lundi 24 novembre 2014

pour porter plainte



 Trois jours après son arrivée dans sa province, Festus monta de Césarée à Jérusalem. Les grands prêtres et les notables juifs se présentèrent à lui pour porter plainte contre Paul. Avec insistance. Ils lui demandèrent insidieusement comme une faveur, le transfert de Paul à Jérusalem. Ils voulaient en fait tendre un guet-apens en chemin, pour le tuer.
Actes 25, 1-3

Viens Esprit de Jésus, Esprit de sainteté, Esprit de vérité
Viens illuminer nos cœurs et nos esprits.   

Trois jours après son arrivée dans sa province, Festus monta de Césarée à Jérusalem.
Pourquoi cette rapide montée à Jérusalem ? pour se concilier le peuple juif qui est sur le territoire sous sa juridiction ? La province a une certaine réputation de turbulence…

Les grands prêtres et les notables juifs se présentèrent à lui pour porter plainte contre Paul.
Les deux ans de prison de Paul à Césarée n’ont donc pas suffi à faire oublier Paul. Ceux qui sous le régime de Félix n’ont pu obtenir la condamnation de Paul réattaquent aussi vite auprès de son successeur. Qu’est-ce que cette rage meurtrière ? Qu’est ce qui a été atteint en eux par la prédication de Paul, pour provoquer une telle rancœur ? 

Avec insistance. Ils lui demandèrent insidieusement comme une faveur, le transfert de Paul à Jérusalem. Ils voulaient en fait tendre un guet-apens en chemin, pour le tuer.
Et revoilà la même tentative que précédemment. Faire transférer Paul pour avoir l’occasion de tendre une embuscade en chemin, et l’éliminer en dehors de tout procès, de toute justice. Les adversaires de Paul sont prêts à tout pour le supprimer, et ne semblent pas confiants en un possible succès auprès de la justice romaine. Ils optent pour des moyens injustes…

Seigneur, nous te prions pour ceux et celles qui ont mission de faire régner la justice en nos pays, et dans le monde entier. Garde-les intègres dans leurs décisions.
Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui sont pris dans des conflits de religion. Que le souci de la vérité et du respect de chacun soit en leurs cœurs.
Seigneur, garde-nous des replis identitaires qui si souvent mènent à des pensées meurtrières.

dimanche 23 novembre 2014

de l'argent



Il n’en espérait pas moins que Paul lui donnerait de l’argent ; c’est pourquoi il l’envoyait souvent chercher pour converser avec lui.  Deux années s’écoulèrent : Félix reçut comme successeur Porcius Festus. Voulant accorder une faveur aux Juifs, Félix avait laissé Paul en prison.
Actes 24, 26-27

Viens Esprit de Jésus, enseigne-nous tes chemins,
Viens Esprit de Jésus, ouvre nos cœurs à la Parole, qu’elle éclaire et transforme nos vies.
 
Il n’en espérait pas moins que Paul lui donnerait de l’argent ;
La pression, le pouvoir de l’argent sur les cœurs. Voilà qui n’est pas nouveau. Le gouverneur espère obtenir de Paul de l’argent. Sans doute aurait-il pour une bonne somme accepté de libérer Paul. Mais Paul semble loin de vouloir acheter une quelconque libération. Il a un sens aigu de la justice qui ne peut s’accommoder de ce genre de pratique. Lorsqu’on a voulu le libérer discrètement à Ephèse, Paul a exigé que justice soit faite (Actes 16).

 c’est pourquoi il l’envoyait souvent chercher pour converser avec lui. 
On avait espéré que c’était pour entendre parler de Jésus qu’il convoquait souvent Paul. Nous voilà ramenés à la triste réalité… c’était avec l’espoir d’obtenir quelqu’argent, qu’il le convoquait si souvent… 

Deux années s’écoulèrent : Félix reçut comme successeur Porcius Festus. Voulant accorder une faveur aux Juifs, Félix avait laissé Paul en prison.
Et voilà comment un prisonnier peut croupir en sa geôle, sans le moindre scrupule de son détenteur. Il agit non point tant en gouverneur qu’en homme intéressé faisant de la captivité de l’un, une faveur à l’autre, loin de toute justice réelle. 

