Partage de lectio - Monastère d'Hurtebise
Découvre le coeur de Dieu dans la Parole de Dieu ! (St Grégoire)
lundi 19 octobre 2026
« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »
samedi 17 octobre 2026
Liturgie de la Parole 28e samedi TO-II Luc 12, 8-12
Méditation
Luc 12, 8-12
"Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant
les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de
Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en
face des anges de Dieu. Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme,
cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit
Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Quand on vous traduira devant les gens
des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la
façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous
enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire."
Pour la plupart, nous achèverons
probablement notre passage sur la terre sans être amenés à devoir parler pour
notre défense devant des synagogues, des magistrats et des autorités. Je
m'autorise dès lors à faire de ce verset d'évangile une lecture spirituelle et
à l'appliquer à un autre combat, celui de la prière. La prière est à l'occasion
un simple moment de bonheur et d'abandon à la tendresse de Dieu ; mais à
d'autres moments, plus ou moins nombreux selon les tempéraments et les
aventures personnelles, la prière est un combat, et nous pouvons être tentés de
le déserter, comme tous les champs de bataille. Aelred de Riévaulx, au douzième
siècle, écrivait à sa sœur ermite : "Lutte avec Dieu, comme Jacob,
pour qu'il prenne plaisir à se laisser vaincre."
La prière est un combat, mais, si
nous le voulons, nous n'y sommes pas livrés à nos propres forces et à notre
stratégie. L'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne
savons pas quoi demander pour prier comme il faut (Romains 8,26). Il me semble
fécond de rapprocher cette phrase de Paul et celle de l'évangile, en
l'appliquant à notre désir de prier comme il faut : Ne vous inquiétez pas de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous
enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. Autrement dit : ne
cherchez pas trop dans les ressources de votre intelligence les pensées
intéressantes que vous pourriez offrir à Dieu pour son édification,
laissez-vous plutôt envahir par son Esprit d'amour.
N'étant pas un spécialiste de ces
questions ni un maître spirituel, je cède la parole à mon amie Thérèse d'Avila.
Je dis "mon amie" parce que votre sœur Marie-Pia m'a suggéré il y a
bien longtemps de faire d'elle mon amie, et c'est grâce à elle que, moi qui ne
lis pas, j'ai lu ses œuvres complètes et toute sa correspondance. Elle écrit à
propos de la parfaite oraison : "J'ai rencontré des gens pour qui
toute l'affaire est dans la pensée ; s'ils peuvent la fixer longuement sur
Dieu, quand même ce serait par de grands efforts, ils se tiennent pour
spirituels ; s'ils s'en distraient, n'en pouvant plus, et serait-ce pour
le bien, le désespoir s'empare d'eux, ils se croient perdus… Je ne dis pas que
ce ne soit pas une grâce du Seigneur que de pouvoir méditer sans cesse sur ses
œuvres, il est même bon de nous y efforcer. Mais il faut comprendre que toutes
les imaginations n'y sont pas naturellement portées, tandis que toutes les âmes
sont douées pour aimer… Je voudrais seulement faire comprendre que l'âme n'est
pas la pensée, que ce n'est pas la pensée qui commande à la volonté, sous peine
de grand dommage ; pour le progrès de l'âme il résulte donc qu'il ne
s'agit pas de penser beaucoup, mais de beaucoup aimer[1]."
Frère François de
Wavreumont
Extrait de la
conférence donnée à Hurtebise le 12 octobre 26
vendredi 16 octobre 2026
Liturgie de la Parole 28e vendredi TO-II Luc 12, 1-7 ; Éphésiens 1, 11-14
Méditation
Cherchez le Seigneur, et vous serez affermis,
Recherchez sans trêve sa face.
cf. Psaume 104,3-4
Saint Paul nous dit :
« Nous espérons dans le Christ, nous écoutons la parole de vérité, l’évangile de notre salut, nous avons reçu la marque de l’Esprit Saint et l’Esprit promis par Dieu est une première avance sur notre héritage » donc c’est ici et maintenant que cela commence dans notre quotidien et avec ce monde en folie.
Et l’évangile Luc (12,1-7
« N’ayez pas peur de ceux qui peuvent atteindre le corps, N’aie pas peur, tu as du prix à mes yeux » (Isaïe 43, 4-5).
Nous n’avons rien à réussir, rien à prouver. Juste laisser résonner en nous ce que Jésus veut nous dire.
1.« Tout ce qui est caché sera connu ». Je ne vois pas comme une menace, c’est une invitation à mieux se connaitre en profondeur. Sentir nos contradictions. Un travail de connaissance sur soi ? Oui.
Une invitation à nous laisser rejoindre par Dieu dans notre vérité et nos masques. Dieu ne nous invite pas à devenir parfaits, mais à oser être vrai avec nos ombres et nos lumières.
Me dire en vérité, oser l’authenticité ? Oui
2.« Ne craignez pas ». Jésus parle de la peur. Il nous invite à ne pas nous laisser dominer par nos peurs. Les accueillir et ne pas nous réduire à elles. La confiance en Dieu aide à les traverser. Une autre lecture montant du dedans peut traverser ces peurs avec « Amour ».
Qu’est-ce qui me fait peur aujourd’hui et que je souhaite déposer ?
3.« Vous valez plus qu’une multitude de moineaux » Est-ce que je peux accueillir l’idée que j’ai du prix aux yeux du Seigneur, même dans mes fragilités ?
4.« Même les cheveux de votre tête sont tous comptés » Jésus à beaucoup d’humour et beaucoup de délicatesse. Il croit en nous jusqu’à la fine pointe de notre condition humaine. Il nous aime.
