jeudi 3 septembre 2015

La loi, les Prophètes et les livres



LA LOI, les Prophètes et les livres qui leur font suite nous ont transmis de nombreuses et grandes leçons, et il faut, à ce sujet, louer Israël pour son enseignement et sa sagesse. Or, il ne suffit pas d’acquérir le savoir par la lecture ;  il faut encore, une fois gagné par la passion d’apprendre, se rendre utile aux autres tant par la parole que par l’écrit. Aussi, mon grand-père Jésus, après s’être adonné sans réserve à la lecture de la Loi, des Prophètes et des autres livres de nos Pères, et avoir acquis en ce domaine une grande compétence, a-t-il été amené à écrire lui-même sur l’enseignement et la sagesse. De la sorte, ceux qui ont la passion d’apprendre s’y appliqueront à leur tour et progresseront plus encore dans la vie selon la Loi. (traduction liturgique de la Bible )
Ben Sira, Prologue 1-14

Viens Esprit de Jésus, enseigne-moi les chemins de l’Evangile
Viens Esprit de Jésus, ouvre pour moi le livre, que je marche selon la Parole.

LA LOI, les Prophètes et les livres qui leur font suite nous ont transmis de nombreuses et grandes leçons,
C’est une première trace de la division tripartite du Premier Testament : la loi, les prophètes, et les livres qui font suite. Le traducteur qui écrit ce prologue, le fait, pense les critiques, dans le fin du deuxième siècle avant Jésus-Christ. Ainsi cette division est ancienne. Le livre que nous ouvrons aujourd’hui a été rangé dans cette dernière partie : les écrits. Tous ces livres transmettent nombreuses et grandes leçons. L’Eglise ancienne l’a beaucoup utilisé pour la catéchèse, ce qui expliquerait qu’il est parfois nommé l’Ecclésiastique.

 et il faut, à ce sujet, louer Israël pour son enseignement et sa sagesse.
Reconnaître à ces textes anciens toute leur valeur, leur enseignement, pour se mettre à leur école, et leur donner de porter fruit jusqu’aujourd’hui. IL nous faut pour cela demander au Seigneur la grâce d’un cœur qui écoute, et faire œuvre de lectio.

Or, il ne suffit pas d’acquérir le savoir par la lecture ;  il faut encore, une fois gagné par la passion d’apprendre, se rendre utile aux autres tant par la parole que par l’écrit.
Le traducteur nous fait ici part de son souci de transmission. Nous ne pouvons nous contenter de lire la Parole pour nous-mêmes. Il s’agit aussi de la transmettre, par la parole, par l’écrit, par la lettre écrite que peut être notre vie.

Aussi, mon grand-père Jésus, après s’être adonné sans réserve à la lecture de la Loi, des Prophètes et des autres livres de nos Pères, et avoir acquis en ce domaine une grande compétence, a-t-il été amené à écrire lui-même sur l’enseignement et la sagesse.
Dans ce désir de servir, de transmettre, le traducteur voit la raison de l’activité de son grand-père. Il se prénomme Jésus, c'est-à-dire « Dieu sauve », un prénom juif qui était courant à cette époque. Cet homme a dû écrire entre 200 et 175 avant Jésus Christ. Il s’est d’abord mis longuement à  l’école de la Bible, telle qu’elle existait alors : le premier testament alors en ébauche, formé de ses trois parties. Il se situe ainsi à l’école de ses Pères. La tradition vivante est ici bien formulée, il ne transmet pas seulement les textes tels qu’il les a reçus, il écrit lui-même un nouveau texte, formé en son cœur, à partir de l’enseignement reçu. La tradition passe par le cœur de celui qui transmet, et celui-ci colore la tradition de l’intelligence qu’il en a reçue, de la pratique de ce qu’il a vécu, grâce à la tradition reçue. St Grégoire le grand, pape (dont c'est la fête aujourd'hui), écrira que l’Ecriture grandit avec celui qui la lit.  

De la sorte, ceux qui ont la passion d’apprendre s’y appliqueront à leur tour et progresseront plus encore dans la vie selon la Loi.
IL n’est de vrai apprentissage qui ne débouche sur un progrès de vie. La Bible nous est offerte comme un enseignement de vie, comme un chemin de vie. Elle n’est point un condensé de savoir destiné uniquement à accumuler des connaissances. Elle touche nos vies, et les transforme, si seulement nous nous livrons à elle.