Seigneur, mets la justice en nos cœurs, mets le respect de tout être en nos cœurs.
Seigneur, tu sais combien l’argent peut corrompre les relations, garde-nous tellement attachés à toi, que jamais nous ne le préférions à toi, à nos frères et sœurs humains.

samedi 22 novembre 2014

Ecouter parler de la foi



 Quelques jours plus tard, Félix se trouvait en compagnie de sa femme Drusille, qui était juive. Il fit convoquer Paul et l’écouta parler de la foi au Christ Jésus. Mais comme l’entretien s’orientait vers la justice, la maîtrise des instincts et le jugement à venir, Félix, saisi de crainte, interrompit Paul : « Pour le moment retire-toi, je te rappellerai à une prochaine occasion. »
Actes 24, 24-25

Viens Esprit de Jésus, viens nous enseigner tes chemins.
Viens Lumière des cœurs, conduis vers le Royaume du Père. 

Quelques jours plus tard, Félix se trouvait en compagnie de sa femme Drusille, qui était juive.
Les Juifs accusateurs de Paul sont-ils retournés à Jérusalem ? on n’en sait rien. Il semble que la vie est simplement retournée à son cours… mais point pour Paul qui est toujours emprisonné. Félix est avec sa femme. La TOB nous dit qu’il l’a en fait ravie au roi d’Emèse au prix d’intrigues scandaleuses ! Voilà qui nous dit un peu quel type de personnage était cet homme… 

Il fit convoquer Paul et l’écouta parler de la foi au Christ Jésus.
Comme sa femme était juive, on peut comprendre son intérêt, son désir de comprendre ce qui oppose à ce point Juifs et Paul. Il écoute. Et il écoute parler non point tant de religion au sein d’un système, que de foi, c'est-à-dire d’une adhésion personnelle, d’un engagement personnel. Le terme Christ dans le contexte juif prend tout son sens. Il dit Jésus comme le messie tant attendu par le peuple juif. 

Mais comme l’entretien s’orientait vers la justice, la maîtrise des instincts et le jugement à venir,
La foi au Christ implique l’adhésion de tout l’être, à Jésus. Elle implique un changement de vie, pour marcher dans la justice et la droiture. La foi au Christ implique de se laisser interpeller par sa parole… et la parole de Jésus est claire, nous pouvons relire le sermon sur la montagne, les dialogues avec les pharisiens… et tant d’interpellations lancées par Jésus, autant d’invitation à un changement de vie, pour une adhésion de tout l’être à Jésus. 

Félix, saisi de crainte, interrompit Paul : « Pour le moment retire-toi, je te rappellerai à une prochaine occasion. »
Félix ne doit pas particulièrement apprécier la parole de Paul, une fois que celui-ci quitte la sphère du récit de vie de Jésus, pour passer aux conséquences : la parole de Jésus et ses implications concrètes en nos vies. Félix était curieux d’en connaître plus sur Jésus, de là à accepter son message, c’est autre chose. Il ne semble pas prêt à un changement de vie, à une véritable conversion. Il renvoie Paul à sa prison. 

Seigneur, chaque jour nous écoutons ta Parole. Qu’elle pénètre nos cœurs. Donne nous la force de ton Esprit pour l’accueillir même si elle nous dérange, nous interpelle, nous invite à un changement de vie.

vendredi 21 novembre 2014

Ce qui concerne la Voie



Ac 24, 17-23


Le texte (traduction : Bible de Jérusalem) :
« 17 ‘Au bout de bien des années, je suis venu apporter des aumônes à ma nation et présenter des offrandes :
 18 c'est ainsi qu'ils m'ont trouvé dans le Temple ; je m'étais purifié et ne provoquais ni attroupement ni tumulte.
 19 Mais quelques Juifs d'Asie... - c'est eux qui auraient dû se présenter devant toi et m'accuser, s'ils avaient quelque chose contre moi !
 20 Que ceux-ci du moins disent, eux, de quel délit ils m'ont trouvé coupable lorsque j'ai comparu devant le Sanhédrin !
 21 À moins qu'il ne s'agisse de cette seule parole que j'ai criée, debout au milieu d'eux : C'est à cause de la résurrection des morts que je suis mis aujourd'hui en jugement devant vous’.
 22 Félix, qui était fort exactement informé de ce qui concerne la Voie, les ajourna en disant : ‘Dès que le tribun Lysias sera descendu, je statuerai sur votre affaire’.
 23 Il prescrivit au centurion de garder Paul prisonnier, mais de lui laisser quelques facilités et de n'empêcher aucun des siens de lui rendre service ».

