mardi 15 septembre 2026

Liturgie 15 septembre Notre Dame des douleurs Jean 19, 25-27 ; Hébreux 5, 7-9

Introduction

Voici une mémoire qui donne à penser : célébrer Notre Dame des douleurs… comment vivons-nous cette mémoire ? on aime méditer les récits joyeux, mais les récits de mort, d’accompagnement jusqu’au bout dans la douleur, … Par pudeur souvent on évite. Par pudeur ou à cause des résonances de l’histoire personnelle que cela éveille. Et pourtant pouvons-nous contourner les récits de la passion de Jésus, de sa souffrance, de sa mort ? Pouvons-nous contourner la présence de Marie au pied de la croix ? Quelle attitude adopter ? spectacle ? voyeurisme ? dolorisme ? Non ! Chaque page d’évangile nous est présentée comme Bonne Nouvelle du salut, et nous sommes invités à en être acteur ! N’est-ce pas là le seul chemin que nous pouvons emprunter avec les textes de ce jour ? Aujourd’hui, la liturgie nous invite à rejoindre Marie, debout au pied de la croix. En Jésus, en Marie, nous accueillons la souffrance de l’humanité, et plus profond, nous accueillons le mystère de la souffrance de notre Dieu. Mère et Fils ont en cet instant à vivre un mystère de souffrance, d’écartèlement, de mort. Et ce mystère est tout à la fois mystère de communion intense, où l’amour trinitaire se dit jusqu’au bout, dans une infinie douleur. Pouvons-nous l’accueillir, le partager ? disposons nos cœurs par la prière des psaumes.

 

Après l’évangile

Dans la souffrance la plus terrible, Jésus n’est pas seul, il y a des femmes muettes, douloureuses, à ses pieds. Quelques femmes dont sa mère, et un disciple aimé, ce peut être toi, ce peut être moi. Oui, nous pouvons entrer en cette page et la vivre. Et découvrir en ce lieu du calvaire, le lieu d’une nouvelle naissance. Un nouvel univers : Jésus confie sa mère au disciple, Jésus confie son disciple à sa mère. Jésus rend son souffle, il confie son souffle à ceux qui portant avec lui la souffrance indicible, perdent souffle.

En ce jour, nous pouvons recevoir un immense message. Rien de nos vies, de nos amours, de nos souffrances, rien n’est oublié. Tout est pris dans ce grand courant qui unit au calvaire, le Père, le Fils et l’Esprit, la Mère et le disciple. La Trinité bienheureuse en communion définitive avec l’Eglise. Un courant d’amour, douloureux, mais victorieux, par-delà l’incontournable mort du Bien Aimé hors de la vigne. La mémoire de ce jour, nous invite à ramener nos vies entières au calvaire, non point par un dolorisme maladif, mais pour une communion de vie, d’amour à travers tout, à travers la souffrance et la mort. Pour y percevoir ensemble les premières lueurs de Pâques. Pour y renaître !

Alors demandons au Seigneur, de mettre en nos cœurs son amour. Car en la passion et la mort de Jésus, ce ne sont pas les coups qu’il faut contempler, mais l’amour, qui seul peut donner sens à ces instants. Au mystère de la souffrance, l’amour peut offrir une réponse. Et je vous propose pour porter notre prière, un petit extrait du Stabat Mater, demande intense à Marie, de partager son cœur, pour que tout, en nos vies, soit évangélisé vraiment. Fac ut ardeat cor meum in amando Christum Deum, ut sibi complaceam. Fais que mon cœur brûle, en aimant le Christ Dieu, pour qu’avec toi je lui plaise. Je vous propose de l’écouter sur la musique de Koen Dejonghe, un compositeur belge contemporain (né en 1957).

https://www.youtube.com/watch?v=z7nrX6zpx5k

 

Invitation au Notre Père

Jésus, tu nous as tout donné : ta vie, ton amour, ta mère. Tu nous as partagé ta vie filiale. Aussi c’est avec les mots que tu nous as donnés qu’aujourd’hui nous voulons prier notre Dieu et Père.

 

Prière conclusion

Père, en ton Fils Jésus, tu nous as manifesté ton amour plus fort que toute mort. De Jésus, nous recevons aujourd’hui Marie notre mère. Accorde-nous de vivre notre quotidien, en apprenant d’elle à prendre encore et toujours le chemin des Béatitudes qui nous mènera de la Croix jusqu’en la Résurrection. Nous te le demandons par Jésus le Christ…

Sr Myrèse le 15 septembre 2020

lundi 14 septembre 2026

Liturgie  de la  Parole 14 sept. Croix glorieuse Jean 3, 13-17 ; Nombres 21, 4b-9 ; Psaume 77

St Lioba Klooster Egmond-Binen (NL)

Méditation

Une belle liturgie, une fête qui m’est très chère, comme vous le savez !

