mardi 2 septembre 2014

Le chancelier




Enfin le chancelier calma la foule et dit : " Éphésiens, quel homme au monde ignore que la ville d'Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ?
Cela étant donc sans conteste, il faut vous tenir tranquilles et ne rien faire d'inconsidéré. 

Ac 19, 35-36

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, que dans cette Parole nous puissions découvrir le visage de notre Dieu !

Les versets 33 et 34 que nous avons lus hier racontaient la tentative échouée d’Alexandre pour apaiser l’animosité de Démétrius et de ses comparses.
Les versets 35 et 36 que nous recevons aujourd’hui nous en rapportent une autre.

« Enfin le chancelier calma la foule et dit : " Éphésiens, quel homme au monde ignore que la ville d'Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ?… " »
Face à la foule qui scandait son cri « Grande est l'Artémis des Éphésiens ! », un homme s’interpose. Il est présenté par sa fonction, celle de « chancelier » ou de « secrétaire » (selon les traductions). Le terme grec est grammateus, que l’on pourrait aussi traduire par « scribe » : « sans être le premier magistrat de la cité, il était un personnage important, en particulier lors des séances de l’assemblée du peuple ».
Contrairement à Alexandre, dont l’intervention fut écrasée dans l’œuf, ce chancelier peut prendre la parole. Il s’adresse à la foule en termes enclins à séduire ses ambitions : « quel homme au monde ignore… ? ». C’est une captatio benevolentiae : la ville d’Ephèse, certes célèbre à l’époque, reçoit ici une dimension universelle et les Ephésiens sont gratifiés de la fonction de « gardiens du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ». Il ne pouvait pas répliquer d’une manière plus habile aux déclarations de Démétrios et des orfèvres. Il leur ôte ainsi tout motif de crainte.

Ces deux interventions que rapporte le narrateur des Actes posent la question du prestige humain. Aux versets 33-34, Alexandre est identifié par son nom, mais sans autre titre que celui de « juif ». Aux versets qui nous occupent, un anonyme présenté exclusivement par sa fonction est salué d’écoute et de reconnaissance.
Il en va de même aujourd’hui. Notre monde confère une grande importance aux titres et aux fonctions. Ce sont eux qui confèrent valeur, célébrité et succès. Mais il existe une autre logique : chaque être humain y aurait sa valeur propre et sa dignité ; l’Esprit-Saint inspirerait à tout homme de bonne volonté des paroles justes.
La logique de Dieu n’est pas celle de notre monde : pour lui, chaque être humain est unique, lui qui reçoit de Dieu « un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » (Ap 2, 17).

« Cela étant donc sans conteste, il faut vous tenir tranquilles et ne rien faire d'inconsidéré »
Forte de cette double assertion, la parole du chancelier se fait exhortative pour retrouver le calme et dissiper la foule.


Seigneur, tout homme a du prix à tes yeux.
Envoie ton Esprit pour que nous puissions découvrir que tout être humain a un nom unique, une valeur unique et un rôle unique à jouer en notre monde !
Envoie ton Esprit pour que chacun trouve sa place et laisse aux autres l’espace où il pourra grandir et faire progresser notre monde, selon ton rêve !

Sr Marie-Jean

lundi 1 septembre 2014

tous se mirent à crier



Des gens de la foule persuadèrent Alexandre, que les Juifs poussaient en avant. Alexandre, ayant fait signe de la main, voulait s'expliquer devant le peuple.
Mais quand on eut reconnu que c'était un Juif, tous se mirent à crier d'une seule voix, pendant près de deux heures : " Grande est l'Artémis des Éphésiens ! "

Actes 19, 33-34

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, que ta Parole nourrisse notre foi, suscite notre Espérance et augmente la charité qui nous lie à nos frères et sœurs !

« Des gens de la foule persuadèrent Alexandre, que les Juifs poussaient en avant. Alexandre, ayant fait signe de la main, voulait s'expliquer devant le peuple »
Face à une assemblée en confusion, il convient de trouver une issue, un moyen d’apaiser les esprits.
Parmi cette foule compacte, une délégation se forme, parmi les Juifs. Une première proposition d’accalmie est à l’initiative des Juifs, qui envoient un des leurs, Alexandre. Il est difficile de préciser le but de l’intervention de cet Alexandre : a-t-il le projet de « présenter la défense de Paul, ou bien plutôt celle des Juifs qui désirent se distinguer des chrétiens auxquels ils risquent d’être indûment assimilés, et peut-être obtenir la condamnation par les païens de Paul et ses compagnons ? ». Difficile à dire, mais son nom grec (Alexandros) pourrait effectivement lui octroyer un rôle de médiateur pour pacifier la querelle entre Juifs et Grecs.

