lundi 22 juin 2026

Liturgie 12e lundi TO-II Matthieu 7, 1-5 ; 2 Rois 17, 5-8.13-15a.18

Homélie

Je vous laisse méditer sur la première lecture où c’est toujours « Game of Throne » version Samarie autant que vous connaissiez cette série !

J’en viens à l’Evangile. Il me semble que le Seigneur dans l’Evangile vient conclure cette retraite où nous avons évoqué les rencontres de Jésus. Il vient nous donner quelques consignes sur l’art de rencontrer les autres à sa façon.

Il touche à ce regard que nous portons les uns sur les autres.

L’art de discerner sans juger, sans humilier. L’art de partager nos difficultés avec l’autre avant que les conflits n’éclatent où en disant alors à l’autre ses 4 vérités… on en dit au moins 3 de trop !

L’art de s’adresser à l’autre, en sachant que lui comme moi nous sommes fragiles. Saint Augustin disait à ce propos : « Rappelons-nous toujours notre commune fragilité !»

L’art de la rencontre en vérité : cet art d’aimer, c’est le Christ qui vient nous l’apprendre. C’est l’art de se faire le prochain de l’autre, à sa manière. C’est l’Esprit qui peut nous faire vivre avec justesse : demandons-lui de « voir clair » pour nous parler toujours « avec mesure » comme dit le Seigneur. Et avec ces pailles et toutes ces poutres que nous enlèverons de nos yeux, comme dit un proverbe du Burkina Faso, avec ces pailles et ces poutres, construisons une maison commune !

Mgr JL Hudsyn, Hurtebise le 22 juin 26


dimanche 21 juin 2026

Liturgie 12e dimanche A Matthieu 10, 26-33 ; Jérémie 20, 10-13 ; Romains 5, 12-15

Accueil

Sœurs et frères, dimanche passé, le Seigneur dans l’Evangile envoyait ses disciples en mission. J’ai l’impression que cette semaine, les hirondelles du monastère se sont lancées hors de leur nid. Lancés dans la mission, le Christ, aujourd’hui, nous invite à lui faire confiance. Il sait que vivre de lui, témoigner de lui, n’est pas toujours évident. Par trois fois dans l’Evangile il va nous dire : « ne craignez pas, soyez sans crainte ». Il vient ce matin re-nourrir cette confiance et notre élan. Tournons-nous vers lui : vers sa fidélité et son pardon.


Homélie

Parcourons les différentes lectures de ce dimanche.

Il y a d’abord Jérémie, un prophète au long cours. Cela fait 40 ans qu’il n’a cessé de lever le voile sur la vérité. Cette vérité n’était pas toujours agréable à dire. Il vit en un temps où on vit une religion de façade. La corruption bat son plein à tous les niveaux de la société. Et le roi voisin, Nabuchodonosor, attend son heure pour envahir et écraser Israël. Jérémie le pressent et le dit : ce tyran ne fera qu’une bouchée de notre peuple. Et ce fut ce qui arriva. Évidemment, de tout côté, on va lui reprocher ces paroles pourtant évidentes. Jérémie sera persécuté, tant et plus. Mais il mise tout sur Dieu, il reste fidèle à sa parole envers et contre tout. Il lui fait confiance.

Néanmoins, Jérémie est humain : devant tant d’hostilité contre lui- on le voit- Jérémie demande à Dieu de prendre sa revanche : il lui demande de venger son prophète. Son désir c’est que ses persécuteurs connaissent la défaite, qu’ils soient – comme il dit- couverts de honte, et d’une confusion éternelle, inoubliable…

Pas sûr évidemment qu’une telle prière, Dieu va l’exaucer. Le Christ n’est pas encore passé par là. Et on entend bien la différence que le Christ va apporter : on apprendra de lui que la revanche de Dieu ce n’est pas dans la vengeance : c’est l’humble refus de la vengeance. Comment Dieu ajouterait encore de la haine à la haine ?

Nous avons entendu ensuite saint Paul. Dans son commentaire des Ecritures il aime comparer la figure d’Adam avec la figure du Christ. Une façon de comparer, et même d’opposer, deux types de comportements, deux types d’attitudes spirituelles. Celle qui apporte la vie : celle du Christ – et celle qui spirituellement engendre à la mort ; celle qui nous crée, qui nous recrée, et celle qui nous détruit, qui nous déshumanise.

Comment répondre justement à notre vocation d’homme et de femme dans la ligne de ce que le livre de la Genèse nous proposait ? Face à la spirale du mal, face à la tentation de vivre, comme Adam, centré sur soi, en ne comptant que sur lui-même, face à ce qui dé-crée l’homme et la femme, et la paix, et notre planète, face à tout cela, saint Paul nous tourne vers le Christ, pour entrer dans la spirale de son amour infini, un amour surabondant, inlassable, offert à la multitude, généreux, quoiqu’il en coûte.

Être homme et femme à la ressemblance et à l’image de Dieu, c’est accueillir cet amour du Christ, c’est le demander, c’est le faire nôtre, c’est accueillir son Souffle comme la Pentecôte nous y invitait. C’est vivre de cette grâce, de cette gratuité, qu’à chaque Eucharistie nous recevons en abondance pour la donner en partage, là où nous sommes, là où nous sommes appelés, là où on nous attend.

Dimanche passé, le Christ nous appelait par notre nom pour faire de nous ses témoins, ses envoyés. Aujourd’hui, Il nous prévient quand même : cette aventure n’est pas sans risque, et il savait de quoi il parlait. Mais donc il nous le dit : « ne craignez pas » ! Ayez de l’audace ! Vous pourrez trouver en moi la force d’affronter les regards obliques, les agressivités qu’engendre parfois le fait d’être de mes disciples. Parfois même de la part de vos proches.

