Liturgie 5e samedi de carême Jean 11, 45-57
Commentaire
Les quelques versets que nous venons d’entendre, je ne peux les séparer de ce qui précède, ni de ce qui vient à la suite : d’une part la mort de Lazare et la présence de Jésus auprès des sœurs de Lazare, les sœurs du mort… pour ne pas dire des sœurs de la mort, car pris par la douleur c’est difficile pour Marthe et Marie de voir clair. A la mort d’un proche on peut vite être happé voire englouti dans la mort.
D’autre part, il y a ce qui va suivre dans le récit : l’onction à Béthanie, l’attitude de Marie et le parfum qu’elle diffuse. Marie, elle qui côtoyait la mort, désormais côtoie la vie. Elle est aux pieds de Celui qui lui a dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi-même s’il meure, vivra ».
Voilà pour ce qui précède et qui va suivre ce qui nous est rapporté aujourd’hui.
Ce qui s’est passé entre les deux événements c’est l’entre-deux, là où l’ombre et la lumière se côtoient. Jésus l’avait pourtant bien dit : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu »
« Si tu crois » : Croire n’est pas une évidence. Même si nous prétendons avoir la foi, il y a toujours quelque chose qui résiste. La fragilité nous habite et elle est le propre de notre humanité. Les doutes nous assaillent, des doutes qui vont et viennent. Ils interrogent notre liberté.
Plusieurs voient ce que Jésus fait et ils croient. Quelques-uns sont suspicieux, ils doutent ou refusent de croire.
Pourquoi ces attitudes si différentes ?
L’écart entre ces deux postures naît d’un manque de discernement. Nous venons de l’entendre :
En premier, c’est l’attitude me semble-t-il la plus honnête, il y a la rationalité : je ne comprends pas ce que j’ai vu, ce que j’ai entendu de Jésus, ça ne correspond pas à la logique humaine, ça me fait peur et je refuse de croire.
La deuxième est une peur plus insidieuse, la peur de perdre. C’est celle que nous refusons de reconnaître car elle touche à notre image. Il faut donc trouver à se justifier : Jésus est une menace pour leur autorité et leur pouvoir. Puis aussi le risque est grand, voire très grand, de perdre ce qui les sécurise et les rend respectables : l’argent. Celui de la compromission bien entendu.
Tout cela affecte le discernement et ils se laissent prendre au piège tendu par leur besoin de reconnaissance. L’orgueil, la jalousie et la convoitise font bon ménage pour faire pencher la balance de la justesse d’où la conclusion qui clôture le débat : « Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure ».
Ce qui prime c’est : votre intérêt. L’hypocrisie va jusqu’à dire « votre » au lieu de « notre » intérêt.
Inaudibles toutes ces paroles de Jésus qui affirme « Je suis la vérité et la vie, je suis la résurrection et la vie, je suis la porte étroite du discernement ». Jésus tout entier, sa personne, son identité sont associés à la vie.
Il n’y a pas si longtemps, preuve que ce récit nous concerne encore aujourd’hui, Guy Béart chantait : « Le premier qui dit la vérité il doit être exécuté »
Invitation au Notre Père
Seigneur envoie sur nous ton Esprit de discernement et d’audace. Mets en nous la foi qui éveille à la justice et au service selon ce que Jésus, ton fils a vécu et annoncé. A son invitation nous pouvons dire…
Raymond le 28 mars 26
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire