mardi 17 septembre 2019

Je vous précéderai


Mc 14
26 Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. 27 Jésus leur dit : « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.
28 Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »

Viens Esprit Saint, que la Parole nous fasse tenir bon dans l’épreuve annoncée par Jésus.

Jésus a chanté les psaumes avec ses disciples, à diverses occasions sans doute. Voilà un fait auquel nous nous référons rarement, un moment de prière « communautaire » auquel nous pensons peu, alors qu’il pourrait nous soutenir et nous entraîner, nous qui chantons aussi les psaumes ensemble ou les prions en solitude mais en communion.

Et les voilà qui partent, et ils sont encore ensemble pour quelques moments.

En partant, Jésus pense d’abord à ses apôtres, il a l’impression de les laisser « sans berger », il craint pour eux et ne le leur cache pas. Ils en sont clairement avertis.

Alors vient une affirmation, sans doute mise par l’évangéliste dans la bouche de Jésus : « une fois ressuscité », et puis « je vous précéderai en Galilée ». Jésus nous précède toujours et d’abord comme ressuscité. Il leur donne rendez-vous, chez eux, en Galilée. Il les renvoie déjà dans leur pays, dans leur famille, et c’est là qu’ils le trouveront.

Seigneur Jésus, tu as grand souci de tes disciples. Tu leur donne tes dernières indications. Tu seras à la fois loin, et très proche mais il faut qu’ils gardent toute leur confiance en toi. Nous sommes comme ces disciples : veille sur nous, accompagne-nous, précède-nous sur toutes nos routes, dans toutes nos rencontres. Ta parole est sûre, nous nous appuyons sur elle. Béni sois-tu.

lundi 16 septembre 2019

Il leur donna


Mc 14
22 Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » 23 Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. 24 Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. 25 Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »

Viens Esprit Saint, viens faire résonner dans notre cœur, chaque jour, cette parole par laquelle Jésus s’est donné tout entier.

Jésus vient de « dénoncer » Judas, ou, plutôt, il vient de lui affirmer qu’il va librement vers sa mort, qu’il se livre, qu’il se donne, plutôt que d’être livré par le traître.

Jésus, donc, précisément, passe alors sans transition à l’expression de ce don. Il va signifier, au cœur du rite juif, qu’il y a une nouveauté. Ce pain, c’est son corps, et il le donne. Tous en mangent (même Judas) ; ce vin, c’est son sang, versé pour la multitude. Car c’est le sang de l’Alliance, signe d’un vin nouveau.

Dernier repas, repas partagé au cours duquel le rite de la Pâque juive se transforme en promesse de la nouvelle Alliance.  Un jour, dans le Royaume, le vin nouveau coulera et rassemblera tous les hommes, avec Christ, auprès du Père.

Seigneur Jésus, je veux simplement contempler aujourd’hui ce moment fondateur qui nous unit à toi, ce moment de ton don total pour que nous vivions. Je t’en rends grâce !

dimanche 15 septembre 2019

Se servir avec moi dans le plat


Mc 14
20 Il leur dit : « C’est l’un des Douze, celui qui est en train de se servir avec moi dans le plat. 21 Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »

Viens Esprit Saint, rends-nous attentifs à ces dernières paroles de Jésus

Les apôtres viennent donc de poser, chacun à leur tour, une drôle de question : « Serait-ce moi ? » ; moi qui t’ai trahi ! Jésus va pourtant leur répondre, mais à sa façon. Sans citer personne : aucun nom sur ses lèvres. Juste un petit geste anodin, se servir avec lui dans le plat.

Mais, d’abord, il insiste à nouveau sur cette appartenance au groupe des apôtres ; il avait déjà dit « l’un de vous » ; maintenant il redit « c’est l’un des Douze ». Pour lui, c’est cela le plus frappant : être trahi par un ami !

Puis ce geste, tellement banal qu’il échappe à plusieurs ou bien qu’ils l’oublient aussitôt (nous savons par ailleurs que, quand Judas sortira du cénacle, cela sera mal interprété).

Ce geste, donc, est certes banal, mais c’est en même temps un geste de proximité, comme si les mains allaient se toucher, comme s’il y avait encore une chance…

Mais non, Jésus ne peut plus que plaindre le traître : qu’il est malheureux cet homme ! Tandis que « le Fils de l’homme s’en va » pour parachever sa mission, celui qui le livre s’en va, lui, vers sa perte.

Seigneur Jésus, nous entendons ta plainte, nous voyons ton geste, nous contemplons ton courage. Toi qui auras tout affronté, y compris la trahison de tes tout proches, nous te bénissons de t’être donné ainsi jusqu’au bout pour nous sauver, nous entraîner avec toi.

samedi 14 septembre 2019

Qui mange avec moi


Mc 14
17 Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze. 18 Pendant qu’ils étaient à table et mangeaient, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. » 19 Ils devinrent tout tristes et, l’un après l’autre, ils lui demandaient : « Serait-ce moi ? »

Viens Esprit Saint, permets-nous d’accueillir ces paroles abruptes de Jésus que nous transmet l’Ecriture, qu’elles atteignent notre cœur et le convertissent.