Osons la vérité,
Apprenons à faire confiance,
Accueillir et découvrir que je suis connu et précieux aux yeux de Dieu.
Invitation au Notre Père
Seigneur, que Ta
Parole devienne en nous une source de liberté, de confiance et de vie. Ensemble
prions le « Notre-Père ».
Brigitte le 16
octobre 26
jeudi 15 octobre 2026
Liturgie de la Parole 28e jeudi TO-II Luc 11, 47-54 ; Éphésiens 1, 1-10
Méditation
Sr Marie, Carmel saint Joseph le 15 octobre 2020
https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/luc-11-47-54-4/
Autre commentaire: Pierre Hannosset ce 15 octobre 26: https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/sainte-therese-de-jesus-davila-mettons.html
mercredi 14 octobre 2026
Liturgie de la Parole 28e mercredi TO-II Luc 11, 42-46 ; Galates 5, 18-25
Méditation
Mes Sœurs,
Frère François nous a commenté cet Évangile lundi lors de sa conférence. Aussi
je suis dans « mes petits souliers » … qui de toute façon chez moi, ne
peuvent être pas grands ! Même si j’étais bien avancée dans ma méditation
lundi matin, j’ai été tentée de me taire, mais c’était trop facile et un peu
lâche. Alors je vous partage mes réflexions, vous en ferez ce que vous voudrez.
« La
visite de Jésus n’est pas que pacifique. Comme un défi, elle met chacun en face
de sa responsabilité et le force à se démasquer. L’amour de Dieu n’est pas
faiblesse. Il voudrait bien pénétrer jusqu’à l’intérieur de l’homme pour y
réveiller la vie, pour y remettre en place l’essentiel. Mais il ne peut forcer
les barrières que l’homme construit pour ne pas être dérangé, pour ne perdre la
face. Dieu ne peut accéder au cœur de celui qui vit à l’extérieur de lui-même,
et se justifie dans les apparences. Scribes et pharisiens entrent en fureur
contre lui et veulent le perdre. Que le Seigneur perce notre carapace ! ... »[1] (Mgr Lucien
Daloz, 1930-2012)
Je pense à
saint Benoît « Il est un mauvais zèle, un zèle
amer, qui sépare de Dieu et mène à l’enfer. De même, il est un bon zèle qui
sépare des vices, et mène à Dieu et à la vie éternelle. »[2]
Selon le zèle
qui habite le cœur, il y a le risque de « passer à côté du jugement et
de l’amour de Dieu ». C’est-ce que Jésus reproche aux Pharisiens. Ils
pensent à l’accessoire et à l’apparence, ils en oublient l’essentiel. Et aux
docteurs de la loi « vous chargez les gens de fardeaux impossibles à
porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. »
Jésus n’y va
pas dans la douceur ! Mais c’est pour qu’ils se rendent compte que leurs
attitudes les rendent malheureux, les conduisent au malheur parce qu’ils
passent à côté du jugement de Dieu et de l’amour.
Ces risques
nous guettent tous et toutes. Le jugement de Dieu, Jésus le mettra en scène au
chapitre 25 de saint Matthieu ! « Amen je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait (ou … que vous ne l’avez pas fait) à
l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »[3]… ou
« que vous ne l’avez pas fait »[4]
C’est alors
qu’il est important de revenir à saint Paul. Par qui, par quoi nous
laissons-nous conduire ? Un peu plus haut dans sa lettre (Galates 5, 14
que nous n’avons pas entendu) saint Paul écrit : « Toute la
Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : ’’tu aimeras ton
prochain comme toi-même’’[5] »
Est-ce que je
choisis d’aimer mon prochain ? En théorie, nous répondons tous oui…
mais dans la pratique ce OUI n’est pas toujours facile à mettre en œuvre !
Saint Paul
énumère 16 actions mauvaises qui atteignent la personne et ses relations et il
laisse la liste ouverte « et autres choses du même genre ».
Ces actions rendent malheureux ceux et celles qui les font, ceux et celles qui
les subissent !
Et puis il
nous donne LE fruit de l’Esprit. Il n’y en a qu’un, l’amour, qui se déploie en
8 attitudes, c’est-à-dire la moitié du nombre des actions mauvaises, sans
compter les « autres choses (mauvaises) du même genre ».
Comme pour nous dire que le bien porte au moins deux fois plus de fruit que le
mal, même s’il est silencieux et se fait moins remarquer !
« Voici
le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance,
fidélité, douceur et maîtrise de soi. » Nous parlons parfois des 9
fruits de l’Esprit. Mais à la suite d’autres personnes, je pense que le
premier, l’amour, est LE fruit de l’Esprit ! Les huit autres en sont les
harmonies concrètes. Si nous nous employons à les exercer l’une après l’autre,
jour après jour, dans l’ordre qui se présente à chacun, à chacune, selon les
circonstances, l’amour grandira en nous, entre nous. Et nous aurons à un moment
ou à un autre la joie de le constater.
Puisque
l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit d’amour et de vérité.
Invitation au
Notre Père
« Puisque l’Esprit nous
fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » :
qu’il porte le fruit de l’amour et chante en nous la prière reçue du Seigneur
Jésus : Notre Père
sr Marie-Christine le 14 octobre 26
[1] Lucien DALOZ Dieu a visité son peuple, lecture spirituelle de Luc.
Desclée de Brouwer, Paris, 1985, p. 100-101
[2] Règle de saint Benoit 72,1
[3] Matthieu 25, 40
[4] Matthieu 25, 45
[5] Cf. Lévitique 19, 18 et
Matthieu 22, 39 et parallèles
