mardi 17 février 2026

Liturgie de la Parole 6e mardi TO-II Marc 8, 14-21 ; Jacques 1, 12-18

Un seul pain 


 

Méditation

Je vous propose celle de Soeur Myrèse en 2014

lien vers la méditation de Soeur Myrèse https://partage-de-lectio.blogspot.com/2024/02/de-la-parole-6e-mardi-to-ii-un-seul.html

lien vers l'image: https://img.freepik.com/photos-premium/jesus-christ-partageant-pain_361551-552.jpg

lundi 16 février 2026

Liturgie de la Parole 6e lundi TO-II Marc 8, 11-13 ; Jacques 1, 1-11

Accueil

Les Paroles de Jésus posaient beaucoup de questions à tous ceux qu’il rencontrait. L’Évangile tout au long de l’histoire pose aussi beaucoup de questions, et peut-être aujourd’hui encore davantage dans une société où toutes les références sont éclatées. En célébrant ensemble, nous nous ouvrons à cette interpellation, en nous soutenant les unes, les uns les autres dans la recherche d’une vie qui réponde à l’appel de Jésus

Homélie 

Le comportement de Jésus, ses paroles interpellent été dérangent. Dans l’évangile de Marc, on voit qu’ en particulier les pharisiens ont de la difficulté avec lui, c’est le moins qu’on puisse dire. Et Jésus est de plus en plus surveillé par eux. Ils ne peuvent accepter cette manière d’être et ils cherchent à le mettre publiquement en tort. Ils lui tendent des pièges, dit l’évangile. Ici, ils demandent des signes qui, à l’évidence, viendraient du ciel. Pour changer, ils demanderaient des preuves absolument évidentes. Mais pour Jésus de tels signes, ils n’en auront pas ! Dans une autre circonstance où on voit à peu près la même demande, Jésus répond : ils n’auront pas d’autre signe que celui de Jonas. Une relecture de cette réponse de Jésus, plus tard dans la communauté chrétienne, disait que le signe de Jonas, c’était les trois jours passés dans la baleine, dans le monstre marin, signe de la Résurrection. Mais dans le contexte, le seul signe était la parole de Jonas, et à cette parole, Ninive s’était convertie.
Donc des signes, comme preuve, ils n’en auront pas. Mais pourtant des signes, il y en a mais ils ne veulent pas voir. L’ensemble des gestes de Jésus, son accueil, sa manière d’apporter guérisons, pardon, tout cela si on voulait bien voir et croire, si on était capable d’accueillir était signes visibles de la tendresse de Dieu.
Pour certains la foi est comme une évidence, pour d’autres il y a dans la foi, chez les croyants, une part de doute. Et je suis parmi ces croyants, où, au niveau purement intellectuel, j’ai une tendance plus ou moins rationnelle, et je me dis, je suis convaincu, qu’il serait possible que je sois dans l’illusion. Et cette question de la vie, lorsque je dialogue avec des incroyants athées, je me dis que peut-être, au fond, c’est eux qui ont raison. Et de preuves, je n’en ai pas non plus.
Pour moi la foi, telle que je la vis, est cette confiance fondamentale que je fais en Jésus, dans l’Évangile, et finalement en Dieu. Une confiance qui traverse le doute. De signe venant du ciel, il n’y en a pas, de preuve, il n’y en a pas. Mais il y a bien des signes, le texte de la Bible nous parle, les Évangiles nous parlent, mais aussi les témoins, les sages dans l’histoire, de grandes figures qui me touchent, qui me parlent. La foi de certaines personnes, de ceux et celles qui m’entourent, la foi qui me porte en communauté, tout cela, ce sont des signes qui me permettent de continuer librement, d’une façon heureuse ce chemin de la foi. Cette foi qui est fondamentalement confiance portée par l’espérance. Oui, je fais confiance en un Dieu de tendresse, en un Dieu d’amour pour tous.

