dimanche 17 mai 2026

Liturgie 7e dimanche de Pâques A Jean 17, 1b-11a ; Actes 1, 12-14

Roi céleste consolateur, Esprit de vérité, partout présent et remplissant l’univers, trésor de grâce qui donne la vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure, et sauve nos âmes, toi qui es bonté.

 

Introduction

Bonjour, nous voici rassemblés en Eglise, pour un temps de prière. C’est dimanche, c’est le Jour du Seigneur, le jour où traditionnellement l’Eglise rompt et partage le pain eucharistique en mémoire du mystère pascal. Le confinement interdit ce geste. Mais nous allons retrouver au livre des Actes la toute première communauté chrétienne, rassemblée au cénacle. Là il n’est pas dit que l’on rompait le pain, mais bien que les disciples y étaient, d’un même cœur, assidus à la prière. Nous sommes là comme eux. Que ce moment de prière partagée nous rassemble, unisse nos cœurs. Que nous soyons ensemble cellule d’Eglise unie à l’Eglise universelle, répandue à travers le monde. Que nous soyons ainsi les uns pour les autres, sacrement de la présence du Christ. Dans le cadre de la neuvaine à l’Esprit aujourd’hui, nous prions pour un monde tissé par des liens de solidarité. Pour un monde où nous nous savons responsables les uns des autres, les uns avec les autres. Et comment vivre cette solidarité, sinon en l’enracinant profondément dans la prière. Que le Seigneur nous rassemble en sa trinité sainte :  au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

 

Après l’Evangile

Le livre des Actes nous rappelait la prière de la première communauté chrétienne. L’Evangile nous partage la prière de Jésus. Enfin, un morceau de cette grande prière que Jésus adresse à son Père avant d’entrer en sa passion.  Jésus demande que son œuvre, qui a été de révéler le Père, de transmettre son salut, soit poursuivie jusqu’à son terme. Il demande que sa mort même participe de cette œuvre de révélation. Par le don de sa vie, Jésus veut partager la vie éternelle à ses disciples. La vie éternelle, c’est-à-dire la vie en plénitude. La vie animée par le souffle de l’Esprit, la vie qui est connaissance, communion par l’Esprit avec le Père et le Fils.

Vient alors cette parole : Père, ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés ! Elle ne vous choque pas cette prière de Jésus ? Pourquoi ne prie-t-il pas pour le monde ? Jean plus haut en son évangile ne dit-il pas que Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique... et encore Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé ! Alors vous la comprenez cette prière de Jésus... ce n’est pas pour le monde que je prie ?

On a le choix : se scandaliser définitivement et déclarer que saint Jean ce n’est pas pour nous... Ou creuser... Une première approche sera de déclarer que ce n’est pas le même sens qu’il faut donner au mot monde, dans les deux versets que je viens de citer. Et découvrir que si Jésus ne prie pas pour le monde, c’est qu’il ne peut forcer cet univers qui le refuse. Jésus ne s’impose pas. Si le monde le rejette, il accepte, s’incline et se retire sur la pointe des pieds. Bref, il accepte l’échec définitif de sa mission. C’est cela le prix de l’amour : il ne s’impose pas. Il laisse à chacun la liberté de l’accueillir ou non. Si prier pour le monde est équivalent à dire : Père oblige les à m’accueillir. On comprend aisément que Jésus ne peut faire une telle prière. 

Peut-être me direz-vous alors, que les saints, eux n’ont eu de cesse de prier pour ceux qui refusaient Dieu. Isaac le Syrien pour ne citer que lui, a prié résolument pour serpents et démons ! Était-il dans l’erreur ? Alors Jésus nous a demandé de prier pour nos ennemis... et lui ne prie pas pour le monde ?

Mais au fait : si Jésus en ce moment précis, ne prie pas pour le monde, n’est-ce pas parce qu’il nous confie cette prière ? Et lorsqu’il délègue, il délègue vraiment. Vous allez me demander avec raison d’appuyer quelque peu une telle lecture qui pourrait être dérangeante, car si cette interprétation est bonne, elle nous engage !!!

En partageant sa prière, Jésus nous partage l’intimité qu’il vit avec son Père, il dévoile sa relation filiale, et sa perception de la mission. Il témoigne de ce qu’il a voulu vivre dans le lavement des pieds, comme en toute sa vie. Jésus est venu nous dire le visage du Père. Dieu est amour, et parce qu’il est amour, il est serviteur. Dieu est amour, et parce qu’il n’est qu’amour, il n’est que don, partage, vie en abondance. Et ce don qu’est Dieu le Père, Jésus l’a reçu en plénitude, pour le donner à son tour.