« Mais quand on eut reconnu que c'était un Juif, tous se mirent à crier d'une seule voix, pendant près de deux heures : " Grande est l'Artémis des Éphésiens ! " »
Dans une foule compacte, les individus perdent leur personnalité : ils n’oseraient pas s’opposer à la majorité et se contentent de suivre, dans un mimétisme sans discernement. Tel est le résultat qu’ils obtinrent. En effet, au dévoilement de l’identité juive de cet Alexandre, l’unanimité advient, non pour une explicitation pacifique ou un dialogue, mais pour un cri unanime, déjà proféré ci-dessus (v. 28) et maintenu présentement durant deux heures : « Grande est l'Artémis des Éphésiens ! ».


Seigneur, nous savons bien qu’unanimité ne rime pas toujours avec vérité.
Une foule peut aisément se fourvoyer et tromper ceux qui la rallient.
Envoie ton Esprit, Seigneur, pour que nous puissions discerner ce qui est juste, vrai et conforme à ton Evangile !
Qu’éclairés par ton Esprit, nous ne nous laissions pas entraîner par la majorité loin du chemin qui mène à toi !

sr Marie-Jean

dimanche 31 août 2014

La plupart ne savaient pas

 Les uns criaient une chose, les autres une autre. L’assemblée était en effet pleine de confusion. La plupart ne savaient pas à cause de quoi ils étaient rassemblés.
Actes 19, 32

Viens Esprit de Jésus, guide-nous sur ton chemin
Viens Esprit de Jésus, forme-nous à la vie droite qui te plaît.
Viens Esprit de Jésus, clarifie nos pensées, nos actes.  

Les uns criaient une chose, les autres une autre. L’assemblée était en effet pleine de confusion.
On aurait pu titrer ce passage des Actes : petit traité sur l’art de fomenter une émeute. Les premiers ont été rassemblés par Démétrios, leur métier était lié au culte d’Artémis, et donc en péril si on annonçait qu’Artémis n’était qu’une idole, et que le vrai Dieu était autre. Les suivants les ont rejoint lorsqu’ils ont entendu leur cri s’élever… les badauds sont arrivés en nombre, le groupe est devenu imposant, ils se sont rassemblés au lieu qui permettait à une foule de se retrouver : le théâtre. Peu sont informés sur ce qu’il se passe. Ils suivent, curieux de savoir ce qu’il se passe, d’autres sans savoir s’échauffent déjà… On imagine aisément la scène.

 La plupart ne savaient pas à cause de quoi ils étaient rassemblés.
Petite pointe d’ironie. Que l’on vérifie encore régulièrement aujourd’hui lors de grandes manifestations. Les journalistes lorsqu’ils interrogent les participants d’une manifestation ont parfois du mal à trouver quelqu’un qui sait expliquer exactement de quoi il retourne. Les cris entraînent… sans pour autant que l’intelligence se mette nécessairement en route.


Seigneur, apprends-moi à discerner en tout temps ta voix, au milieu des évènements de ce monde, au milieu du quotidien. Seigneur, que ton Esprit m’habite et me conduise à toi, sur le chemin de la justice et de la paix. 

samedi 30 août 2014

Confusion

 Et la ville fut pleine de confusion. Les gens s’élancèrent tous ensemble vers le théâtre. Ils s’étaient emparés des Macédoniens Gaïus et Aristarque, compagnons de Paul. Paul voulait se rendre dans la foule, mais les disciples ne le laissèrent pas faire. Et certains dirigeants de la province, de ses amis, lui déconseillèrent de s’aventurer au théâtre.
Actes 19, 29-31

Viens Esprit de Jésus, enseigne-nous le chemin de la vie
Viens Esprit de Jésus, partage-nous la Parole comme le pain pour la route.

Et la ville fut pleine de confusion.
Les artisans rassemblés par Démétrios ont lancé le mouvement, leur cri « Grande est Artémis des Éphésiens » a ameuté la foule, l’a excitée. Et c’est bien vite fait de soulever une foule, dont probablement peu de personnes savent exactement de quoi il s’agit. Et la confusion s’installe.