Prière (suggérée par Enzo Bianchi) :
« Notre Dieu, Père de la Lumière, tu as envoyé dans le monde ton Fils, Parole faite chair, pour te manifester à nous, les hommes.
Envoie maintenant sur moi ton Esprit Saint, afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ dans cette Parole qui vient de toi ; afin que je la connaisse plus profondément et que, en la connaissant, je l’aime plus intensément pour parvenir ainsi à la béatitude du Royaume. Amen »

Lecture verset par verset :
L’atmosphère de complot et de plaidoirie se poursuit en ce chapitre 24. Paul plaide une nouvelle fois sa cause, en présence du gouverneur Félix, du grand-prêtre Ananias, de la délégation du Sanhédrin – composée exclusivement d’anciens –, et d’un avocat nommé Tertullus. Des Juifs y assistent également, qui viennent de confirmer les accusations lancées contre Paul (24, 9 : « Les Juifs l'appuyèrent, assurant qu'il en était bien ainsi »).
L’accusation, reprise par l’avocat, est double : d’un côté, Paul est « une peste : il suscite des désordres chez tous les Juifs du monde entier, et c'est un meneur du parti des Nazôréens » (24, 5) et, de l’autre, « Il a même tenté de profaner le Temple » (24, 6).
La première accusation rapporte le danger que représente Paul pour l’ordre public : il est soupçonné d’être un agitateur politique. Paul intéresse donc le pouvoir romain, puisqu’il est un obstacle à la paix romaine (la célèbre pax romana).
Quant à la seconde accusation, elle apparaissait déjà au chapitre 21, lorsque les Juifs d’Asie disaient de Paul : « ‘… Le voici, l'individu qui prêche à tous et partout contre notre peuple, contre la Loi et contre ce Lieu ! Et voilà encore qu'il a introduit des Grecs dans le Temple et profané ce saint Lieu’. Précédemment en effet ils avaient vu l'Éphésien Trophime avec lui dans la ville, et ils pensaient que Paul l'avait introduit dans le Temple » (21, 28-29).
C’est ce second point qui retiendra l’attention de Paul et sur lequel il se prononcera : il s’en tiendra ainsi au contenu religieux.
Eclairés par l’explication du contexte, nous pouvons commencer la lecture de notre extrait :

(v. 17) « Au bout de bien des années, je suis venu apporter des aumônes à ma nation et présenter des offrandes… »
Pour contrer l’accusation de semeur de désordre et attester de sa « conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes » (24, 16), Paul évoque une mission de charité. Cette information n’est attestée qu’ici dans les Actes, comme motif de sa montée à Jérusalem[1]. Relevons l’élément significatif de cette déclaration : l’expression « à ma nation » montre combien Paul veut rester solidaire de son peuple.

(v. 18-20) « c'est ainsi qu'ils m'ont trouvé dans le Temple ; je m'étais purifié et ne provoquais ni attroupement ni tumulte. Mais quelques Juifs d'Asie... - c'est eux qui auraient dû se présenter devant toi et m'accuser, s'ils avaient quelque chose contre moi ! Que ceux-ci du moins disent, eux, de quel délit ils m'ont trouvé coupable lorsque j'ai comparu devant le Sanhédrin ! »
Paul retrace ici des événements auxquels nous avons assisté dans les chapitres précédents : l’arrestation, sa comparution devant le Sanhédrin… et se défend de toute culpabilité.

