lundi 21 août 2017

A cause de la dévastation des humbles



A cause de  la dévastation des humbles,
A cause du gémissement des pauvres,
Maintenant,  je me lève, dit le Seigneur.
Je mettrai dans le salut, celui que l’on souffle.
Psaume 11 (12), 6

Viens Esprit Saint, viens lire la Parole en nos cœurs.

A cause de la dévastation des humbles,
A cause du gémissement des pauvres,
Le terme rendu par dévastation pourrait être traduit par ravage, destruction, violence, oppression…
Celui rendu par gémissement pourrait aussi être traduit par soupir, plainte.
Les humbles et les pauvres de la terre subissent ravage, violence, oppression… et leurs cris, parfois inarticulés sont leur seule réponse, leur seule défense… larmes de silence parfois.

Maintenant,  je me lève, dit le Seigneur.
Si l’humanité ne se lève pas pour écouter les petits opprimés, le Seigneur, lui se lève ! et il ne tarde pas. C’est maintenant !

Je mettrai dans le salut, celui sur celui que l’on souffle.
Celui que l’on souffle, que l’on balaie, que l’on compte pour rien. Certains traduisent « celui sur qui on crache ». Détresse, gémissement, dérision… la situation du pauvre, de l’opprimé est décrite de manière sobre et à la fois poignante. Et devant cela, la réponse du Seigneur est immédiate. Il se lève. Et va placer dans le salut, ceux qui sont ainsi opprimé. L’expression présente le salut comme un espace de vie, un espace de paix dans lequel le Seigneur place celui qu’il sauve.
Le psaume s’ouvrait par un appel : sauve ! et puis décrivait une situation de corruption, et d’oppression des plus petits. Le Seigneur répond : je mettrai dans le salut ces opprimés.

Seigneur, tu ne restes pas indifférent face à l’oppression, l’écrasement des petits. Donne-nous tes yeux, pour discerner toutes ces situations d’injustice. Donne-nous les oreilles de ton cœur pour entendre les larmes de silence, les gémissements des plus petits. Prends nos mains, prends nos vies, pour placer dans le salut tous ces petits.

dimanche 20 août 2017

coeur double



Fausseté, l’homme et son ami parlent
Lèvre flatteuse, cœur double, ils parlent.
Que le Seigneur retranche toute lèvre flatteuse
Et toute langue arrogante.
Ceux qui disent : par notre langue nous serons vaillants
Nos lèvres sont avec nous, qui sera notre maître ?
Psaume 11 (12), 3-5

Viens Esprit d’amour et de vérité, viens Esprit de paix et réconciliation
Sois en nous lumière et vie.

Fausseté, l’homme et son ami parlent
Lèvre flatteuse, cœur double, ils parlent.
Voici trois versets qui concernent la langue. St Jacques aura pu puiser ici son inspiration quand il écrit le chapitre 3 de sa lettre. Si en Dieu il y a unité entre la parole et l’action, en l’homme il peut y avoir duplicité et mensonge. On peut dire et ne pas faire, on peut dire autrement que ce qu’on pense,… L’humain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, doit choisir d’être vraiment image de Dieu, en évitant fausseté, duplicité, flatterie, arrogance…

Que le Seigneur retranche toute lèvre flatteuse
Et toute langue arrogante.
Le psalmiste appelle de ses vœux le retour à la droiture, il invoque, que le Seigneur retranche les lèvres, la langue lorsqu’elles dévient… quand leurs paroles ne sont pas droiture et vérité.

Ceux qui disent : par notre langue nous serons vaillants
Nos lèvres sont avec nous, qui sera notre maître ?
Le psalmiste demande que Dieu intervienne lorsque certains usent de leur langue pour dominer, faire ce qu’ils veulent sans la moindre règle, la moindre discipline.

Seigneur, plutôt que de regarder les dérapages langagiers de mes proches, aide-moi à discerner les miens et à les retrancher.
Seigneur, donne-moi aussi la force pour réagir lorsque le pauvre, le petit est dominé, écrasé par d’autres, et sans défense.

samedi 19 août 2017

Sauve, Seigneur!



Au maître de chant, à l’octave, cantique de David.
Sauve, Seigneur !
Car le fidèle (hasid) est fini.
Car les loyaux ont disparu parmi les fils de l’humain.
Psaume 11 (12), 1-2

Viens Esprit de Dieu, viens illuminer nos cœurs. Habite-les par la prière.

Au maître de chant, à l’octave, cantique de David.
Ce psaume porte un titre, dont la traduction reste incertaine. Est-ce « à l’octave » ou « sur la harpe à huit cordes ». Un commentaire juif note « huitième jour ». On ne sait pas trop. C’est une indication d’interprétation de cette prière, attribuée à David, le roi, figure du Messie.

Sauve, Seigneur !
Le psaume commence par un cri fort, franc. Il est la prière d’un homme désemparé par l’impiété régnante. Il s’en remet à Dieu. Et appelle un salut. Le cri est premier dans ce psaume, vient ensuite l’explication de ce cri, l’explication de la souffrance du psalmiste, qui se tourne vers son Dieu.

Car le fidèle (hasid) est fini.
IL disparait, il n’a plus sa place dans ce monde tordu, perverti.
Le fidèle, le hassid en hébreu, l’homme pieux, est celui qui aime, qui vit de l’amour de son Dieu, de sa miséricorde (hesed). 

Car les loyaux ont disparu parmi les fils de l’humain.
Le mot traduit ici par loyal est construit sur la racine hébraïque « emet », vérité. On aurait pu traduire les véridiques ont disparu…
Les fils de « l’humain » traduit les fils de l’Adam, de l’humanité tirée de l’argile, qui a reçu le souffle du Créateur.

Ainsi le psalmiste perçoit le monde qui l’entoure comme un monde qui se sépare de son Dieu, qui s’éloigne de lui, Dieu de vérité, Dieu fidèle. Sans doute généralise-t-il quelque peu, absolutise-t-il quelque peu. Mais ne faisons-nous pas cela face à la souffrance. Quand un être nous manque ne se trouve-t-on pas comme abandonné de tous ? Le psalmiste confronté à des infidélités, des impiétés, en appelle au secours.

Seigneur, sauve aujourd’hui encore ! Seigneur, toi qui est chemin, vérité et vie, viens à notre secours, conduis-nous sur le chemin de la vie, de la joie.