samedi 1 août 2026

Liturgie 17e samedi TO-II Matthieu 14, 1-12 ; Jérémie 26, 11-16.24

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Eglise.

En mode musical, on appellerait la liturgie du jour « variations sur un même thème ».

En ce 1er août, nous faisons mémoire de Saint Alphonse de Liguori, fondateur des Rédemptoristes pour l’évangélisation des campagnes… un homme qui connut de grandes épreuves : persécutions, abandons et trahisons.

La liturgie du 17e samedi du TO complète le tableau. Deux martyrs nous sont proposés : le prophète Jérémie, menacé de mort parce qu’il a parlé contre Jérusalem.

Et Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus, décapité pour avoir proféré une Parole au nom du Seigneur.

Dans le sillage de ces 3 figures de l’Histoire, avec notre quotidien tel qu’il et nous, tels que nous sommes, nous nous présentons devant le Seigneur.

Prions-le « d’accorder nos esprits à nos voix », pour rejoindre par la prière les hommes et femmes de notre temps…

 

Méditation

Jérémie, au 6e siècle avant JC.

Jean-Baptiste, au premier siècle de notre ère.

St Alphonse de Liguori, au 18e siècle.

3 époques, 3 situations similaires d’engagements envers cette Parole de Dieu qui met l’homme en chemin.

Jérémie, fort de la foi en son appel, se défend des accusations qui lui sont adressées : « C’est le Seigneur qui m’a envoyé prophétiser contre cette Maison et contre cette ville, et dire toutes les paroles que vous avez entendues »

A son époque, Jean le Baptiste énonce la Parole du Seigneur adressée à Hérode, à propos de sa liaison avec la femme de son frère : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme »

Et nous, comment nous situons-nous face à la Parole du Seigneur ?

Si le verset de l’acclamation déclare « heureux » les persécutés pour la justice, où puiser la force pour endurer un tel sort ?

Une réponse nous est donnée dans le psaume de ce jour.

Le psalmiste expérimente, lui aussi, l’humiliation, en termes de « boue… ceux qui me haïssent… l’abîme des eaux… les flots qui submergent … le gouffre… la gueule du puits »

Puis une transformation s’opère :

« Et moi, humilié, meurtri, que ton salut, Dieu, me redresse »

On perçoit l’Espérance du psalmiste qui s’engage à « louer », à « magnifier », à « rendre grâce au Seigneur »

Et qui adresse une parole à Dieu dans sa souffrance.

Ce qui permet une telle Espérance, une telle audace, c’est l’expérience : « Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête… car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés »

C’est le mouvement qui conduit de l’humiliation à l’humilité.

Et, dans cette humilité, l’Espérance d’être visité par le Seigneur.

Telle est l’issue face à tout ce qui nous accable : découragements, épreuves, douleurs, souffrances.

Chemin de foi et d’Espérance : « le Seigneur écoute les humbles »

Oui, le Seigneur écoute et agit !

Souvenons-nous du geste de salut de Dieu en faveur de son peuple Israël.

Geste fondateur, pilier de sa foi.

Avant de libérer son peuple de l’esclavage d’Egypte, Dieu adressait cette parole à Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants… » (Exode 3, 7)

Dieu entend, Dieu écoute, Dieu libère, Dieu sauve.

Dieu ne pourrait-il pas renouveler aujourd’hui ses gestes de salut ?

 

Temps de silence

Notre Père

 

Oraison

Seigneur, nous avons fait mémoire de ceux qui furent persécutés en ton nom : Jérémie, Jean le Baptiste, St Alphonse de Liguori.

Le psalmiste a ouvert une brèche dans la persécution pour convertir l’humiliation en humilité, humilité capable d’accueillir ton salut.

Comme à tes fidèles souffrants, accorde-nous l’Espérance de ta visite et la foi en ton écoute.

Alors, avec le psalmiste, nous pourrons louer ton Nom, te magnifier, te rendre grâces.

