vendredi 24 juin 2016

Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux?



Alors Ruth se prosterna face contre terre et lui dit : « Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux, pourquoi t’intéresser à moi, moi qui suis une étrangère ? »
Booz lui répondit : « On m’a dit et répété tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari, comment tu as quitté ton père, ta mère et le pays de ta parenté, pour te rendre chez un peuple que tu n’avais jamais connu de ta vie.
(Ruth 2, 10-11 ; traduction liturgique

 Viens Esprit de Jésus, viens nous tisser en humanité, tandis que la Parole nous y invite, et se grave en nos coeurs.

Alors Ruth se prosterna face contre terre
Signe de grand respect, signe d’humilité. On peut comprendre que Ruth se prosterne ainsi. Elle ne sait pas qui est Booz, elle peut s’étonner de recevoir un tel accueil en terre étrangère. Son peuple moabite avait refusé pain et eau à Israël en exode (cf Dt 23, 3-5). Elle aurait pu craindre que ne lui soit rendue la pareille.

et lui dit : « Pourquoi ai-je trouvé grâce à tes yeux, pourquoi t’intéresser à moi, moi qui suis une étrangère ? »
Ruth fait part de son étonnement, de sa surprise devant une telle générosité, un tel accueil. Etonnement de se sentir respectée, d’être accueillie.

Booz lui répondit : « On m’a dit et répété tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari,
Booz lève une partie du mystère du mobile de son action. Il a été touché par tout ce qu’a fait Ruth pour sa belle-mère Noémi. Il sait que Ruth a elle aussi perdu son mari. Noémi n’est pas seule dans le deuil.

 comment tu as quitté ton père, ta mère et le pays de ta parenté,
Booz sait le deuil de Ruth, et sait de plus la part de vide volontaire qu’elle a consentie pour suivre Noémi, pour l’accompagner dans son chemin de retour. Elle a quitté les siens. Ce verset nous fait penser à Abraham, père des croyants (Gn 12,1). Si Abraham a quitté sur l’invitation du Seigneur, Ruth semble l’avoir fait par pur don de soi, gratuité, générosité, solidarité avec sa belle-mère.

pour te rendre chez un peuple que tu n’avais jamais connu de ta vie.
Booz loue cet exil volontaire de Ruth. Elle est partie sans savoir où elle allait, comme Abraham. Elle ne connaissait rien de la terre vers laquelle elle s’exilait, si ce n’est ce que son mari, sa belle-mère lui en auraient raconté.

Seigneur, béni sois-tu pour la disponibilité de Ruth, capable de tout quitter par sollicitude, par tendresse pour une femme éprouvée. Béni sois-tu pour son courage de partir vers l’inconnu. Béni sois-tu pour l’accueil que lui réserve Booz, capable de voir au-delà du cliché « étrangère, moabite » une femme de cœur, démunie.

jeudi 23 juin 2016

attache-toi aux pas de mes servantes



Booz dit à Ruth : « Tu m’entends bien, n’est-ce pas, ma fille ? Ne va pas glaner dans un autre champ. Ne t’éloigne pas de celui-ci, mais attache-toi aux pas de mes servantes.
Regarde dans quel champ on moissonne, et suis-les. N’ai-je pas interdit aux serviteurs de te molester ? Si tu as soif, va boire aux cruches ce que les serviteurs auront puisé. »
(Ruth 2, 8-9 ; traduction liturgique )

Viens Esprit de Jésus, donne-moi de lire cette Parole, de l’accueillir en mon cœur, qu’elle éclaire mes pas. 

Booz dit à Ruth : « Tu m’entends bien, n’est-ce pas, ma fille ?
Booz a pris ses informations sur Ruth, en demandant à son serviteur, il sait qui elle est. Il s’adresse maintenant directement à elle.
Tu m’entends bien : voilà qui invite à porter attention sur ce qui va suivre. Appel à l’écoute. IL ne s’agit pas que Ruth perde une seule des paroles de Booz.
Ma fille. Voici que Booz utilise le vocabulaire familial pour s’adresser à Ruth. Il sait qui elle est, il sait qu’elle est de sa famille, de par son lien avec Noémi. Ruth, elle, ne le sait pas. Que doit ressentir Ruth, qui se sait étrangère, en entendant cet Israélite l’appeler « ma fille ». D’une part c’est rassurant, elle aurait pu s’attendre à être rejetée des champs de Booz. Il faut la permission du propriétaire pour glaner (alors que la loi prévoyait initialement que le glanage était autorisé pour tout pauvre ou étranger). Et voilà que d’emblée, Booz affiche une grande humanité à l’égard de Ruth, une proximité. Voilà que d’emblée il la dit, la considère comme une fille !

