jeudi 5 janvier 2012

Des bergers

Et dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient aux champs et veillaient durant les veilles de la nuit sur leur troupeau. Et un ange du Seigneur survint devant eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils craignirent d’une grande crainte.
      Luc 2, 8-9

Viens Esprit de Dieu, enseigne nous la venue de Jésus
Viens Esprit de Dieu illumine la nuit de notre terre

Et dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient aux champs
Nous sommes du coté de Bethléem, ville de David. David était berger avant d’être choisi par Dieu comme roi pour son peuple. On attendait un messie qui serait le berger du peuple, et Dieu lui-même s’est présenté comme le berger de son peuple (voir par exemple Ezéchiel 34). L’autre aspect de cette image des bergers : ils sont mal vus dans la société, leur métier empêche qu’ils suivent scrupuleusement les préceptes de la loi. Ils ne sont pas reconnus témoins valables en cas de procédure judiciaire, pas plus que les femmes. Et ce sont eux qui vont être choisis pour témoins de l’incarnation, et les femmes pour témoins de la résurrection… Les témoins accrédités par Dieu ne sont pas ceux choisis par les hommes !

et veillaient durant les veilles de la nuit sur leur troupeau.
La veille, la vigilance est un des traits majeurs de la mission du berger dans la nuit : monter la garde pour éviter une attaque, qu’elle vienne d’un voleur ou d’une bête féroce.

Jésus ne cessera de nous inviter à la vigilance pour attendre sa venue ! Veillez, vous ne savez ni le jour ni l’heure… Le berger, éveillé dans la nuit est attentif au moindre signe.

Et un ange du Seigneur survint devant eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils craignirent d’une grande crainte.
On avait vu Gabriel venir au Temple pour rencontrer Zacharie, on l’avait vu se glisser dans une humble maison de Nazareth pour porter l’annonce à Marie puis se retirer. Voici un ange à nouveau, Luc ne nous le présente pas plus. Le voici, en un lieu inattendu, à une heure tardive : aux milieux des champs, la nuit. Il survint… et la gloire les enveloppa de lumière. On aurait attendu la gloire au Temple, pour accompagner la venue de l’ange, on aurait attendu la gloire autour de l’ange… voilà la manifestation de la gloire, c'est-à-dire de Dieu, qui enveloppe de lumière non point l’ange, mais les bergers… l’art d’annoncer que notre Dieu est bien celui qui comme le dit la chanson met tout à l’envers.

Et ils craignirent d’une grande crainte
On peut comprendre… Zacharie et Marie avant eux avait été saisis de crainte devant l’apparition de l’ange. Une crainte qui est réaction humaine à la manifestation divine, pas tant peur qu’infini respect, stupéfaction, émoi…

Je regarde ce tableau peint par Luc, ces bergers veillant paisiblement sur le troupeau au plus profond de la nuit, puis l’irruption de l’ange, et la lumière qui les enveloppe…

Seigneur, tu viens ainsi dans la nuit de notre monde, et les veilleurs reçoivent ton ange. Tandis que tu nais à Bethleem dans le calme d’une étable, et que tu es couché dans une mangeoire, entouré des soins de ta mère, dans la nuit, dans la simple humanité de ce foyer d’humbles ;  des bergers reçoivent la visite de l’ange. Et la lumière brille pour eux, les enveloppe. Que ta venue aujourd’hui encore illumine ceux qui veillent dans la nuit !  

mercredi 4 janvier 2012

Elle enfanta son fils

Et il arriva, pendant qu’ils étaient là, que furent accomplis les jours où elle devait enfanter. Et elle enfanta son fils premier né, elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car ils n’avaient pas lieu dans la salle commune.
   Luc 2,6-7

Viens Esprit, toi qui fais toutes choses nouvelles,
Viens Esprit, toi éternelle enfance et innocence de Dieu
Viens Esprit, féconde notre terre

Et il arriva,
Cette expression revient comme un refrain, après avoir ouvert le chapitre 2. Elle dit toute la solennité de l’événement… étrange contraste avec le concret des faits : une mère qui enfante, dans la pauvreté…

pendant qu’ils étaient là, que furent accomplis les jours où elle devait enfanter.
Là, c'est-à-dire à Bethléem, c'est-à-dire dans leur patrie d’origine, mais non dans leur habituel de résidence… ils ne sont pas vraiment chez eux, et dépendent de l’accueil qui leur est fait…
Les versets nous ont situés l’instant dans la grande histoire, reliant les jours au règne de César Auguste… Et voici que dans ces jours, s’accomplissent les jours où une jeune femme doit enfanter. Le verbe accomplir revient un peu comme un refrain dans ces récits. Indiquant discrètement, que les événements arrivent à leur heure, c’est l’heure pour Marie d’enfanter, c’est l’heure pour Dieu de s’incarner, de venir exaucer l’attente messianique. C’est l’heure pour Dieu de venir partager notre humanité ! Nous l’aurions attendu dans un palais ? Nous l’aurions attendu dispensé de l’enfance et de la croissance, nous l’aurions attendu tout-autre. Le voici, semblable à nous, enfanté tout simplement, dans la pauvreté !

