jeudi 18 septembre 2014

Le plan de Dieu

Ac 20
27 Je n’ai vraiment rien négligé : au contraire, c’est le plan de Dieu tout entier que je vous ai annoncé. 

Esprit Saint, à nous aussi est proposé le plan de Dieu dans son entièreté : donne-nous de l’accueillir en cette parole et qu’avec ton aide nous en soyons les acteurs en ce monde.

Je n’ai vraiment rien négligé : alors qu’approche la séparation définitive, c’est toujours de lui que Paul parle. Il décline toute responsabilité, en rappelant qu’il a tout fait et tout dit durant son séjour à Ephèse. Il le dit et le répète en accentuant autant qu’il est possible : il vient de dire (v.20) « je n’ai rien négligé, au contraire j’ai prêché… » qui devient ici « je n’ai vraiment rien négligé ».

au contraire, c’est le plan de Dieu tout entier que je vous ai annoncé : et cette fois c’est le plan de Dieu « tout entier » dont il s’agit. Avant d’enfin leur faire ses recommandations, Paul les persuade qu’ils ont reçu tout le nécessaire pour continuer sans lui, qu’ils ne peuvent invoquer la moindre ignorance. Telle est aussi notre mission envers les autres – quel que soit notre service et, éventuellement, notre part « d’autorité » : annoncer la parole, et puis laisser à chacun la responsabilité d’en prendre soin, de la faire grandir.


Seigneur Jésus, loué sois-tu d’avoir réalisé le plan de Dieu, toi qui es venu nous révéler le Père pour que nous puissions vivre de sa vie.

mercredi 17 septembre 2014

Devant vous tous

Ac 20
26 Je peux donc l’attester aujourd’hui devant vous : je suis pur du sang de tous.

Esprit saint, que la parole de ce jour prenne racine et vie en nos cœurs, qu’aucune négligence ne l’empêche d’être transmise, reçue, vécue.

Je peux donc l’attester aujourd’hui devant vous : ces paroles sont fortes ; le verbe a pour racine notre mot « martyr », il s’agit donc plus d’un témoignage que d’une déclaration ; et Paul insiste : ici, à cet instant, devant vous ; mais à qui s’adressent ces paroles ? Certes, Luc nous fait le récit d’un discours de Paul aux Anciens d’Ephèse. Au-delà d’eux, c’est toute la communauté d’Ephèse qui est visée, et même toute l’Asie (de ce temps-là). Ceux de Milet sont certainement là aussi à l’écouter. Mais la place que Luc réserve à ce discours d’adieu montre que sa portée dépasse largement le cadre où il le situe. C’est donc à tous ses lecteurs – dont nous sommes – que Luc tient à transmettre ces ultimes paroles de Paul à des chrétiens.

je suis pur du sang de tous : quelques mots étranges qu’il faut sans doute « traduire » ; Paul se dit « innocent du sang », autrement dit, et c’est cela qui nous concerne, il renvoie chacun à sa propre responsabilité. Lui a fait ce qu’il devait, ce qu’il pouvait. A ceux qui ont entendu cette Parole, revient la tâche de la recevoir, de l’accueillir, d’en vivre ; nul ne pourra le faire à leur place, à notre place.


Seigneur Jésus, chaque jour tu nous offres le pain et la parole pour la route ; devant ce don, tu nous rends libres et responsables ; aide-nous à l’accueillir dans nos vies.

mardi 16 septembre 2014

J'ai passé

Ac 20
25 « Désormais, je le sais bien, voici que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous parmi lesquels j’ai passé en proclamant le Règne. 

Esprit saint, habite notre cœur, éclaire notre esprit, inspire nos actes.

Désormais, je le sais bien, voici que vous ne reverrez plus mon visage : il s’agit donc réellement d’un discours d’adieux ; on s’attendrait dès lors à une forme et à un contenu relevant du testament : conseils, paroles confiées, volontés énoncées. Pourtant, jusqu’à présent, il n’est pratiquement question que du profil apostolique reconnu à Paul par l’auteur des Actes. En annonçant sa disparition prochaine, Paul jette le trouble et le désarroi parmi ses auditeurs mais poursuit sur sa lancée en continuant à parler de son action.

vous tous parmi lesquels j’ai passé en proclamant le Règne : il poursuit la référence à son passé (dans le discours de Milet, 16 versets sur 18 parlent de Paul) dont il prend les anciens d’Ephèse à témoins. Il nous semble vraiment être plus en présence d’une apologie que d’un testament. 
Paul « est passé » parmi eux, comme Jésus « est passé » sur notre terre et le Royaume a été annoncé. Que deviendra cette annonce ? Voilà la question qui apparaît petit à petit sous-jacente au discours de Paul.


