mercredi 9 avril 2025

 Liturgie de la Parole 5e mercredi de carême

Libérés pour aimer

Méditation

L’attachement à Dieu libère.
Libère du péché.
Libère de la peur.
Libère de la mort.
C’est ce que croyaient simplement, profondément,
Sidrac, Misac et Abdénago. [1]
Ils sont jetés dans la fournaise…
Mais ils n'y sont pas seuls :
Un quatrième marche avec eux.
Et le feu qui devait les consumer devient lieu de présence.
Lieu de lumière.
Lieu de salut.
 
Ils y marchent libres.
Libres d’aimer Dieu, quoi qu’il arrive.
Libres de ne pas céder à la peur.
Libres parce qu’ils n’appartiennent pas à Nabuchodonosor,
mais à Celui qui fait vivre.
 
Jésus parle d’une autre fournaise, plus discrète, plus cachée :
celle du péché.
Un feu intérieur qui déchire les liens avec Dieu,
avec les autres, avec soi-même.
Un feu qui isole, qui ronge doucement.
Pécher, c’est vivre coupé,
étranger à la source,
éloigné de la lumière.
 
Et Jésus parle de vérité.
« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
De quelle vérité s’agit-il ?
Pas d’un concept.
Pas d’une idée à débattre.
Mais une vérité intérieure qui se révèle doucement,
à celui qui cherche, qui écoute, qui se laisse regarder.
La vérité d’un Dieu qui aime.
Un Dieu qui m'aime.
La vérité de moi-même, tel que je suis, dans ce regard-là.
 
Le Carême est ce temps.
Ce temps où l’on accepte de s’approcher du feu,
pas pour en être brûlé,
mais pour y découvrir une présence.
Ce temps pour écouter en soi ses tensions, ses combats,
et deviner qu’une main est là, pour les apaiser.
 
Se laisser libérer, ce n’est pas seulement réaliser que Dieu agit.
C’est lâcher prise,
c'est accueillir ce qui se révèle,
c’est s’ouvrir à une vie nouvelle,
où je n’ai plus besoin de contrôler, de mériter, de me protéger.
Une vie où je peux aimer sans être retenu.
Aimer sans avoir peur de perdre.
Aimer sans m’attacher à moi-même.
 
Alors, dans ma propre fournaise,
je peux m’abandonner.
 
Et dans ce dépouillement, chanter.
Oui, chanter :
« Bénis sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères !
À toi, louange et gloire éternellement ! » [2]
 

Isabelle 9 avril 25

 Lectures du jour : (Daniel 3, 14-20, 91-92.95) – (Daniel 3, 52-56) – (Jean 8, 31-42)
--- Notes :
[1] Ce sont les prénoms hébreux des trois jeunes gens. En grec, on les appelle Ananias, Azarias et Misaël.
[2] Les versets de (Dn 3 52-57) (AT40) sont un chant d’action de grâces qui jaillit du cœur des trois jeunes gens, pour remercier le Seigneur de les avoir protégés par un tel miracle. La suite (v. 57 à 88; AT41) est consacrée à la louange de Dieu dans la Création. On les chante chaque dimanche à Laudes.


lundi 7 avril 2025

Liturgie de la Parole 5e lundi de carême (année C)

