa façon… Il gardera sa fidélité à ce peuple rebelle, qui n’écoute pas. Sa patience est infinie. Elle est certes mêlée de tristesse, pas parce qu’il n’est pas écouté… Il sait ce que c’est. Mais il souffre du mal dont l’humanité est capable et qui la défigure : « l’amour n’est pas aimé », disait, en pleurant, saint François d’Assise.

Alors consolons ce Dieu. Prenons-le, reprenons-le sans cesse comme seul maître, en entrant dans ce combat intérieur où nous voulons apprendre et réapprendre sans cesse à le préférer à toute chose. À n’avoir comme seul souci, comme seule inquiétude profonde, comme seul tourment, que de chercher d’abord ce qu’il y a de plus important et de plus beau, de plus fécond : son Royaume d’amour et de vie et cette confiance patiente et inlassable du Seigneur.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 20 juin 26


vendredi 19 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e vendredi TO-II Matthieu 6, 19-23 ; 2 Rois 11, 1-4.9-18.20

Homélie

Cette Athalie dont parlait le 2ème livre des Rois, qui est mise à mort, était un vrai poison. Fille d’Acab et de Jézabel, elle avait de qui tenir. Et il faut avoir le cœur bien accroché pour la suivre dans ce qu’elle va introduire comme haine, comme massacres, comme guerres, comme traitrises dans le Royaume de Juda quand elle y devint reine.

Que retenir de ça ? Que le mal est contagieux, qu’il tend à tout pervertir, si on le laisse faire, si on ne lui dit pas, comme il est dit dans le livre de Job (38,11) : « Tu n’iras pas plus loin ».

Soyons donc vigilant, d’abord pour nous-mêmes, à ne pas laisser s’installer en nous ce qui risque de nous détruire, de nous déshumaniser, comme ce qui risque de nous détruire ou en tous cas, de nous affadir à petit feu dans notre amour pour Dieu et pour notre prochain.

Prenons soin de bien à mettre notre trésor, et notre cœur, dans ce qui nous éclaire, ce qui est lampe pour nos pas. « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! » Mettons notre trésor dans ce qui rend notre œil clairvoyant ; dans ce qui rend notre cœur généreux ; dans ce qui vient du ciel : l’amour, le don de soi, l’humilité, la paix du cœur.

Et désencombrons-nous régulièrement du reste !

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 19 juin 26

jeudi 18 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e jeudi TO-II Matthieu 6, 7-15 ; Ben Sira 48, 1-14

Homélie

Élisée était habité par l’esprit d’Elie : un esprit de feu, un esprit de force, de détermination : « aucun prince ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir ».

Jésus non plus :

rien n’a pu le faire fléchir

la croix ne l’a pas arrêté.

Jusqu’au bout a brûlé en lui le désir ardent

- que le Père soit reconnu comme Dieu,

- que son règne vienne,

- que sa volonté soit faite,

- que son Pain et sa Parole soient partagés,

- que le pardon soit semé.

Dire, chanter, le Notre Père – sans le rabâcher - c’est entrer dans le désir de Dieu, c’est vouloir Dieu, c’est vouloir le Père. Une façon de lui dire, et de nous dire : Viens ! Viens faire ton œuvre en moi. Pour reprendre le Psaume : Avance-toi en moi comme un feu ! Et que Dieu, Père, Abba, soit notre joie

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 18 juin 26 !

mercredi 17 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e mercredi TO-II Matthieu 6, 1-6.16-18 ; 2Rois 2, 1-14

Homélie

On a entendu ce matin, à la fin des Laudes, l’éloge d’Elie… Il n’empêche : Elie a mis du temps pour comprendre que Dieu œuvre le plus souvent dans le secret. Élie aimait les effets spéciaux comme au jour où il fait tomber le feu du ciel pour humilier les prêtres de Baal avant de tous les massacrer ! Mais, voilà, un jour, dans sa traversée du désert, il comprend que Dieu est plutôt dans le silence d’une brise légère.

Quand le Fils de l’Homme fut dressé sur la Croix et qu’on le provoquait : « Voilà qu’il appelle Elie » -Le Christ n’a pas voulu échapper à sa passion ni à la mort. Pas de char de feu !

Élie serait venu le faire descendre de la croix, ç’aurait été le signe que le Christ ne serait pas venu nous rejoindre jusque dans les tréfonds, les obscurités de l’humanité, ses creux, ses enfers, ses passages à vide.

