dimanche 21 juillet 2019

Le Seigneur en a besoin


Mc 11, 3

Et si quelqu’un vous dit : «Que faites-vous là ? », dites : « Le Seigneur en a besoin, et aussitôt il va le renvoyer ici ».

Jésus envoie deux disciples pour ramener l’ânon qui va le porter en triomphe et il leur donne en même temps l’audace et l’assurance qui préviennent toute opposition ou refus du propriétaire.    
Etre accompagné de la Parole du Seigneur, c’est mieux qu’une lettre de recommandation, c’est une clé qui ouvre toutes les portes, à commencer par la porte du cœur de celui qui la reçoit.

Cfr Mt 18 :19 « Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle sera accordée par mon Père qui est dans les cieux ».              

Cfr Jn 14 :13 « Et tout ce que vous demanderez en mon nom je le ferai, afin que mon Père soit glorifié dans le Fils »           
               
Cfr 1Jn5 :14-15 « Nous avons auprès de lui cette assurance que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute…

« Le Seigneur »          
Marc n’utilise ce titre « O Kurios » que pour la quatrième fois depuis le début de son évangile (1 :3 Jean-Baptiste : Préparez les chemins du Seigneur,  5 :19 Jésus au démoniaque guéri : Raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait…, 7 :28 La Syrophénicienne donne ce titre à Jésus.           

Que Jésus s’attribue à lui-même ce titre, sous l’action de l’Esprit, va bien dans le sens de cette manifestation « royale » qui se prépare : Jésus  a conscience de sa propre dignité messianique.

« en a besoin »  De quoi le Seigneur a-t-il besoin ?  Il a besoin de chacune et chacun de nous, autre Christ, pour manifester sa présence et son amour auprès de nos frères humains.                               

Cfr 1 Cor12 :27 « Or vous êtes, vous, le corps du Christ, et membres chacun pour sa part. » 
Ainsi le Seigneur nous assigne à chacun, membres de l’Eglise, une mission, humble ou plus voyante, mais indispensable pour que soit manifesté le Royaume de Dieu. Si c’est lui-même qui nous envoie et que nous reconnaissons sa demande, nous pourrons y répondre avec assurance car nous croyons vraiment que « le Seigneur en a besoin ».

« Et aussitôt il va le renvoyer ici » Nous avons parfois peur que le Seigneur nous prenne quelque chose, nous prive de notre personnalité, nous demande d’être différents. Or le Seigneur ne nous utilise pas pour profiter de nous. Je n’ai rien à perdre et tout à gagner à devenir son disciple. 
Cela m’est « renvoyé » en terme d’épanouissement, de déploiement de mon Etre profond.

Seigneur fais-moi discerner ce que tu attends de moi et mets en moi ton assurance et ta force pour emprunter le chemin que tu m’indiques afin que je devienne vraiment qui  je suis en profondeur.

Chantal et Gaston

samedi 20 juillet 2019

Allez au village...


Mc 11
1.Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem en vue de Bethphagé et de Béthanie, près du Mont des Oliviers, il envoie deux de ses disciples  2.  en leur disant : « allez au village qui est en face de vous, et aussitôt vous y trouverez à l’attache un ânon que personne au monde n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. »

Jésus et ses disciples se trouvent donc dans la « banlieue » de Jérusalem. On est frappé par la détermination, la maîtrise dont Jésus fait preuve pour préparer un événement (on dirait maintenant « créer l’évènement ». Même son itinéraire n’est pas laissé au hasard : dans la tradition juive le Messie devait arriver à Jérusalem par l’est, en traversant le jardin des Oliviers .     
    
Quant à l’âne, c’était aussi, dans cette même tradition, la monture des rois. Il est aussi symbole de paix et de pauvreté. Le fait que personne ne s’était encore assis sur la bête peut être une référence à la loi juive d’après laquelle les animaux destinés à un usage sacré devaient être intacts et n’avoir jamais porté le joug. (Nb 19.2  Dt21.3  1Sam6.7)

On est étonné par la précision et la prescience de Jésus qui sait comment et où trouver l’ânon.    
Jésus « sait exactement ce qu’il veut », ou plutôt quelle est la volonté de son Père.

Donne-nous Seigneur la grâce de connaître ta volonté et le courage de suivre le chemin où tu veux nous conduire.

Chantal et Gaston

dimanche 30 juin 2019

Sa saveur


Mc 9
49 Chacun sera salé au feu.
50 C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »
Viens Esprit Saint, viens nous faire goûter la saveur de la parole.

« Chacun sera salé au feu »… voilà une étrange expression, unique dans la Bible, qui a laissé perplexes théologiens et exégètes et a suscité quantité de commentaires… et de traductions (une vingtaine de variantes) ce qui en démontre bien la difficulté. Cette incise, au milieu de sentences déjà variées, a fait problème dès les premiers siècles du christianisme. Ce ne sera donc pas à nous de la commenter davantage !!

Passons donc au sel : comme souvent, les auditeurs de Jésus avaient probablement bien plus de clés que nous pour comprendre ces paroles.
Dès Moïse, en effet, le sel est important dans le culte même, donc en lien avec la relation à Dieu :
« Tu mettras du sel sur toutes tes offrandes, tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l'alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu mettras du sel... ! » Lév 2:13.

