lundi 30 mai 2016

Je crois à la parole de Dieu

Tb 14
3 Sur le point de mourir, il appela son fils Tobias et lui donna les instructions que voici : « Mon enfant, emmène tes enfants, 4 pars vite en Médie ; car je crois à la parole de Dieu proférée par Nahoum contre Ninive : tout se réalisera et s’abattra sur Assour et Ninive ; tout ce qu’ont dit les prophètes d’Israël, que Dieu a envoyés, tout cela arrivera. Rien ne sera retranché de toutes leurs paroles, toutes se produiront en leur temps. En Médie, on sera plus en sécurité qu’en Assyrie et à Babylone. Car je sais et je crois que tout ce que Dieu a dit s’accomplira et se réalisera : il ne tombera pas une parole des prophéties. Nos frères qui habitent en terre d’Israël seront tous recensés et déportés loin de cette terre heureuse. Toute la terre d’Israël sera déserte, Samarie et Jérusalem seront désertes et la Maison de Dieu sera désolée et brûlée pour un temps.
  
Viens Esprit Saint, donne-nous de croire en la Parole, celle apportée par le Verbe, celle qui nous éclaire chaque jour.

Sur le point de mourir, il appela son fils Tobias et lui donna les instructions que voici : eh oui, nous en étions arrivés à la mort et aux funérailles de Tobit, mais on rembobine un peu afin de permettre un ultime discours de Tobit, un dernier « testament », à nouveau à la fois prophétique et éthique.

Mon enfant, emmène tes enfants, pars vite en Médie : mais il commence par du très concret, une injonction pratique : partir. A l’orée de sa mort, Tobit parle toujours avec la même tendresse, Tobias est toujours appelé « son enfant » ; et cette fois apparaissent les enfants de Tobias. Nous apprenons ainsi la réalisation des vœux de Tobit et nous comprenons qu’il a vraiment été comblé par son Dieu.

car je crois à la parole de Dieu proférée par Nahoum contre Ninive tout se réalisera et s’abattra sur Assour et Ninive ; tout ce qu’ont dit les prophètes d’Israël, que Dieu a envoyés, tout cela arrivera. Rien ne sera retranché de toutes leurs paroles, toutes se produiront en leur temps : pour l’auteur, juif pieux d’après l’exil, la méditation des oracles du passé est importante : nous l’avons déjà vu (ainsi Amos en 2,6). Le prophète Nahoum décrit en effet, dans les chapitres 2 et 3 de son petit livre, la chute de Ninive avec force et images.
  
En Médie, on sera plus en sécurité qu’en Assyrie et à Babylone : Tobit envoie ainsi son fils vers Ragouël et Edna…

Car je sais et je crois que tout ce que Dieu a dit s’accomplira et se réalisera : il ne tombera pas une parole des prophéties. Nos frères qui habitent en terre d’Israël seront tous recensés et déportés loin de cette terre heureuse. Toute la terre d’Israël sera déserte, Samarie et Jérusalem seront désertes et la Maison de Dieu sera désolée et brûlée pour un temps : Tobit a été lui-même déporté lors de la prise de Samarie. Il vit à Ninive, en Assyrie, et l’Assyrie est (ou sera) elle-même menacée par Babylone : Tobit annonce la chute d’Assour et de Ninive. Mais « Babylone » ira plus loin, jusqu’en terre d’Israël, les habitants de Jérusalem seront alors déportés à Babylone et le Temple sera détruit.

Seigneur Dieu, donne-nous de croire nous aussi à l’accomplissement de ta parole, car ta parole est efficace et elle réalise tout ce qu’elle affirme. Qu’elle soit vivante en nous pour que nous accomplissions notre tâche à la réalisation de ton Royaume.


dimanche 29 mai 2016

En paix

Tb 14
1 Ainsi s’achevèrent les paroles d’action de grâce de Tobit.
2 Tobit mourut en paix à l’âge de cent douze ans et il fut enterré avec magnificence à Ninive. Il avait soixante-deux ans quand il perdit la vue ; après l’avoir recouvrée, il vécut dans l’abondance et fit l’aumône, en continuant toujours de bénir Dieu et de célébrer sa grandeur.


Viens Esprit Saint, fais que la parole de ce jour rejoigne nos existences, qu’elle les éclaire et les conduise.


 Ainsi s’achevèrent les paroles d’action de grâce de Tobit.
Tobit mourut en paix à l’âge de cent douze ans et il fut enterré avec magnificence à Ninive. Il avait soixante-deux ans quand il perdit la vue : « enterre-moi comme il convient » avait-il demandé à son fils dans le fameux « testament » du chapitre 4 (v.3) ; mais c’est « avec magnificence » qu’il sera enterré, et cela sera même répété au verset 11. Lui qui a tant risqué précisément pour donner une sépulture aux morts, le voilà qui est honoré, vraiment reconnu comme Juste. Les dates sont bien sûr symboliques et le texte court en donne d’ailleurs d’autres. Un des buts étant, semble-t-il, d’insister sur la période après la guérison : 50 ans pour notre version, 100 ans pour le texte court.

après l’avoir recouvrée, il vécut dans l’abondance et fit l’aumône, en continuant toujours de bénir Dieu et de célébrer sa grandeur : en effet, nous est-il précisé, c’est cette période où il vécut dans l’abondance – vue comme une récompense – sans oublier de continuer à faire l’aumône et de toujours bénir et célébrer Dieu. Puis il mourut dans la paix.