Il est resté avec nous jusque-là. Car son Père est ainsi : il demeure avec nous, même si c’est dans le secret. Dans le secret, Il est de toutes nos traversées. Il est à nos côtés dans nos moments de solitude, de désarroi.

Les eaux de la mort se sont ouvertes pour Lui sur la résurrection parce qu’il est resté dans la confiance, dans l’espérance en ce Père qui était là, dans le secret. Il a trouvé en lui la force d’aimer et de pardonner jusqu’au bout.

C’est ce qu’il nous promet, il continue : avec le Père il est là dans le secret avec ceux qui humblement vivent le partage, restent dans le silence, fidèles à la prière, vivent sans chercher à soigner leur image. Ceux qui aiment dans le secret, dans l’ordinaire des jours, dans les humbles tâches du quotidien. Même s’il y a des jours où il nous paraît trop silencieux, croyons qu’il est là dans le secret de son amour intense.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 17 juin 26


mardi 16 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e mardi TO-II Matthieu 5, 43-48 ; 1Rois 21, 17-29

Homélie

Pour faire un lien entre ces deux lectures, je pense au Psaume 84 (85) : « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent ». Elie sait bien qu’Acab est une sorte de roi mafieux avant la lettre. Mais il va le trouver. Il va faire la vérité avec lui. Cela donne des fruits d’ailleurs inespérés- ce qui n’est pas toujours le cas !

Sa façon d’aimer Acab, c’est pour Elie d’oser aller lui parler.

Aimer son ennemi ce n’est pas éprouver le de l’affection pour lui. Ce n’est pas non plus chercher à l’excuser. Ce serait jouer le jeu de son emprise.

Que cherche Jésus ? Sans doute à délivrer du mal l’ennemi. Nous l’avons déjà entendu dans le Lévitique ce matin : « Tu ne te vengeras pas. Moi, je suis le Seigneur ». (Lévitique 19, 18 ; lecture de Laudes : Lévitique 19,1-4.11-14.17-18)

Jésus demande, invite à prier pour son ennemi. C’est sans doute pour que le Seigneur lui-même vienne le délivrer de sa violence. Mais le prier, c’est aussi chercher à délivrer les autres, les victimes de cette violence, et les protéger. Et prier c’est demander, sans doute aussi, d’être délivré soi-même de cette violence toujours un peu tapie au fond de nous. Notre penchant à haïr.

Le Prieur de Thibirine, Christian de Chergé, après sa rencontre tendue avec le chef d’un groupe Djihadiste disait : « Mon Dieu, désarme-le », et puis il ajoutait : « mais je ne peux demander cela que si je dis aussi :’’ Mon Dieu désarme-moi’’ ».

Et Etty Hillesum, devant l’horreur du camp d’internement des Juifs où elle se trouvait, disait néanmoins qu’elle ne se sentait pas haïr en retour. Ce serait ajouter de la haine à la haine et rendre ainsi ce monde encore plus inhabitable qu’il ne l’est déjà maintenant.

Aimer dans la vérité et faire la vérité, et faire la vérité sans violence, apprends-le-nous Seigneur !

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 16 juin 26

lundi 15 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e lundi TO-II Matthieu 5, 38-42 ; 1Rois 21, 1-16

Homélie

Acab est donc de mauvaise humeur avec cette résistance de Naboth…

Il rentre chez lui, se couche sur son lit, tourne son visage vers le mur et refuse de manger…

Cela m’a fait penser à quelque chose que vous n’imaginez pas. Je ne sais pas dans quel état d’esprit vous êtes au moment où vous allez commencer cette semaine de retraite. Mais savez-vous que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à la veille des retraites de communauté se sentait très mal, et, sans doute un peu dans le même état que… eh bien oui, dans le même état que le roi Acab. Elle avait eu une très mauvaise expérience d’une retraite prêchée au début de sa vie au Carmel, et le prédicateur avait réussi à réveiller en elle toute sa culpabilité. Et cela lui a mis beaucoup de temps pour s’en remettre. Et depuis, elle supportait très mal la perspective de vivre une retraite prêchée. Sa sœur Agnès de Jésus dit qu’elle en perdait l’appétit et le sommeil. Je suppose qu’elle aussi, comme Acab, tournait son visage vers le mur…

L’Evangile nous invite à nous laisser déplacer durant cette semaine. Mais de nous laisser dépasser par sa miséricorde infinie « A qui te demande, donne ». Comment ne ferait-Il pas de même ? N’hésitons pas au moment d’entrer dans cette retraite à lui demander sa présence, son Souffle, sa bonté, sa tendresse. Il nous la donnera sans compter. Il est prêt à faire 1000, 2000 pas et plus encore, avec nous durant cette semaine.

