Liturgie de la Parole 2e mercredi TO-II Marc 3,1-6 ; 1 Samuel 17, 32-33.37.40-51
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« Dans la faiblesse de Dieu, les martyrs ont puisé la force, leurs pas dans les pas du Sauveur, ils affrontent l’adversaire ». Cette hymne que nous venons de chanter convient vraiment bien à sainte Agnès fêtée en ce jour.
Elle convient aussi à David. David et Goliath, la force et la faiblesse s’affrontent. Le péril est grand pour Israel, cela fait 40 jours que le philistin les provoque et veut se battre en combat singulier, le peuple du vaincu sera l’esclave du peuple du vainqueur !
« Tu viens contre moi avec épée, lance et javelot, mais moi, je viens contre toi avec le nom du Seigneur des armées » lui dit David. Il vient au Nom du Seigneur et compte sur le Seigneur pour le délivrer de l’ennemi de son peuple. Il vient avec ses humbles armes de berger. Goliath se dresse et marche, David s’élance et court. Il est envoyé par le roi Saül, toute l’armée d’Israel étant paralysée par ce géant qui la provoque jour après jour et que personne n’ose affronter. « Va, et que le Seigneur soit avec toi » lui a dit Saül.
Le combat est disproportionné, David a tout pour perdre… sauf qu’il ne compte pas sur sa propre force mais sur le Seigneur et cela change tout !
Le Psaume 143 répond à merveille à cette lecture. Et nous pouvons le prier quand nous sommes dans une impasse. Comme David, nous en remettre au Seigneur en toute confiance et faire le peu qui est à notre portée.
Prions le Seigneur avec les psaumes de ce jour, en communion avec l’Église, avec nos frères et sœurs en humanité, spécialement ceux qui doivent affronter de grandes difficultés.
Méditation
Pour cette méditation je me suis inspirée de Camille Focant dans son livre de commentaires de l’Evangile de Marc. (1)
Dans l’Évangile d’aujourd’hui comme dans celui d’hier il est question de sabbat, de permis et de défendu. Hier Jésus concluait « le Sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maitre, même du sabbat » (Marc 2,27-28). On peut imaginer sans peine que cette phrase a tourné dans la tête des pharisiens qui l’ont entendue et que Jésus le sait !
Aujourd’hui Jésus entre dans une synagogue et il semble que ses disciples ne soient pas avec lui. Il y a trois « acteurs » en présence : Jésus, l’homme à la main atrophiée qui ne prononce aucun mot, ne demande rien, « se contente » d’obéir à Jésus, et ceux qui épient et qui seront nommés ensuite, les pharisiens.
Jésus prend l’initiative et invite l’homme à venir au milieu, bien en vue. Jésus provoque ainsi le conflit et pose une question à laquelle personne ne répondra : il oppose faire le bien et faire le mal, sauver une vie et tuer.
Mais l’homme à la main desséchée n’était pas en danger de mort ! Du moins physiquement, car intérieurement nous ne savons pas les troubles qui pouvaient l’agiter face à son handicap.
Pourquoi Jésus semble-t-il provoquer les assistants ? Les rabbis avaient l’habitude de questionner, de confronter leurs opinions par la discussion. Alors ce n’est peut-être pas une provocation. Peut-être Jésus veut-il sauver une vie ou plusieurs ? Non pas celle de l’homme à la main desséchée, mais celle de ceux qui l’épient. Il veut les inviter à aller plus loin, plus profond dans leur compréhension du sabbat : Pour les pharisiens la bonne question concernant le sabbat est faire ou ne pas faire. Jésus déplace la perspective : « pour lui dans ces circonstances, ne pas faire équivaut à faire le mal. En effet dans son alternative, il n’existe pas un non-faire qu’il serait possible de qualifier de neutre : ou bien on sauve, ou bien on tue. » (1) Pour Jésus « faire le bien est connoté … par l’idée de favoriser la vie, alors que faire le mal est situé du côté de l’action porteuse de mort ». (1)
Dans la volonté de Jésus de guérir cet homme le jour du sabbat il y a aussi la manifestation de l’urgence du Règne de Dieu : « face au besoin humain, l’inaction serait un mal, car le bien fait à une personne est la mise en acte du Règne de Dieu. Et pour chacun, la rencontre avec Jésus est un moment où se jouent la vie et la mort. » (1)
Le silence des pharisiens est éloquent, il en dit long sur leur réponse implicite et témoigne de l’endurcissement de leur cœur.
Il y a un paradoxe : parce que Jésus a fait le bien le jour du sabbat, eux vont faire le mal et projeter de le tuer : finalement ce sont eux qui font ce qui n’est pas permis le jour du sabbat, ni un autre jour d’ailleurs !
Que Jésus nous éclaire pour que nos choisissions toujours le bien dans nos paroles et dans nos actes.
Invitation au Notre Père
« Jésus proclamait l’Évangile du Royaume et guérissait toute infirmité dans le peuple. » Par la prière qu’il nous a donnée qu’il continue son œuvre de salut en nous et dans le monde.
sr Marie-Christine le 21 janvier 26
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(1) Camille FOCANT L’Évangile selon Marc, éditions du Cerf, collection Commentaire biblique : Nouveau Testament 2, Paris 2004 p 131-134
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