vendredi 31 octobre 2025

Liturgie de la Parole 30e vendredi TO-I

Lectures : Romains 9,1-5 ; Psaume 147 ; Luc 14,1-6

Méditation 

L’Évangile de ce jour est empli de détails intéressants. Je vous en partage quelques uns. Luc nous campe le décor : Jésus est entré pour y prendre son repas chez un chef des pharisiens et ceux-ci l’observaient. Il est entouré principalement de pharisiens. Ils l’épient, le surveillent ou l’observent selon les traductions.
Rien ne dit que ce soit avec malveillance. Nous ne savons pas. Peut-être simplement sont-ils dans l’attente de ce que va dire ou faire ce rabbi hors norme.

Parmi eux, il y a un homme atteint d’hydropisie, c’est-à-dire d’œdème plus ou moins important, probablement d’origine cardiaque. Cet homme ne doit pas se sentir bien ! Il ne demande rien et ne dit rien dans toute la scène.
Jésus le remarque et prend l’initiative : est-il permis, oui ou non de faire une guérison le jour du sabbat ? (littéralement de soigner ou non) or soigner prend du temps, ce n’est pas fait par un coup de baguette magique. Il a déjà eu des ennuis à ce sujet ! (voir Luc 6,9 à propos de l’homme à la main desséchée où Jésus pose presque la même question dans la synagogue et lundi avec la femme courbée depuis 18 ans Luc 13,10-17). Eux aussi, l’homme à la main desséchée et la femme courbée ne demandent rien : Jésus, comme le Père, voit et sait ce dont ils ont besoin. (voir Luc 12,28-30 et Matthieu 6, 31-33). Il serait intéressant de chercher s’il y a d’autres cas où Jésus guérit, soigne, sans que la personne ou son entourage l’aie demandé.

Le repos du sabbat est présenté dans l’Exode en lien avec le repos de Dieu le 7ème jour de la création (Exode 20,11). Mais le Deutéronome lui donne une autre dimension : la libération de l’esclavage d’Égypte (voir Deutéronome 5,15). Une guérison, un soin, est une forme de libération.
Dans les deux passages d’évangile - au chapitre 6 et ici- les personnes présentes ne répondent pas à la question de Jésus. D’ailleurs en se plaçant à ce niveau, Jésus oriente le regard vers la priorité : le bien de la personne.

Jésus agit en trois temps pour libérer cet homme : il tient le malade, le guérit et le laisse aller.
Il le tient, il le saisit : c’est comme s’il prenait à bras le corps le malade et sa maladie. C’est un signe de sa proximité avec ceux qui souffrent.  Il a pris sur lui nos souffrances, il a porté nos maladies  écrit Matthieu (Mt 8,17 citant Isaïe 53,4)
Il le guérit sans faire un autre geste ni dire un mot, simplement par son contact vivifiant.
Puis il le laisse aller comme souvent après une guérison, Jésus laisse la personne poursuivre son chemin. Il ne guérit pas pour attirer à lui, ni pour mettre la main sur les personnes, mais par sollicitude, miséricorde, envers ceux qui souffrent. Il fait un signe, mais un signe qui laisse à chacun la liberté de l’accueillir ou non. De cheminer avec lui ou non.
Enfin il explique le pourquoi de son geste : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? » 
Un fils qui tombe dans un puits, il est évident que tout le monde se précipite pour l’en retirer, il a urgence de vie ou de mort.
Cet homme guérit est un fils, fils du Père. Il n’était pas tombé dans un puits, mais son corps rempli d’œdème étouffait. L’eau l’envahissait.
Le bœuf est l’animal du gros travail (labour) et aussi l’animal le plus gros pour les sacrifices (voir Élisée en 1Rois 19,21). C’est dire son prix. Lui aussi on va chercher à tout faire pour le retirer du puits et ce ne sera pas une mince affaire !
Devant ces arguments ceux qui guettaient Jésus sont incapables de trouver une réponse : vu sous cet angle, Jésus ne pouvait faire autrement que de guérir, de soigner cet homme même un jour de sabbat. La personne a la première place dans son cœur et dans ses actes. Il est bon parfois de ne pas savoir trouver de réponse à une question, cela invite à se laisser interpeler et à intérioriser.

Pour nous aujourd’hui ?
Jésus, le Père, savent ce dont nous avons besoin. Si quelque chose nous étouffe, ne craignons pas, allons vers Jésus, laissons-nous saisir, soigner, libérer par lui. Cela prend du temps. Jésus nous laisse aller notre chemin et nous y accompagne. Son action en nous continue au fur et à mesure du chemin.


Introduction au Notre Père

Soignés, délivrés et accompagnés sur notre chemin de vie par Jésus, nous pouvons chanter la prière des enfants du Père

sr Marie-Christine le 31 octobre 25


jeudi 30 octobre 2025

Liturgie de la Parole 30e jeudi TO-I

Lectures : Romains 8,31b-39 ; Psaume108 ; Luc 13,31-35

Homélie

            Saint Paul vient de nous demander qui nous séparera de l'amour du Christ. Puis, dans un de ces catalogues dont il a le secret, il a proposé, pour les réfuter toutes, dix-sept réponses. Pourquoi dix-sept ? Par hasard, me direz-vous, et vous aurez sans doute raison. Mais si ce n'était pas un hasard ? Si l'Esprit Saint, inspirateur de l'Écriture, y avait mis son grain de sel ? 
Dans la symbolique juive, 17 est le nombre du bien, du beau, du bon, parce que la somme des valeurs numériques des trois lettres du mot tov (9 + 6 + 2) est égale à 17. Mais il me semble que dans la Bible, dix-sept est surtout le nombre de l'unité menacée ou, dans les meilleurs cas, de la séparation surmontée.
      
