dimanche 26 octobre 2014

Muraille blanchie!



 Mais le grand prêtre Ananias ordonna à ceux qui se trouvaient près de Paul de le frapper sur la bouche. Paul lui dit alors : « C’est toi que Dieu va frapper, muraille blanchie ! Tu sièges pour me juger selon la Loi, et au mépris de la loi tu donnes l’ordre de me frapper ? »
Actes 23, 2-3

Viens Esprit de Jésus, édifie nous en toi !
Viens Esprit de Jésus, éclaire nos cœurs et nos pensées, oriente les vers toi.   

Mais le grand prêtre Ananias ordonna à ceux qui se trouvaient près de Paul de le frapper sur la bouche.
Ananias est un grand prêtre qui sera fort controversé, il semble avoir cherché à se concilier le pouvoir impérial et s’être enrichi de manière sujette à caution. Il finira assassiné dans un égout, lors de la révolte des Juifs contre les Romains. La parole de Paul provoque de suite la violence à son égard. Sans doute sa franchise, sa bonne conscience semblent-elles de l’insolence devant le Sanhédrin. Peut-être réveille-t-il la mauvaise conscience de certains en cette assemblée ? 

Paul lui dit alors : « C’est toi que Dieu va frapper,                                       
Paul s’échauffe rapidement. A la violence des coups, il répond par ce qui nous semble bien une violence verbale. Il ne rend pas la violence physique, confiant à Dieu la vengeance. Ainsi font les psalmistes qui confient à Dieu de les venger de leurs ennemis. Et c’est là un premier pas vers une attitude de non-violence. Confier la vengeance à Dieu, c’est quelque part l’abandonner, car Dieu ne venge qu’en aimant. 

muraille blanchie !
On croirait entendre le capitaine Haddock ! Que recouvre cette « insulte » ? En Ezéchiel 13, 10-15, on voit le badigeon qui recouvre le mur, comme un enduit qui masque la réalité. Matthieu 23,27 note le blanchiment extérieur qui camoufle l’intérieur. Paul ferait allusion à une certaine hypocrisie, à une façade qui ne correspond pas à la réalité ? Le moins que l’on puisse dire c’est que Paul n’est pas tendre. 

 Tu sièges pour me juger selon la Loi, et au mépris de la loi tu donnes l’ordre de me frapper ? »
Et en même temps, il place Ananias devant sa responsabilité. Il reconnaît qu’il siège pour prononcer sur lui un jugement. Il lui rappelle que c’est selon la loi qu’il a à juger… et que ce coup ne relève pas de la loi ! Paul prend la place du juge, pour lui rappeler ses devoirs. Jésus lorsqu’il avait été giflé par un soldat pour avoir répondu au grand prêtre, avait questionné ce soldat : si j’ai mal parlé, montre en quoi, et si j’ai bien parlé pourquoi me frappes-tu ? (Jn 18,22). Si on pense à la parole de Jésus : si on te frappe sur une joue, tend l’autre… On comprend qu’il n’y avait en cette parole aucun appel à se laisser massacrer sans rien dire. Ne pas tenter d’abord d’éveiller la conscience du persécuteur, ce serait ne pas désirer sa vie, son salut. Paul par sa réponse secoue Ananias… encore faut-il que celui-ci se laisse interpeler.

Seigneur, tiens-nous en éveil dans nos paroles et nos actions. Quand nous dérapons, mets sur nos chemins des frères, des sœurs, qui peuvent nous rappeler à ton Evangile.
Seigneur, tiens-nous dans la fraternité lorsque nous rencontrons l’opposition, que nous ne cessions de voir en l’autre, un frère, une sœur que tu nous invites à aimer.

samedi 25 octobre 2014

Avec une conscience sans reproche



 Fixant le regard sur le Sanhédrin, Paul déclara : « Frères, c’est avec une conscience sans reproche que je me suis comporté devant Dieu jusqu’à ce jour. »
Actes 23, 1 

Viens Esprit de Jésus, viens purifier nos cœurs,
que tu puisses y déposer la parole de Dieu, pour qu’elle y porte fruit. 

Fixant le regard sur le Sanhédrin,
Paul est un homme libre, il ne craint pas de regarder en face ses contradicteurs. Pas d’arrogance, mais un regard clair, ouvert, prêt au dialogue. 

 Paul déclara : « Frères,
Paul n’a point renié ses origines juives, ni la fraternité qui le lie à son peuple. Il commence par les appeler « Frères ». Il se sent des leurs. En même temps il se situe sur un pied d’égalité. Il ne les appelle pas « Pères », mais bien « Frères ». Nous n’aurons pas en cette rencontre affaire à un homme abattu, vaincu, timoré. Paul se présente debout, fait face au Sanhédrin, librement, malgré les chaînes qu’il vient de quitter, et qui l’attendent sans doute derrière la porte. 

c’est avec une conscience sans reproche que je me suis comporté devant Dieu jusqu’à ce jour. »
Paul fait d’abord part de son état d’esprit. Il se sent droit devant Dieu, non point de l’arrogance de celui qui  n’a jamais péché, il a assez redit combien il se sait le dernier de tous, lui qui a persécuté le Christ en la personne des chrétiens. Il se sent la conscience droite, en ce qu’il a reconnu ses erreurs, en ce qu’il vit de la miséricorde du Seigneur, en ce qu’il a compris ce qui est le bon chemin, sur lequel il met aujourd’hui ses pas, autant qu’il est en son pouvoir. Le ton de son témoignage doit vibrer d’assurance en même temps que d’une grande liberté.