Seigneur Jésus, accorde-nous d’accueillir cette paix que tu nous apportes, fais que ta paix règne entre nous, qu’elle soit « avec nous ».


vendredi 27 mai 2016

Les maisons chanteront

Tb 13
16 Heureux tous ceux qui s’affligeront sur toi,
à cause de tous tes châtiments !
car en toi ils se réjouiront et ils verront toute ta joie à jamais.
Oui, je bénis le Seigneur, le grand Roi,
17 parce qu’on reconstruira Jérusalem
et, dans la ville, sa Maison pour tous les siècles.
Heureux serai-je, si le reste de ma race
voit ta gloire et célèbre le Roi du ciel.
Les portes de Jérusalem seront bâties en saphir et en émeraude ;
en pierres précieuses seront tous tes murs.
Les tours de Jérusalem seront bâties en or,
et leurs défenses en or pur.
Les rues de Jérusalem seront pavées d’escarboucles et de pierres d’Ofir.
18 Les portes de Jérusalem chanteront des hymnes d’allégresse
et toutes ses maisons chanteront :
“Alléluia ! béni soit le Dieu d’Israël !”
Et les élus béniront le saint nom à tout jamais. »


Viens Esprit Saint, viens Esprit de louange, fais que tout être et toute chose puisse chanter la gloire de notre Dieu.


Heureux tous ceux qui s’affligeront sur toi, à cause de tous tes châtiments ! Car en toi ils se réjouiront et ils verront toute ta joie à jamais : Tobit termine ce « cantique », qui occupe tout le chapitre, par une description enthousiaste, et qui se veut prophétique, à propos du devenir de Jérusalem, la cité sainte.

Oui, je bénis le Seigneur, le grand Roi, parce qu’on reconstruira Jérusalem et, dans la ville, sa Maison pour tous les siècles : il « voit » Jérusalem reconstruite, le Temple rebâti et consacré à nouveau au culte, et déjà il en bénit son Dieu, le « grand Roi ».

Heureux serai-je, si le reste de ma race voit ta gloire et célèbre le Roi du ciel : cette vision, cet espoir est la dernière condition du bonheur de Tobit, la plénitude attendue.

Les portes de Jérusalem seront bâties en saphir et en émeraude ; en pierres précieuses seront tous tes murs.
Les tours de Jérusalem seront bâties en or, et leurs défenses en or pur. Les rues de Jérusalem seront pavées d’escarboucles et de pierres d’Ofir : pierres précieuses, or, or pur… impossible d’aller plus loin, c’est de l’extravagance qui traduit si bien la jubilation de Tobit en pensant à la renaissance de Jérusalem.

Les portes de Jérusalem chanteront des hymnes d’allégresse et toutes ses maisons chanteront : “Alléluia ! béni soit le Dieu d’Israël !” Et les élus béniront le saint nom à tout jamais : et voilà que chantent les portes de la ville et ses maisons : personnification de cette ville dont ils ont été arrachés, de cette cité si désirée. Tobit associe totalement  l’intervention de Dieu dans sa propre vie et la libération du peuple, son retour sur sa terre d’élection. Ainsi peut-il témoigner de la sollicitude du « Roi du ciel », que celle-ci s’applique à sa famille ou à son peuple, et lui en rendre gloire.


Seigneur Jésus, emplis nos cœurs de confiance et d’espérance, donne-nous de reconnaître nous aussi les signes de ta bonté. Donne-nous de discerner la construction du Royaume, d’œuvrer avec toi à sa réalisation. Alors nous pourrons chanter tous ensemble pour ta gloire.

jeudi 26 mai 2016

Ils seront tous rassemblés

Tb 13
13 Une vive lumière brillera jusqu’aux confins de la terre.
Des nations lointaines en grand nombre
et des habitants de toutes les extrémités de la terre
viendront vers ton saint nom,
les mains pleines d’offrandes pour le Roi du ciel.
Des générations de générations te donneront de l’allégresse,
et le nom de l’Elue restera pour les générations à venir.
14 Maudits soient tous ceux qui te parleront durement !
Maudits soient tous ceux qui te détruiront et renverseront tes murs,
tous ceux qui abattront tes tours et brûleront tes maisons !
Mais bénis soient à jamais tous ceux qui te craindront !
15 Va, exulte à cause des fils des justes,
car ils seront tous rassemblés et ils béniront le Seigneur des siècles.
Heureux ceux qui t’aiment !
Heureux ceux qui se réjouiront de ta paix !


Viens Esprit Saint, que cette parole nous réconforte, qu’elle soutienne notre espérance.

