Liturgie 2e mercredi de Pâques Jean 3, 16-21 ; Actes 5, 17-26
Ouverture
« Tu es un maître en Israël, et tu ne connais pas ces choses ? »
Conversation entre Jésus et Nicodème : la liturgie l’a divisée en trois parties, nous entendons aujourd’hui la troisième. Être un maître en Israël, c’est savoir faire la part des choses entre peshat et midrash, entre le sens littéral et le sen figuré, allusif, allégorique. Jésus a parlé de nouvelle naissance, et puis il a parlé du serpent de bronze élevé dans le désert… deux images qui invitent Nicodème à réfléchir. Ouvrons nos cœurs à l’Esprit, car le vent souffle où il veut.
Résonances
La conversation avec Nicodème avait commencé de nuit. Elle se termine par une invitation à sortir de la nuit. Nuit au sens propre et au sens figuré.
Dans la première lecture, il est aussi question de nuit. Les apôtres sont publiquement jetés en prison (donc à la lumière du jour, au regard de tous), mais la nuit l’Ange du Seigneur vient ouvrir les portes de la prison et les faire sortir. Dès le matin, ils entrent dans le temple pour enseigner. Malgré ce qui leur est arrivé, ils ne craignent pas la lumière du jour ! On peut leur appliquer cette parole de l’évangile : « la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »
La vie avec Jésus nous met devant un choix (le mot « jugement » qui apparaît ici, krisis évoque un « discernement »). Dans l’AT, on parle souvent du « jugement », qui doit se faire lors du « jour du Seigneur ». Ce jugement est redouté, car il est vu comme un moment critique où il faudra rendre des comptes à Dieu. A travers la parabole du serpent de bronze, Jésus fait basculer cette image. Dieu ne fait pas des comptes d’apothicaire de nos péchés. Du côté de Dieu, il n’y a qu’un seul moteur : l’amour.
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » … « pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé ».
Le choix n’est pas : choisir entre la lumière et les ténèbres.
On ne choisit pas la lumière : elle est là, d’office. Mais on choisit de l’accueillir ou de ne pas l’accueillir. Par cette image, Jésus suggère que le « jugement » n’est pas le fait de Dieu, mais qu’il est du côté des hommes. Du côté de Dieu, il n’y a qu’un seul désir : sauver. Du côté de Dieu, il n’y a qu’une seule action : aimer.
As-tu compris, Nicodème ?
Prière
Seigneur, ta lumière nous devance et nous incite à sortir de la nuit de nos prisons. En elle, nous avons l’audace de témoigner de l’espérance inouïe que donne ta résurrection. Que cette audace, nourrie par ton Esprit, fortifie en nous la foi et la charité.
Sr Marie Raphaël écrit le 10 avril 2024
