Liturgie de la Parole 5e vendredi de carême Jean 10, 31-42 ; Jérémie 20, 10-13
Introduction
Le prophète Jérémie dont nous parle la 1ère
lecture est une figure du Christ, épié, persécuté, il garde malgré tout une
grande confiance en son Dieu, il sait qu'il est avec lui dans cette épreuve, il
lui a remis sa cause et Dieu le délivrera de la main des méchants.
De son côté, l 'évangile nous rapporte la façon dont les pharisiens épient
les paroles de Jésus pour l'accuser de blasphème. Jésus va se servir d'un
psaume pour déjouer leur plan. Que les psaumes deviennent pour nous Paroles
vivantes pour notre vie. Chantons-les.
Méditation
Une méditation de sœur Anne Lécu (1) sur le verset du psaume 82 cité par Jésus en réponse à ses accusateurs pourra nous aider à mieux saisir la profondeur de la Parole et comment aujourd'hui elle peut être encore vivante pour nous.
« Les Pharisiens ne supportent pas d'entendre Jésus dire : Moi et le Père, nous sommes un (Jean 10,30), et veulent le lapider, parce que toi, n'étant qu'un homme, tu te fais Dieu. Comme souvent, en accusant le Christ, ils dévoilent leur propre péché : ce sont eux qui se font Dieu en jugeant les autres et le monde, et eux-mêmes. Mais Jésus ne se laisse pas faire, et cite la Parole de Dieu, non plus pour la désaxer, sinon pour la remettre dans son axe :
N'est-il pas écrit dans votre loi : « J'ai dit, vous êtes des dieux ». Alors qu'elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée – et l'Ecriture ne peut–être récusée - à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites « Tu blasphèmes », parce que j'ai dit « Je suis le Fils de Dieu » ! (Jn 10, 34-46)
En citant le psaume 82, Jésus rappelle que depuis la création du monde, lorsque Dieu a fait l'homme à son image et ressemblance, il le destine à vivre pleinement avec lui. Notre vocation première est là : Vous des dieux, des fils du très-haut, vous tous (Ps 82, 6). Depuis toujours la Bible n'a de cesse de proclamer que l'homme est couronné de gloire et d'honneur (Ps 8). Et Jésus ne veut pas que l'on passe sous silence ce dessein bienveillant de son Père. Mais cela contrecarre la manière de penser de ceux qui se réfèrent à la loi en oubliant sa source.
Jésus meurt de ce que l'on ne comprend pas que la loi n'existe que d'être référée à sa source, la vie de Dieu qui coule en nous. Jésus meurt, encore aujourd'hui, de la torsion de l'évangile, lorsque l'on annonce le jugement, quand lui est venu proclamer le salut. Être de véritable « fils du Très-Haut », n'est-ce pas être voués à la Parole, pour accueillir et annoncer non ce que nous voudrions qu'elle dise , mais ce qu'elle dit ?
Lui qui est la Parole du Père, en habitant notre chair, redresse notre propre parole. Avec lui, nous pouvons entendre que le commandement du Père est vie éternelle et non condamnation. Avec lui, nous pouvons dire « je suis », et même « je suis le fils de Dieu ». Et parce que le Verbe fait ce qu'il dit, en le disant avec lui, voilà que nous le sommes. »
Notre Père
Puisque nous sommes fils du Très Haut, redisons la prière que Jésus notre frère nous a donnée
Conclusion
Apprends- nous Père très bon à accueillir ce don que tu nous as fait : être des fils du très haut ; que nous n'ayons pas peur de l'annoncer et d'en vivre malgré les contradictions et les moqueries qui peuvent surgir car c'est à toi que nous avons remis notre vie et nous savons que tu es toujours avec nous. Nous te le demandons par Jésus ton Fils qui vit et règne avec toi le l'Esprit Saint pour les siècles des siècles.
Sr Jean-Baptiste le 6 avril 2022
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(1) Citation : Anne Lécu, Marcher vers l'innocence, p. 80-81
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