 Et elle enfanta son fils premier né,
Les mots sont simples, le récit est sobre, et ils nous disent pourtant l’inouï. L’annonce de Gabriel à Marie se réalise. Voici celui qui sera grand, qui sera appelé Fils du Très-Haut… l’être saint qui va naître sera appelé Fils de Dieu. Nous sommes à Bethléem, avec un couple en exode, pour aller se faire recenser, se conformant à l’édit de l’empereur… les jours d’enfanter qui sont là, tandis qu’ils font route…
Le fils est dit premier né… cette allusion prépare peut-être le récit de la présentation au Temple où il sera rappelé. Tout premier né de sexe masculin sera consacré au Seigneur (2,23).

elle l’emmaillota,
Marie semble seule pour accueillir l’enfant, et poser les premiers gestes de soin. Elle l’emmaillote comme on le fait à son époque, dans sa culture. Réalisme de l’Incarnation…

et le coucha dans une mangeoire,.
Nous sommes à Bethléem, « maison du pain », et l’enfant est couché dans une mangeoire… lui qui se dira pain de vie !
Au bout de l’évangile, d’autres rendront ces gestes au corps de Jésus, ils l’envelopperont dans un linceul et le coucheront dans un tombeau. De la naissance à la mort, Jésus partage notre humanité.

car ils n’avaient pas de lieu dans la salle commune
On a régulièrement médité sur ce pas de lieu, en moralisant, sur notre manière de ne pas accueillir… il faut peut-être lire d’abord simplement, qu’en un lieu déjà occupé, il est difficile de trouver place pour enfanter, et pour coucher un petit nouveau-né. On imagine mal mettre au monde dans une salle peuplée… Dès lors Joseph et Marie ont pu chercher un lieu plus approprié. Comme ils font partie du petit peuple, ils ne peuvent espérer trouver chez les grands de ce monde, ils partagent la condition des petits, des pauvres…

Seigneur, tu as choisi de t’incarner, de rejoindre notre humanité. Tu as choisi de venir pauvre parmi les pauvres, de tout partager de notre condition humaine depuis la naissance jusqu’à la mort. Si nous avions imaginé ton histoire, sans doute aurions-nous dessiné une belle maison, une assistance aidante autour de Marie, un berceau qui attend… Tu viens, tu entres dans notre histoire, tout pauvrement, tout humblement, sans bruit. Toi, le Messie attendu par tout un peuple durant de longs siècles, tu entres en silence dans notre histoire.

Donne-moi de t’accueillir. Ah si mon cœur pouvait devenir crèche, Dieu pour moi se ferait petit enfant, soupirait Angelus Sidélius.

Seigneur, en voyant l’humilité de ta venue parmi nous, ton choix de pauvreté, ton choix de partager notre condition, tu m’invites à t’ouvrir ma vie, sans réserve, aussi pauvre soit-elle.

Je te rends grâce.

mardi 3 janvier 2012

Joseph aussi

Joseph aussi, monta de la Galilée, hors de la ville de Nazareth vers la Judée, vers la ville de David qui s’appelle Bethléem,  parce qu’il était lui, de la maison de David, de sa famille. Il allait se faire recenser avec Marie qui lui avait été accordée en mariage, qui était enceinte.
     Luc 2, 4-5

Viens Esprit de Jésus, éclaire mon cœur, qu’il accueille ces paroles pour en vivre.

Joseph aussi,
Luc qui avait élargi son regard à tout l’univers, en chemin d’exode pour un recensement fixe l’objectif soudain, sur un homme… Joseph aussi se mit en route.  

 monta de la Galilée, hors de la ville de Nazareth
la Galilée est une province du Nord, pas très bien vue par les juifs de Jérusalem. De Nazareth que peut-il sortir de bon demandera Nathanaël à Philippe qui vient l’inviter à rencontrer Jésus.

vers la Judée, vers la ville de David qui s’appelle Bethléem,  parce qu’il était lui, de la maison de David, de sa famille.
Bethléem… ce nom hébreu signifie la « maison du pain ». Cité d’origine de David, on attend que vienne d’elle, le descendant de David, qui sera le Messie. Michée l’avait chanté : Et toi, Bethléem Ephrata, le moindre des clans de Juda, de toi naîtra celui qui doit régner sur Israël. (Mich 5,1).

David, c’est le roi bien aimé, malgré ses fautes, ses dérapages, il reste la figure du Messie, celui qui a reçu promesse d’une descendance messianique. En son nom même est inscrit cet amour : David signifie bien-aimé. Joseph est de cette lignée davidique. Il retourne à Bethléem pour le recensement.