Seigneur Jésus, accompagne-nous tout au long de ce jour, donne-nous d’y travailler à ton Règne, que nous puissions ce soir te confier notre journée dans la paix.

lundi 15 septembre 2014

La grâce de Dieu

Ac 20
24 Je n’attache d’ailleurs vraiment aucun prix à ma propre vie ; mon but, c’est de mener à bien ma course et le service que le Seigneur Jésus m’a confié : rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu.

Esprit Saint, donne-nous d’accueillir aujourd’hui au travers de la Parole le service que Dieu nous confie. 

Ce verset semble plus clair et plus significatif en sa traduction littérale :

Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m'était précieuse : il ne s’agit donc pas de n’attacher « vraiment aucun prix » à la vie ! Comme dans un sens mal compris de « perdre sa vie ». Il s’agit sans doute de ne pas lui donner une importance comme s’il s’agissait d’un « trésor précieux » à conserver « pour soi-même ». D’ailleurs cette affirmation elle-même n’est pas absolue mais s’enchaîne avec une condition : « pourvu que »

pourvu que j'accomplisse ma course avec joie : voilà une précision que la TOB a gommée et qui se trouve pourtant bien dans le texte grec : avec joie ! Paul est déterminé à poursuivre son but, et les mots se font ici sportifs, comme dans quelques passages des lettres : je m’élance vers le but, (Ph 3,14) ; dans le stade, tous courent, un seul remporte le prix (1Co 9,24). Cette course, il veut la mener jusqu’au bout, l’accomplir.

et le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus : « diaconia » : service, ministère… Ce que le Seigneur a donné à Paul, ce n’est pas un ordre de mission, ce qu’il lui a confié, c’est un service. Il se définira d’ailleurs comme « serviteur de Jésus-Christ » Et ce service, Paul l’a accueilli, il l’a « reçu ». Le grec nous montre l’attitude de Paul : il reçoit, il accueille le ministère, on pourrait même dire qu’il s’en saisit…

d'annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu : ce service, c’est l’annonce de la bonne nouvelle ; et ici Luc précise encore : cette nouvelle, c’est celle de la grâce de Dieu ; voilà qui est peu usité et invite à s’arrêter sur ce mot « grâce » auquel nous sommes un rien trop habitués : il résonne, en grec, comme le mot joie ! Et son sens est très large : grâce, beauté, mais aussi amour, bienveillance, service, respect… voilà qui nous dessine un peu le visage de Dieu dont émane cette grâce.


Seigneur Jésus, donne-nous d’accomplir notre course de ce jour dans la joie, dans le désir que tu puisses, au travers de nous, révéler ta bonne nouvelle et la merveille de ta grâce.

dimanche 14 septembre 2014

Je ne sais pas

Ac 20
22 « Maintenant, prisonnier de l’Esprit, me voici en route pour Jérusalem ; je ne sais pas quel y sera mon sort, 23 mais en tout cas, l’Esprit Saint me l’atteste de ville en ville, chaînes et détresses m’y attendent.

Esprit Saint, rends-nous, à l’exemple de Paul, attentifs à la direction que tu souhaites nous voir emprunter en ce jour.

Maintenant, prisonnier de l’Esprit, me voici en route pour Jérusalem : comme pour Jésus, il y a un tournant dans la vie de Paul où il prend résolument la route de Jérusalem ; il le fait sous l’impulsion de l’Esprit, au point qu’il se sent « enchaîné ». « Je fais ce que je ne veux pas » (Rm 7,20) Voilà qui nous ramène clairement à tous ces niveaux de vouloir qui nous habitent, à cette distance entre nos désirs et nos actes.

je ne sais pas quel y sera mon sort : c’est dans l’ignorance précise du lendemain que Paul obéit et se laisse conduire par l’Esprit. Y a-t-il d’ailleurs une autre vraie obéissance ?

mais en tout cas, l’Esprit Saint me l’atteste de ville en ville, chaînes et détresses m’y attendent : là aussi, Paul rejoint son maître. Dans son évangile, Luc nous rapporte par trois fois des paroles de Jésus visant à avertir ses disciples qu’il sera "livré aux mains des hommes" (Lc 9,44).

Seigneur Jésus, toi qui fus parfaitement à l’écoute de la volonté du Père, donne-nous la grâce d’une obéissance sans réticence, sans condition, sans évaluation peureuse de ce vers quoi l’Esprit nous pousse. Que l’ignorance du lendemain nous plonge seulement dans la confiance.