Et être témoin de ton salut : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »

Nous te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean le 1er août 2020

vendredi 31 juillet 2026

Liturgie de la Parole 17e vendredi TO-II Matthieu 13, 54-58 ; Jérémie 26, 1-9a

Saint Ignace de Loyola

Homélie

Reconnaître en Mère Teresa une femme exceptionnelle, cela ne nous coûte guère. Mais si c'est quelqu'un de chez nous... c'est une autre histoire. « Pourtant, c'est un gars de Liège ! » Et pour paraphraser Nathanaël : « De Liège, peut-il sortir quelque chose de bon ? » La proximité émousse souvent l'émerveillement. Nous croyons connaître ; alors nous ne regardons plus. C'est exactement ce qui arrive à Jésus. Les habitants de Nazareth ne contestent ni son intelligence, ni les miracles dont ils entendent parler. Ils posent simplement cette question : « D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? » Autrement dit : « Ce n'est pas possible. Nous savons bien qui il est. » Ils connaissent son métier. Ils connaissent sa famille. Ils connaissent son adresse. Ils savent tout de son passé ; mais ils ne voient plus Celui qui se tient devant eux. Ils connaissent son histoire, ils ne reconnaissent plus son mystère.


Voilà peut-être le plus grand danger de la foi. Nous aussi, nous pouvons tomber dans ce piège. « Je connais mon catéchisme. Je vais à la messe. J'ai déjà fait plusieurs pèlerinages... » Bref : je suis baptisé, donc je connais Dieu. Comme si Dieu pouvait un jour tenir tout entier dans nos définitions !


Jérémie fait la même expérience. Il annonce fidèlement la Parole de Dieu. Et on veut le faire taire. Pourquoi ? Parce qu'une parole qui dérange est toujours plus facile à éliminer qu'à écouter. Rappelez-vous la chanson de Guy Béart : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ». Nous préférons souvent un Dieu qui dit ce que je pense à un Dieu qui m’invite à changer.


Et c'est ici que saint Ignace entre discrètement dans cette liturgie. Au début de sa vie, Ignace était un chevalier qui rêvait de gloire. Puis un boulet de canon est venu briser ses projets. Pendant sa longue convalescence, il n'avait presque rien à lire. On lui donna une Vie du Christ et des vies de saints. Et, peu à peu, il découvrit qu'il existait une autre manière de gagner le monde : laisser le Christ gagner son cœur. Il écrira plus tard cette phrase célèbre des Exercices spirituels : « Il faut chercher et trouver Dieu en toutes choses. » Quelle merveilleuse réponse à l'Évangile ! Ignace n'a pas trouvé Dieu ailleurs ; il l'a découvert autrement. Les habitants de Nazareth cherchaient un Dieu extraordinaire ; Ignace apprend à reconnaître l'extraordinaire de Dieu dans l'ordinaire de la vie.

Où cherchons-nous Dieu ? Dans des expériences extraordinaires ? Dans des miracles spectaculaires ? Ou bien dans cette journée qui commence ?  


À la fin de l'Évangile, une phrase est particulièrement émouvante : « Il ne fit pas beaucoup de miracles à cause de leur manque de foi. » Ce n'est pas que Jésus ne puisse plus agir. C'est que les cœurs sont fermés. Dieu ne force jamais une porte. Il frappe. Il attend. Il espère. L’Apocalypse le dit : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et qu’il m’ouvre, je prendrai mon repas avec lui, moi avec lui et lui avec moi. »


Alors peut-être que le plus grand miracle d'aujourd'hui ne sera pas spectaculaire. Ce sera simplement de laisser une porte s'ouvrir dans notre vie. Et si cette porte s'ouvre, le Christ fera le reste. Amen.

Pierre Hannosset le 31 juillet 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/07/saint-ignace-de-loyola-mettons-nous-en.html 


jeudi 30 juillet 2026

Liturgie de la Parole 17e jeudi TO-II Matthieu 13, 37-53 ; Jérémie 18, 1-6

Méditation

L’Evangile de ce jour est en partie ce lui de dimanche dernier… Je m’en suis aperçue alors que j’avais déjà avancé dans ma réflexion. De plus Mgr Jean Kockerols l’a commenté. J’étais tentée de me taire. Mais comme l’Ecriture est inépuisable et que j’étais partie sur une autre piste, je vous livre tout de même ma méditation.

L’expérience que fait Jérémie à la maison du potier est parlante : il doit commencer par se lever, sortir de chez lui et descendre. Il observe en silence puis le Seigneur lui parle. La parole du Seigneur est une bonne nouvelle : vous m’avez fait échec par votre conduite, je change mon plan et suis prêt à tout recommencer avec vous, autrement, pour que vous deveniez de plus en plus la maison d’Israël ! Je veux vous façonner comme maison. Une maison dans l’antiquité est constituée de l’ensemble des personnes qui l’habitent et collaborent pour qu’elle tourne. Chacun, chacune y a sa place, son rôle à jouer.