Commentaire : Jean 8, 12-20

J’aime beaucoup ces quelques versets de l’Évangile de Jean où Jésus nous éclaire sur un aspect de lui-même, un de ses rayons du soleil pourrait-on dire : « Je suis la lumière du monde ».
Jésus ne se cache pas, il annonce qui il est et c’est sans ambiguïté. Il est l’expression la plus parfaite de Dieu, du Dieu de Moïse à qui il a dévoilé son nom : « Je suis » Partout dans l’Évangile nous découvrons et sommes touchés par l’un ou l’autre des rayons de sa personnalité manifestés sur la terre :
« Moi, je suis celui qui est ».
Je relève quelques rayons ou quelques facettes de sa personnalité.  Il dit :
- Je suis « la Porte » quand il n’est jamais dans l’exclusion de quelqu’un ; Je suis « la Résurrection et la Vie » ; Je suis « le Pain de Vie » ; Je suis « le Chemin, la Vérité et la Vie » ; Je suis « le Cep » ; Je suis « le Bon Berger » ; Je suis « le Fils » bien-aimé du Père ; et aujourd’hui, Jésus se présente en disant je suis « la Lumière du monde » qui remplit de sens la vie de ceux qui veulent le suivre en dépit de leurs imperfections.
Ses enseignements, sa vie sont une lumière qui éclaire toute notre existence, dans les bons moments comme dans les souffrances et les contradictions.
Nous pouvons toujours chercher à savoir comment Jésus traverse ces situations de la vie, que ce soit dans nos relations aux autres, dans notre relation à son Père et notre Père ; nous demander comment vivre au travail ou nos missions propres ; comment appréhender nos joies et nos peines. Chercher à savoir, et plus encore à connaître, c’est très excitant.
On vit dans un monde d’illusions, de promesses illusoires.  Il y a cette invitation à être dans une attitude de recherche, à être branché sur un autre réel, une autre réalité qui met constamment la foi en œuvre. Jésus plonge son cœur, son regard, son intelligence dans celle de son Père.  Sa foi en son Père est un mouvement intérieur très actif.  Là où je suis atteint par un une de des facettes de Jésus, un de ses rayons qui éclaire le monde, je découvre le royaume de Dieu.  Là où la lumière n’arrive pas dans le monde c’est le monde où il y a les ténèbres, la soif, le mercantilisme…un monde plein de compromissions dans lequel je me contente de survivre.
Je suis dans le tunnel, dans la nuit. Jésus me dit : « Je suis la lumière ».  Quand je ne sais plus où je vais, j’entends et je regarde Jésus Lumière.  Il veut que nous trouvions notre identité dans la sienne. Et pour cela, il n’arrête pas de nous parler : « Pour aller où je vais, vous savez le chemin… personne ne va vers le Père sans passer par moi » « Là où je suis, je veux que vous soyez vous aussi ».  « Il y a longtemps que je suis avec vous et vous ne me connaissez pas. Celui qui me voit, voit le Père. Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi et moi en vous. Si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres que je fais. Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes enseignements et quand vous demanderez quelque chose en mon nom, moi je le ferai. »
Jésus, lumière du monde a toutes ces paroles lumineuses, bien d’autres encore, pour nous éclairer, éclairer notre chemin de vie. Oui, la lumière de l’Évangile éclaire un chemin qui contraste complètement avec l’obscurité du monde. Ce chemin est celui de la vérité et de l’Amour, il n’est pas une religion et encore moins une morale. Il est une Personne : « Moi, je suis… et celui qui me suit aura la lumière de la vie ». Parfois, souvent, quelquefois, nous sommes des pharisiens qui contestons les paroles de Jésus. Quand ses paroles sont irrecevables cela revient à dire que Jésus lui-même n’est pas reçu.
Or, tous ces « Je suis » de Jésus ont quelque chose à voir avec nous-mêmes et si Jésus les a dits c’est pour que nous les fassions nôtres.
La question que je nous laisse à méditer c’est :
Où j’en suis moi aujourd’hui ? Où est venu se loger le monde en moi ?

