lundi 11 septembre 2017

Débordement de joie !

Ps 15, 9-11
« Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
Ma chair elle-même repose en confiance :
Tu ne peux m’abandonner à la mort
Ni laisser ton ami voir la corruption.
Tu m'apprends le chemin de la vie :
Devant ta face, débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices ! »

La joie du psalmiste, aperçue dans la confiance qu’il vouait à son Dieu, éclate dans ces derniers versets et en constitue le point d’orgue.

« Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance »
Ces trois termes – cœur, âme, chair – constituent la personne humaine : c’est l’être tout entier du psalmiste qui se réjouit en son Dieu et repose en confiance.
Un être « unifié » fait écho à l’intuition du monachisme. Telle est une explication possible de l’étymologie des termes « moine, moniale, monastique, monachisme » : la racine est monos, c’est-à-dire « un ». Le moine/ la moniale est quelqu’un qui fait un avec lui-même.
A la suite du psalmiste, n’avons-nous pas tous l’aspiration, le désir d’être en quelque sorte « moine » ou « moniale » ?

« Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption »
En ce verset, le psalmiste nous dévoile le fondement de sa confiance, de son exultation, de sa joie.
Le Dieu qu’il a appelé Seigneur, se révèle effectivement Sauveur : libérateur de la mort et de la corruption.
Si la Résurrection d’entre les morts est une croyance qui s’est répandue grâce à des livres tardifs de l’Ancien Testament, quelques versets glanés çà et là l’annoncent. Ce verset en fait partie.
L’attachement de Dieu pour sa créature, l’amitié qu’il peut éprouver à son égard ne concorde pas, ne peut supporter que Dieu livre au néant, au non-sens, à l’absence, à l’abandon, ceux qui se fient à Lui.
Comme le dit la citation : « Aimer quelqu’un, c’est lui dire ‘Tu ne mourras pas’ ».
Remarquons le passage de la 3e à la 2e personne du singulier :
« Le Seigneur est à ma droite : je suis inébranlable… Tu ne peux m’abandonner à la mort »
La relation se fait plus personnelle, plus intime, plus forte.
Dieu n’est plus un être dont on parle, même pour célébrer sa louange ou vanter ses exploits.
Dieu est celui auquel on s’adresse face à face, comme à un ami.
A la manière de Moïse : « Le Seigneur parlait à Moïse, face à face, comme on se parle d'homme à homme » (Ex 33, 11).

« Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices ! »
Le point final est à la louange de ce compagnonnage avec Dieu.
Un Dieu guide qui non seulement n’abandonne pas à la mort, mais indique le chemin de vie.
Chemin de vie et de bonheur, en Sa présence. Chemin qui ne finira jamais.

Seigneur, je te rends grâces de la Vie que tu suscites en moi, en nous, chaque matin.
Parce que cette Vie-là est plus forte que toute mort, Seigneur-Sauveur, béni sois-tu !
Sr Marie-Jean

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