Ce passage de Jérémie complète bien l’Evangile. D’abord, dans ce filet, il y a toutes sortes de poisson. Pas d’uniformité, mais une grande diversité. Chacun est unique et cela ne gêne pas du tout le Seigneur. Ce qu’il regarde c’est le cœur. Alors à première lecture, je me suis dit : le Seigneur rejette ce qui ne vaut rien. D’autant que ce qui est traduit par « ce qui ne vaut rien » signifie plutôt « pourri » ! Alors, échec ?

Oui nous pouvons mettre le Seigneur en échec, nous pouvons le rendre impuissant. Si c’est pourri, on ne peut vraiment rien faire… sauf prévenir avant que la situation soit telle. Et c’est que fait Jésus.

Comme dans Jérémie, il y a une invitation à la conversion : à la fin du monde, les méchants, qui jusque-là étaient mêlés aux justes, en seront séparés et jetés dans la fournaise.

Mais si le Seigneur prévient… c’est pour qu’il n’en soit pas ainsi, pour que chacun puisse se convertir, rejeter le mal et choisir le bien.

J’ajoute une petite note : ce qui est pourri et donc rejeté, va continuer à pourrir et finalement va se transformer en compost… qui fécondera la terre. Intolérable si nous le regardons comme concernant des personnes, ce verset devient source de vie et Bonne Nouvelle si nous regardons tout ce qui, en nous, nous « pourrit la vie » comme on dit parfois : le Seigneur en tirera quelque chose… laissons-lui, laissons-nous, le temps ! Gardons confiance !

 

Puis Jésus termine par une petite question à ses disciples « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondirent : « Oui ». »

J’ai envie de dire : ils ont bien de la chance d’avoir compris tout cela !

Mais Jésus ne les détrompe pas, il ajoute une petite parabole.

Que pourrait-il bien vouloir dire avec cette histoire du scribe ?

Déjà, ce scribe a un trésor en lui. Ce trésor n’est pas figé, statique, mais divers, vivant, agissant. Le scribe est en effet l’homme de la Parole : il passe son temps à la lire, à la transcrire, à la commenter. Il ne cesse de s’en nourrir : il y a donc en lui du neuf qu’il vient de recevoir (le long discours des paraboles), et de l’ancien, qu’il a au fond de lui-même (tout ce qu’il a déjà entendu et vu). Tout cela se « combine » et fait de lui de plus en plus un disciple du Royaume des Cieux.

C’est peut-être comme si Jésus disait à ses disciples : Oui, vous avez compris, mais ne cessez pas de chercher à comprendre. Parce que ce trésor de la Parole est tellement riche que vous ne l’épuiserez pas, au contraire, plus vous y puisez, plus il se renouvelle et vous renouvelle.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur comme un potier tu veux nous façonner à ton image et à ta ressemblance. Quand nous nous éloignons de ton projet d’amour, tu restes fidèle. Par le Christ et dans l’Esprit que nous annoncions ta miséricorde en priant le « Notre Père »

Sr Marie-Christine le 30 juillet 26

mercredi 29 juillet 2026

Liturgie de la Parole 29 juillet Sts Marthe, Marie et Lazare Jean 11, 19-27 ; Genèse 18, 1-6.8

Les amis du Seigneur
Méditation

Deux récits qui ne font pas l’apologie de la souffrance mais celle de la Vie.

Ce qui trouve un écho en moi dans ces récits est cette part d’hospitalité qui est à la fois un accueil et une disponibilité à l’Autre et pour l’Autre.

Je perçois alors la nécessité d’un éveil, une écoute, pour une découverte au cœur de notre être d’une présence bienveillante de Quelqu’un qui me veut du bien.

Si « l’ordinaire » des jours ordinaires nous ouvre à cette disposition hospitalière, je dois bien reconnaître que le plus souvent, les événements imprévisibles et surprenants de la vie dilatent notre cœur par le biais d’émotions fortes, douloureuses ou joyeuses. Il arrive parfois qu’une ouverture à l’écoute et l’hospitalité se manifeste de façon pressante.

L’histoire biblique vient ici révéler nos histoires humaines. En même temps, elle nous enseigne des attitudes que je relève de manière succincte :

-        Abraham est assis à l’entrée de la tente. Il voit trois hommes qui se tiennent debout près de lui.

Marthe et Marie sont assises dans la maison.  Jésus est debout. Il s’approche, il arrive.