Le sel est donc agréé par Dieu comme étant un des signes de Son Alliance avec le peuple d'Israël. Voilà qui nous éclaire quelque peu.

Ainsi, « le sel est une bonne chose, dit Jésus, mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l'assaisonnerez-vous... ? » L'une des causes de la perte de la saveur du sel est l'impureté qu'il contient encore, d'où la nécessité de le raffiner. En ce qui concerne « le sel en nous-mêmes », bien des influences, des comportements, des manques de foi - et que sais-je – peuvent lui faire perdre saveur.

« Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous ». De nouveau se pose la question du lien : après le sel et le feu, voici le sel et la paix.

La paix n'est-elle pas douceur ? Quel rapport y a-t-il donc entre le salé et le doux, entre le sel et la paix ? Mais le sel  ne s'oppose pas à la paix, mais à ce qui la trouble... ! Ce n'est pas, en effet, en lissant les rigueurs de l'Evangile que la paix peut régner dans un cœur, ou entre les hommes. Ainsi la présence du sel en soi nous fera choisir des chemins de paix.

Seigneur, donne-nous d’avoir du sel en nous-mêmes, donne-nous d’être sel pour ceux qui nous entourent. Que nous trouvions joie et saveur sur tes chemins, à l’écoute de ta parole. Que le sel renouvelle nos enthousiasmes et nous entraîne toujours plus loin, là où tu nous appelles, là où tu nous guides.

samedi 29 juin 2019

Dans le royaume de Dieu


Mc 9
43 Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
45 Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
47 Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, 48 là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

Viens Esprit Saint, viens nous montrer ce qui risque d’être occasion de chute en nous et autour de nous.

Une occasion de chute… celle-ci peut venir de quelqu’un d’autre (v. 42), mais elle peut aussi être en nous…

Ta main, ton pied, ton œil… Marc s’en tient à des aspects corporels dans l’approche très concrète et symbolique propre à son langage. A nous de l’appliquer à tout notre être - corps, cœur, esprit – et de prendre conscience de ce qui nous menace réellement.

Trois versets, une triple répétition pour souligner l’importance de cette mise en garde. Et une répétition quasi mot pour mot. Si le triplé est une technique fréquente dans la Bible, rencontrer des phrases aussi longues et aussi strictement répétées est plutôt rare. C’est donc du sérieux !

Le contenu aussi est radical : l’ordre est de « couper », « d’arracher » ! Et cela, avant que ce soit irrémédiable : dans la géhenne, le feu ne s’éteint pas…

Jésus n’a de cesse de nous mettre en garde tant son amour veut notre bonheur et lui seul sait vraiment où réside celui-ci : il s’agit d’entrer dans le Royaume de Dieu (la vie éternelle).

Ces paroles sont rudes, tellement que nous avons peut-être du mal à les entendre, à les considérer valables aussi pour nous. A ses apôtres, soucieux de savoir qui était le plus grand, qui était de leur groupe, Jésus rappelle les vraies exigences du Royaume, la conduite à laquelle sont appelés ceux et celles qui désirent le suivre.

Finalement, il s’agit de « ne rien préférer à l’amour du Christ ».

Seigneur, viens à notre aide ! Tes exigences sont bien au-delà de nos forces ! Rends-nous capables d’accueillir ton amour et de nous laisser faire par toi : sois notre guide sur tous nos chemins !



vendredi 28 juin 2019

Ce qui vaudrait mieux pour lui


Mc 9
41 Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
42 « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. 

Viens, esprit Saint, viens nous rendre attentifs à cette parole où Jésus met toute sa force de persuasion au service de la défense des petits.

Quand on parle aujourd’hui des petites choses de la vie et de leur importance, on n’a décidément rien inventé. Jésus lui-même prend ici l’exemple le plus simple : un verre d’eau ! Rien qu’un verre.
Bien sûr l’eau peut être rare -  et c’est le cas en Palestine -, elle est vitale aussi.

Donc, un verre d’eau, c’est à la fois très ordinaire et très indispensable. C’est un don, une offrande qui marque accueil et souci de l’autre.

Ce simple don fait aux disciples mais aussi – on ose le supposer – à tout homme, mérite récompense.

Marc passe alors sans transition à un avertissement sévère. D’une part la récompense, de l’autre le châtiment…

Il s’agit dès lors de tout ce qui peut nous entraîner au mal, de tout ce qui est « occasion de chute » - expression qui va être répétée quatre fois avec diverses situations.

D’abord, celui qui pourrait écarter de Jésus « un seul petit » « qui croit en lui ». Marc va essayer de traduire combien cela est abominable. Mais lisons bien ! Jésus ne menace pas l’auteur de cet acte de noyade ou de quoi que ce soit. Au contraire, il a souci de cet homme et pointe ce qui « vaudrait mieux pour lui ». La question est donc de savoir comment l’empêcher « d’être un scandale », et, avec cette image forte, de frapper l’esprit de ses disciples.

Seigneur Dieu, que la méditation de tes paroles aiguise notre attention, notre compassion.