 Les gens s’élancèrent tous ensemble vers le théâtre.
Le théâtre dans une ville grecque est un lieu spacieux qui permet les grands rassemblements.

 Ils s’étaient emparés des Macédoniens Gaïus et Aristarque, compagnons de Paul.
Il sera encore question d’un certain Gaïus et d’un Aristarque au verset 20,4 parmi un groupe de compagnons de Paul. Dans ses lettres, nous trouvons deux mentions d’Aristarque (Col 4,12 ; Phm 24). Ainsi Paul a souci de s’entourer de compagnons pour toutes ses missions. Et de susciter la mission dans toutes les communautés qu’il fonde ou visite. Ainsi, il tisse un réseau de relations entre les diverses communautés.

Paul voulait se rendre dans la foule, mais les disciples ne le laissèrent pas faire.
Paul est plutôt dans la catégorie de personnes qui foncent, mais il écoute aussi ceux qui l’entourent. Ceux-ci peuvent le retenir de foncer dans la mêlée. Une foule échauffée n’est pas un auditoire propice à l’évangélisation, mais plutôt à la manipulation par un quelconque gourou entraîneur de foules. La bonne Nouvelle de Jésus, son salut, se proposent, ne s’imposent pas.

Et certains dirigeants de la province, de ses amis, lui déconseillèrent de s’aventurer au théâtre.
Non seulement les chrétiens, disciples de Jésus interviennent pour que Paul ne fonce pas dans cette foule échauffée, mais des dirigeants de la province. Ainsi au sein des gouvernants du coin, Paul s’est fait des alliés, des amis.

Seigneur, béni sois-tu pour la communauté qui protège ses membres, qui aide au discernement de ce qu’il convient de faire,… Seigneur, béni sois-tu pour la communauté que l’annonce de ton Evangile crée. Seigneur, rends-nous toujours davantage soucieux les uns des autres. Et que ton Esprit nous inspire les gestes à accomplir, les retenues à avoir, au gré des circonstances.


vendredi 29 août 2014

le discrédit non seulement pour notre profession

 Cela risque de jeter le discrédit non seulement sur notre profession, mais le temple de la grande déesse Artémis risque d’être compté pour rien et d’être dépouillé de la grandeur de celle qu’adorent l’Asie et le monde entier. Ayant entendu, ils furent remplis de colère, ils criaient disant : Grande est l’Artémis des Ephésiens !
Actes 19, 27-28

Viens Esprit de Jésus, purifie nos cœurs et nos esprits.
Viens Esprit de Jésus, enseigne-nous la vraie foi  

Cela risque de jeter le discrédit non seulement sur notre profession,
Démétrios est très habile en son discours. Il émeut sa corporation. Il présente combien ils sont mis en danger par le discours de Paul. Mais ne s’arrête pas là. IL risquerait de s’entendre dire qu’il cherche simplement à sauver ses intérêts.

 mais le temple de la grande déesse Artémis risque d’être compté pour rien et d’être dépouillé de la grandeur de celle qu’adorent l’Asie et le monde entier.
Démétrios montre que le discours de Paul non seulement les met en péril, mais s’en prend directement à la déesse Artémis, au temple d’Artémis qui fait la gloire d’Ephèse. Et il amplifie en même temps le culte rendu à Artémis. A l’écouter on croirait qu’elle est adorée dans toute l’Asie, et dans le monde entier ! On n’a guère peine à réaliser qu’il est dans l’exagération totale.

 Ayant entendu, ils furent remplis de colère, ils criaient disant : Grande est l’Artémis des Ephésiens !
L’effet désiré par Démétrios ne se fait pas attendre. Les artisans qui vivent de ce commerce autour du culte d’Artémis, sont en colère et se mettent à protester en scandant la grandeur d’Artémis. Voilà un petit passage des Actes que l’on pourrait qualifier de petit traité pour manipuler les personnes. On part de la peur de perdre son emploi, on la surenchérit de la peur de voir son dieu atteint, la gloire de la cité… et voilà le groupe qui s’échauffe de colère, il est prêt à agir !


Seigneur, donne-nous un langage clair, simple, sans arrière-pensée. Seigneur, donne-nous une foi pure, attachée à toi par l’amour, non à la recherche d’un quelconque profit.