samedi 20 avril 2019

Une femme


Mc 5
24b Une foule nombreuse le suivait et l’écrasait  25 Une femme, qui souffrait d’hémorragies depuis douze ans  26 – elle avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins et avait dépensé tout ce qu’elle possédait sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré -,   27 cette femme, donc, avait appris ce qu’on disait de Jésus.  Elle vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. 

« Une femme », une parmi la foule !  Cette femme anonyme souffre depuis douze ans.  Elle a dépensé en vain tout ce qu’elle avait pour se faire soigner et ne pas être guérie.  Si elle n’a pu être guérie par des médecins, la cause de son mal est peut-être à chercher ailleurs que dans la science médicale traditionnelle.       

Toujours est-il que cette femme est déterminée à guérir.  Les échecs médicaux, l’argent dépensé, les années qui passent… rien ne l’arrête dans sa quête de guérison et sa détermination à guérir.
  
Le comportement qu’elle adopte pourrait être celui d’une femme qui se laisse séduire par le « merveilleux », par le pouvoir  d’un thaumaturge hors du commun !  Or, ici, on sent combien ce qui l’anime va au-delà d’une croyance.  Elle est habitée d’une certitude, d’une confiance en Jésus dont elle perçoit qu’il va la sauver si elle arrive à toucher au moins ses vêtements.  Toucher ou être touchée… alors qu’elle est considérée comme impure ! Un interdit à briser. C’est là que tout se joue. 
Une mise en route, un mouvement qu’elle ose, tant elle croit à la vie.

Cette femme ne nous invite-t-elle pas à nous prendre en main, à être responsable et acteur de notre vie ? Combien de fois devra-t-on dépasser nos peurs, nous délier de toutes formes de culpabilité maladive, croire à notre « salut » qui passe par la guérison de nos blessures en prenant soin de nous-mêmes ?

Seigneur, je m’appuie sur Toi, ta Parole et ta Vie.  Mets-en nous Seigneur un cœur nouveau, mets-en nous Seigneur un esprit nouveau.
Raymond

vendredi 19 avril 2019

Au bord de la mer


Mc 5
21 Quand Jésus eut regagné en barque l’autre rive, une grande foule s’assembla près de lui.  Il était au bord de la mer.  22 Arrive l’un des chefs de la synagogue, nommé Jaïros : voyant Jésus, il tombe à ses pieds 23 et le supplie avec insistance en disant : « Ma petite fille est prêt de mourir ; viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive.  24 Jésus s’en alla avec lui 

La barque :
Pour Jésus, la barque est un moyen de déplacement qui lui permet de s’identifier à ses disciples.  A l’occasion des traversées d’un côté à l’autre du lac, il les « rejoint » en quelque sorte sur leur terrain et en profite pour les enseigner plus spécifiquement. (4, 35-41)

La foule :
Elle est grande, une multitude venue de partout, bien plus largement que de la région du lac,  pour le suivre   (3, 7) et écouter ses enseignements.  La foule est un ensemble hétéroclite composé, sans doute de curieux, mais aussi et surtout d’assoiffer de toutes sortes, de blessés de la vie, de gens religieux et d’hommes politiques, de quelques jeunes et surtout leurs aînés, autant tous et toutes nous y compris.

Au bord de la mer :
C’est la foule que Jésus rejoint « au bord de la mer », un lieu de prédilection pour la rencontre.  Rappelez-vous : «alors qu’il passait au bord de la mer de Galilée » (1, 16) c’est là qu’il appelle ses premiers disciples.  Un appel à le suivre, un appel à une vie différente, de pêcheurs de poissons à pêcheurs d’hommes !                                    
Puis après les signes accomplis à Capharnaüm, « Jésus s’en va au bord de la mer, toute la foule venait à lui et il les enseignait » (2, 13) « et en passant, il vit Lévi et l’invite à le suivre (2, 14) .                      
Un peu plus tard, après quelques mises au point avec les scribes et les pharisiens, « Jésus se retire de nouveau avec ses disciples au bord de la mer.  Une grande multitude est venue de partout pour le suivre » (3, 7)            
« Puis, de nouveau, Jésus se mit à enseigner au bord de la mer.  Une foule se rassemble près de lui, si nombreuse qu’il monte s’asseoir dans une barque, sur la mer. Et il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles » (4, 1-2)                                                                                                           