(v. 21) « À moins qu'il ne s'agisse de cette seule parole que j'ai criée, debout au milieu d'eux : C'est à cause de la résurrection des morts que je suis mis aujourd'hui en jugement devant vous ».
Il termine sa plaidoirie par le sujet qui suscite le désaccord entre Pharisiens et Sadducéens, à savoir la résurrection des morts (cfr Ac 23). L’habileté de Paul est notable, car il est clair qu’un tribunal romain ne pourrait condamner quelqu’un pour une croyance religieuse…

(v. 22) « Félix, qui était fort exactement informé de ce qui concerne la Voie[2], les ajourna en disant : ‘Dès que le tribun Lysias sera descendu, je statuerai sur votre affaire’ »
De fait, le jugement du gouverneur Félix rejoint l’estimation du tribun Lysias, qui écrivait dans la lettre citée plus haut : « J'ai constaté que l'accusation se rapportait à des points contestés de leur Loi, mais qu'il n'y avait aucune charge qui entraînât la mort ou les chaînes » (23, 29).
Les deux officiers romains sont donc du même avis : l’objet du procès est interne au judaïsme. Comme au chapitre 18, on aurait pu assister au renvoi des plaignants et à la clôture de l’affaire (v. 15 et suivants), mais le procès est une nouvelle fois postposé[3].

(v. 23) « Il prescrivit au centurion de garder Paul prisonnier, mais de lui laisser quelques facilités et de n'empêcher aucun des siens de lui rendre service »
Paul est gardé prisonnier… et cet état se poursuivra dans les versets suivants.
Néanmoins, son sort n’est pas des plus funestes. Il bénéficie en effet d’un traitement de faveur, étant entendu que le régime carcéral n’était pas à l’époque des plus propices : les détenus dépendaient de la générosité de leurs relations personnelles. Paul pourra ainsi, dans son emprisonnement, éprouver la sollicitude et la fidélité de son Dieu…


Prière :
Seigneur, tu as appelé ton apôtre Paul à une vie de missionnaire et de témoin. Il a connu de nombreuses embûches et éprouvé beaucoup de contrariétés… mais il a aussi ressenti ta présence, ton soutien, ton Amour.
Tu lui as exprimé ta proximité, au creux du cœur et par ceux qui sont restés proches de lui.
A tous ceux qui veulent témoigner de Toi, Seigneur, comme tu le fis pour Paul, envoie ton Esprit de persévérance et de confiance !
Amen


[1] La thématique de la collecte apparaît maintes fois dans les Epîtres pauliniennes : Gal 2, 7-10 ; Rm 15, 25-28 ; 1 Co 16, 1-4 ; 2 Co 8-9.
[2] « La Voie » désignait les premiers chrétiens, sans cesse sur les routes.
[3] Relisez particulièrement depuis 21, 27…

jeudi 20 novembre 2014

une conscience irréprochable



C’est pourquoi je m’efforce, moi aussi, de garder une conscience irréprochable en toutes choses devant Dieu et devant les hommes.
Actes 24, 16

Viens Esprit de Jésus, lumière et vie
Viens Esprit de Jésus, beauté et espérance

C’est pourquoi je m’efforce, moi aussi, de garder une conscience irréprochable
L’espérance en la résurrection donne à Paul un motif, une force pour vivre l’aujourd’hui. Il veut en vue de cette résurrection garder une conscience irréprochable. Son quotidien reçoit de sa destinée une ouverture, qui oriente les moindres paroles et gestes.

en toutes choses
Paul place toute son existence sous cette perspective de la résurrection. Il n’est pas chrétien le temps d’une pratique cultuelle, il l’est toujours, en ses moindres faits et gestes. Sa vigilance est de tous les instants.

devant Dieu et devant les hommes.
Paul ne se contente pas de vivre correctement devant Dieu, il cherche aussi à vivre de telle manière devant les hommes. Les deux aspects sont pris en considération. Il veille à ne choquer personne en rien, écrira-t-il en une de ses lettres.
La considération des « fins dernières », de ce qui nous est ouvert comme espérance, influence notre vie. L’espérance de la résurrection est un profond mobile, qui inspire Paul. M’inspire-t-il de même ? n’est-ce pas parfois un manque de sens qui fait que tant de vies se perdent, manquent d’élan, de vie… ?

Seigneur, fais-nous croire toujours davantage en la résurrection que tu nous promets. Seigneur, donne-nous de considérer cette espérance que tu nous ouvres comme le gouvernail de nos vies.