Les voilà donc tous arrivés dans cette fameuse « chambre haute », cette pièce à l’étage, qui était déjà « aménagée et prête pour un repas » et où les apôtres ont encore tout préparé pour la Pâque. Cette salle était – paraît-il – belle, vaste, jonchée de tapis…
Ils se sont donc installés à table et se sont mis à manger.

C’est ce moment que choisit Jésus pour annoncer à tous la prochaine trahison… Il le fait très solennellement – « Amen, je vous le dis » – car, à son habitude, il parle avec autorité. Avant tout, il désigne la personne dans sa relation au groupe des Douze – « l’un de vous » en même temps qu’envers lui. – « il va me livrer ».

Deux sentiments se font immédiatement jour chez les apôtres : la tristesse et la crainte d’être le responsable de la trahison.

Ils ne discutent plus (comme Pierre l’avait fait), ils sentent bien que l’on est passé dans le domaine de l’inéluctable. On se demande cependant un peu sur quoi porte leur tristesse : sur la mort de Jésus ou sur la trahison ? On pourrait garder cette seconde hypothèse car la question que chacun va poser est « Serait-ce moi ? ». Dans la mesure où il est sans doute inimaginable pour eux que quelqu’un ait trahi volontairement leur maître, à ce moment-là ils sont tous susceptibles d’en être la cause…

Jésus va répondre, mais pas tout de suite, il laisse d’abord le temps à chacun – l’un après l’autre – de se poser la question et de la poser à Jésus. Moment d’angoisse pour chacun.

Jésus a dit : « l’un de vous, qui mange avec moi ». Quelle insistance (presque insupportable) de la part de Jésus pour souligner ce qui unit le groupe des apôtres, ce qui les unit à lui : ils partagent la même table, le même pain, ce sont des « convives » comme ils l’ont été depuis trois ans, des « compagnons ».

Seigneur Jésus, comme toujours, tu regardes la réalité en face, toi qui connais le cœur de l’homme. Comme tous les apôtres qui se savent susceptibles de te trahir, nous sommes là à t’écouter et à mesurer quelle est notre fidélité à ta personne. Nous t’en supplions, préserve-nous de te trahir, préserve-nous de toutes les « petites » trahisons quotidiennes. Toi seul es notre force. Nous voulons regarder vers toi et te suivre quelles que soient les embûches de la route.

jeudi 12 septembre 2019

Ils trouvèrent tout comme il leur avait dit


Mc 14
12  Le premier jour des Azymes, où l’on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »  13  Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : « Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau.  Suivez-le,   14 et là où il entrera, dites au propriétaire : « Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ? »  15 Et il vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ;  faites-y pour nous les préparatifs. »  16  Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.

Au début de l’épisode, Marc nous rapporte que la Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours. Tout a été très vite car nous voici le premier jour des Azymes où l’on immolait la Pâque, c’est-à-dire le 14 du premier mois.

C’est l’heure de préparer la fête ! Sans doute une heure chronologique, celle du moment qui se précise, celle de la Pâque mais pas encore l’heure de l’accomplissement, de la glorification qui donnera son poids dans l’histoire, la révélation de l’amour déployé au maximum. Mais ça, c’est une autre… Pâque !

Ce qui se prépare c’est l’événement de Pâque. Le récit s’appuie sur une mise en scène historique sur fond d’un dialogue entre Jésus et ses disciples qui font progresser l’histoire.
« Les disciples partirent et vinrent à la ville et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. » Les disciples sont donc allés préparer la Pâque, une Pâque qui aurait du être comme toutes les autres sauf que, Jésus leur avait annoncé sa Passion à trois reprises et qu’ils n’ont pas pu entendre et admettre cette réalité.                      

Ce jour préparatif de la Pâque, ils ne peuvent soupçonner qu’à l’occasion de son dernier repas Jésus offre son corps et son sang. Ils ont obéi à une demande simple et œuvré ainsi à préparer la Nouvelle Pâque ! C’est providentiel puisqu’ils « trouvèrent » tout comme il leur avait dit.

Et nous, comprenons-nous parfois ce que l’Evangile nous suggère ? Or le fait d’adhérer et obéir permet à la volonté de Dieu de se réaliser, souvent au-delà de nos limites ou de ce que nous espérions.  Il ne nous est pas possible d’entrer dans une compréhension totale de la volonté de Dieu.  Elle ne répond pas à notre logique humaine. Il nous est demandé et il nous suffit d’obéir avec confiance et amour pour que le Règne de Dieu puisse venir.   

Contemplons l’obéissance et la confiance des disciples en cette occasion et posons aussi notre regard sur la distance qu’il y a entre le geste posé et le fruit que Dieu a donné !  Apprenons à obéir dans l’amour et la confiance dans les moindres petits actes de notre vie.
Raymond