Liturgie de la Parole 1er lundi TO-II Marc 1, 14-20
« L’appel des quatre premiers disciples »
Méditation
Il me semble que la liturgie nous fait faire des bonds de Kangourou : il y a peu, la crèche de Bethléem, aujourd’hui, les bords de la mer de Galilée : un bond de 30 années !
Dans les 2 premiers versets de sa page d’Evangile d’aujourd’hui, Marc brosse un bref panorama mais très lumineux de ce sera le message de Jésus dans l’avenir.
En effet, Jésus revient du désert de Judée où il a été tenté, il gagne la Galilée.
1. Sa mission débute, là, en Galilée. Mais il ne la commence, nous dit le 1° verset, que lorsque Jean Baptiste, jeté en prison, a interrompu la sienne.
Il y a donc un rapport de continuité entre eux.
La Galilée ! : - le carrefour des nations, peuples, cultures et langues,
- le passage obligé des armées étrangères et des commerçants,
- la vieille terre de brassage entre Juifs et païens car avec ses frontières, très floues, Israël est en relation avec les territoires païens :
Au Nord Tyr et Sidon, la Syro-Phénicie, l’actuel Liban.
Au Sud Est, la Décapole, l’actuelle Jordanie.
Pour Marc, qui fait de cette province LE CENTRE MISSIONNAIRE de Jésus, s’accomplit également la prophétie messianique d’Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. »
2. Le 2° verset nous apprend que l’heure de la mission est venue, et nous donne le thème fondamental de la proclamation qui sera faite par Jésus : « Le règne de Dieu est proche et donc il nous faut nous convertir. »
Une invitation pour nous également !
La suite du récit peut être plus méditative.
Jésus est en marche ! La mission presse ! Il marche au bord du lac de Galilée, plus communément, le lac de Tibériade : une grande étendue d’eau, 21 km sur 12, très poissonneuse qui ouvre un large horizon sur les terres païennes.
Je regarde Jésus. Il semble pensif, préoccupé, recueilli.
Essayons de deviner son intérieur, ses pensées :
* Est-il en relation, en communion avec son Père ? Pas de doute !
* Lui demande-t-il conseil sur sa mission qui débute ? très probablement !
* Doit-il s’entourer d’une équipe de collaborateurs ? Bien sûr!
* Des pécheurs de poissons pourraient-ils devenir des pécheurs d’hommes ? Pourquoi pas !
* Israël regorge de spécialistes et de docteurs de la loi ! Serait-ce un bon choix ?
Hm !!... Non !
Jésus relève la tête et voit Simon et André, deux frères, deux pêcheurs qui jettent leurs filets. Tiens, Simon a été vu en premier ??!, pur hasard ou … une volonté spontanée ?
Tout commence par un regard, un regard qui va jusqu’au fond du cœur de l’homme.
Puis, un appel : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » … Et cet appel, qu’a-t-il comme résonnance sur ces hommes ???
Un langage professionnel pour une mission future ???
Un jeu de mots … mais pas très limpide : le filet emprisonne. Alors, ces hommes sont-ils appelés pour en attirer d’autres afin de les priver de leur liberté ?
Non ! ici l’image est employée positivement, c’est la perspective missionnaire du disciple.
Et puis, une chose plutôt étonnante : les 2 hommes abandonnent, sur le champ, leur activité et suivent cet homme qu’ils ne connaissent ni d’Eve ni d’Adam, comme on dit !
Et l’étonnement grandit, plus encore, quand on lit, qu’à quelques pas de là, est lancé un 2° appel, aussi bref et parfaitement calqué sur le premier : 2 hommes, 2 frères, 2 pêcheurs, … un appel et … un abandon de l’activité, … sur le champ !
Est-ce possible que l’événement se soit produit de la sorte ! Oh ! c’est peu probable.
Mais alors, quel est le sens, voulu par Marc de cette mise en scène si schématisée ?
- Il reproduit l’appel d’Elisée par Elie dans le 1° livre des Rois 19, 19-21 : même brièveté, même réponse soudaine ! Et … un pont entre les deux Testaments !
- Il met en relief la radicalité de notre foi dans notre engagement au service du Messie.
- c’est Jésus qui a l’initiative de cette relation nouvelle et intime, … et pour y entrer une rupture est nécessaire.
- Marc montre enfin que la parole de Dieu est efficace et créatrice : il dit et c’est fait : un rappel de la création.
En effet, Jésus vient de créer le début de ses proches collaborateurs : Simon et André, Jacques et Jean. Le début de l’institution des « Douze », le début de l’Eglise.
Remarque
Maintenant, si nous comparons le récit de Marc et celui de Luc : Luc a un texte beaucoup plus élaboré. Pourquoi ?
Eh bien, Luc écrit pour les Grecs dont les décisions ne sont bonnes que si elles sont prises en connaissance de cause, avec une réflexion affinée, un discernement pointu, et avec toutes les sécurités nécessaires pour l’avenir … et bien sûr, une liberté absolue.
Alors Luc raconte l’appel des 4 apôtres, accompagné d’un signe : une pêche miraculeuse.
Donc les pêcheurs de Luc voient un Jésus dont la parole est sûre, efficace, fiable et toute puissante. Ils peuvent lui faire confiance et donc le suivre.
Invitation au Notre Père
Réécoutons notre propre appel, remettons-le entre les mains de notre Père et confions-lui la suite de notre marche en sa présence.
Sr Anne-Françoise le 12 janvier 26
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