Raymond 7 avril 2025


samedi 5 avril 2025

Liturgie de la Parole 4ème samedi de carême, 5 avril 2025

Méditation

Si quelqu’un vient vous dire quelque chose de sensé qui vous remet en question, la meilleure façon de vous en débarrasser est de le tourner en ridicule. Et si cela se fait en public, c’est encore plus fort. Aujourd’hui, ce genre de scène peut faire le tour du monde en un instant grâce aux réseaux sociaux. Aujourd’hui, la formation de l’opinion du public joue à fond sur ces mécanismes de polarisation (pour ou contre) et de prise de position émotionnelle, ne tenant plus compte de la vérité, du bon sens, de la vérification.
Aujourd’hui, à la fin de l’évangile, nous entendrons quelqu’un de courageux qui essaie de s’opposer à l’opinion imposée par les plus forts. Nicodème…
Le chapitre 7 de Jean : un long chapitre qui se déroule sur une semaine : la fête des Tentes. On peut le lire à partir de plusieurs fils rouges : la question de « l’heure » de Jésus (« son heure n’était pas encore venue »), la prudence de Jésus et sa façon de sortir de l’ombre très progressivement, la façon dont se forme l’opinion à son sujet, le rôle des influenceurs, le rôle de Nicodème qui intervient tout à la fin du chapitre.
Jésus parle de plus en plus ouvertement. Les discussions à son sujet sont, elles aussi, de plus en plus ouvertes, les objections se font dès lors aussi de plus en plus virulentes… et de moins en moins rationnelles.
Je me pose la question : que vient faire Nicodème dans ce récit ? Que se serait-il passé s’il n’avait pas parlé ?
Seul l’évangile de Jean parle de Nicodème : à trois places : au chapitre 3 (long dialogue avec Jésus, de nuit), ici, et au chapitre 19, lors de la mise au tombeau. Nicodème nous est sympathique, parce que nous lui ressemblons. Il se pose des questions, il est dérouté et séduit, mais il n’ose pas sortir de l’ombre tout de suite. L’évangéliste ne nous dit pas pourquoi : nous pouvons donc combler ce vide narratif, en imaginant le débat intérieur qui doit être le sien et qui grandit au fur et à mesure du récit. De Nicodème, nous savons qu’il était un pharisien et un notable parmi les Juifs (Jn 3, 1). Ici, le narrateur prend la peine de préciser encore qu’il était « l’un d’entre eux » (un pharisien).
Je reviens à ma question : que se serait-il passé si Nicodème n’avait pas parlé ?
Parce qu’il est pharisien, il ouvre une brèche dans la conscience du bloc hermétique que forment les grands prêtres et les pharisiens. Il ne s’oppose pas, il ne fait que poser une question, il est prudent, mais parce que sa question est pleine de sens et que les autres s’en trouvent déstabilisés, ils le ridiculisent pour le faire taire. Qu’est-ce que ça change ?
- Ça change pour lui, parce que s’il n’avait rien dit, il n’aurait pas été humilié, mais le fait d’avoir connu cette humiliation va le faire évoluer : ce choc va peu à peu le transformer de l’intérieur et l’aider plus tard à sortir de l’ombre.
- Ça change pour le groupe des Pharisiens, qui est désormais fissuré… et qui va se trouver devant la tentation de se durcir…
- Ça change pour les simples gens qui sont témoins de cela et pour qui c’est important de voir que même un Pharisien est capable de se remettre en question.
- Ça change pour Jésus, c’est peut-être une consolation pour lui, un signe d’espérance. Je pense qu’il aime Nicodème, tout comme il a aimé le jeune homme riche. Mais son heure (celle de Nicodème, la sienne) n’est pas encore venue.
- Qu’est-ce que ça change pour nous, pour moi ? Comment est-ce que je me fais une opinion ? Qu’est-ce qui domine en moi ? La peur de la persécution ? La peur du ridicule ? Ou le courage de la nuance ?
L’évangéliste nous donne la figure de Nicodème pour nous aider à cheminer dans ces questions.

Sr Marie Raphaël


jeudi 3 avril 2025

Liturgie de la parole 4e Jeudi de carême

Lecture Exode 32, 7-14, Jean 5, 31-47

Introduction

Dans le livre de l'Exode, Dieu veut exterminer son peuple corrompu, mais Moïse prend la défense du peuple qu'il a fait sortir d’Égypte. Il dit à Dieu « Souviens-toi de tes serviteurs Abraham et Isaac. Tu leur as promis une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel... » Alors, le Seigneur renonce au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.
L'évangile est de saint Jean. Saint Jean, c'est l’Évangéliste qui nous invite à la foi. Par ce texte, il nous invite nous aussi à nous remettre en question.
Jésus explique aux pharisiens qu'il a un témoignage plus grand que Jean-Baptiste. Ce ne sont pas des témoignages qui viennent des hommes,  parce que ce sont ses œuvres qui témoignent qu'il est envoyé par le Père. Rendons-lui grâce en chantant les psaumes !

méditation après l'évangile

Jean  c’est donc l’évangéliste qui nous invite à la foi « en esprit et en vérité » dit Myriam de Gemma.  Comment réagissons-nous devant les signes donnés par Jésus? Il y a plusieurs possibilités.                      
* Soit, comme les Juifs, nous refusons en bloc, « il a perdu la tête »disent les membres de sa famille.
*  - Soit, on se pose des questions, effectivement, c'est un homme extraordinaire, un exemple à suivre... et ça s'arrête là.
* soit on va plus loin et on se dit « cet homme, ce Jésus a à voir avec ma propre vie.
Les Juifs avaient besoin de témoignages humains pour valider leur foi en ce que disait Jésus mais Jésus leur dit que ses œuvres, ses miracles sont là pour prouver qu'il est vraiment l'envoyé de Dieu... Accueillir le Christ, c'est quand on comprend que tous ces signes sont des façons de frapper à notre cœur mais « le laisserons-nous entrer » ? C'est la foi seule qui ouvre notre porte intérieure. Jésus dit alors clairement aux Juifs qu’ils sont dans l’erreur, car s’ils scrutent effectivement les écritures, ils ne savent pas la recevoir. En fait ils la limitent à leur compréhension, et peut être même que certains s’en servent pour justifier leur propre comportement alors que celui-ci n’est pas réellement à la gloire de Dieu mais à leur propre gloire !   Et Jésus se montre ferme; en leur disant que c’est la parole elle-même, dont ils se servent pour leur gloire , qui sera source de vérité et de jugement lorsqu’ils paraitront devant Dieu. Moise et les prophètes ont annoncé sa venue, pourtant les juifs refusent de le reconnaitre de l’accueillir, ils le refusent tellement qu’ils le condamneront et le crucifieront !
On pourrait regarder ces juifs, du haut de notre foi, de notre jugement, mais et nous ?Nous voyons les œuvres de Jésus dans l’évangile, nous le voyons aussi à l’œuvre dans nos vies, et pourtant, nous restons parfois rivés sur des pratiques rituelles extérieures, sur notre conception personnelle de Dieu, comme si nous le connaissions totalement  alors que nous ne le connaissons qu’en partie.Aujourd’hui le Seigneur nous invite à le contempler plus près, à le laisser irradier notre esprit de sa lumière et à le laisser se saisir de notre cœur, afin que nous puissions le reconnaitre tel qu’il est et non seulement tel que nous le pensons. afin que nous puissions vraiment vivre de sa vie, et de son amour. Mais allons-nous oser ce pas ?
*
Comment pouvez-vous croire en mes paroles ?   Dit Jésus. Cette question nous concerne toutes et tous, Comment croire en ses paroles ? Et bien en suivant le conseil de Jésus, scruter les écritures ! Ce sont elles qui rendent témoignage. Scruter les évangiles à la lumière de l'Ancien testament fortifiera notre foi et donnera une lumière nouvelle à notre vie d'enfant de Dieu 
Invitation au Notre Père
Jésus nous a appris comment prier, enfants de Dieu, nous pouvons l'appeler Père