Invitation au Notre Père

Ensemble et dans la foi partagée, nous redisons la prière que Jésus lui-même nous a apprise, ce grand acte de confiance en Dieu notre Père

Ignace Berten Hurtebise le 16 février 26


dimanche 15 février 2026

Liturgie de la Parole 6e dimanche TO Année A

Homélie méditative et contemplative selon saint Matthieu 5, 17-37

« La Loi écrite dans le cœur »


Frères et sœurs, aujourd’hui la parole de Jésus résonne avec une force particulière.
Comment comprendre cette parole de Jésus : « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir. » ?

Jésus ne parle pas d’abord d’obligations, il parle d’une transformation intérieure.
Il nous invite à passer d’une religion de l’extérieur à une vie habitée par Dieu de l’intérieur. Ce texte nous conduit au lieu le plus secret : le cœur humain, là où naissent les pensées, les désirs, les choix.

1. Dieu ne veut pas seulement nos actes, mais notre cœur
Jésus ne se contente pas de dire : « Ne tue pas »,
il dit : regarde ta colère.
Il ne se contente pas de dire : « Ne commets pas l’adultère »,
il dit : regarde ton désir.
Il ne se contente pas de dire : « Ne mens pas »,
il dit : que ta parole soit vraie.
Jésus ne nous accuse pas : il nous éclaire.
Il révèle que le vrai combat spirituel n’est pas d’abord contre des fautes visibles,
mais contre ce qui, en nous, empêche l’amour de circuler librement.

La question devient alors : qu’est-ce qui habite mon cœur aujourd’hui ?
Paix ou agitation ?
Vérité ou compromis ?
Confiance ou peur ?

2. La réconciliation comme lieu de rencontre avec Dieu
Jésus dit au  verset 23 :
« Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens présenter ton offrande. »
Souvent, nous cherchons Dieu dans la prière, mais Jésus nous dit que Dieu nous  attend aussi dans nos relations blessées.
Il y a parfois des visages qui reviennent dans la mémoire :
une parole non pardonnée,
une blessure jamais déposée,
un conflit jamais traversé.
La réconciliation n’est pas seulement morale, elle est théologale :
elle est un lieu où Dieu se rend présent.
Car Dieu est communion, et le cœur réconcilié devient son sanctuaire.

3. « Que ton oui soit oui » (v. 37): l’unité intérieure
Jésus appelle à une parole simple et vraie.
Mais derrière cette parole, il y a une exigence plus profonde :
ne pas vivre divisés intérieurement : 
Dire « oui » à Dieu et « non » par sa vie.
Dire « je crois » et vivre dans la peur.
Dire « j’aime » et garder la rancune.
Le temps du carême est un temps pour laisser Dieu unifier ce qui est dispersé en nous.
Unifier la foi et la vie.
Unifier la prière et les choix.
Unifier la parole et le cœur.
La sainteté n’est pas perfection morale, elle est cohérence intérieure.

4. Une œuvre de l’Esprit plus qu’un effort humain
Ce que Jésus demande dépasse nos forces.
Personne ne peut purifier son cœur seul.
Personne ne peut aimer parfaitement par simple volonté.
Mais ce texte annonce une promesse :
la Loi nouvelle sera inscrite par l’Esprit Saint dans nos cœurs.
Le temps du carême n’est donc pas un temps pour « faire mieux »,
mais pour se laisser faire par Dieu.
Se laisser regarder.
Se laisser purifier.
Se laisser réconcilier.
Se laisser unifier.

En conclusion
Frères et sœurs, ce passage nous invite à descendre en profondeur :
de l’acte au désir,
de la règle à la relation,
de l’effort à la grâce.
Nous pouvons entrer dans le silence avec ces questions :
Qu’est-ce que Jésus veut transformer aujourd’hui dans mon cœur ?
Où ai-je besoin de réconciliation ?
Ma parole, ma vie, sont-elles unifiées en Dieu ?

Demandons cette grâce simple :
un cœur vrai,
un cœur pacifié,
un cœur habité par l’Esprit.

Que ce temps du carême soit l’occasion d’un passage
de la loi extérieure à la Loi de l’amour écrite en nous, inscrite dans nos cœurs.
Amen.