Rappelons-nous alors que nous ne serions pas chrétiens si d’autres avant nous n’avaient pas osé affronter le risque de se montrer des témoins fidèles, courageux de l’Evangile. Si nous croyons au Christ aujourd’hui, c’est parce que d’autres chrétiens n’ont pas craint dans l’histoire de lever le voile sur leur appartenance au Christ. Parfois persécutés, ils n’ont pas déserté l’Evangile. Et bien des chrétiens de par le monde connaissent cela aujourd’hui. Portons-les dans notre prière.

Jesus le dit : rien ne peut arrêter la vérité. Confiance, vous êtes dans la main de Dieu, vous valez infiniment plus qu’une paire de moineaux aux yeux du Père. Et donc, ne craignons pas. Ne craignons pas de nous montrer solidaires avec le Christ. Sans arrogance, sans nous croire supérieurs, mais sans mutisme non plus.

Tout à fait à la fin de l’Evangile, Jésus ajoute un mot sur la liberté qu’il nous laisse… Oui nous pouvons le renier… saint Pierre en sait quelque chose. Mais ce que Pierre a compris, émerveillé, c’est qu’après avoir renié le Christ, quand il est revenu vers lui, il n’a suffi que d’un mot pour que tout reparte entre eux : « Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime » (Jean 21, 17).


Prière d’envoi

Nourris par ton Esprit donne-nous l’audace de témoigner de toi et de ton Evangile : ouvre nos lèvres pour semer la paix ; ouvre nos mains à la surabondance de ton amour ; ouvre nos cœurs à ceux qui perdent pied ; toi le Dieu fidèle, lumière pour nos pas. Nous te le demandons par Jésus-Christ, Notre Seigneur, qui vit et règne avec toit dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 21 juin 26

samedi 20 juin 2026

Liturgie 11e samedi TO-II Matthieu 6, 24-34 ; 2 Chroniques 24, 11-25

Homélie

La violence et l’idolâtrie prennent encore plus d’ampleur dans le Royaume de Juda. Avec persévérance les prophètes se lèvent : en vain. Ils ne sont pas écoutés. Zacharie se présente alors. Mais le roi le fait éliminer. Et bientôt ce sera le tour du roi. Zacharie avait dit en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! » Le Seigneur le voit et il fait justice, à sa façon… Il gardera sa fidélité à ce peuple rebelle, qui n’écoute pas. Sa patience est infinie. Elle est certes mêlée de tristesse, pas parce qu’il n’est pas écouté… Il sait ce que c’est. Mais il souffre du mal dont l’humanité est capable et qui la défigure : « l’amour n’est pas aimé », disait, en pleurant, saint François d’Assise.

Alors consolons ce Dieu. Prenons-le, reprenons-le sans cesse comme seul maître, en entrant dans ce combat intérieur où nous voulons apprendre et réapprendre sans cesse à le préférer à toute chose. À n’avoir comme seul souci, comme seule inquiétude profonde, comme seul tourment, que de chercher d’abord ce qu’il y a de plus important et de plus beau, de plus fécond : son Royaume d’amour et de vie et cette confiance patiente et inlassable du Seigneur.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 20 juin 26


vendredi 19 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e vendredi TO-II Matthieu 6, 19-23 ; 2 Rois 11, 1-4.9-18.20

Homélie

Cette Athalie dont parlait le 2ème livre des Rois, qui est mise à mort, était un vrai poison. Fille d’Acab et de Jézabel, elle avait de qui tenir. Et il faut avoir le cœur bien accroché pour la suivre dans ce qu’elle va introduire comme haine, comme massacres, comme guerres, comme traitrises dans le Royaume de Juda quand elle y devint reine.

Que retenir de ça ? Que le mal est contagieux, qu’il tend à tout pervertir, si on le laisse faire, si on ne lui dit pas, comme il est dit dans le livre de Job (38,11) : « Tu n’iras pas plus loin ».

Soyons donc vigilant, d’abord pour nous-mêmes, à ne pas laisser s’installer en nous ce qui risque de nous détruire, de nous déshumaniser, comme ce qui risque de nous détruire ou en tous cas, de nous affadir à petit feu dans notre amour pour Dieu et pour notre prochain.

Prenons soin de bien à mettre notre trésor, et notre cœur, dans ce qui nous éclaire, ce qui est lampe pour nos pas. « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! » Mettons notre trésor dans ce qui rend notre œil clairvoyant ; dans ce qui rend notre cœur généreux ; dans ce qui vient du ciel : l’amour, le don de soi, l’humilité, la paix du cœur.

Et désencombrons-nous régulièrement du reste !

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 19 juin 26

jeudi 18 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e jeudi TO-II Matthieu 6, 7-15 ; Ben Sira 48, 1-14

Homélie

Élisée était habité par l’esprit d’Elie : un esprit de feu, un esprit de force, de détermination : « aucun prince ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir ».

Jésus non plus :

rien n’a pu le faire fléchir

la croix ne l’a pas arrêté.

Jusqu’au bout a brûlé en lui le désir ardent

- que le Père soit reconnu comme Dieu,

- que son règne vienne,

- que sa volonté soit faite,

- que son Pain et sa Parole soient partagés,

- que le pardon soit semé.

Dire, chanter, le Notre Père – sans le rabâcher - c’est entrer dans le désir de Dieu, c’est vouloir Dieu, c’est vouloir le Père. Une façon de lui dire, et de nous dire : Viens ! Viens faire ton œuvre en moi. Pour reprendre le Psaume : Avance-toi en moi comme un feu ! Et que Dieu, Père, Abba, soit notre joie

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 18 juin 26 !