Seigneur, puissions-nous vivre dans cette même liberté. Donne-nous ton Esprit, qu’il habite nos cœurs, affine nos consciences, que nous puissions nous aussi nous dresser dans la liberté de notre être, dans la pleine de conscience de baptisés, enfants aimés de toi, que nous puissions vivre en témoins de l’Évangile. Seigneur, fais nous vivre de ton amour.

jeudi 23 octobre 2014

devant eux



Le lendemain, voulant connaître avec certitude ce dont l’accusaient les Juifs, il le fit délier et ordonna de rassembler les chefs des prêtres et tout le Sanhédrin, et ayant fait descendre Paul, il le plaça devant eux.
Actes 22, 30

Viens Esprit de Jésus, clarifie nos regards, affine nos sens
Viens Esprit de Jésus, fais-nous marcher à ta lumière

Le lendemain, voulant connaître avec certitude ce dont l’accusaient les Juifs,
Le tribun avait pensé obtenir la vérité de la bouche même de Paul en le faisant fouetter. Et puis la révélation de la citoyenneté romaine de Paul l’avait arrêté dans son élan. Il restait donc avec sa question, et son scrupule de maintenir en détention un citoyen romain sans jugement préalable. 

 il le fit délier et ordonna de rassembler les chefs des prêtres et tout le Sanhédrin, et ayant fait descendre Paul, il le plaça devant eux.
Le tribun choisit alors l’option de la confrontation. Il fait appel au Sanhédrin, instance juive qui plus d’une fois a collaboré avec l’occupant romain. Luc met le ralenti sur images pour nous faire vivre la scène. On imagine les Juifs qui la veille pensaient avoir obtenu gain de cause fulminer de devoir à nouveau se trouver en présence de Paul. Le décor est planté, on attend l’action. Le tribun place Paul devant le Sanhédrin. Faisant ainsi il les met comme en face de leur responsabilité, en demeure d’assumer la responsabilité de l’incarcération de Paul, et sa justification. 

Seigneur, béni sois-tu pour la responsabilité que tu nous confies. Béni sois-tu pour ton appel à des gestes et des paroles responsables. Seigneur, donne-nous ton Esprit pour percevoir en chaque instant ce qui est juste, ce qui convient, ce qui te plait.

mercredi 22 octobre 2014

un citoyen romain

Aussitôt donc, ceux qui allaient le mettre à la question, le laissèrent. Et le tribun prit peur en découvrant que c’était un citoyen romain qu’il gardait enchaîné.
Actes 22,29

Viens Esprit de Jésus, dispose nos cœurs à la vie en Évangile
Viens Esprit de feu

Aussitôt donc, ceux qui allaient le mettre à la question, le laissèrent.
La déclaration de citoyenneté romaine de Paul arrête net ceux qui voulaient le fouetter pour l’interroger. Il est en effet interdit d’utiliser de tels procédés à l’égard d’un citoyen romain. Ils le laissent, s’écartent de lui. Ils doivent être quelque peu ébranlés. 

Et le tribun prit peur en découvrant que c’était un citoyen romain qu’il gardait enchaîné.
Et le responsable doit encore être un peu plus ébranlé. Paul pourrait porter plainte concernant le traitement qui lui a été réservé. Dommage qu’il faille des privilèges, des titres… dommage que le simple constat de notre commune humanité ne suffit pas à susciter en nous des comportements humains à l’égard de tous et chacun. 

Seigneur, aujourd’hui encore notre société est tissée de privilèges, de classes, etc… Apprends-moi à aborder tout être au départ de notre commune humanité, au départ de son statut d'humain créé à l’image de Dieu.

mardi 21 octobre 2014

A prix d'argent... de naissance

Le tribun revint donc demander à Paul : « Dis-moi, tu es citoyen romain ? » Paul dit :  « Oui ! » Le tribun répondit : « Moi, avec une importante somme d’argent j’ai acquis cette citoyenneté. » Et Paul répondit : « Moi, par contre, je l’ai de naissance. »
Actes 22, 27-28

Viens Esprit de paix, viens semer la réconciliation entre les êtres et les peuples
Viens Esprit de Jésus, fais nous bâtir le Royaume où tous seront frères et sœurs

Le tribun revint donc demander à Paul : « Dis-moi, tu es citoyen romain ? » Paul dit :  « Oui ! »
Soudain le dialogue s’engage entre les deux hommes. Une barrière semble tombée, du fait de la révélation de la citoyenneté romaine de Paul. Est-ce donc si difficile d’avoir un a priori favorable sur les personnes ? 

Le tribun répondit : « Moi, avec une importante somme d’argent j’ai acquis cette citoyenneté. » Et Paul répondit : « Moi, par contre, je l’ai de naissance. »
Voilà un brin d’humour au sein de ce passage qui aurait pu tourner à la violence gratuite d’un questionnement sous le fouet. Le tribun s’est procuré la citoyenneté romaine à grand prix, alors que Paul l’a tout simplement de naissance. Il n’a pas eu à lutter pour l’obtenir, pour la gagner ! Luc semble lui accorder par là une légère supériorité face au tribun ! On se prend à sourire du cocasse de la situation. 

Seigneur, ouvre nous à la rencontre de l’autre, librement, gratuitement, quel qu’il soit.