P. Eric VOLLEN, Jésuite. Monastère d’Hurtebise – Dimanche 15 février 2026



samedi 14 février 2026

Liturgie de la Parole 14 février fête des saints Cyrille et Méthode co-patrons de l’Europe

Partage simple

Lectures :Actes 13, 46-49 ; Luc 10, 1-9

Méditation 

Deux apôtres de la Russie et des pays slaves au 9ème siècle.
Deux frères, nés à Thessalonique. Ils avaient choisi la vie monastique avant d'être envoyé en mission dans les pays slaves. Mission qu'ils ont accomplie de façon très moderne, digne de Vatican II dans leur souci d'adapter non pas la Parole mais l'annonce de la parole à la langue et à la culture des peuples qu'ils voulaient évangéliser.
Souci toujours actuel qui devrait nous habiter tous et chacun et qui devrait comme assaisonner ou colorer notre désir de transmettre une Parole qui nous fait vivre.
Car c'est bien de vie qu'il s'agit quand nous annonçons l'Evangile. Une vie qui s'adapte aux conditions de lieu, de climat, de civilisation. On ne trouve pas les mêmes fleurs dans les vallées et au sommet d'une montagne ; on ne trouve pas les mêmes animaux en Europe et en Afrique, au Pôle Nord et à l'Equateur... La pensée ne s'exprime pas de la même manière en Occident ou en Orient...
Alors, pourquoi la Parole de Dieu devrait-elle -par souci de fidélité ? - rester figée dans les mots d'une seule langue et encore heureux si c'est une langue vivante !
Voilà ce qu'avaient compris déjà les deux saints que nous fêtons aujourd'hui.
Et ce qu'avait compris encore bien avant eux, St Paul, conscient qu'il était que l'important dans le ministère de l'apôtre c'est de manifester la vérité en présence de Dieu, présence qui est garante de l'authenticité de son message, présence qui lui donne assurance et audace dans la conscience même de sa faiblesse et de ses limites. (Allusion à 2 Corinthiens 4,1-2.5).
Car St Paul comme tout apôtre sait que la Parole n'est pas prisonnière des mots qui la profèrent. Car la Parole, c'est la Lumière que Dieu fait briller au milieu des ténèbres, c'est Dieu lui-même qui brille dans les cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire qui rayonne sur le visage du Christ.
Cyrille et Méthode, en traduisant l'Ecriture dans la langue du peuple auquel ils s'adressaient, n'ont eu d'autre souci que de mettre les hommes et les femmes de leur temps, de leur culture en contact avec la Parole elle-même, seule capable de toucher les cœurs, capable comme il est dit de la Sagesse « de satisfaire tous les goûts et de s'accommoder au goût de chacun » Sagesse 16,20-21.
Et l'Evangile ne dit pas autre chose : Jésus envoie ses disciples 2 par 2, non pas pour semer la Parole – c'est Jésus le semeur- mais pour moissonner... Et la moisson est grande car la semence a donné 30 – 60 – 100 grains pour un.
Il s'agit pour les disciples de mettre des mots pour la Parole qui germé dans les cœurs... Eux n'emportent rien, ni argent, ni sac, ni sandales... pas de livres, ni d'ordinateurs ou seraient stockées de « belles paroles », rien d'autre que ces quelques mots : « Paix à cette maison ».
Pas non plus de grandes cérémonies mais le partage simple du quotidien de celui qui les accueille : « Mangez et buvez ce qu'on vous servira ».
Ayez pour vos hôtes une parole de guérison. Et c'est au creux de ce partage simple et fraternel qu’ils reconnaîtront que le Règne de Dieu est tout proche

Sr Élisabeth écrit le 14 février 2012


vendredi 13 février 2026

Liturgie de la Parole 5e vendredi TO-II Marc 7, 31-37

Ouverture

Vous savez que je suis amoureuse des mots. Aujourd’hui, Marc nous offre un mot qui vient directement, en araméen, de la bouche de Jésus. Un mot qu’il a certainement prononcé. Un mot qui se charge dès lors d’une valeur particulière. Un mot que nous pouvons mettre dans notre bouche, sur nos lèvres, après l’avoir entendu de nos oreilles : effata ! (NB Marc est le seul évangéliste à nous donner comme ça des mots en araméen : aussi talitha qoum et abba).