Maintenant l’heure de Jésus est venue, où il retourne au Père, en confiant à ses disciples ce monde que Dieu a tant aimé : Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Jean aurait pu écrire ici Jésus a tant aimé le monde, qu’il lui a donné ses disciples ! Jésus en cette prière dit tout le mouvement de son incarnation, et nous y entraîne. Jésus quitte le monde, il nous le confie, il nous y envoie : c’est à nous de prier pour le monde et d’y révéler le visage du Père.

C’est bien ce que nous découvre le livre des Actes des Apôtres : après l’Ascension de Jésus, les disciples se retrouvent en la chambre haute pour prier, le fruit de leur prière ce sera le don de l’Esprit au jour de Pentecôte. Et ce don les lancera à la rencontre du monde, porteurs de vie, porteurs du salut de Dieu. Prière et mission sont toujours liées.

 Alors dites-moi, pouvons-nous l’accueillir cette prière de Jésus : Père je ne prie pas pour le monde... car j’ai confié à mes disciples cette tâche. Je prie pour eux, à qui je confie le monde ! Qu’à ma suite, ils lui proposent ton amour. Grandeur de la foi de Jésus : il n’a que nous tous croyants répandus à travers le monde, pour y porter le salut, la vie ! Nous tous ici rassemblés, nous sommes invités à porter solidairement notre monde au Père par la prière, nous sommes invités à être en notre monde présence de Dieu, visage du Père !

Prenons un temps de prière silencieuse, pour laisser Dieu faire de nous ses envoyés, comme il veut, là où il veut. Qu’il nous fortifie, pour que nous soyons solidairement engagés pour le Royaume.

 

Notre Père

Tous d’un même cœur étaient assidus à la prière, aussi comme Jésus nous l’a appris nous aimons dire :

 

Regard de paix

Seigneur Jésus, tu as dit à tes apôtres, je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, regarde notre assemblée, fais descendre sur chacun de nous ta paix. Qu’elle envahisse nos cœurs et déborde sur tous ceux et celles avec qui tu nous demandes d’être solidaires.

Jésus, tu nous fais porteur de ta paix, donne-nous maintenant de la partager.

 

Communion

Seigneur, tu veux nous rassembler en un seul corps. Que la communion que reçoivent maintenant certaines soit communion pour tous ceux qui aujourd’hui sont avec nous. Qu’elle nous édifie ensemble en un seul corps, solidairement porteurs de ta présence en notre monde.

 

Prière conclusive

Père infiniment bon, comme tu as écouté et exaucé la prière de ton Fils, tu entends aujourd’hui la nôtre : garde-nous fidèles à sa Parole et donne-nous de vivre selon son Evangile, envoyés, solidairement responsables de notre monde. Nous te le demandons…

 

Bénédiction

Envoi : allons dans la paix du Christ alleluia.

Sr Myrèse le 24 mai 2020 (confinement !)

 

samedi 16 mai 2026

Liturgie de la Parole 6e samedi de Pâques Jean 16, 23b-28

L’intention de Sophie

Méditation

Un jour, à la fin d’une balade au bord de la Meuse namuroise, après un verre à une terrasse du coin, Michel et moi sommes entrés dans la petite église en face dont la porte était ouverte. Au fond, sur une petite table, il y avait un carnet d’intentions et un crayon.


Ces carnets me touchent toujours : on y trouve des choses immenses et minuscules à la fois : « Seigneur, faites que Mamy guérisse », « J’ai réussi mon examen. Merci. », « Donne la paix dans le monde ». 


Et puis il y en a une qui retient mon attention : « Jésus, fais que Nathan quitte Jessica et sorte avec moi. Signé : Sophie »

Cela fait sourire, d’abord. Puis le sourire s’efface un peu. Parce qu’au fond, derrière cette demande maladroite déposée dans le carnet, il y a probablement une jeune fille qui souffre davantage qu’elle ne sait le dire.

 

Et une question surgit : que vais-je porter dans la prière ? Le projet de Sophie ? Son désir ? Sa solitude ? Son besoin d’être aimée ? Ou simplement une personne entière, confuse, mélangée, incapable encore de démêler tout ce qui habite son cœur.

 

Et c'est peut-être ce texte de Jean, que nous venons d'entendre, qui répond.


Jésus dit : « Ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. »


On entend cela et on pense : Dieu est là pour accomplir ce que nous lui demandons.