Une fête qui nous est chère, également à Sr Élisabeth qui a choisi cette fête, des années avant moi, pour faire Profession monastique… Un mystère qui nous concerne toutes et tous, dans notre chemin de foi !

Des textes choisis pour la liturgie de ce jour, je souhaite mettre en évidence la place qu’ils accordent à la verticalité.

Dans le livre des Nombres, le peuple murmure contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? ».

Une première verticalité, « monter », car, pour le peuple hébreu, l’Égypte est incontestablement plus au sud.

Cela étant, en rigueur de termes, le texte originel des Nombres indique « sortir » ; littéralement, « Pourquoi nous avoir fait sortir d’Égypte ? ».

Le fait de « sortir / monter » signifie pour eux mourir, vu l’aspect désertique du désert, « où il n’y a ni pain ni eau », à la différence du pays de servitude où régnait l’abondance.

Mais la mort ne survient pas là où le peuple la redoute.

La mort ne sévit pas dans l’absence de nourriture, mais par ces serpents, qui mettent en exergue le péché de non-foi, le refus de Dieu.

D’où la confession du peuple : « Nous avons péché ! ».

Pour remédier à la mort, une autre verticalité : un serpent de bronze se laisse monter au sommet d’un mât.

Le serpent autour d’une perche était le symbole du dieu guérisseur dans l’Antiquité, auquel fait référence en notre temps le caducée des professions médicales et paramédicales.

Dans le périple du peuple dans le désert, par le moyen de ce symbole païen, Dieu invite les membres de son peuple à élever leur regard vers Lui.

C’est donc une montée pour obtenir la vie.

 

Du 4e évangile, nous avons écouté quelques paroles de Jésus pour Nicodème et, aujourd’hui, adressées à chacun(e) de nous.

Dans ces quelques versets, il s’agit aussi d’une élévation, comme dans l’extrait des Nombres.

Bien plus, c’est un mouvement vertical de montée et de descente.

Il caractérise d’ailleurs le mouvement du Fils de l’homme dans le 4e évangile : ce Fils de l’homme est l’Envoyé qui vient du ciel et qui y retournera.

Jésus s’identifie à ce Fils de l’homme ; cette montée et cette descente signifient élévation et glorification, mort puis Vie.

Nous pouvons être surpris que la « montée » de Jésus précède la « descente » : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme ».

C’est pourtant bien au mystère pascal que Jésus fait allusion.

C’est bien Lui qui peut être Révélateur de Dieu, puisqu’il a son origine auprès de Lui.

Son élévation, Jésus la compare à l’élévation du serpent dans le désert.

De part et d’autre, l’élévation est signe de guérison et de salut.

De part et d’autre, il y a une nécessité : le serpent se laisse monter ; de Jésus, il est écrit : « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé »

Mouvement vertical de bas en haut, initié par amour :

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique »

Geste d’amour de Dieu, afin qu’il y ait « vie », « vie éternelle ».

Et réponse de l’homme, au verset 15, où l’évangéliste nous fait passer à un autre registre ; il n’y est plus question de vue comme dans les Nombres, mais de foi :

« afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle »

Cette vie éternelle n’est pas conçue comme une existence débutant après la mort naturelle, mais elle advient déjà aujourd’hui sous la forme d’une vie en plénitude.

Cette vie en plénitude est inséparable de l’appartenance au Christ.

Pour recevoir cette vie éternelle, pour être sauvé, pour échapper au jugement, un seul acte est requis : « croire » !

En cette fête de la Croix glorieuse, nous sommes invités à croire en notre avenir : Jésus nous précède ; avec Lui, nous pourrons passer par la mort pour obtenir la Vie.

Et si les souffrances ou les adversités, de nous-mêmes ou de notre monde, nous font expérimenter la morsure des serpents du désert, la fête de la Croix glorieuse nous ouvre un chemin d’Espérance… Levons les yeux vers Jésus, ayons foi en Lui !

Sa montée ultime auprès de Dieu précède la nôtre.

Et, avec Lui, nous serons pour toujours… Rendons grâces !