      Ainsi, par exemple, Joseph fut vendu par ses frères quand il avait dix-sept ans (Genèse 37,2). Jacob, son père, crut longtemps qu'il était mort. Mais au bout du compte, Joseph retrouva son père et ses frères, après quoi Jacob vécut dix-sept ans au pays d'Égypte (Genèse 47,28). La longue et douloureuse séparation est ainsi encadrée par deux périodes de bonheur commun, de dix-sept ans chacune.
      
      Après la mort de Salomon, son fils Roboam régna dix-sept ans à Jérusalem (1 Rois 14,21 ; 2 Chroniques 12,13), mais il ne réussit pas à empêcher le grand schisme de son royaume, la sécession des dix tribus du nord. 
      
      Un cousin du prophète Jérémie lui demande de lui acheter un champ. On peut supposer qu'il est obligé de le vendre pour payer une dette, mais il ne faut pas que la terre d'Israël passe en d'autres mains et soit divisée. Acheter le terrain pour qu'il reste dans le patrimoine familial est un devoir sacré. Jérémie accepte la transaction et donne à son cousin dix-sept pièces d'argent (Jérémie 32,9). S'il prend la peine de nous indiquer le prix, c'est que ce nombre doit avoir une valeur symbolique.
      
      Lors de la pêche miraculeuse, l'évangile de Jean précise que le filet contenait cent cinquante-trois poissons. Si les apôtres, pour compter les poissons, se sont amusés à les aligner sur le rivage, ils ont pu dessiner un triangle en mettant un poisson sur la première ligne, deux sur la deuxième, trois sur la troisième, quatre sur la quatrième, et ainsi de suite. Le dernier poisson, le cent cinquante-troisième, aura été le dix-septième poisson de la dix-septième ligne. Les mathématiciens disent que 153 est le nombre triangulaire de 17. Or, précise l'évangile, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré (Jean 21,11), il n'y a pas eu de schisme, alors que dans le récit de Luc, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer (Luc 5,6). Ici encore, l'unité est menacée, mais sauvegardée.
      
      En se plaçant dans cette longue lignée de coïncidences mathématiques, Paul nous dit que rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ. Si même les dix-sept ennemis diviseurs se liguaient contre nous, rien ne pourrait briser l'unité. L'unité de l'Église a été mise à mal tout au long de son histoire, les chrétiens sont divisés entre eux, mais rien ne peut les séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus. Ce qui les unit au Christ reste plus fort que ce qui les sépare, comme l'avait demandé Jésus : "Que tous soient un !" C'est dans l'évangile de Jean, au chapitre 17. Mais ça, je vous accorde que c'est par hasard.

       Fr François de Wavreumont le 30 octobre 25


mercredi 29 octobre 2025

Liturgie de la Parole 30e mercredi TO-I

Lectures : Romains 8,26-30 ; Psaume 12 ; Luc 13,22-30

Méditation

https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/angelus/2025/documents/20250824-angelus.html 

Chers frères et sœurs, bon dimanche !
Au cœur de l’Évangile d’aujourd’hui (Luc 13, 22-30), nous trouvons l’image de la “porte étroite”, utilisée par Jésus pour répondre à quelqu’un qui lui demande si peu de gens seront sauvés. Jésus dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas » (v. 24).
À première vue, cette image soulève quelques questions : si Dieu est le Père de l’amour et de la miséricorde, qui reste toujours les bras ouverts pour nous accueillir, pourquoi Jésus dit-Il que la porte du salut est étroite ?
Certes, le Seigneur ne veut pas nous décourager. Ses paroles servent surtout à ébranler la présomption de ceux qui pensent être déjà sauvés, de ceux qui pratiquent la religion et qui, par conséquent, se croient déjà en règle. En réalité, ils n’ont pas compris qu’il ne suffit pas d’accomplir des actes religieux si ceux-ci ne transforment pas le cœur : le Seigneur ne veut pas d’un culte séparé de la vie et n’apprécie pas les sacrifices et les prières s’ils ne nous conduisent pas à vivre l’amour envers nos frères et à pratiquer la justice. C’est pourquoi, lorsqu’ils se présenteront devant le Seigneur en se vantant d’avoir mangé et bu avec Lui et d’avoir écouté ses enseignements, ils entendront cette réponse : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice » (v. 27).
Frères et sœurs, la provocation qui nous vient de l’Évangile d’aujourd’hui est belle : alors que nous jugeons parfois ceux qui sont éloignés de la foi, Jésus remet en question “la sécurité des croyants”. En effet, Il nous dit qu’il ne suffit pas de professer la foi avec des mots, de manger et de boire avec Lui en célébrant l’Eucharistie ou de bien connaître les enseignements chrétiens. Notre foi est authentique lorsqu’elle embrasse toute notre vie, lorsqu’elle devient un critère pour nos choix, lorsqu’elle fait de nous des femmes et des hommes qui s’engagent pour le bien et qui risquent dans l’amour, tout comme Jésus l’a fait. Il n’a pas choisi la voie facile du succès ou du pouvoir, mais, pour nous sauver, Il nous a aimés jusqu’à franchir la “porte étroite” de la Croix. Il est la mesure de notre foi, Il est la porte que nous devons franchir pour être sauvés (cf. Jean 10, 9), en vivant son amour et en devenant, par notre vie, des artisans de justice et de paix.
Parfois, cela signifie faire des choix difficiles et impopulaires, lutter contre son égoïsme et se dépenser pour les autres, persévérer dans le bien là où la logique du mal semble prévaloir, etc. Mais, une fois ce seuil franchi, nous découvrirons que la vie s’ouvre devant nous d’une manière nouvelle et, dès à présent, nous entrerons dans le cœur immense de Dieu et dans la joie de la fête éternelle qu’Il a préparée pour nous.
Invoquons la Vierge Marie afin qu’elle nous aide à franchir avec courage la “porte étroite” de l’Évangile, afin que nous puissions nous ouvrir avec joie à la largeur de l’amour de Dieu le Père.