Confions-nous à lui, à son Esprit, au Christ notre frère. Demandons-lui de mettre en nous comme un cœur de chair, pour nous laisser faire, Pour nous laisser faire et façonner par sa bonté, par sa tendresse envers nous ; il est là, prêt à nous couvrir de son manteau, du manteau de sa grâce : qu’il ouvre notre appétit de lui, apaise notre cœur et nous tourne vers lui.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 15 juin 26

dimanche 14 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e dimanche TO A Matthieu 9,36-10,8 ; Exode 19,2-6a ; Psaume 99 ; Romains 5, 1-11

Compassion, moisson, prière mission

Homélie

Cinq fêtes ou solennités viennent de se succéder ces dernières semaines : l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité, le Saint Sacrement et enfin le Sacré-Cœur de Jésus voici deux jours.  Nous en revenons au temps ordinaire.  Une bonne vingtaine de dimanches du temps ordinaire nous conduiront à la fin novembre. La couleur liturgique est le vert, couleur de l’espérance.

Compassion, moisson prière et mission : ces 4 termes apparaissent, l’un après l’autre, dans cette page de l’évangile de Matthieu que nous venons d’entendre.  Ces 4 termes donnent le fil rouge et la finalité de notre existence humaine.  Je les reprendrai l’un après l’autre en en faisant un bref commentaire.

1 Jésus est saisi de compassion, a pitié de ces foules abandonnées à leur sort par le roi Hérode et méprisées par les autorités religieuses juives de l’époque c-à-d les pharisiens.

Cette compassion affecte Jésus quand il regarde les foules qui se sont approchées.  La compassion signifie littéralement : les entrailles remuées, déchirées, bouleversées.  

Ce ne sont pas d’abord leurs souffrances ou leur extrême pauvreté qui émeuvent Jésus mais c’est en premier lieu leur état d’abandon, leur abattement.  « Elles sont désemparées et abattues comme des brebis qui n’ont pas de berger ». 

2 Alors, Jésus leur parle d’une moisson abondante et d’ouvriers peu nombreux.  Cependant, certains ouvriers étaient bien connus à l’époque de Jésus : scribes, pharisiens qui devraient être guides mais qui s’étaient repliés sur eux-mêmes, sur des articles de loi, des traditions, des rites vieillots et sur leurs certitudes, fermés à toutes questions et sûrs de leur bon droit.  Comment la foule pourrait-elle trouver des raisons de vivre et d’avancer avec de tels bergers ?

3 La compassion du Christ est un sentiment mobilisateur.  Mais alors que j’attendais des décisions pratiques immédiates, la première mesure d'urgence que Jésus prend est de nous mettre en prière : "Priez le Père d'envoyer des ouvriers à sa moisson !"  Le Christ lui‑même a prié toute la nuit avant de choisir les Douze.

La prière nous apprend à sortir de l'indifférence, à refuser le pessimisme, et à "aimer les personnes rencontrées à la manière de Dieu, aimer ce temps qui est le nôtre malgré ses ombres.

4 Ensuite, Jésus appelle les 12 apôtres.  Il les envoie en mission.  L'appel des Apôtres va donc s'enraciner dans la compassion et la prière de Jésus.

Jésus choisit douze hommes pour leur confier une mission : « proclamer que le Royaume de Dieu est tout proche » Chacun des Apôtres est appelé par son prénom, c'est à dire par ce qui fait son identité profonde.

Compassion, moisson prière et mission riment dans le cœur de Jésus et de ses douze apôtres.  Ils seront engagés dans une œuvre qui les dépasse.

Ils iront vers des brebis perdues, non pour asseoir un pouvoir, mais pour parler, guérir, faire revivre, purifier, extirper le mal des recoins obscurs où il règne encore en un mot les délivrer de ce qui les enferme C’est une immense tâche, dont les apôtres sont incapables seuls sauf s’ils comprennent que tout est don. « Vous avez reçu gratuitement.  Donnez gratuitement » dit l’évangile d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, comment ne serions‑nous pas émus, secoués au fond du cœur, par la détresse non seulement matérielle mais également morale et spirituelle des foules contemporaines: par exemple des enfants et des jeunes sans parents, qui ne peuvent souhaiter aujourd’hui bonne fête à leur papa, des jeunes sans repères et sans avenir; des adultes sans raison de vivre ni perspectives parce qu’au chômage; des croyants déçus qui s'éloignent des Eglises parce que des prêtres n’ont plus le feu sacré, etc ...