-        Ce qu’Abraham voie, ce sont trois hommes dont l’un qui lui parle divinement bien.  C’est le Seigneur.

-        Marthe et Marie voient Jésus, leur ami, un homme qu’elles aiment et sur qui elles comptent beaucoup. Marthe perçoit qu’il y a du divin en Jésus et le reconnaît « Fils de Dieu »

-        Abraham court à leur rencontre : « il vit et il courut. » Il y a un empressement.

Quand Marthe apprend que Jésus arrive, elle va à sa rencontre. Puis elle annonce la nouvelle à Marie qui, à son tour, se lève bien vite et va vers lui.

-        Abraham se prosterne à terre

Marie tombe aux pieds de Jésus

-        Abraham dit : Je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux

Marthe et Marie disent, chacune à leur tour : Seigneur, si tu avais été ici, si tu avais été là… mais je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.

C’est le même empressement, le même respect, le même désir qui président aux deux destinées. Il y a une hospitalité, un accueil à une promesse de vie.

Cela part de deux situations désespérées.

-        D’une part, Abraham et sa femme sont désespérés et résignés, vu leurs âges, à l’idée de ne pas avoir d’enfant. C’est une forme de deuil à traverser.

-        D’autre part, Marthe et Marie sont confrontées à la mort de leur frère Lazare. C’est le deuil d’une séparation humaine douloureuse.

J’aime assez ces récits parce qu’ils nous parlent d’expériences humaines qui viennent tous et toutes nous impacter à un moment ou l’autre de notre existence.

Cette réalité humaine est manifestée par l’ambivalence des attitudes vécues : d’une part la douleur et d’autre part « la force de vie » qui se donne au cœur « ouvert » et « hospitalier ». Je crois que ce chemin de l’hospitalité donne à découvrir ce qui commence à apparaître au-dedans de nous : l’espace pour Quelqu’un d’autre. Le temps de l’épreuve et de la séparation peut se révéler être le temps du développement et du mûrissement en soi d’une Présence.

Il faut vivre ces expériences pour que des ténèbres jaillissent la Lumière. Il faut une expérience suffisamment forte pour croire que Quelqu’un me garde, que Quelqu’un prend soin de moi et me veut du bien.

En voyageant ces deniers jours sur les pas d’Etty Hillesum que beaucoup d’entre vous connaissent, j’ai vécu beaucoup d’émotions, touché que j’étais par l’accueil qu’elle offrait à Celui qu’elle ne connaissait pas et qu’elle appelait Dieu. Juive, brimée comme l’ensemble de ses congénères, déportée à Westerbork puis à Auschwitz pour être gazée, elle ne dit pas : « Si tu avais été là ». Elle dit :

« Mon Dieu, assiste-moi, donne-moi ta force. Prends-moi dans ta grande main et fais de moi ton instrument. »

L’impulsion religieuse de s’agenouiller, le visage caché dans les mains, était plus forte qu’elle. C’étaient les seules manières d’écouter les sources cachées en elle. Elle devait rester en contact avec le « courant souterrain » en elle. Elle avait appris à écouter au plus profond de soi ; à se laisser guider, non par des incitations du monde extérieur, mais par une urgence intérieure. 

Elle se persuadait qu’il n’y avait d’autre réponse à la terreur que de suivre le chemin vers l’intérieur et d’éradiquer la haine là où elle prenait naissance. :  dans le cœur des hommes, à commencer par le sien propre. C’est tellement facile aussi ce désir de vengeance.  Cela ne nous apportera rien, la haine et la vengeance ne peuvent être la solution.    Il n’y a d’autre chemin que celui de l’amour… « Mon Dieu, je continue à tout regarder en face, je ne me sauve devant rien, je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j’essaye toujours de retrouver la trace de l’homme dans sa nudité, sa fragilité ; retrouver la trace de cet homme bien souvent introuvable parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes »

Une chose est sûre, écrit Etty, il faut contribuer à agrandir les réserves d’amour sur cette terre. Chaque petite portion de haine que l’on ajoute aux haines déjà bien trop nombreuses rend ce monde encore plus inhospitalier et invivable.

Je ne me sens entre les griffes de personne, je me sens seulement dans les bras de Dieu.  On pourra peut-être me briser physiquement, mais c’est tout.

« Je te remercie de me donner parfois ce sentiment de dilatation, qui n’est rien d’autre que le sentiment d’être pleine de toi. »

« Quand on a une certitude nouvelle dans sa vie il faut lui donner un abri, lui trouver une place.