Puis, « sur l’autre rive… » (4, 35)                                                                                               
« Quand Jésus eut regagné en barque l’autre rive, une grande foule s’assembla près de lui.  Il était au bord de la mer.  Arrive l’un des chefs de la synagogue nommé Jaïros » (5, 21- 22)                           
Le bord de la mer, un lieu de rencontre, d’enseignement, de guérison et d’appel à le suivre.  Rencontre de la foule des souffrants, des blessés de la vie, des possédés, mais aussi des chefs religieux et ce chef de synagogue nommé Jaïros.  Il enseigne la foule, là où elle se rassemble, au bord de la mer.  Voilà où commence l’aventure avec Jésus ; voilà où il est venu chercher ses disciples ; voilà où il vient nous chercher nous aussi.             
           
 Il va « au bord de la mer », au point le plus bas, et c’est là que commence toute la pédagogie.  Si nous voulons être rejoints, trouvés par Jésus, c’est là qu’il nous faut aller.  Jésus vient à notre rencontre là où nous nous abandonnons complètement, là où il nous enseigne et où nous pouvons nous fier à lui.  C’est un aspect du bord de la mer : Jésus vient à la rencontre, c’est lui qui descend et là commence l’aventure avec lui.

Parmi la foule, un homme tombe aux pieds de Jésus. Cet homme n’est pas n’importe qui, il s’agit d’un des chefs de la synagogue.  Il vient pour sa fille qui est mourante : « Ma petite fille va mourir, viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ».  Qu’est-ce qui pousse cet homme à faire confiance à Jésus alors que « Pharisiens et Hérodiens tiennent conseil contre lui sur les moyens de le faire périr » (3, 6) Une foi renouvelée qui s’appuie sur Jésus pour que sa fille soit sauvée et qu’elle vive ?  Une perception de l’amour de Jésus qui fait le bien plutôt que le mal ?

Mets-en nous Seigneur un cœur nouveau, mets-en nous Seigneur un Esprit nouveau.

Raymond

mercredi 17 avril 2019

Rentre à la maison


Mc 5
18 Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui.
19 Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
20 Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.

Viens Esprit Saint, apporte-nous la parole pour que nous puissions à notre tour la proclamer.

Jésus acquiesce à leur demande… il ne veut pas s’imposer, il remonte tout simplement dans la barque.

Mais voilà que quelqu’un le retient encore un instant, quelqu’un qui lui aussi le supplie. 
L'ex-possédé a fait son choix, il veut monter dans la barque, il ne veut plus quitter son sauveur.
Et à cette supplication, Jésus oppose un refus. Elle était pourtant belle cette demande. Mais le problème c’est que Jésus appelle « qui il veut ».

Pour cet homme, il a une autre mission : annoncer les actions du Seigneur.
Il le lui dit dans un ordre qui vaut la peine que l’on s’y arrête.
Jésus lui dit de rentrer « à la maison », cette demeure qu’il a quittée depuis longtemps pour « habiter » au milieu des tombeaux. Jésus insiste : « auprès des tiens » ; en quelle que sorte, il le rend à sa famille (geste que l’on trouve plusieurs fois dans la Bible après une guérison ou une résurrection). Il doit faire connaître aux siens ce que Dieu a fait pour lui : il doit simplement parler de ce qu’il connaît, de ce qu’il a vécu, et il doit le faire vis-à-vis des plus proches.

L’homme obéit, il s’en va, mais c’est dans toute la Décapole qu’il proclame ce que Jésus a fait pour lui. Le contenu est donc bien celui que Jésus voulait, sauf qu’il avait parlé de la miséricorde de Dieu : pour l’homme, il s’agit simplement de Jésus, pour le moment sa foi ne peut aller plus loin.
Résultat ? « Tout le monde est dans l’admiration ».
Ceux qui étaient présents, qui ont été les témoins directs, ceux-là se sont réfugiés dans la peur et ont chassé Jésus.
Ceux qui ne font que recevoir le témoignage de l’homme, ceux-là sont capables de sortir d’eux-mêmes pour admirer.