Pape Léon XIV Angélus du 24 août 25



mardi 28 octobre 2025

Liturgie de la Parole 28 octobre fête des saints Simon et Jude.

Lectures : Éphésiens 2,19-22 ;Psaume 18 ; Luc 6,12-19

Résonances 

Nous fêtons aujourd’hui les saints Simon le Zélote et Jude (appelé aussi Thaddée). Deux apôtres : l’occasion de méditer sur le mystère de l’Église.
Dans la lettre aux Éphésiens, Paul s’adresse à des chrétiens d’origine non-juive et il médite longuement sur le fait que l’Église est comme un grand corps dont le Christ est la tête, ou comme un édifice, un temple spirituel, dont le Christ est la pierre angulaire. L’Église est une réalité nouvelle, postpascale. Aujourd’hui, quand nous parlons de l’Église, nous pensons à une institution assez bien organisée et pyramidale, où s’exercent des tensions, des jeux de pouvoir. 
Récemment, l’Église de Belgique a publié son rapport annuel. Chaque année, la conférence épiscopale me demande de leur envoyer les statistiques des nuitées dans notre maison d’accueil. Au JT, on n’a retenu que trois choses de ce rapport, que l’on présentait comme un « bilan de santé » : la baisse du nombre des baptêmes, la baisse du nombre des mariages, et la fait qu’il y a seulement un tiers des funérailles qui sont célébrées à l’Église. « Plus que », ou « encore » ? Ce genre de statistiques est peut-être utile, mais contribue à donner de l’Église l’image d’une institution, et d’une institution fragile, en voie d’extinction.
Il est bon de se remettre à la place de Paul et de ses contemporains, de regarder l’Église « en train de se faire » et de s’émerveiller de cette réalité qui est – en définitive – don de Dieu.
Plus haut, la lettre commençait par une description émerveillée du mystère du Christ, dans lequel les nouveaux convertis se sont engagés. La puissance incomparable de la Résurrection. Le Christ établi par Dieu au-dessus de tout, plus haut que tout. « Il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude » (Ep 1,23). Littéralement : l’Église est le plérome du Christ. 
Je ne sais pas si aujourd’hui on en a bien conscience…
Car c’est un peu comme si Paul disait : nous tous, en tant que membres de ce corps du Christ, nous avons une responsabilité à la fois individuelle et collective vis-à-vis de ce corps. Notre vie spirituelle, notre propre croissance dans la foi contribue à faire vivre ce corps auquel nous appartenons. L’Église n’est pas extérieure à nous, comme quelque chose que nous pourrions observer sans nous mouiller. Nous ne sommes plus des étrangers ni des gens de passage : nous sommes concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu.
Et ce corps, cet édifice, cette Église, a pour pierre angulaire le Christ, bien sûr. Mais Paul ajoute qu’elle a pour fondations les apôtres et les prophètes.
Luc nous donne la liste des Douze. Les apôtres ne sont pas des anonymes. Aux yeux de Dieu, personne n’est anonyme. Le jour de la Toussaint, nous rendrons grâce à Dieu pour cette foule immense. Nous chanterons la litanie des saints anonymes… ou plutôt des saints « qui n’ont pas trouvé place dans nos calendriers », des « saints de la porte d’à côté » (comme dirait le pape François). Mais ils ont trouvé place dans le cœur de Dieu. Et nous aussi, nous avons notre place, unique et choisie, dans le grand corps du Christ qui est l’Église. 
Prions l’Esprit pour qu’il nous aide à collaborer à ce rêve de Dieu : un royaume de justice et de paix où chacun trouve sa juste place !

Sœur Marie-Raphaël le 28 octobre 25


lundi 27 octobre 2025

Liturgie de la Parole 30e lundi TO-I

Tu as été libérée

Lectures : Romains 8,12-17 ; Psaume 67 ; Luc 13,10-17

Évangéliaire copte
Méditation

 Quelle richesse contenue dans la scène que nous offre saint Luc aujourd’hui. Et pourtant, la personne à qui s’adresse Jésus ne dit rien, ne demande rien. Elle est là pour écouter son enseignement.
C’est lui qui va prendre l’initiative de l’interpeler et pas pour lui poser une question. Non. Mais pour la rejoindre au milieu de son vécu très concret de personne invalide. Le récit nous dira même depuis 18 ans. Ça fait long !
Et d’un coup, la voilà qui se redresse dès que Jésus lui impose les mains. Elle rend gloire à Dieu, on peut le deviner ! une merveille dans sa vie, une merveille pour sa vie.
Mais voilà, saint Luc a situé le contexte dans l’espace, nous sommes dans la synagogue, mais aussi dans le temps, nous sommes le jour du sabbat. Et là nous voilà rejoins dans nos réactions spontanées. Que dirions-nous devant l’irritation du chef de la synagogue ? et bien oui, en effet, comme Jésus nous dirions : « Hypocrites ! » Mais sans doute que nous ne le dirions pas de la même manière que Jésus, ni au même niveau. Nous, ce serait pour protester devant le manque de courage de cet homme, qui interpelle, non pas Jésus, le coupable à ses yeux, mais qui détourne la remarque en s’adressant à l’auditoire de Jésus. Nous ce serait pour lui dire que son manque de cœur devant la situation douloureuse de la femme passe les limites, que le cœur a ses raisons que la Loi ne connaît pas.
Et oui. Mais quand Jésus dit  : « Hypocrites ! », c’est pour mettre la barre plus haut, pour élever notre regard comme celui de la brave femme dont le regard peut maintenant se diriger vers le ciel, vers le visage des personnes qui l’entourent. Jésus ne peut pas faire autrement que de situer le sabbat, car c’est bien là ce qui énerve le chef de la synagogue, le sabbat prescrit par la Loi de Moïse, dans sa véritable perceptive : une pause dans l’activité créatrice de Dieu, où il consacre ce repos parce que l’œuvre de création se continue à travers la parole de son Fils, à travers ceux qui participent à l’œuvre de Dieu en montrant l’amour infini de Dieu pour chacun de ses enfants.
Pour une fois, nous nous reconnaissons dans une parole de Jésus que nous dirions nous aussi devant la même situation. Mais nous n’avons décidément pas la même perspective, la nôtre est trop courte, trop terre à terre. 
Jésus, lui, voit le Père partout, en tout et en tous. Il l’exprimera dans l’évangile de Jean quand il vivra une situation analogue. : Mon Père travaille toujours, et moi aussi je travaille. (Jean 5,17) 