Sur les paroles tirées de la Bible et quelques paroles du témoignage de vie d’Etty Hillesum sur sa manière de vivre l’hospitalité, je vous souhaite une bonne méditation.

 

Invitation au « Notre Père »

Toi qui es bon, qui nous relèves et nous donnes vie, tu es plein d’amour pour ceux qui t’appellent.  Ecoute notre prière, Seigneur, entends nos voix qui te supplient.

Raymond le 29 juillet 26

mardi 28 juillet 2026

Liturgie de la Parole 17e mardi TO-II Matthieu 13, 36-43 ; Jérémie 14, 17-22

Introduction

Bonjour à chacun, à chacune ! Sommes-nous en carême ? Le texte de Jérémie pourrait nous le faire penser ! Mais n’est-ce pas tous les jours qu’il nous faut reconnaître nos fautes, nos dérapages, nos manques d’amour, et en demander pardon ? Implorer la miséricorde du Seigneur, en s’appuyant, non sur nos soit disant mérites, mais sur son Alliance et sa fidélité !

L’Evangile va dans le même sens quand Jésus nous montre à quel point le blé et l’ivraie sont mêlés et inséparables avant l’heure choisie par Dieu. Nous le sentons bien en nous-mêmes !

Prions le Dieu de miséricorde en notre nom, au nom de l’Église et du monde.

 

Méditation

Nous venons d’entendre l’explication de la parabole de l’ivraie dans le champ, mais la parabole nous aurions dû l’entendre samedi si nous n’avions pas fêté saint Jacques. Cependant nous l’avons écoutée il y a 8 jours, le 16ème dimanche.

Le Père Radermackers traduit «  la belle semence » : non seulement elle est bonne, mais aussi belle. Et c’est normal puisque ce bon et beau grain est semé par le Fils de l’homme, Jésus lui-même dont saint Pierre a si bien dit « Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui » (Actes 10,38) et j’ajoute : « et lui avec Dieu », ils sont inséparables. Cette belle semence : elle est unique, c’est la vie semée dans les cœurs par le Fils de l’homme ; elle rend ceux qui la reçoivent fils du Royaume de leur Père

L’accueillir et la laisser croître en nous, rend bons et donc belles, beaux. Oui la bonté rend belle, rend beau ! Ce n’est pas de l’esthétique mais de la lumière. La dernière phrase de notre évangile est si vraie et encourageante « les justes (les bons, car comment être juste, ajusté au Seigneur sans être véritablement bon) resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père ». La beauté du visage, nous en avons des exemples en tête et devant nous ! Ils resplendissent !

Et pourtant il y a « les ivraies »comme traduit le Père Radermackers, elles sont là, en nous, et dans le monde. Elles aussi ont une force de croissance, elles nous contrarient, nous empoisonnent l’existence, nous voudrions bien les arracher et en être définitivement débarrassés ! Le pluriel manifeste que ce sont multiples et variées mais toujours forces de divisions, de zizanies comme traduit le latin. Zizanies, ce mot si expressif !

Nous le sentons bien notre cœur divisé, (voir Romains 7,18b-19). Nous nous prenons en flagrant délit : pas de découragement ! Tournons-nous vers le Seigneur : « qui regarde vers lui resplendira » dit le Psaume 33. Crions vers lui comme avec le psaume qui accompagne la lecture de Jérémie :

Que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !

 

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !

Pour la gloire et la cause de ton nom, viens nous ajuster à toi Seigneur. Viens resplendir en nous, viens unifier notre cœur ! Viens changer les ivraies en beau grain du Christ.

 

Introduction au Notre Père

« Le Royaume de leur Père » …Seigneur Jésus en parlant ainsi, tu nous invites à une relation de proximité avec ton Père et notre Père, à une tendresse confiante. Appuyés sur toi nous osons redire avec toute l’Église…

 

Oraison de conclusion

Seigneur Jésus n’arrête pas l’œuvre de tes mains dans tous les cœurs ! Que ton Esprit unifie ce qui est divisé, redresse ce qui est tordu, lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, rende droit ce qui est faussé… et change les ivraies en beau et bon grain de la vie avec le Christ. Toi notre Seigneur et notre Vie qui règnes avec le Père et l’Esprit pour les siècles des siècles. Amen

Sr Marie-Christine le 28 juillet 2020