Sr Marie-Jean Noville le 14 septembre 26

dimanche 13 septembre 2026

Liturgie 24e dimanche A Matthieu 18, 21-35 ; Ben Sira 27, 30-28,7 ; Psaume 102 ; Romains 14, 7-9

Méditation

À première vue, la parabole que nous venons d’entendre est un peu moralisatrice, et même culpabilisante. Elle semble nous dire : « vous devez pardonner, car sinon vous êtes des ingrats… ne voyez-vous pas à quel point Dieu vous a pardonné ? » Oui, mais le pardon, ce n’est pas si simple. Et souvent nous pouvons nous sentir coupables non pas d’avoir commis nous-mêmes des fautes graves, mais de ne pas parvenir à pardonner les offenses qui nous ont été faites… Je ne pense pas que Jésus veuille nous enfoncer, nous culpabiliser, en racontant cette parabole. Je pense au contraire qu’il veut nous responsabiliser et nous faire prendre conscience de l’enjeu profond, de ce qui se joue dans le pardon.

Mais pour bien comprendre l’évangile de ce jour, il nous faut le rattacher à son contexte, à ce qui précède et que nous avons entendu dimanche dernier. Le chapitre 18 de Matthieu, c’est le discours sur l’église, qui aborde la question des relations à l’intérieur du groupe des disciples de Jésus. Dimanche dernier, nous avons entendu Jésus nous dire que nous sommes responsables d’aider nos frères / sœurs à prendre conscience de leurs erreurs, fautes, péchés… La « correction fraternelle », c’est quelque chose de très délicat, très difficile. Jésus concluait en disant : « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans les cieux ; tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le cieux ».

Et là-dessus, Pierre enchaîne : « oui, mais combien de fois ? » Voilà bien une question tout humaine. J’ai besoin d’un cadre : je veux bien être patient, mais jusqu’où ? Jusqu’à 7 fois ? C’est déjà beaucoup ! Entendons bien la réponse de Jésus, car elle contient un secret, un code secret ! « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois ». Pour ceux qui connaissent la Bible – pour les lecteurs de Matthieu – cette parole a une signification évidente : elle renvoie à la parole de Lamek, l’arrière-arrière-arrière-petit-fils de Caïn. Donc la septième génération humaine, depuis Adam. Se souvenant que le Seigneur avait dit à propos de Caïn : « Si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé 7 fois », il dit : « Caïn sera vengé 7 fois et Lamek 77 fois » (Genèse 4,15 et 24). À la septième génération humaine, la violence a pris une tournure vertigineuse en raison de la logique de la vengeance. Cette logique qui veut que je réponde au mal subi par un mal plus grand, toujours plus grand. Cette logique, nous n’avons aucune peine à l’imaginer, nous la voyons à l’œuvre dans notre monde… nous sommes d’ailleurs pris dedans et nous voyons que c’est spontanément ce que nous avons tendance à faire, comme le suggérait déjà la première lecture de ce jour.

Voici donc le secret que Jésus nous livre, la « botte secrète » de son combat à lui. Par sa réponse à Pierre (7 fois 77 fois), il suggère que le pardon a le pouvoir d’inverser la spirale maudite de la vengeance.

Ensuite, il nous raconte une étonnante parabole. Une parabole qui nous montre, entre autres, que non, ce n’est pas si simple de pardonner ! Parfois cela semble même surhumain. Certains peuvent dire : « l’offense qui m’est faite a complètement abîmé ma vie, pour toujours… Comment pourrais-je pardonner ? Ne serait-ce pas une sorte de trahison vis-à-vis de moi-même et de ma souffrance ? »

Dans cette parabole, Jésus compare l’offense à une dette. Et il compare le pardon à une remise de dettes. C’est très concret, une dette. Cela représente une somme d’argent, quelque chose que l’on possède. Remettre une dette, c’est consentir à ne pas être remboursé. C’est consentir à perdre. Consentir à la perte. Non seulement renoncer à la vengeance, mais renoncer à la réparation. En effet, ce que suggère la parabole, c’est qu’il y a des dettes qui sont solvables, mais aussi des dettes qui sont insolvables.

Ainsi, du côté de celui qui est blessé, offensé, lésé, du côté de la victime, Jésus suggère qu’il y a un moment où on peut consentir à vivre avec l’idée qu’il n’y aura pas de « réparation ». « Vivre avec l’irréparé » (pour le dire avec le titre d’un livre contemporain).