 

Mais demander « au nom de Jésus », ce n’est peut-être pas mettre Jésus au service de nos désirs. C’est laisser peu à peu nos désirs entrer dans son propre amour. C’est accepter que ce que nous demandons se transforme.


Quelques versets plus loin, Jésus dit encore : « Je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime. »

 

Le Père aime déjà. Avant les beaux mots. Avant les prières ajustées. Avant même que nous sachions ce que nous demandons.


Ce n’est pas une raison pour ne plus demander. C’est une raison pour demander autrement.

 

Dans le chapitre suivant de l'Évangile de Jean, — la grande prière sacerdotale — Jésus prie longuement pour les disciples : « Garde-les. Qu'ils soient un. » 


Jésus ne s’interpose pas entre eux et le Père. Il les fait entrer dans une relation où ils découvrent que le Père les aime déjà.

 

Alors l’intercession change de visage.

 

Quand quelqu’un dit ou écrit : « Prie pour moi », il ne demande pas seulement qu’on ajoute une intention de plus à une liste.  Il demande aussi : « Tiens-toi un peu près de moi devant Dieu. » « Ne me laisse pas seul dans ce que je traverse. »

 

Prier pour quelqu'un, ce n'est pas simplement demander quelque chose à sa place. C'est accepter, un moment, de se tenir auprès de lui devant Dieu. C’est se mettre de son côté. Ne plus le regarder à travers ce qu'il nous fait, ce qu'il nous doit, ou ce que nous voudrions qu'il soit.

 

Quelque chose se déplace.

Pas seulement nos demandes.

Mais nous-mêmes.

 

Alors, devant l'intention de Sophie — je ne sais plus très bien quoi demander. Peut-être que c'est cela, finalement, la prière honnête : ne pas trop savoir, et rester quand même là.

 

Rester là, avec cette jeune fille qu'on ne connaît pas, dans cet amour qui la précède et qui la dépasse.

Lui souhaiter, sans formuler trop vite, une joie plus vaste que ce qu'elle imagine aujourd'hui.

 

Car l'intercession ne consiste pas seulement à porter une demande devant Dieu. Elle consiste parfois à demeurer assez longtemps dans cet amour pour que quelque chose, peu à peu, se transforme en nous.

 

C'est peut-être cela, prier les uns pour les autres...

Isabelle le 16 mai 26

vendredi 15 mai 2026

Liturgie de la Parole 6e vendredi de Pâques Jean 16, 20-23a

Devenir enfants de Dieu en Christ 

 
Merci à l'auteur de cette image

Méditation 

Ce passage du chapitre 16 de l’évangile selon saint Jean nous est donné par l’Eglise pour accompagner le mouvement global qui s‘opère non seulement avec la mort du Christ mais aussi avec sa montée au ciel chez les croyants. Cette dernière disparition, l’Ascension du Seigneur au ciel, cause une peine, celle provoquée par une perte définitive. Mais de quelle perte s’agit-il vraiment ? A vrai dire, celle de la présence corporelle du Christ. Cette perte est en fait la marque d’une évolution du mode de sa présence comme dans une naissance comme nous le laisse entendre ce passage de l’évangile que nous venons d’entendre : « La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. (Jn 16, 21) »  La présence à la mère se poursuit mais dans un tout autre cadre.
 
Alors de quelle naissance s’agit-il ? De la nôtre à chacun et à tous, comme fils et filles de Dieu, naissance rendue possible par le départ du Fils unique. C’est une naissance pour la vie éternelle, c’est-à-dire la vie divine, la vie avec Dieu, la vie en Dieu, une vie que nous recevons et qui nous met en relation avec le mystère de Dieu comme ses enfants adoptifs dans le Fils unique. Ce point est attesté également par la prière d’ouverture[1], « Tu nous recrées, Seigneur, pour la vie éternelle dans la résurrection de notre Sauveur qui règne désormais auprès de toi ; dirige nos cœurs vers sa gloire, afin qu'au jour où il viendra de nouveau, ceux que tu as fait renaître par le baptême soient revêtus de sa lumière impérissable ».
 
Cette naissance, cette recréation, est dans le Christ Ressuscité et se réalise grâce à son absence matérielle. Comme le Père qui s’est retiré de sa création pour l’attendre et ainsi la laisser advenir à lui, le Fils se retire du monde pour laisser pleinement advenir ses frères et sœurs, son corps, leur donnant ainsi de vivre des relations identiques à ce qu’il a lui-même vécu aux jours de sa chair. Ainsi s’ouvre l’histoire véritable de notre devenir, de celui de toute l’humanité. 
 