Seigneur, ouvre mon cœur à ta Parole de lumière.
Seigneur, viens lire en moi ta Parole, et donne-moi d’en vivre.
Seigneur, que ma vie devienne témoin de ta Parole pour ceux et celles que je rencontre.

mardi 1 septembre 2015

Croissez dans la grâce et la connaissance



Vous donc, bien-aimés, étant prévenus, soyez sur vos gardes, que vous ne soyez pas entraînés par les impies qui s’égarent et ne vous laissiez pas arracher à votre fermeté. Croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. A lui la gloire dès maintenant et jusqu’au jour de l’éternité. Amen.
2 Pierre 3, 17-18

Viens Esprit de Jésus, fais-nous comprendre les Ecritures.
Viens Esprit de Jésus, pénètre nos cœurs de ta vie, de ton amour.

Vous donc, bien-aimés, étant prévenus, soyez sur vos gardes,
Pierre s’adresse une dernière fois à la communauté pour terminer sa lettre, il l’exhorte une dernière fois. Il les a avertis du danger de séduction de certains faux docteurs, qui enseignent des doctrines qui ne respectent pas l’Evangile de Dieu. Il les a avertis que le retard de la Parousie, par rapport aux attentes des chrétiens, est « normal », que le temps pour Dieu est autre que le temps de l’homme, que ce retard est « grâce » de Dieu, « patience » de Dieu, qui espère notre conversion. Aussi en ce temps, les croyants sont invités à la vigilance.

que vous ne soyez pas entraînés par les impies qui s’égarent et ne vous laissiez pas arracher à votre fermeté.
Où est notre fermeté, notre assurance ? elle est en Jésus, le roc de notre foi. C’est lui qui est le critère de discernement de toute pensée. Toute doctrine qui ne respecterait pas l’Evangile du Christ est à rejeter. Les disciples sont invités à demeurer fermement attachés à l’enseignement reçu.

Croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. A lui la gloire dès maintenant et jusqu’au jour de l’éternité. Amen.
Mais cet enseignement n’a rien d’un fondamentalisme, d’une attache littérale à des faits et gestes. Cet enseignement est appelé à soutenir une croissance du croyant, une croissance en connaissance et en grâce. Le chrétien en ce monde est appelé à grandir dans la foi, et cette foi va l’entraîner à une qualité de vie. C’est au Christ que l’apôtre veut attacher les chrétiens, non à lui-même, c’est vers lui que s’élève sa louange finale.

Seigneur, par la méditation quotidienne de l’Ecriture, fais nous grandir dans la connaissance de Jésus. Et que notre vie lui rende gloire.

lundi 31 août 2015

notre bien-aimé et frère Paul



C’est aussi ce que notre bien-aimé et frère, Paul, vous a écrit selon la sagesse qui lui a été donnée, comme aussi dans toutes les lettres parlant de ce sujet, dans lesquelles se trouvent certaines choses difficiles à comprendre, que les gens sans instruction et instables, tordent, pour leur perdition, comme ils le font des autres Ecritures.
2 Pierre 3, 15b-16

Viens Esprit de Jésus, apprends-moi à lire les Ecritures.
Viens Esprit de Jésus, garde-moi dans la fidélité à l’Evangile.

C’est aussi ce que notre bien-aimé et frère, Paul, vous a écrit selon la sagesse qui lui a été donnée,
Ce passage donne l’impression que les contradicteurs de Pierre, se réclament de Paul pour dériver. Pierre leur dit : « non, c’est bien du même enseignement qu’il s’agit ». Se réclamer de Paul pour s’autoriser à une liberté qui n’est qu’esclavage de son ego, n’est pas correct. Pierre souligne ici le lien qui l’unit à Paul, frère et bien-aimé. Même si les Actes peuvent attester qu’il y a eu des différents entre eux, ils attestent aussi clairement qu’ils sont restés unis à la communauté, qu’ils ont refusé de diviser l’Eglise. Pierre reconnait la sagesse dont Paul est porteur, sagesse qui est un don de Dieu.

comme aussi dans toutes les lettres parlant de ce sujet, dans lesquelles se trouvent certaines choses difficiles à comprendre,
Pierre fait référence ici à un ensemble de lettres qui serait déjà constitué. Nous sommes en la période où peu à peu, viennent s’ajouter à la Bible de la communauté juive, le Premier Testament, de nouveaux écrits, qui formeront le nouveau Testament. Ces lettres de Paul circulaient entre les différentes communautés et une autorité leur était reconnue. Pierre ne cache pas qu’elles n’étaient pas toujours faciles à lire, à comprendre.

que les gens sans instruction et instables, tordent, pour leur perdition, comme ils le font des autres Ecritures.
Le risque face aux Ecritures, est d’y chercher ce que l’on veut y trouver, en lieu de place de se mettre à l’écoute, et d’accueillir ce qui y est réellement dit. Pierre accuse ses détracteurs de tordre le sens des écrits de Paul, pour se mettre en opposition à la communauté chrétienne. Les Ecritures se lisent en communauté, dans l’Esprit qui a présidé à leur rédaction. Toute interprétation au gré de nos caprices, n’est pas autorisée. Il s’agit de lire les textes d’abord avec l’éclairage du reste de la Bible, et ensuite avec l’éclairage de la communauté chrétienne.