Cela peut paraître choquant, scandaleux. Comment ! Celui qui est victime devrait en plus consentir à la perte ? Mais ce que la parabole suggère aussi, c’est qu’il y a là un enjeu de liberté. Pas seulement pour l’offenseur, mais pour la victime elle-même. Car le mal subi peut s’amplifier par le fait qu’il m’enferme dans ma douleur de victime. C’est ce que j’appellerais le « fardeau au carré » : je porte le fardeau de porter un fardeau…

Consentir à la perte, accepter de vivre avec l’irréparé, c’est faire alors une étonnante expérience : celle d’être libéré du fardeau du fardeau ! Celui qui pardonne – qui remet l’offense – est le premier bénéficiaire de ce pardon. Il semble que c’est à cela que Jésus nous invite, en église. Mais je dis ceci sur la pointe des pieds, en demandant pardon moi-même à ceux que je pourrais offenser, car je sais qu’il y a des souffrances qui sont insupportables…

Quand nous voyons le mal qui se déchaîne dans le monde, souvent, nous nous sentons impuissants. Le pape Léon nous appelle à travailler, chacun là où nous sommes, à une paix « désarmée et désarmante ». Jésus nous propose une « arme », une « botte secrète » pour désarmer l’ennemi qui se cache en nous-mêmes : non seulement ne pas rendre le mal pour le mal, mais consentir à la perte pour gagner mon frère et inverser ainsi la spirale qui enferme, pour en faire la spirale qui libère. Il nous confie ce pouvoir : « tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans les cieux ».

Ce n’est pas culpabilisant. C’est responsabilisant. Et c’est une source d’espérance !

Sœur Marie-Raphaël le 13 septembre 26

samedi 12 septembre 2026

Liturgie de la Parole 23e samedi TO-II Luc 6, 43-49 ; 1 Corinthiens 10, 14-22

Introduction

Aujourd’hui la liturgie nous invite une fois de plus à la bonté, la bonté qui nous met en communion avec Dieu et avec l’humanité entière, la bonté qui nous met en communion avec le cosmos entier. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon. Pour entrer en cette célébration, demandons cette grâce d’un cœur bon. Dieu crée en moi un cœur pur, renouvelle au fond de moi mon esprit.

 

Après l’Évangile

Les idoles n’existent pas, elles n’ont aucune consistance ; mais l’idolâtrie existe ! c’est notre rapport aux objets, aux personnes, aux esprits, qui les transforme dans notre regard en idole ou en chemin de communion avec notre Dieu, en chemin de communion avec nos frères et sœurs, en chemin de communion avec le cosmos. Tout est dans notre regard, dans notre manière d’appréhender les choses, les personnes. Tel est bien le message clair que nous pouvons retenir des lignes de St Paul. Et qui nous mène vers une perception aigüe de ce que peut être notre vie enracinée en ce cosmos. Une vie fondée sur le roc de la Parole, sur le roc qu’est Jésus. Une vie nourrie par la communion à son corps.

Oui, nous sommes appelées à être membres du corps du Christ. C’est en Lui que nous trouverons la stabilité, la solidité. C’est par Lui que nous pourrons traverser les épreuves, résister aux tempêtes. C’est aussi en lui que nous pourrons porter fruits. Tous ne sont pas appelés à porter du raisin, ou des olives. Mais tous sont appelés à porter fruit.

Teilhard de Chardin dans une de ses méditations, écrit qu’il ne s’agit pas seulement de rendre à Dieu les fruits, mais tout l’arbre avec. L’invitation lancée par les lectures du jour, pourrait peut-être nous inciter à unifier nos vies ! il ne s’agit pas en effet d’être chrétien le temps d’une célébration, mais bien le temps d’une vie. Il ne s’agit pas en effet de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu le temps d’une lectio ou d’une célébration, mais bien de la laisser orienter, informer toute notre vie.

Accueillons dans une prière silencieuse, l’appel de notre Seigneur et Dieu. Demandons la grâce de passer cette journée en communion avec Lui !

 

Invitation à la prière du Seigneur

Jésus, la vie n’est pas simple, facile, nous rencontrons des tempêtes, mais avec toi nous les traverserons. Enracinés en toi, nous connaîtrons le chemin de la vie, le chemin qui mène au Père. Donne-nous aujourd’hui encore de le prier : …

 

Prière de conclusion

Père, tu nous as partagé le pain de la Parole, tu nous as rassemblés pour vivre ce temps de communion dans l’écoute et la prière. Donne-nous maintenant de porter un fruit qui te plaise. Fonde-nous, établis-nous en Christ, que nos vies enracinées en Lui soient tout entières au service de ton Royaume !

Sr Myrèse le 12 septembre 2020

vendredi 11 septembre 2026

Liturgie de la Parole 23e vendredi TO-II Luc 6, 39-42 ; 1 Corinthiens 9, 16-19.22-27

Mot d’accueil

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

En ce jour, la liturgie nous rapporte des confidences de Paul, cet Apôtre tout dévoué à son ministère.