En prime, une attitude spirituelle, pour nous, peut être glanée de cette absence matérielle, voulue par le Fils. Il y a ce double retrait, réalisé par le Père puis par le Fils que nous avons évoqué. Il nous indique un chemin spirituel pour nous-mêmes. Nous aussi, nous pouvons faire advenir, naître l’autre par notre propre retrait. Heureux serons-nous si nous le percevons, et le vivons comme le père qui laisse son enfant reprendre le flambeau, comme le maître qui commande à l’élève et se retire, comme l’homme politique qui ne se représente pas pour laisser candidater son dauphin… Soyons certains qu’en agissant ainsi nous nous configurons au Mystère de Dieu qui veut passionnément la liberté de l’autre et ne campe jamais sur son pouvoir, ne cessant de donner.

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite le 19 Mai 2023

https://jardinierdedieu.fr/jn-16-20-23a.html 
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[1] Remarquez que je prends la forme précédente comparable à celle actuelle. Par ailleurs l’oraison du vendredi n’est pas la même si l’Ascension est célébrée le dimanche suivant, ce qui implique bien que cette oraison du vendredi après l’Ascension vise bien ce moment de l’après Ascension.

 

jeudi 14 mai 2026

Liturgie de la Parole Ascension du Seigneur A Matthieu 28, 16-20 ; Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 1, 17-13 

Méditation

« Cette fête est glorieuse et je dirai aussi joyeuse : en elle le Christ reçoit sa gloire unique, et nous, une joie toute particulière. C’est l’achèvement et l’accomplissement de toutes les autres fêtes, et l’heureux aboutissement de tout l’itinéraire du Fils de Dieu »[1]


Tels sont les premiers mots d’un Sermon de Saint Bernard, moine du 12e siècle, pour la fête de l’Ascension que nous célébrons aujourd’hui.

Les textes choisis pour cette fête ont laissé apparaître ses deux acceptions : « source » et « sommet ».

En mettant en lumière le sens de cette fête, nous pourrons aussi découvrir la Bonne Nouvelle qu’elle nous révèle aujourd’hui.

 

Cette fête de l’Ascension est « sommet ».

L’extrait des Actes des Apôtres que nous venons d’entendre est le commencement du livre.

Telle une charnière avec son Evangile, le prologue de Luc raconte à un nommé Théophile, « tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel ».

L’expression englobe le ministère de Jésus sur terre : ses paroles et ses actes, les signes et les miracles, sa prédication du Royaume.

Jésus, Envoyé de Dieu : toute sa vie n’a été qu’un cri, qu’une confession, qu’une confidence.

À travers l’Evangile, se distille son message, qui est à la fois fondement et nouveauté : la révélation de l’amour du Père.

Cet amour n’est pas destiné aux seuls contemporains de Jésus. Chacun et chacune de nous peut en accueillir la Bonne Nouvelle : Dieu aime...

L’Ascension est donc « sommet » du compagnonnage terrestre, accomplissement du ministère de Jésus.

 

Au ministère proprement dit, Luc ajoute les « instructions » que Jésus a données « aux Apôtres qu’il avait choisis » : ce sont les dernières paroles, le « discours d’Adieu », que Jésus a adressés à ses disciples.

Dans ce testament, Jésus annonce son départ : « je vais vers le Père », « vous ne me verrez plus ».

Il y a donc séparation, certes, mais aussi promesse de retrouvailles : « je ne vous laisserai pas orphelins », « à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez ».

Ces paroles, ce testament, furent écrits pour la première Communauté, confrontée à la séparation physique de Jésus.

Ils nous sont aussi destinés : à nous qui croyons en Lui.

 

 Mais, en plus d’être « sommet », cette fête de l’Ascension est « source ».

Elle rappelle « la promesse » de Jésus, que nous rapporte le livre des Actes : « c’est dans l’Esprit-Saint que vous serez baptisés d’ici quelques jours ».

Et, plus loin, Jésus complète son propos : « … vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous ».

 

La venue de cet Esprit rendra les disciples « témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

L’Ascension est donc à la source, à l’origine du témoignage, de la confession, de la parole.

Le départ de Jésus rend les disciples participants de sa mission.

Jésus, l’Envoyé par excellence, envoie maintenant ses disciples, inspirés par son Esprit.

L’Evangile de Matthieu évoque aussi cet appel à la mission : Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations pour annoncer la Bonne Nouvelle.

 

« Source » encore, la fête de l’Ascension annonce une nouvelle relation entre Jésus et ses disciples.