Seigneur, je te rends grâce pour tous ceux et celles qui m’aident à lire ta Parole. Je te rends grâce pour les écrits des apôtres qui au fil des ans ont été lu, transmis, et sont parvenus jusqu’à nous. Seigneur, donne-nous ton Esprit pour lire ta Parole, toujours.

dimanche 30 août 2015

la longue patience de Dieu, notre salut



C’est pourquoi, bien-aimés, attendant cela, efforcez-vous d’être trouvés par lui dans la paix, sans tache et sans reproche. Et considérez la longue patience de notre Seigneur comme le salut.
2 Pierre 3, 14-15a

Viens Esprit de Jésus, viens nous guider sur le chemin de l’Evangile.
Viens Esprit de Jésus, établis-nous dans la paix de la justice du Seigneur, de sa bonté, de son amour.

C’est pourquoi, bien-aimés, attendant cela,
Une attente vraie, une attente pleine de ferveur, comme celle que la liturgie veut raviver en nos cœurs, lorsqu’elle célèbre l’Avent chaque année, est une attente active. Une attente, où le désir tourne le regard vers l’avenir qui vient, et nous pousse à marcher à sa rencontre.

efforcez-vous d’être trouvés par lui dans la paix, sans tache et sans reproche.
L’attente est donc loin d’être un temps passif. C’est un temps d’effort, de travail sur soi, de conversion, pour que le Seigneur, nous trouve vivant selon son Evangile. Préparer ces cieux nouveaux, cette terre nouvelle que Dieu nous promet, c’est travailler à accueillir sa justice en toute notre vie, à accueillir sa paix en notre vie, à mener une vie fidèle aux appels du Seigneur. Tout un labeur qu’il ne s’agit pas d’accomplir à force de poignet, mais avec la grâce du Seigneur qui nous est donnée.

Et considérez la longue patience de notre Seigneur comme le salut.
Ainsi les délais, ce qui pourrait nous paraître retard du Seigneur dans l’accomplissement de ses promesses devient offre de sa patience, pour nous préparer à accueillir pleinement son salut. Il guette nos mains ouvertes, notre cœur ouvert. Il fait du temps, un chemin pour nous donner de grandir. Plutôt que condamner, il nous donne le temps de la conversion.

Seigneur, donne-moi de vivre ce jour, comme un temps de grâce que tu me donnes, pour marcher vers toi.

samedi 29 août 2015

Vous qui hâtez la venue du jour de Dieu



Vous qui attendez et hâtez la venue du jour de Dieu où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront. Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle, où la justice habite.
2 Pierre 3, 12-13

Viens Esprit de Jésus, renouvelle nous en ton amour.
Viens Esprit de Jésus, que l’espérance de ton salut, nous donne de vivre ce jour en collaborateur de ta venue.

Vous qui attendez et hâtez la venue du jour de Dieu
Peu de versets sont aussi explicites sur la responsabilité qui nous est confiée. Les croyants attendaient la venue du Seigneur en gloire, ils le trouvaient en retard, Pierre leur répond : premièrement Dieu vous donne le temps pour que tous soient sauvés, il patiente par grâce. Deuxièmement, c’est par votre vie, que sera ou non hâtée la venue du jour de Dieu. Dieu, le tout Autre, qui s’inscrit hors de notre temps et de notre espace, qui par Jésus est venu en notre temps et notre espace, ne s’y inscrira à nouveau que par notre hâte, par notre vie qui a la possibilité de hâter ou non sa venue.

où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront.
Ce jour de sa venue sera un jour de nouveauté, tout ce qui ne peut que vieillir passera, disparaîtra. Pour faire place à l’univers de Dieu, un univers nouveau.

Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle, où la justice habite.
Déjà le prophète Isaïe avait annoncé ces cieux nouveaux, cette terre nouvelle. Cette aspiration à un monde de justice et de paix, qui ne le porte en soi ? Et cette aspiration rejoint la promesse de Dieu. En créant ce monde, en nous y plaçant, il nous invite à bâtir ce monde, à y collaborer de tout notre être. En ce monde qui passe, nous pouvons parfois pressentir l’avènement de ce monde nouveau, mais souvent il nous demeure caché. Il est objet de la promesse de Dieu. Un monde où rien de mal ne se fera, où la justice habitera, la justice qui est un nom de Dieu, qui dit sa présence. Non point une justice qui condamne, mais une justice qui aime, relève, en Dieu justice et miséricorde vont de pair. Pour lui, faire justice c’est déployer sa miséricorde.

Seigneur, place en nos cœurs le désir de ces cieux nouveaux, de cette terre nouvelle. Fais nous la grâce d’y collaborer de tout notre être.