Liturgie 26e lundi TO-II Luc 9, 46-50 ; Job 1, 6-22
Introduction
Nous
voici rassemblés en communauté, en Église.
« Nu
je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le
Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »
C’est
bien le début de l’histoire de Job que la liturgie nous propose de découvrir à
neuf en ce jour : à l’instigation de Satan, de l’Adversaire, des malheurs
l’assaillent…
Pourra-t-il
rester juste devant Dieu ? Si oui, comment favoriser cette justice ?
Dans
l’Évangile, une discussion éclate : « Qui, parmi eux, était le plus
grand ? »
Peut-on
tisser un lien entre justice et grandeur ?
Emboîtons
le pas du psalmiste et invoquons le Seigneur pour tous les hommes et femmes de
notre temps :
« Seigneur,
écoute la justice ! Entends ma plainte, accueille ma prière… »
Méditation
Job
était un bien-aimé de Dieu, un « chouchou ».
Ce que
Dieu dit de lui est éloquent :
« Il
n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui
craint Dieu et s’écarte du mal »
Mais
dans cette prospérité, le Malin trouve une brèche et glisse le soupçon :
« Est-ce
pour rien que Job craint Dieu ? »
Habileté
de l’Adversaire qui dénonce :
« Tu
(as) élevé une clôture pour le protéger… Tu as béni son travail… »
S’ensuit
une invitation à l’éprouver :
« Étends
seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te
maudira en face ! »
Dieu
laisse faire…
Par
ce récit de Sagesse, une question nous est posée : quelle est l’attitude
« juste » devant Dieu ?
Les
épreuves peuvent nous atteindre, nous, ceux que nous aimons, notre Eglise,
notre monde : où trouverons-nous une sécurité ?
Le
psalmiste nous instruit :
« Mes
pensées n’ont pas franchi mes lèvres. J’ai gardé le chemin prescrit ; j’ai
tenu mes pas sur tes traces : jamais mon pied n’a trébuché… »
Job
se tient en silence et accueille.
Il
ne prononce pas un flot de paroles imprécatoires ! Job se tait :
« Job
se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête, il se jeta à terre et se
prosterna »
Gestes
de deuil, déchirure du vêtement qui exprime la déchirure du cœur, humilité, abandon
à la volonté de Dieu.
Job
s’en remet à Dieu, s’ouvre à Sa Parole, déploie un espace pour accueillir
l’œuvre de Dieu en lui.
Il
ne se place pas au-dessus de Dieu.
Dans
son humilité, il accueille, comme Jésus invite dans l’Evangile :
« Celui
qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui
m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé »
L’enfant
est symbole de confiance et d’abandon :
« Montre
les merveilles de ta grâce ! », chante le psalmiste.
Alors,
seulement, dans cette disposition d’accueil, une parole peut surgir :
« Nu
je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le
Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »
Job
redit sa disponibilité…
Et
il se montrera prêt, après 41 chapitres de dialogues avec ses amis, à recevoir
la Parole de Dieu, comme un fruit mûr :
« Vous
n’avez pas parlé de moi avec justesse comme l’a fait mon serviteur Job »
(42, 7)
Ainsi,
la vraie grandeur se situe dans cette attitude d’humilité, dans cet accueil de
Dieu, de Sa Parole et de la parole de celui qui est envoyé en Son nom…
Garderons-nous
nos cœurs ouverts à l’Inattendu de Dieu ?
Temps
de silence. Notre Père
Oraison
Seigneur,
l’expérience de Job nous montre où se trouve la justice, l’ajustement, dans
l’écoute de ta Parole et l’accueil de Celui que tu es et de ce que tu veux nous
dire.
Accorde-nous
de garder le cœur disponible et de découvrir qu’en cet abandon réside la vraie
grandeur, celle que ton Fils a vécue sur notre terre.
Lui,
aujourd’hui ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu
pour les siècles des siècles.
Sr Marie-Jean le 28 septembre 2020