Aujourd'hui le Seigneur nous appelle aussi par notre prénom comme il l’a fait pour les apôtres pour la même mission.  Il compte sur nous parce que "La moisson est abondante".

Pour cela, deux choses me semblent nécessaires.
1          S’arrêter, comme Jésus, pour discerner le sens et le fondement des demandes.  Car les appels qui nous sont adressés des périphéries sont nombreux.

2          Puis, personnellement ou en communauté, s’efforcer d’être Bonne Nouvelle pour « les brebis perdues », comme le dit l’évangile de ce dimanche.  Notre engagement ne sera pas teinté de « pitié », au sens négatif du terme, mais d’une réelle compassion.   Puissions-nous être ces ouvriers à la moisson de personnes qui croisent notre regard.

 

2 P’titS rawettS.

Les jeux olympiques du cœur

Le temps était venu.  Jésus décida de choisir ses douze apôtres.  Passer une annonce dans les journaux ne lui semblait pas suffisant.  A l’instar des jeux olympiques modernes, il décida d'organiser des jeux où il pourrait choisir les douze.  Les concurrents arrivèrent de partout.  Les compétitions furent acharnées.  Jésus devait' juger tous les résultats.

En premier lieu sont venues les prières.  Les candidats s’y étaient exercés.  Cela se voyait par la vitesse à laquelle ils pouvaient les réciter.  Quelques-uns articulaient chaque mot avec la plus grande précision.  D'autres se servaient de grands mots expressifs.  D'autres encore exprimaient de nobles idées.

Mais quand vint le temps de désigner le vainqueur, Jésus n'en choisit aucun.  Il n'y avait apparemment aucun cœur dans leurs prières.  Elles n'étaient que des mots.

 

Puis vint le culte.  Là aussi, les concurrents s'étaient préparés sérieusement.  Certains portaient des vêtements magnifiques, d'autres utilisaient l'encens à profusion.  D'autres encore mettaient l'accent sur la musique ou sur la beauté des gestes.  Mais de nouveau, quand vint le temps du choix, il n'y eut aucun vainqueur.  Il ne semblait pas non plus qu'il y eût du cœur dans leur culte.  Il n'y avait qu'une belle façade.

 

En troisième lieu arriva l'enseignement.  Ce groupe-là était vraiment prêt.  Certains avaient élaboré des affiches raffinées.  D'autres se servaient de power point pour faire leur démonstration.  Et de nouveau, pas de vainqueur. Il n'y avait pas de cœur dans leur enseignement.  Les méthodes semblaient plus importantes.

 

Et on arriva à la fin des jeux.  Pas de vainqueurs, pas d'apôtres.  Epuisé par cette longue et irritante épreuve, Jésus descendit près du lac pour y trouver un peu de fraîcheur et se détendre.  Et c'est là que le miracle se produisit.  Il vit des hommes en train de pêcher.  Il trouva des gens qui mettaient du cœur à leur ouvrage ! Et il les choisit.

Journal philippin 1987 (reçu par Entraide et Fraternité)

 

QUAND LE JOUR SE LèVE-T-IL ?

Un rabbin venait d’enseigner à ses élèves de commencer leur prière  très précisément au lever du jour.
Alors un sage ayant aussi entendu cet enseignement demanda à ces étudiants à quoi on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence.

            - Est-ce lorsqu’on peut, sans peine, distinguer un chien d’un mouton ?

            - Non, répondit le sage.

            - Est-ce quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ?

            - Non, dit le sage.

            - Mais alors, quand est-ce donc ? demandèrent les étudiants ?

Le sage répondit:

            - C’est lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu y reconnais ton frère ou ta sœur.  Avant cela il faisait encore nuit dans ton cœur

Abbé Fernand Stréber, Hurtebise le 14 juin 26

samedi 13 juin 2026

Liturgie de la Parole 10e samedi TO-II Coeur Immaculé de Marie Luc 2, 41-51 ; 1 Rois 19, 19-21

Introduction

Ce jour, nous fêtons le Cœur immaculé de Marie.

Nous sommes invités à regarder Marie, à contempler son cœur, un cœur tourné vers Dieu qu’elle confie sans réserve à sa bonté, son amour et sa tendresse.  Marie est une femme pleine de sagesse. Elle se laisse toucher et fait entière confiance en ce Dieu proche et sensible à nos misères humaines   L’événement douloureux qui est relaté dans l’Evangile aujourd’hui est une expérience fondatrice qui lui donne de renouveler son « oui » posé lors de la visite de l’ange pour être la mère de l’Emmanuel.