Sœur Marie-Pascale de Brialmont qui animait aujourd'hui nous a partagé la texte qu'elle a préparé pour RCF Liège La Prière du jour :https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/la-priere-locale-de-liege?episode=626968 

 Il est possible que j'ai une autre méditation à vous   partager, mais en attendant je vous propose celle de   Sœur Myrèse sur ce blog à l’onglet « St Luc » : https://partage-de-lectio.blogspot.com/2012/11/tu-as-ete-liberee.html 

 Lien pour l’image : https://www.aularge.eu/blog/wp-content/uploads/2022/03/Evangeliaire-copte-La-guerison-de-la-femme-courbee-1250-.jpg 

dimanche 26 octobre 2025

Liturgie de la Parole 30e dimanche C 

Lectures : Ben Sira 35, 15b-17.20-22a ; Psaume 33 ; 2Timothée 4,6-8.16-18 Luc 18,9-14


Homélie

         Pour entrer en prison, Sarkozy a emmené trois livres dont la biographie de Jésus écrite par Jean-Christian PETITFILS et illustrée par l’intelligence artificielle (en2011). Ce n’est donc pas les 4 évangiles. En effet le premier objectif des 4 évangiles n’est pas de nous faire la biographie de Jésus, encore moins de nous faire la morale ou de nous dire comment nous conduire.  Les évangiles sont avant tout 4 livres qui nous dévoilent le Dieu de Jésus-Christ et aussi notre personnalité.
     
    Voyons maintenant comment la parabole du pharisien et du publicain atteint ces 2 objectifs.
Regardons d’abord la prière du pharisien. 
S’il prie c’est pour se mettre au centre.  Sa prière commence par « je », un « je » qui revient quatre fois sur trois lignes : « « je te rends grâce » « je ne suis pas comme le reste des hommes » « je jeûne 2 fois par semaine » « je verse le dixième de mes biens ».
En fait le pharisien cache Dieu par son énorme « JE ».
     D’autre part, sa prière est un simple monologue qui n’attend pas de réponse.  « Je te rends grâce de ne pas être comme le reste des hommes ».dit-il 
     Il ne reste plus à Dieu qu’à l’applaudir.  Le pharisien se suffit à lui-même.  Il n’a pas besoin de se convertir.  Il n’attend rien de Dieu qui ne saurait donc rien lui donner.  Il attend encore moins des hommes.

Regardons maintenant le publicain.

Il a su introduire son « je » mais à la bonne place, c'est-à-dire à la dernière : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis. »dit-il en concluant sa prière.

Si la parabole nous parle essentiellement de Dieu, elle nous donne aussi quelques éléments à propos de ces deux personnages:
* Le pharisien : un homme profondément religieux, habité par le souci d’obéir à la loi de Dieu.  Il va au temple pour prier.  La foi imprègne toute sa vie.
Le pharisien se met en avant en se comparant aux autres hommes en les traitant de voleurs, injustes et adultères.  Il se compare aussi au publicain qui ne jeûne pas et ne donne pas le 10° de ses revenus.  Il a la conviction d’être juste, impeccable et supérieur aux autres.  En conclusion, il croit de bonne foi que sa valeur réside dans ses pratiques
Le publicain est chargé de collecter l’impôt. Il entre dans le temple. Il reste à distance dans le fond parce que le temple lui était interdit. Il a une attitude d’humilité. « Il n’osait pas lever les yeux. Il se frappait la poitrine » dit l’évangile.

     Jésus ne met pas en doute la droiture et la générosité du pharisien. Il ne condamne pas ses pratiques ni son respect de la Loi juive. Par contre Jésus regrette que cet homme, sûr de son bon droit, ne veut dépendre de personne même pas de Dieu. Jésus ne supporte pas son attitude de mépris envers le publicain.
     Jésus prend les gens tels qu’ils sont au moment où il les rencontre. Son regard envers ces personnes est susceptible de provoquer chez elles une remise en question et un changement qui aboutira à un mieux-être et à un mieux-faire. (Cfr l’histoire du publicain Zachée  {proclamée dimanche prochain } (pas cette année vu l’office des morts le 2/11)  

     Cette parabole m’apprend 3 choses à propos de Dieu
1    Dieu préfère l’humilité du pécheur à l’orgueil de celui qui ne se remet pas en question. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » dit-il.
2    Dieu se reconnaît dans la prière authentique du publicain sans complexe de culpabilité.Il s’en remet à la bonté de Dieu. Il laisse Dieu être Dieu c-à-d Celui qui comble gratuitement 
3    Dieu respecte la liberté humaine. En effet lorsque tous deux ont quitté le temple, le publicain ne savait pas qu’il était devenu juste et le pharisien est probablement sorti conforté dans sa conviction de sainteté.