Ne va pas glaner dans un autre champ.
Non seulement Booz accepte, confirme l’autorisation de glaner sur son champ, mais il invite à ne pas quitter ce champ.

 Ne t’éloigne pas de celui-ci, mais attache-toi aux pas de mes servantes.
IL invite Ruth à quasi intégrer le groupe de travailleuses qui sont sur ce champ. Elle peut s’attacher aux pas des servantes de Booz. Elle n’est plus seule, elle n’est plus l’étrangère qui se tient à distance. Comme Ruth s’était attachée aux pas de sa belle-mère Noémi (1,14), ainsi elle est maintenant invitée à s’attacher aux servantes de Booz, et par là même à Booz.

Regarde dans quel champ on moissonne, et suis-les.
Booz prévoit l’avenir : aujourd’hui on moissonne un champ, demain ce sera un autre. Booz propose à Ruth de suivre le mouvement de ses servantes. Si elles se dirigent vers un autre champ, Ruth doit les suivre. Ainsi il offre une sécurité à Ruth, il offre une possibilité de glaner au quotidien.

N’ai-je pas interdit aux serviteurs de te molester ?
La crainte d’une étrangère sur ces terres, face à des serviteurs qui pourraient être peu scrupuleux, serait d’être molestée. Booz prévient ce risque. Il a déjà donné des ordres à ses serviteurs, pour que Ruth soit respectée. Et plus encore :

Si tu as soif, va boire aux cruches ce que les serviteurs auront puisé. »
Voilà l’inversion par rapport aux coutumes. D’ordinaire, la femme puise l’eau que l’homme va boire. Et ici, Ruth, une femme, une étrangère, est invitée à boire l’eau qu’auront puisée les serviteurs !

Seigneur, béni sois-tu pour les êtres de bienveillance que tu places sur nos routes. Donne-nous foi en leur parole. Seigneur, béni sois-tu de nous confier les uns aux autres, apprends-nous la délicatesse du cœur, qui sans s’imposer, offre sa sollicitude à qui est dans le besoin.

mercredi 22 juin 2016

Depuis qu'elle est arrivée



Elle a dit : “Laisse-moi glaner et ramasser ce qui tombe des gerbes, derrière les moissonneurs.” Depuis qu’elle est arrivée, elle est restée debout, depuis ce matin jusqu’à maintenant. C’est à peine si elle s’est reposée. »
 (Ruth 2,7 ; Traduction liturgique )

Viens Esprit de Jésus, viens en nos cœurs
Viens illuminer nos vies par la clarté de la Parole
Viens éclairer nos pas.

Elle a dit : “Laisse-moi glaner et ramasser ce qui tombe des gerbes, derrière les moissonneurs.”
Ruth a demandé de pouvoir glaner, un droit qui était normalement acquis pour tout pauvre, tout étranger… et elle spécifie bien qu’elle sait ce que signifie glaner. Il s’agit de ramasser derrière les moissonneurs, ce qui serait tombé des gerbes. Il ne lui est pas permis de prendre les épis sur pied, de moissonner, mais seulement de ramasser ce qui a échappé aux moissonneurs.

Depuis qu’elle est arrivée, elle est restée debout, depuis ce matin jusqu’à maintenant. C’est à peine si elle s’est reposée. »
Le serviteur en présentant Ruth, non seulement dit qui elle est, il précise qu’elle a demandé à pouvoir glaner, et qu’elle travaille courageusement, sans s’arrêter, sans se reposer. Il vante les qualités de cette femme, de cette étrangère.

Seigneur, béni sois-tu pour les regards positifs qui reconnaissent en autrui sa valeur, sa beauté. Béni sois-tu pour la parole qui élève le regard.
Seigneur, fais-nous regarder les uns et les autres, comme tu les regardes.