Il allait se faire recenser avec Marie qui lui avait été accordée en mariage, qui était enceinte.
Avec Joseph, Marie, sa fiancée, le texte ne dit pas son épouse, comme pour discrètement confirmé la conception miraculeuse de l’enfant.

Je les regarde faire route, se soumettre à ce recensement imposé par l’occupant. Faire route depuis la Galilée vers Bethléem, la ville source pour eux. La ville de leurs ancêtres, et plus particulièrement de David. Une marche qui peut prendre goût de pèlerinage, par-delà la marche contrainte par l’occupant.
Leur situation est celle de tous les résidents de cette terre, soumis à la décision de César Auguste.

Seigneur, donne-moi de faire route avec toi, sur tes chemins d’exode !

lundi 2 janvier 2012

Et tous faisaient route

Or, il arriva en ces jours-là, qu’un décret sortit de chez César Auguste : que tout l’univers soit recensé ! C’était le premier recensement, tandis que Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous faisaient route pour être recensés, chacun vers sa propre ville.
    Luc 2, 1-3

Viens Esprit de Jésus, viens guider notre humanité
Viens Esprit de Jésus, pénètre nos cœurs de ta parole et de ta vie

Or, il arriva en ces jours-là,
En ces jours-là, c'est-à-dire, ceux qui viennent d’être marqués par la naissance de Jean. Une naissance parmi d’autres, dont la nouvelle n’aura pas dû retentir très loin au-delà des montagnes de la Judée. En ces jours-là… C’est une entrée en matière qui peut nous paraître banale, mais pour l’écrivain Luc, c’est manière de marquer un événement important, cette expression ne marque pas un simple écoulement du temps, mais un événement marquant dans l’histoire sainte. Ainsi avait-il ouvert en 1,39 le récit de la visitation.

qu’un décret sortit de chez César Auguste que tout l’univers soit recensé. C’était le premier recensement, tandis que Quirinius était gouverneur de Syrie
Voici que soudain, l’horizon s’élargit… comme par un effet de zoom, et c’est tout l’univers qui entre dans l’objectif de Luc. Après avoir situé l’annonce de Jean et de Jésus, puis la naissance de Jean, dans l’histoire du peuple élu, sur la terre de Judée, le regard s’élargit. Un recensement de tout l’univers est demandé par César Auguste (empereur de 27 avant JC à 14 après JC). Tout l’univers, c'est-à-dire tout l’univers connu de l’époque, placé sous la domination romaine, c'est-à-dire le bassin méditerranéen. César Auguste et Quirinius sont nommés, Luc nous donne ainsi d’entrer dans l’histoire générale…

 Et tous faisaient route pour être recensés, chacun vers sa propre ville.
Conséquence de cette décision de recensement, chacun doit aller se faire inscrire dans sa ville d’origine. Tous font route… chemin d’exode pour tous ceux qui habitent ailleurs que dans leur ville d’origine. Selon les commentateurs ce recensement visait non seulement à dénombrer la population, mais plus encore à établir des déclarations de patrimoine… préparant  la levée d’un impôt.

Je regarde cette inscription historique des récits de l’évangile. Cette croisée de notre humanité et de son histoire, avec le dessein de salut de Dieu. Je regarde l’exode des foules. Tant d’humains sont aujourd’hui en exode… Exode physique, exode spirituel… Exode vers sa ville source…

Seigneur, tu viens habiter en ce monde, tu viens rejoindre notre humanité sur ses chemins d’exode… Seigneur je t’offre mon exode d’aujourd’hui, viens y prendre naissance… seigneur tu vois l’exode de nos frères et sœurs, viens rejoindre leur route…

dimanche 1 janvier 2012

Au chemin de la paix

Reprise Luc 1,57-80

Je relis ces versets, la naissance de Jean, la joie d’Elisabeth de mettre au monde ce petit, ce nom de grâce qu’elle lui donne. La foi qui monte dans le cœur de Zacharie, qui lui donne de saluer en son fils le prophète du Très-Haut ; qui lui donne de voir dans cette naissance, une étape clé : ultime préparation de la venue du Messie.

J’écoute ce chant qui s’élève du cœur de Zacharie, je m’y joins.
Et avec lui, je loue la venue du salut
Soleil levant qui vient nous visiter,
Pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort,
Pour guider nos pas au chemin de la paix.

Seigneur, aujourd’hui, éclaire nos routes, guide nos pas. Fais nous cette grâce en accueillant ton Fils, de recevoir sa lumière, pour bâtir avec toi la paix !

Seigneur, trace pour notre humanité le chemin de la paix !

Aujourd’hui premier janvier, journée de prière pour la paix, ce chant de Zacharie colore ma prière, l’évangélise. Merci Seigneur.