*Le texte en italique est tiré d'un commentaire de Myriam de Gemma, oblate passioniste d'une fraternité à Tahiti

Danièle Fr


mardi 1 avril 2025

Liturgie de la Parole 4e mardi de Carême Jean 5, 1-16

Accueil

Bonjour, bravo vous êtes là ! dites-moi, est-ce par habitude ? par obéissance ? c’est déjà pas mal ! est-ce réponse à un appel ? à l’appel du Seigneur ? Avez-vous eu le temps de déposer vos soucis, de vous libérer de tout ce qui est peut-être important mais pourrait se transformer en distraction, car nous occupant l’esprit hors du temps opportun. Si le Seigneur nous appelle, pour nous sauver, pour nous combler, encore faut-il que nous soyons là, vraiment là, le cœur ouvert, disponible. Alors laissons-nous un instant, pour descendre en la profondeur… le Seigneur passe, il appelle :
 « Fais-toi capacité et je me ferai torrent. » disait le Seigneur à Catherine de Sienne. Il nous le dit aujourd’hui !  « Fais-toi capacité et je me ferai torrent. »

Après l’Évangile

Nous y sommes, voyons devant nous la piscine de Bethzatha. Bethzatha : maison de la compassion ! là Jésus vient nous rejoindre aujourd’hui. Ce lieu semble plutôt le rebus de la société, on y dépose les malades, les aveugles, les boiteux, les impotents : littéralement, les desséchés ! un comble, être desséché à côté d’une piscine ! Si nous sommes descendues au fond de notre cœur, au long de ce carême, nous pouvons nous reconnaître parmi tous ces gens… Peut-être résignées, découragées… nous sommes là, déposées !
Là, depuis 38 ans ! 38 ans… ! que représente une telle durée ? le Deutéronome (2,14) nous répond : c’est le temps d’errance du peuple au désert, le temps nécessaire pour que meurent tous les hommes de la contestation, ceux qui étaient en âge de porter les armes ! 38 ans… le temps qu’il faut pour nous désarmer ? pour devenir capacité et nous disposer enfin à accueillir un salut.
Veux-tu guérir ? question que Jésus nous adresse aujourd’hui ! Ben, je n’arrive pas Seigneur ! veux-tu guérir ? ou veux-tu encore et encore errer avec tes armes au désert,… Ou seras-tu comme cet homme, enfin désarmé, enfin ouvert, enfin capacité avouant : je n’ai personne pour m’aider ! 38 ans, c’est symboliquement la première étape du carême… Temps de dépouillement qui nous mène à ce point, où nous déposons enfin les armes, et accueillons le Seigneur au plus profond.
Lève-toi, prends ton grabat (ton histoire traversée, assumée) et marche. Marche avec Jésus, vers la Pâque.  
Veux-tu guérir ? lève-toi, prends ton grabat et marche. Fais-toi capacité, Jésus pour toi, se fait torrent !

Invitation à la prière

Avec tous les infirmes, desséchés, malades, aveugles… que Jésus vient sauver, tournons-nous vers le Père, Et redisons lui notre désir du salut

sr Myrèse (1er Avril 2025)