     En écoutant cette parabole posons-nous 3 questions :  
     1    Dans lequel des 2 hommes nous retrouvons-nous ? Dans l’homme exemplaire ou dans l’homme conscient de sa faiblesse ou dans les deux ?
     2    Dans lequel retrouvons-nous le Dieu de Jésus ? Dans le Dieu du mérite ou dans le Dieu de miséricorde ?
     3    Quelle est notre prière ? Un rappel de tout ce que nous avons fait de bien ou une prière de confiance et d’abandon ?
     
     Avec notre foi et nos doutes, nos grandeurs et nos faiblesses, nous voici, tels que nous sommes. Dieu nous accueille et nous sourit  parce que nous sommes habités de cette certitude.



Deux p’tits rawett’s

A RAS BORD !


    Un professeur éminent de philosophie va rendre visite à un Sage, tout au bout de la montagne, et dès qu’il le voit, il lui parle à n’en plus finir de toutes les philosophies, du bien, du mal, de la vie, de la mort, des alentours de Dieu, de l’enfer, du purgatoire...
    Il y a deux tasses sur la table, et le Sage, tout en l’écoutant, sert le thé. Mais la tasse du philosophe déborde et le Sage n’arrête pas pour autant de verser.
    Voyant cela, le professeur éminent arrête son discours, et lui dit avec un léger agacement :
    - Mais vous ne voyez donc pas que la tasse déborde ?
    - Elle est comme vous ; elle est tellement pleine qu’on ne peut plus rien y ajouter. Vous êtes tellement rempli que vous ne pouvez plus écouter !

     Les Rendez-vous contes édités par A. VERVIER et F. STREBER


Laisser-passer indispensable pour le paradis 

Un jour, une paroissienne arrive au ciel. 
Saint Pierre est à la porte, le trousseau de clefs dans sa main et lui dit : 
- Madame, pour entrer il vous faut 100 points. 
Avec confiance, elle lui dit : 
- J’ai fait ma première communion, ma profession de foi et ma confirmation ; j’ai été mariée à l’église et avec mon mari nous avons élevé chrétiennement nos enfants.  De plus, je dis mes prières chaque jour, j’ai été catéchiste et j’ai supporté courageusement un curé qui n’avait pas un bon caractère mais je suis restée quand même ! 
- 3 points, lui dit Saint Pierre. 
Pour elle, c’est un coup dans l’estomac parce qu’il lui semble que cela valait bien 80 points. Mais elle se ressaisit, retrouve ses idées et dit à Saint Pierre : 
- Mais j’ai fait partie de la Saint-Vincent de Paul ; j’ai aidé mes voisins dans le besoin ; j’ai rendu visite à des personnes âgées dans des maisons de repos et j’ai fait des dons à des œuvres caritatives. 
- 5 points, dit Saint Pierre. 
Elle perd tous ses moyens, elle éclate en sanglots : 
- Si c’est comme cela, moi je ne peux compter que sur la miséricorde de Dieu ! 
- 100 points, dit Saint Pierre. Vous pouvez entrer. Bienvenue ! 

R.P. TREVET Pierre /10/2012
Abbé Fernand Streber le 26 octobre 25


samedi 25 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e samedi TO-I

Lectures : Romains 8,1-11 ; Psaume23 ; Luc 13,1-9

Méditation

https://jardinierdedieu.fr/article-lc-13-1-9-le-figuier-deseche-converstissez-vous-46077940.html

Ce que le Seigneur désire, c’est un cœur tourné vers Lui… Comment aborder cette question du péché, question qui dérange, met mal à l’aise… Peut-être, en nous laissant guider en confiance par l’Eglise, par les choix des passages d’Ecriture qu’elle réalise pour nous, pour nous donner d’avancer vers une lumière plus juste…
 
Entrons dans ce passage d’Evangile avec cette perspective au cœur. Nous y retrouvons Jésus qui d’une certaine manière fait digression par rapport au dialogue qui cherche à s’instaurer. Après tout, Jésus aurait pu parler d’autre chose avec ces gens qui viennent lui rapporter l’affaire des Galiléens. Il aurait pu parler de l’injustice de l’occupant (des innocents victimes de la force aveugle), d’essayer d’expliquer les choses pour les autres, faire une théorie… Et bien non. Jésus, et il en remet juste après une nouvelle couche, leur dit, il nous dit et redit : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux ». Jésus nous demande de considérer vraiment notre propre situation, de ne pas nous en évader en pensant à autre chose, aux malheurs des autres… mais de nous considérer nous, nous et notre situation.
 
Jésus m’appelle à considérer ma manière de vivre, nos manières de vivre, en faisant abstraction de tout le reste (de ce qui peut justifier, expliquer, dériver ailleurs). Peut-être vais-je pouvoir, avec ce point de vue, réaliser que cette manière ne me conduit pas, ne nous conduisent vers une vie pleine, durable…  Jésus appelle chacun de nous à vivre une crise par rapport à lui-même…
 
Le fait que Jésus nous le dise ainsi, comme cela, sans un lien apparent, et par deux fois indique bien son intention de nous dire quelque chose qui compte pour lui et qu’il veut que nous entendions… Il cherche à produire sur nous un effet, il cherche à nous inquiéter pour nous donner de sortir de cette espèce de torpeur, à nous réveiller, à nous donner de retrouver en nous la possibilité de nous reprendre, de nous situer d’une nouvelle manière, de nous convertir…  Ma manière ne va pas. Peut-être bien que cette apostrophe rencontre un écho en moi, me met en mouvement. Je suis dans la reconnaissance de la pauvreté de ma vie… Au-delà de la réflexion sur ce passage d’Ecriture Sainte, je suis appelé à prendre du temps pour me considérer…
 
Et là, je puis entendre la consolation qu’il m’offre. Si je suis sur le chemin de conversion, il m’aide, il me conduit, il me tend la main, il est toute patience envers celui qui cherche à aller vers la lumière… Voilà les deux faces de Jésus, il parle, nous invective parfois, non pas pour condamner mais pour nous appeler à quitter nos vieilleries, pour aller vers la vie. Percevoir cette bonté forte, qui appelle, qui m’encourage à laisser tomber ces fausses béquilles qui m’empêchent de marcher librement… L’écouter comme le Père le disait la semaine dernière. Aller mon propre chemin, le véritable, celui qui me conduit à travers la pauvreté et le désir à la vérité de mon être en relation véritable avec Lui, avec mes frères reçus comme frères. Je ne parle plus à partir d’autres, mais à partir de la vie que je reçois en moi. 
 