Sa foi, sa fidélité à la parole reçue et donnée, est une réponse à la fidélité de Dieu qui fait alliance avec Marie selon sa promesse.

Le Cœur immaculé de Marie est aussi ce cœur de femme meurtri par les douleurs qu’elle a vécues et traversées dans la confiance et la fidélité au Seigneur.

Aujourd’hui, prions Marie pour obtenir le réconfort et la paix dont nous avons tant besoin quand nous sommes dans l’épreuve mais surtout pour recevoir d’elle la foi en la parole du Fils de Dieu.

Gratitude à toi Marie médiatrice au cœur pur pour ton rôle dans notre vie et notre salut.

 

Commentaire

L’Evangile, une Bonne Nouvelle difficile à admettre si nous nous arrêtons sur l’événement effrayant qui survient de manière inopinée dans la vie de cette famille, dans la vie de Marie et Joseph. Un événement douloureux pour ceux qui y sont confrontés.

La peur, celle de la séparation, de la disparition est une peur de la mort. Ils le croyaient mort durant trois jours : « Vois comme nous avons souffert ton père et moi ! » Le cœur de Marie n’est pas désincarné, celui de Joseph non plus. C’est une souffrance indicible que seul, celui ou celle qui l’a vécue peut comprendre.

Finalement l’histoire se termine bien même si elle est énigmatique.  Elle aurait pu se finir de manière plus tragique comme on le voit trop souvent et encore récemment en France avec cette fille, une enfant de 11 ans dont les funérailles ont eu lieu ce vendredi. Gardons cet événement insupportable en nous pour comprendre la douleur des parents, celle de Marie et de Joseph.

Trois jours sans nouvelle, c’est long, très long, un temps interminable. J’associe Joseph à Marie puisqu’il n’y a aucune raison de faire abstraction de la douleur vécue par Joseph.

Nous savons et comprenons bien que nos enfants ne nous appartiennent pas ; qu’ils sont confiés à notre tendresse pour les conduire à être eux-mêmes.

En ce sens, nous sommes leurs éducateurs et comme parents, nous donnons le meilleur de nous pour qu’ils s’épanouissent et grandissent. Tout ce qui les rend heureux réjouit notre cœur. Le départ et l’autonomie de nos enfants, aussi douloureux que cela puisse être, doivent nous réjouir, non nous déprimer.

Ils partent et exercent leur liberté. Liberté à tous points de vue, y compris celle de croire en Dieu, de lui être fidèle et reconnaissant… ou pas. C’est souvent difficile pour les parents mais ce qui nous est demandé c’est de réaliser la part qui nous appartient et d’accepter, faire confiance pour celle qui ne nous appartient pas.

Marie et Joseph croyait que leur fils, que Jésus était dans la caravane mais il n’était pas là.  Il se démarque déjà de sa famille, des liens de parenté, des solidarités familiales et même de la Loi. Il sort des habitudes, des traditions.

Il se démarque et affirme sa liberté.  Il est déjà ailleurs.  L’appel qu’il reçoit au fond de lui est une invitation puissante à croire en la mission, la force et la vie qu’il reçoit de son Père.

Quant à « Marie, elle gardait tous ces événements dans son cœur » Elle ne comprend pas tout ce qui se passe mais choisit une fois de plus de faire confiance. En regardant ce cœur immaculé de Marie nous nous souvenons et réfléchissons sur les moments où le Seigneur s’est manifesté pour nous.  Cette relation qui s’installe quand nous faisons mémoire et méditons ces événements dans notre cœur, cette relation peut aussi nous apporter réconfort et courage dans les épreuves et les moments difficiles de notre vie.

Puis comme Marie, nous ne comprenons pas tout. Il est vital d’apprendre à faire confiance au Seigneur même lorsque les choses ne sont pas claires.

Comme Marie, gardons les événements vécus dans notre cœur, méditons-les et prions pour discerner la volonté de Dieu et approfondir notre relation à Lui.

 

Invitation au Notre Père 

Nous vous saluons Marie et Joseph, vous êtes bénis parmi tous les couples de la terre et Jésus, le Fils de Dieu confié à votre tendresse nous le bénissons. Sainte Marie et Saint Joseph, prier pour nous vos enfants maintenant et à l’heure de notre naissance.

Notre Père

Raymond le 13 juin 26