Jésus a rejoint son Père.

Comme nous l’apprend l’Epître de Paul aux Ephésiens : « ressuscité d’entre les morts, assis à la droite de Dieu dans les cieux, Jésus est placé plus haut que tout », c’est-à-dire qu’il participe à sa gloire.

« Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor », chante le psalmiste.

Mais ce départ de Jésus n’est pas un point final, puisque les messagers de Dieu, les « hommes en vêtements blancs » du livre des Actes, annoncent son retour :

« Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ».

Jésus nous est donc présent, d’une façon nouvelle et intérieure, grâce à l’Esprit qui nous a été donné.

 

Comme « source » et « sommet », la fête de l’Ascension fut occasion d’action de grâces pour les disciples.

Et elle l’est aussi pour nous aujourd’hui.

L’Esprit-Saint est offert à chacun et chacune de nous : nous sommes tous et toutes envoyés comme témoins.

Témoins de la Bonne Nouvelle de Jésus : Dieu nous aime et il ne nous abandonnera jamais.

Par son Esprit, le Christ nous assure de sa présence, de son compagnonnage, de son Amour.

Grâce à l’Esprit-Saint, le Christ nous est intérieurement et pour toujours présent :

« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Alléluia !

Sr Marie-Jean le 2 juin 2011



[1] Saint Bernard, Sermon II pour l’Ascension, 1.

mercredi 13 mai 2026

Liturgie de la Parole 6e mercredi de Pâques Jean 16, 12-15

Méditation

« Pour vous le faire connaître », littéralement, « il vous l’annoncera » ou « il vous le communiquera » : nous trouvons cette expression trois fois dans l’Evangile de ce jour, elle désigne l’action de l’Esprit Saint dans le cœur des disciples.
Faire connaître c’est aussi annoncer, communiquer, transmettre, faire entrer dans une communion intime. Ce n’est pas de l’ordre de l’intellectuel, mais du cœur.
Jésus n’a pas tout dit à ses disciples. Il avait encore beaucoup de choses dans le cœur à leur communiquer mais c’était trop tôt : ils devaient vivre d’abord le scandale de l’arrestation, du jugement, de la Passion de Jésus, de sa mort ignominieuse…et sa Résurrection. « La vérité tout entière » dans laquelle conduit l’Esprit de vérité c’est aussi ce chemin qu’a suivi Jésus de l’amour jusqu’à l’extrême, jusqu’au rejet des hommes, la fuite de ses disciples, l’abandon apparent du Père… L’épreuve nous souhaiterions l’éviter ! Mais Jésus en la vivant et en la traversant dans et par amour l’a transformée : un chemin de mort peut devenir en lui et par lui un chemin de relèvement, de rebondissement de la vie. Comme le grain qui meurt porte du fruit, sans faire de bruit. Parfois un fruit inespéré, inconcevable, parce que la vie de Dieu en nous agit silencieusement, en douceur, mais une douceur transformante.
Si l’Esprit nous fait cheminer « dans toute la vérité » … c’est que c’est un chemin dans lequel on marche. Ce chemin est une personne, Jésus n’a-t-il pas dit « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » ? Cette marche dure toute notre vie. C’est comme une source qui part du Père, se déverse dans le Fils, dans l’Esprit, et par eux dans celles et ceux qui l’accueillent. 
Cela me fait penser à la source de vie d’Ezéchiel qui, au fur et à mesure qu’elle coule devient un fleuve de plus en plus abondant : « cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent… Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. » (Ezéchiel 47 ,9.12)
Cette prophétie d’Ezéchiel s’actualise en celle, en celui, qui se laisse conduire par l’Esprit dans le fleuve de l’Amour. « Fais toi capacité et je me ferai torrent » disait le Christ à sainte Catherine de Sienne. Au fur et à mesure ce fleuve nous travaille intérieurement, nous transforme, augmente notre capacité de l’accueillir car elle jaillit du sanctuaire, le cœur du Père : c’est une spirale vertueuse qui porte du fruit en nous, autour de nous, dans l’Eglise et dans le monde, de manière insensible mais réelle.
Laissons-nous entrainer dans ce fleuve de vie et d’amour et comme le dit saint Benoît « à mesure que l’on progresse dans la vie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l’on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l’amour. » (Prologue de la Règle verset 49)


Invitation au Notre Père

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. » : Que l’Esprit nous conduise dans le chemin de l’amour et de la prière, qu’il dilate nos cœurs tandis que nous chantons le Notre Père

Sr Marie-Christine le 13 mai 26