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite le 19 mars 2022



vendredi 24 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e vendredi TO-I

Lectures : Romains 7,18-25a ; Psaume 118 (119), 66.68, 76-77, 93-94 ; Luc 12,54-59

Méditation

Quelle visage de Dieu ressort-il de ces textes ?
Paul est confronté à ses tiraillements intérieurs entre ce qu’il voudrait être et faire et ce qu’il est et fait en réalité. Cette page de la lettre aux Romains est précieuse, car je crois que chacun peut s’y reconnaître plus ou moins. De voir le grand Saint Paul plein de zèle et d’énergie se décrire ainsi… c’est finalement encourageant !

A Damas, Paul s'est rendu compte que son zèle plein de fougue l'éloignait de Dieu qu'il croyait servir ainsi.

je me suis inspirée du livre de Daniel Marguerat (1) et de la session qu'il a animée ici.

Je vous cite Daniel Marguerat dans sa conférence sur la lettre aux Romains lors de la session d’août 2024 : « Pour Paul, le péché ce n’est pas la faute, ce n’est pas la transgression de la Loi, c’est une puissance, un pouvoir. C’est un pouvoir qui coupe l’homme de Dieu ou qui rompt la relation à Dieu. C’est un pouvoir qui s’impose à l’humain et c’est de ce pouvoir là que le baptême va détourner l’individu. Mais Paul ne parle jamais du péché en soi. Quand il parle du péché c’est toujours pour dire : son pouvoir a été abrogé par la grâce. Sa prédication sur le péché n’est jamais culpabilisante parce que c’est toujours pour dire : ce péché a été abrogé par la grâce. »
Ainsi résonne la dernière phrase de notre passage, comme un cri de reconnaissance et d’espérance : Mais grâce soit rendue à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !
Ce que ni Paul, ni nous, n’arrivons à faire le Seigneur l’accomplira au temps voulu par sa grâce et même l’accomplit déjà sans que nous nous en rendions compte. Cette faiblesse reconnue et acceptée sans résignation est le terreau où sa grâce peut agir. Elle agit en collaboration avec nous qui voulons le bien et qui n’arrivons pas à l’accomplir. Surtout, elle est un don gratuit, nous l’avons entendu hier, elle est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur. (Romains 6,23) Elle est la vie en relation avec Dieu. Elle est sa présence agissante en nous dont rien ne peut nous séparer. 

Le lien avec l’Évangile de saint Luc ?
Une accumulation, un enchaînement inexorable : adversaire, magistrat, juge, huissier, prison, jusqu’au dernier centime ! 
Qu’est-ce que Jésus peut bien vouloir nous faire comprendre par ce passage? Avec la question centrale : «  Ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? » Apprendre à interpréter et à discerner ce qui est juste !
Est-ce juste de voir le Seigneur comme un adversaire sans pitié ? Est-ce juste de voir l’autre comme un adversaire ? Est-ce juste de voir en cet adversaire moi-même et d’être tiraillé comme saint Paul le décrit ? Est-ce juste de se croire encore soumis au pouvoir du péché, au pouvoir de ce qui rompt la relation avec le Seigneur ?

Que nous dit Jésus? Pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui. Littéralement : mets en œuvre d’être délivré de lui.
S’arranger avec cet adversaire, en être délivré, c’est peut-être changer de regard. Sur Dieu, sur l’autre, sur moi-même. C’est ne plus voir le Seigneur comme un adversaire sans pitié ou un juge sans pitié. Jésus ne s’est-il pas décrit un peu plus haut (nous l’avons entendu mardi) comme le maître qui met le tablier de service et sert lui-même ses serviteurs ? Ne montre-t-il pas au long de sa vie un accueil inconditionnel de ceux qui se tournent vers lui ?
C’est me rappeler que le péché, tout ce qui rompt la relation avec le Seigneur a été abrogé par la grâce. Il met loin de nous nos péchés chante le psaume 102 (Psaume 102, 12).
Ce changement de regard sur Dieu rejaillit sur le regard porté sur l’autre, sur moi-même. Être délivré des oppositions et marcher sur le chemin de l’acceptation des différences, de la reconnaissance des complémentarités. Finalement marcher sur le chemin de la fraternité.
Demandons cette grâce au Seigneur, soyons sûrs qu’il n’attend que notre désir pour nous l’offrir.
Et n’oublions jamais que « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Romains 8,38-39)


Introduction au Notre Père

Tu es béni, Père, Seigneur du ciel de la terre de nous offrir ta grâce : nous te chantons de tout notre cœur…

(1) Daniel Marguerat. Paul de Tarse, L'enfant terrible du christianisme. éditions du Seuil. Paris mars 2023. pages 246-264

sr Marie-Christine le 24 octobre 25

jeudi 23 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e jeudi TO-I

Lectures : Romains 6,19-23 ; Psaume 1 ; Luc 12,49-53

Introduction

Les lectures de ce jour nous parlent d’un baptême. En effet, nous poursuivons la lecture continue de la lettre aux Romains, et nous sommes dans le chapitre 6 qui parle du baptême, de la vie baptismale, comme d’un combat. Jésus aussi, dans l’évangile, parle de son baptême, du baptême de feu qu’il doit recevoir et et dont il dit qu’il lui coûte de l’attendre...  Accueillons ces paroles comme une invitation à approfondir notre baptême.