Une vive lumière brillera jusqu’aux confins de la terre : le discours de Tobit s’élargit encore : d’une histoire familiale, il est passé au sort de son peuple, et maintenant c’est le monde entier qui en est l’objet. D’un cantique de louange, il passe en même temps au ton prophétique. On retrouve ici les résonances d’Esaïe (chap 49) quand il s’adresse au « reste d’Israël » destiné à être « la lumière des nations ».

Des nations lointaines en grand nombre et des habitants de toutes les extrémités de la terre viendront vers ton saint nom, les mains pleines d’offrandes pour le Roi du ciel : l’auteur du livre de Tobit se laisse toujours inspirer par Esaïe (60,3 : Les nations vont marcher vers ta lumière). Le « Roi du ciel » est une expression reprise par trois fois dans ce chapitre alors qu’elle est peu usitée par ailleurs. Le Dieu de Tobit est ainsi désigné comme le « Roi du ciel », en rapport avec tous les habitants « de la terre ».

Des générations de générations te donneront de l’allégresse, et le nom de l’Elue restera pour les générations à venir : Jérusalem est présentée avec insistance comme « l’élue », la cité qui sera le lieu de réconciliation de tous les peuples de la terre, et cela pour les siècles.

Maudits soient tous ceux qui te parleront durement ! Maudits soient tous ceux qui te détruiront et renverseront tes murs, tous ceux qui abattront tes tours et brûleront tes maisons ! Mais bénis soient à jamais tous ceux qui te craindront : pour appuyer ses affirmations, l’auteur exprime malédictions et bénédictions…

Va, exulte à cause des fils des justes, car ils seront tous rassemblés et ils béniront le Seigneur des siècles. Heureux ceux qui t’aiment ! Heureux ceux qui se réjouiront de ta paix : ainsi s’expriment les désirs les plus profonds : être rassemblés, être aimés, vivre dans la paix et la joie… ce qui est promis à tous les « Justes » qui vivent selon la Loi. Tobit déploie ainsi son action de grâce en vision universelle.

Seigneur Dieu, ton projet de salut s’étend à tous les hommes, élargis notre cœur, étends notre vision à tous les habitants de la terre, à tous ceux qui cherchent la lumière.


mercredi 25 mai 2016

Qu’il réjouisse tous les déportés

Tb 13
9 J’exalte mon Dieu
et j’exulte de joie dans le Roi du ciel.
10 Que tous proclament sa grandeur
et le célèbrent dans Jérusalem !
Jérusalem, ville sainte,
Dieu te châtie à cause des œuvres de tes fils,
mais de nouveau il prendra pitié des fils des justes.
11 Célèbre le Seigneur avec éclat
et bénis le Roi des siècles
pour que sa Tente soit reconstruite en toi dans la joie.
12 Qu’il réjouisse en toi tous les déportés,
qu’il aime en toi tous les malheureux
pour toutes les générations à venir.


Viens Esprit Saint, viens parler au cœur de tous ceux qui sont à l’écoute de ta parole.


J’exalte mon Dieu et j’exulte de joie dans le Roi du ciel : Tobit poursuit sa louange avec des termes de plus en plus fort, évocateurs. Il dit le tréfonds de son être, là où il exulte de joie.

 Que tous proclament sa grandeur et le célèbrent dans Jérusalem : sans cesse le texte repasse au plus général, encourageant chacun à célébrer Dieu à l’exemple de Tobit. Est amenée aussi l’idée de Jérusalem.

Jérusalem, ville sainte, Dieu te châtie à cause des œuvres de tes fils, mais de nouveau il prendra pitié des fils des justes : et c’est maintenant à la ville même qu’il s’adresse, ville symbole qui reste dans la pensée des juifs exilés. Le livre de Tobit, nous l’avons vu, s’adresse aux juifs de la diaspora, après le retour possible d’exil : mais eux ont fait le choix de demeurer sur ce qui fut leur terre d’exil. Même – et surtout – si leur volonté est de ne pas rentrer à Jérusalem, ils importent qu’ils en gardent la mémoire, l’attachement.

Célèbre le Seigneur avec éclat et bénis le Roi des siècles pour que sa Tente soit reconstruite en toi dans la joie : loin de Jérusalem, ils vivent la nostalgie du culte célébré au Temple (la Tente), ils doivent y aspirer, l’espérer.

Qu’il réjouisse en toi tous les déportés, qu’il aime en toi tous les malheureux pour toutes les générations à venir : ils espèrent aussi qu’un jour la cité sainte rassemblera tous les hommes, tous les déportés comme eux le sont (ou l’étaient, pour les lecteurs), tous les malheureux. Jérusalem devient ainsi le lieu du salut dans le rassemblement des nations. Le propos s’élargit de plus en plus, il s’élargit à d’autres hommes, à d’autres peuples, mais aussi aux générations futures.


Seigneur Dieu, c’est toi qui réjouis les malheureux et tous les hommes, c’est de toi que vient la vraie joie, celle que personne ne peut ravir. En toi, nous exultons de joie et nous te bénissons.