L’extrait de la Première Epître aux Corinthiens que nous entendrons compte quelques formules percutantes :

« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ! »

« Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns »

« Si je cours, ce n’est pas sans fixer le but… »

On devine chez Paul une urgence, une hâte, une priorité qui le presse et le stimule : la Bonne Nouvelle.

En effet, dans cette Epître, l’Apôtre se situe par rapport à l’objectif qu’il s’est fixé.

Il veut annoncer l’Evangile… en sauver quelques-uns… atteindre le but.

 

Aujourd’hui, ces paroles de Paul s’adressent à nous.

Au creux du Temps dit « ordinaire », nous savons que la liturgie ne cesse de nous offrir de l’extraordinaire, pour nous surprendre, bousculer nos habitudes, questionner notre motivation.

Où se trouve l’annonce de l’Evangile dans ma vie ?

Pour répondre adéquatement à notre Dieu qui, par la bouche de Paul, nous interpelle, entrons dans la prière de l’Eglise, dans le chant des psaumes qui nous est confié…

 

Méditation

Dans sa Première Epître aux Corinthiens, Paul nous interpelle sur la manière dont chacun se situe par rapport à l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Et, dans l’Evangile, Jésus questionne ses disciples sur la façon dont ils se situent par rapport aux autres, dans les relations fraternelles.

Jésus y conseille : « Enlève d’abord la poutre de ton œil ».

 

En guise de commentaire, écoutons un père monastique, Dorothée de Gaza :

« Recherchons, frères, comment il se fait que parfois on entende une parole désagréable et qu’on la laisse passer comme si on n’avait rien entendu, sans se troubler, et que d’autres fois on en est aussitôt troublé. Quelle est la raison d’une telle différence ? …

Pour moi, j’en vois beaucoup, mais une seule engendre, pour ainsi dire, toutes les autres…

La cause du trouble, si nous la recherchons soigneusement, c’est toujours le fait de ne pas s’accuser soi-même. De là vient que nous avons tout cet accablement et que nous ne trouvons jamais le repos. Il n’y a pas à s’étonner si tous les saints disent qu’il n’existe point d’autre voie que celle-là…

En vérité, eût-on accompli mille bonnes œuvres, si l’on ne garde pas cette voie, on ne cessera jamais de faire souffrir et de souffrir soi-même…

Quelle joie au contraire, quel repos ne goûte-t-il pas, partout où il va, celui qui s’accuse soi-même…

Qu’un dommage, qu’un outrage ou qu’une peine quelconque lui survienne, il s’en juge digne a priori et n’est jamais troublé.

Y a-t-il un état qui soit davantage exempt de soucis ? … »[1]

 

Prière de louange + Invitation à la prière du Notre Père :

Rendons grâces au Père qui a suscité en nous le goût de son Evangile et renouvelle notre désir de l’annoncer.

Ref : Grandes sont tes œuvres, Seigneur !

 Rendons grâces au Fils qui a consacré sa vie entière à la prédication de la Bonne Nouvelle et, par les mots de Paul, nous invite à le suivre.

Ref : Grandes sont tes œuvres, Seigneur !

 Rendons grâces à l’Esprit qui, jour après jour, nous devance, nous soutient et parachève notre œuvre de témoins du Christ Ressuscité.

Ref : Grandes sont tes œuvres, Seigneur !

 Forts de ce goût de Dieu et de sa Parole, redisons dans la foi la prière que Jésus lui-même nous a enseignée : « Notre Père… »

 

Partage de la paix :

L’Evangile nous rassure : « le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître ».

Toi qui as donné ta paix au matin de Pâques, Jésus ressuscité, nous te demandons de renouveler ce don aujourd’hui.

Regarde notre assemblée, regarde notre terre.

Dépose en nos cœurs cette paix qui est tienne.

Ainsi, nous pourrons la partager entre nous, pour qu’elle porte fruit en notre communauté, en notre Eglise, en notre monde.

Dès à présent, partageons cette paix.

 

Prière après la communion :

Dans ta Parole, Seigneur, nous avons contemplé l’enthousiasme de ton Apôtre. Nous avons aussi pressenti une invitation, un appel à suivre Jésus.

Et nous avons reçu ton Pain, pour nourrir notre désir de poursuivre notre chemin de messagers de ta Bonne Nouvelle.

Inspire-nous l’annonce de l’Evangile par toute notre vie et apprends-nous à puiser force et courage dans ta Parole, au service de nos frères et sœurs.

Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui vit et règne avec toi, dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Sœur Marie-Jean le 11 septembre 2014



[1] Dorothée de Gaza, Instructions, VII (SC n° 92).