Commentaire des lectures


Les lectures de ce jour nous ont donné la suite du chapitre 6 de la lettre aux Romains : nous sommes dans du « pur saint Paul »... Une pensée complexe, qui aime les paradoxes, mais pas pour le plaisir de faire des paradoxes : bien plutôt pour montrer comment la vie chrétienne comporte une dimension paradoxale essentielle, à l’image de la croix du Christ. 

Ici, dans le chapitre consacré à la « vie baptismale », Paul joue avec les mots esclave et libre, esclave et serviteur, obéissance et péché, Loi et grâce. « Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice » (dernière phrase de la lecture d’hier).
Paul joue du paradoxe en opposant les extrêmes. Nous sommes « esclaves » de celui à qui nous obéissons (nous disait-il hier) : si nous choisissons de servir le péché, nous devenons esclaves du péché. Au péché s’oppose l’obéissance à la grâce. La grâce s’oppose à l’esclavage du péché : elle nous en libère. Mais du coup, un autre « esclavage » se présente à nous : « nous devenons esclaves de la justice ». Paul n’a pas peur de la petite provocation qui se trouve dans cette expression. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en grec, comme en hébreu, le même mot signifie tantôt « esclave », tantôt « serviteur » (doulos). En français, nous avons deux mots, l’un négatif, l’autre positif.
Le passage devient alors plus clair : « libérés de l’esclavage du péché, nous sommes devenus serviteurs de la justice ». L’esclave n’est pas libre. Le serviteur est libre. Tous deux font la volonté du maître, mais leur motivation est différente. Passage de la Loi à la Grâce.

Dans le passage d’aujourd’hui, Paul poursuit sa réflexion en nous demandant d’être cohérent. Si nous sommes des serviteurs et non des esclaves, nous ne travaillons pas par contrainte, mais pour un but partagé. Ce but poursuivi, il l’appelle ici la sainteté. Et la sainteté, elle, mène à la vie éternelle. La vie éternelle n’est pas un « salaire », mais un don gratuit. En effet, nous sommes du côté de la Grâce. Un don gratuit, cela signifie que nous ne l’avons pas mérité, c’est tout autre chose qu’une récompense, un salaire. C’est à la fois quelque chose qui nous dépasse et qui nous devance. Pour rester dans la façon de penser de Paul, on pourrait dire : c’est parce que nous avons déjà la grâce que nous pouvons nous mettre au service de la grâce. Mais ce choix n’enlève rien à notre liberté. Il dépend de nous de le rechoisir chaque jour.

Tel est peut-être aussi le sens de la parole de Jésus dans l’évangile de ce jour : « je suis venu apporter un feu sur la terre... ». Non pas la paix, mais le glaive... Parce que choisir de suivre le Christ, c’est refuser toute compromission avec le péché... et cela demande un combat de tous les jours !

Prière de conclusion


Dieu de la liberté et de la grâce, tu nous conduis sur un chemin de sainteté. Béni sois-tu pour ton Fils, Jésus-Christ, et pour le feu qu’il apporte sur la terre, afin de faire émerger la vérité et de multiplier la charité. Garde-nous attentifs et fidèles au service de ta justice, avec la force de ta présence reçue dans la Parole et dans le Pain. Par Jésus...

Sr Marie-Raphaël le 24 octobre 19


mercredi 22 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e mercredi TO-I

Veillez… (Luc 12, 39-48)

Lectures : Romains 6,12-18 ; Psaume 123 ; Luc 12,39-48

Méditation 

Dieu ne prévient pas.
Il ne frappe pas.
Il n’entre pas par la porte prévue.
Il entre là… où nous pensions être tranquilles.


La surprise, c’est que le Royaume ne s’annonce pas :
il surgit.
Il ne s’impose pas par la force,
mais par une brèche, un décalage,
un instant de lucidité.


On croyait qu’il fallait attendre Dieu…
et l’on découvre qu’il est déjà là,
dans l’instant qu’on ne regardait pas.


Le maître qui s’absente,
c’est peut-être l’image la plus vertigineuse.
On pourrait y lire une menace — “gare au retour !” —,
mais la vraie surprise,
c’est la confiance.
La responsabilité confiée.
Il laisse sa maison entre nos mains.


Dieu n’occupe pas la place pour tout faire lui-même.
Il se retire pour que notre liberté se déploie.
C’est un Dieu qui s’efface,
pour que nous devenions responsables.
Et c’est cette confiance-là qui nous cueille :
plus redoutable encore que la peur du châtiment.


Dans cette parabole, Jésus ne parle pas de miracles,
ni de révélations.
Il parle de serviteurs.
De tâches quotidiennes.
D’une lampe allumée.
Le Royaume se joue dans la banalité de la veille,
dans le soin apporté aux autres,
dans ce qui semble sans importance.


Là où nous cherchons des signes grandioses,
il nous surprend dans la fidélité toute simple.


Ce maître “qui tarde”,
c’est l’expérience de tous les croyants :
Dieu semble parfois lointain, silencieux…
Mais c’est dans ce silence qu’il travaille en nous.


Le paradoxe,
c’est que l’absence apparente devient le lieu de la rencontre.
Nous croyions attendre quelqu’un du dehors…
et c’est en nous qu’il se manifeste,
dans cette vigilance intérieure
qui guette un signe et découvre une Présence.


« À qui l’on a donné beaucoup,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on en réclamera davantage. »


Le donné ne pèse pas comme une dette :
il ouvre à une responsabilité adulte, aimante.
C’est la logique même de la grâce :
plus elle se dépose,
plus elle cherche à circuler.


