dimanche 20 février 2011

les morts entendront

Amen, amen, je vous dis que l’heure vient,
et c’est maintenant, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu,
et ceux qui auront entendu vivront.
De même en effet, que le Père a la vie en lui-même,
de même aussi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.
Et il lui a donné le pouvoir de faire le jugement,
parce qu’il est fils d’homme.
Jn 5, 25-27

Seigneur de la vie,
Tu as tout partagé à ton Fils,
Et de lui nous recevons tout,
Seigneur, envoie ton Esprit qu’il inscrive ta Parole au fond de nos cœurs.

Amen, amen
Quelle insistance, quelle autorité, Seigneur, en ces mots que tu donnes à ceux qui veulent bien t’accueillir. Tu veux nous dire le mystère du Royaume et notre langue doit te sembler bien fragile pour contenir un tel mystère.

L’heure vient, et c’est maintenant
Seigneur Jésus, quand tu parais, l’heure est là. Ainsi l’heure était là lorsque tu parlais avec la samaritaine au bord du puits, aujourd’hui elle est là tandis que tu nous parles. Ton avènement fait advenir le Royaume. Mais comment te comprendre et t’accueillir ?

Où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui auront entendu vivront.
Ainsi, la mort n’est pas l’ultime réalité, tu viens encore auprès des morts, leur adresser une parole qui est ta vie ! Le Père a donné vie, et il t’a donné de rendre vie ! Mais tu n’imposes pas cette vie, tu l’offres à qui veut bien entendre. Je suis saisie par cette grande puissance qui t’est remise, et que tu refuses d’utiliser pour t’imposer. Cette puissance de vie que tu inscris dans une offre, une proposition que tu nous fais. Et nul n’est trop loin pour t’accueillir, puisque même les morts peuvent entendre cette voix, l’accueillir !

De même en effet, que le Père a la vie en lui-même, de même aussi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.
Qu’est-ce qu’avoir la vie en soi-même ? Je relis le prologue : En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres… (Jn 1)
Ce que nous recevons par grâce, tu le possèdes par nature. Mais rien de ce que tu es, tu ne veux le garder en privilège. Cette vie que le Père a en lui-même, il l’a donnée en partage au Fils, et le Fils à son tour nous la donne en partage… Je puis avoir la vie en moi… Je laisse cette parole descendre en moi. Qu’elle habite mon cœur et mes pensées, qu’elle habite mes gestes et paroles de ce jour !

Et il lui a donné le pouvoir de faire le jugement, parce qu’il est fils d’homme.
Car il partage notre condition humaine. Car il vient nous parler, nous rencontrer, et nous pouvons l’accueillir ou le refuser. Car il vient partager nos jours, il les connaît de l’intérieur.
Il a donné pouvoir de faire le jugement, c'est-à-dire, il lui a remis toute manifestation, au point qu’il est devenu le lieu de la rencontre. Le Père a tout remis entre les mains du Fils, c’est en lui, que nous pouvons choisir la vie, la lumière.
C’est en lui que nous pouvons décider de mettre ou non notre foi. Et lui nous conduira au Père, si nous le voulons.

Jésus comme tu t’es fait accueillant à l’amour du Père, comme tu reçois tout de lui, apprends-moi à m’ouvrir à toi, à tout recevoir de toi.

2 commentaires:

Marité a dit…

Il m'est donné en ce moment de venir régulièrement prier avec votre site.
Et je n'ai aucun commentaire à dire, rien à rajouter, sinon la douceur d'entrer dans l'intimité de ce grand Corps du Christ (l'Eglise)

Raymond a dit…

"Oui, oui, je vous le dis, l'heure vient et c'est maintenant..."
Le temps qui passe, c'est toujours de l'imprévisible et de l'inattendu.
Ici, aujourd'hui, maintenant...vivre l'instant présent. La respiration, le souffle qui m'est donné, c'est pour l'instant qui passe, c'est pas pour demain ! Il y a par ailleurs un dicton qui dit "Quand on dit demain, le diable rit".
Cette réalité m'est de plus en plus évidente, c'est une "réalité d'être", nous ne sommes pas des machines "à faire". L'agir, c'est le mouvement que je donne en conformité et en fidélité à une relation qui donne vie.
Saint-Paul nous dit "Pour moi, vivre, c'est le Christ". Il y a aussi chez St-Jean ce mouvement permanent, cette respiration Père/Fils qui se donne dans un va et vient incessant d'une relation qui se tisse. Cette navette qui glisse d'un bout à l'autre du métier pour tisser cette tunique sans couture que personne ne pourra déchirer quand viendra l'heure du partage de ses vêtements.

"Oui, c'est maintenant que les morts vont entendre la voix du fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendu vivront"
A bon entendeur, salut !
J'ai déjà entendu, j"ai déjà vu... et je ne vois pas, je ne comprend pas !
Qu'est-ce qui fait que je vois ou que je ne vois pas? Que j'entende ou que je n'entende pas ?
Pour qu'une Lumière me touche, il faut que je sois atteint. Cette expérience de rencontre, c'est une Lumière que je ne peux pas me donner, c'est un langage que je ne peux pas entendre ni comprendre s'il ne m'est pas révélé.
L'accueil de cette relation ne peut se faire que dans l'intime et le signe, c'est la transformation: être vivant.
Je crois vraiment que beaucoup de nos morts sont très vivants, aussi vrai que je vois de nombreux morts parmi les vivants.
Dans la comparaison qui suit : "Comme le Père...de même au Fils..." il y a un engendrement, un mouvement de vie, une fidélité, bien que chacun ait sa propre carte génétique.
Autonomie responsable dans le sens et les inspirations de l'Esprit qui donne au Fils le pouvoir de juger. Ce qui traverse le Fils c'est sa Source qui coule comme le sang dans ses veines. Le jugement rendu par le Fils vient de sa Source.
Raymond