Résonances

Nous sommes un peu comme des voyeurs, qui entrons dans l’intimité d’une guérison.
Je voudrais m’attarder à cette page d’évangile, où chaque détail nous parle de la façon très « physique » dont Jésus se rend présent aux personnes.
D’abord, on précise le lieu : le territoire de la Décapole, qu’il a atteint en faisant un long détour par Tyr et Sidon. Nous sommes donc en plein territoire païen, et l’épisode d’hier (la syro-phénicienne) est l’épisode qui a déclenché en Jésus la conscience que son message ne s’adresse pas seulement aux enfants d’Israël, mais aussi aux « petits chiens sous la table », autrement dit à tous ! Il va donc aussitôt mettre en œuvre cette nouvelle prise de conscience.
Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui. Poser la main sur lui. Donc toucher. Contact physique. Jésus va faire beaucoup plus que cela, il va mettre ses doigts (pas ses mains) dans les oreilles (pas simplement sur lui) : c’est beaucoup plus intrusif. Et en plus, il va toucher sa langue avec sa salive (littéralement : il va cracher sur sa langue…). On comprend que pour faire cela, Jésus prend l’homme à l’écart de la foule. C’est de l’ordre de la rencontre très intime.
Mais il y a quand même eu quelques témoins, pour le raconter !
Ensuite, Jésus soupire profondément. Le verbe (stenazô) est le même que celui qui exprime les « gémissements » de la création en attente de libération, les gémissements de l’Esprit qui intercède (cf. Romains 8), les gémissements de la parturiente. Il y a ici comme un enfantement, une mise au monde…
Puis Jésus dit : effata. Ce verbe vient comme le résultat de ce grand soupir. Comme s’il avait été cherché ce verbe au plus profond de lui. Il l’adresse à l’homme. Pas aux oreilles de l’homme, mais à l’homme tout entier. Et effectivement, ce qui s’ouvre, ce ne sont pas ses oreilles, mais ses « écoutes » : le mot est différent : le mot est abstrait (akoè) au pluriel. Un peu comme si on disait : ce qui s’ouvre, c’est sa capacité d’écouter, ce sont ses « écoutilles ».
Et sa langue se délia : littéralement : le lien de sa langue se délia. Il y avait un nœud dans sa langue. Jésus a défait le nœud.
Et il parlait correctement. On perçoit le lien évident entre l’écoute et la parole. Si je n’écoute pas, comment puis-je parler de façon sensée ? Avant de pouvoir parler, l’enfant nouveau-né est baigné dans le bain de la parole de ses parents. Ses parents lui parlent dès sa naissance, comme s’il comprenait tout … et un jour, effectivement, il montre qu’il a compris !
Et puis, paradoxe, après avoir libéré la parole, Jésus leur ordonne de se taire, de ne rien dire ! Comme s’il avait peur, encore, que l’écoute ne soit pas à la hauteur de la Parole. Mais ce que les gens disent, c’est une citation de la Bible, du prophète Isaïe. Ils reconnaissent en Jésus celui dont parle Isaïe. Et Jésus, une fois de plus (comme hier avec la Syro-phénicienne) est dépassé par ce qui arrive. Surpris par son propre pouvoir de guérison.
De bouche à oreille, mettons-nous à l’écoute de ce que Jésus nous dit aujourd’hui : 
-    Quand l’écoute est mauvaise, la parole est inadéquate : c’est vrai aussi pour nous, en communauté, en Église… Et donc si la parole ne percute pas, c’est peut-être le signe qu’on n’a pas écouté…
-    Quand Jésus guérit, ce n’est pas juste une formule magique et une main qui s’agite… c’est sa personne tout entière qui s’investit. Et il ne guérit pas que l’organe malade, mais toute la personne.
-    La guérison d’une personne ne touche pas cette personne seule : elle se répercute sur tout son entourage.
-    Quand Jésus guérit, il recherche la discrétion. Il ne cherche pas la notoriété. Malgré lui, on la lui donne…


Prière

Seigneur, fais résonner en nous ta parole d’effata. Purifie nos cœurs, inspire notre langage, pour que nos paroles soient fidèles à ta Parole. Toi qui es la Parole vivante du Père, sors- nous de nos enfermements, enfante-nous à la vie divine.

Sr Marie-Raphaël le 9 février 24