Seigneur, je te rends grâce pour tous ceux que tu envoies témoigner sur leur route quotidienne, je te rends grâce d’avoir besoin d’eux (donc de chacun de nous) pour faire connaître ta miséricorde.

mardi 16 avril 2019

Quitter leur territoire

Mc 5
14 Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. 
15 Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte.
16 Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs.
17 Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.

Viens Esprit Saint, préserve-nous de la peur qui fait faire les mauvais choix.

Jésus, qui ne recherche nullement la renommée, provoque cette fois le branle-bas. Regardons la scène : cela court dans tous les sens !

Il y a les gardiens qui s’enfuient comme si un autre malheur allait leur tomber dessus. Il faut surtout qu’ils racontent les faits avant qu’on ne puisse les leur reprocher. Ils répandent la nouvelle partout : à la ville et à la campagne.

Evidemment, un autre courant va se créer en sens inverse, ceux qui n’étaient pas sur les lieux et veulent savoir, voir… A part la perte des porcs, ils ne savent sans doute pas grand-chose, en tous cas rien à propos de l’homme au cœur de cette activité.

Quand ils arrivent, plus de porcs, mais un homme méconnaissable : il est calme (assis), habillé (ainsi certains y ont pensé) et surtout il a retrouvé tout son sens. Et cela leur fait peur !

Comment ? Pourquoi ? Ils interrogent les témoins qui ne se privent évidemment pas de raconter toute l’histoire.

Et surtout « Qui ? ». Cet homme, là, qui vient à peine de débarquer avec sa petite troupe ? S’il va plus avant dans le pays, que va-t-il encore inventer ? Seule solution : qu’il s’en aille !

Après les démons qui suppliaient Jésus, voilà que ce sont les villageois qui le supplient de reprendre la mer au plus vite.

Ainsi se termina donc la première démarche de Jésus en territoire non-juif…

Seigneur Dieu, donne-nous de te reconnaître quand tu es là, auprès de nous, pour nous soutenir et nous protéger. Que jamais nous ne souhaitions te voir t’éloigner ! 

lundi 15 avril 2019

Ils se noyaient


Mc 5
10 Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays.
11 Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.
12 Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. »
13 Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer.

Viens,  Esprit Saint, que ta parole nous accompagne dans toutes les circonstances obscures de nos vies.

Nous poursuivons cet étrange récit et le dialogue entre Jésus et les démons.

Les voilà donc qui, tous, prient (supplient) Jésus de ne pas les expulser du pays…  Nous connaissons les démons tentateurs, menaçants… mais avouons que des démons qui prient, c’est plus rare !
Ils supplient « avec insistance » précise Marc, c’est donc que Jésus n’a pas acquiescé directement ! Il reste silencieux, au point que ce sont les démons qui lui soufflent la solution… qu’il les envoie dans les porcs !

Il y a avait donc là un troupeau de deux milles bêtes. Bien sûr, nous sommes en pays païen, là où l’interdit de manger du porc n’a pas cours. Pour un juif, même s’en approcher rend impur. Où Jésus a-t-il donc emmené ses disciples ?!

Pour les juifs, il y a une connivence entre les démons et les porcs et Marc avance dans cette logique.

Finalement, Jésus leur permet d’entrer dans les porcs : ainsi ce sont les démons qui mettent leurs conditions à l’expulsion ? Ils sont incapables de s’exécuter eux-mêmes, ils comptent sur Jésus pour leur fournir une nouvelle demeure. Et Jésus le leur permet ! Il passe par leurs conditions… !

Mais la suite n’est pas celle prévue : les porcs courent se jeter dans la mer…

Marc – si avare de détails – nous dépeint ici le paysage : la mer et la colline, la falaise abrupte entre les deux…
Et nous de rester avec nos interrogations : qu’en est-il du possédé, et des éleveurs de porcs… ?

Seigneur Dieu, avec toi, ce n’est jamais le mal qui gagne ; même si sa puissance nous paraît immense, de toi vient toujours le salut. Nous te confions toute notre vie car tu es celui qui veilles sur nous, qui prends soin de nous. Béni sois-tu.