Alors, veiller,
ce n’est pas craindre le retour du maître,
mais demeurer éveillé à la confiance qui nous est faite.


Car c’est la conscience d’être aimé
qui rend vraiment vigilant.

Isabelle le 22 octobre 25


mardi 21 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e mardi TO-I

Lectures: Romains 5,12-15b.17-21 ; Psaume 39 ; Luc 12,35-38

Méditation 

Je vous propose la méditation de Sr Marie-Christine en 2021: https://partage-de-lectio.blogspot.com/2021/10/liturgie-de-la-parole-29e-mardi-to.html

 

lien pour l'image le lavement des pieds Sieger Köder: https://conversatio-media.s3.us-west-1.amazonaws.com/wp-content/uploads/2023/07/23110349/12.-O-Taste-and-See-The-Washing-of-Feet-Koder-web.jpg

 

lundi 20 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e lundi TO-I

Lectures : Romains 4,20-25 ; Cantique NT2 (Luc 1,69-75) ; Luc 12,13-21

Méditation

C’est toujours compliqué de mettre les mots justes sur des tentations fortes, des choix de vie qui interpellent, des attitudes qui exigent un discernement et un renoncement par rapport à des pulsions, des envies personnelles guidées par l’argent.
L’Évangile, cette bonne nouvelle adressée par Jésus à tous ceux qui veulent l’entendre, est une aide précieuse au discernement. La Parole de Jésus est tranchante et sans ambiguïté : « Gardez-vous de toute avidité, de toute âpreté au gain… vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ».  Il faut choisir.  Bien sûr, nous savons l’importance de gagner sa vie financièrement puisque, dans notre société, nous n’arriverons pas à vivre dignement sans argent.  L’argent est donc un moyen, à la fois un bien et un mal nécessaire. 
Je n’en dis pas plus sur ce qui concerne l’âpreté au gain, un mal qui, insidieusement, si nous ne sommes pas vigilants, perverti les cœurs.
Le danger est de se laisser enfermer dans des possessions matérielles qui s’opposent à l’ouverture du cœur. Il y a, dans le message à recevoir de Jésus, une invitation à faire de la place à des biens qui ne s’achètent pas et qui nous donnent de « gagner notre vie » autrement. C’est là que tout se joue.
Son exemple nous apprend ce qu’est l’acte de croire, de faire confiance en dépit des apparences, au pouvoir inouï de Dieu de faire surgir la vie là où la mort a sévi.
Une seule chose devient nécessaire, la meilleure part devient pour nous de l’écouter, de faire confiance et de vivre avec lui dans l’élan de l’Esprit.
Notre soif de vie peut être plus forte que tout.
Cette relation qui se tisse, à partir d’une écoute, fait que pas mal de problèmes qui nous hantent, à propos du sens des richesses et de l’existence, du sens de la vie et de la mort, cessent d’être des énigmes et deviennent lumineux quand ce n’est pas résolu à jamais. 
Ne nous décourageons pas, demandons le souffle de l’Esprit qui va nous inspirer et nous donner l’audace de la foi, celle de croire à une vie nouvelle qui nous est promise, celle d’entrer dans la joie et de connaître le bonheur.

Il y a un choix radical à faire pour être chrétien, c'est-à-dire disciple du Christ, un choix radical entre la foi au Christ et l’attachement à des biens, l’attachement au pouvoir et ce qui perverti le cœur de l’homme.
Dans sa lettre aux Romains, Paul nous rappelle que « devant la promesse de Dieu, Abraham n’hésita pas, il ne manqua pas de foi, mais il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis… en disant que cela lui fût accordé, l’Écriture ne s’intéresse pas seulement à lui mais aussi à nous »
Je terminerai par ceci : 
Malgré tout ce que nous pouvons ressentir ou croire par rapport aux nombreuses difficultés qui surgissent – les déceptions, les contrariétés, les tensions vécues… - la vie doit se poursuivre. Et la vie commence chaque matin.  Ne vous repliez pas au fond de vous-mêmes. Donnez-vous. Donnez-vous, c’est ce don qui vous libérera et vous épanouira.  De tout mon cœur je voudrais que vous trouviez nombre de gens auxquels, noblement, vous vous donnerez.
C’est sans doute la meilleure part que nous ayons à offrir de nous-mêmes, faire rayonner l’amour que nous avons reçu pour qu’à notre tour nous soyons créateurs de bonheur pour nous-mêmes et pour les autres.

Invitation au Notre Père

Mettons-nous en Présence de Dieu notre Père. Adressons-lui notre prière.  Qu’Il sème dans nos cœurs sa semence de vie, son Souffle Saint.

Raymond le 20 octobre 25



dimanche 19 octobre 2025

Liturgie de la Parole 29e dimanche année C

Lectures : Exode 17,8-13 ; Psaume 120 ; 2 Timothée 3,14- 4,2 ; Luc 18,1-8

Méditation 

https://www.vatican.va/content/francesco/fr/angelus/2022/documents/20221016-angelus.html 
 

Chers frères et sœurs, bonjour!
L’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui se termine par une question préoccupée de Jésus : « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?» (Luc 18, 8). Comme pour dire : quand je viendrai à la fin de l’histoire — mais, pouvons-nous penser, même maintenant, à ce moment de la vie — trouverai-je un peu de foi en vous, dans votre monde ? C’est une question sérieuse. Imaginons que le Seigneur vienne aujourd’hui sur terre : il verrait, malheureusement, tant de guerres, tant de pauvreté, tant d’inégalités, et en même temps de grandes conquêtes de la technique, des moyens modernes et des gens qui courent toujours, sans jamais s’arrêter ; mais trouverait-il des personnes qui lui consacrent du temps et de l’affection, qui le mettent au premier plan ? Et surtout, demandons-nous : que trouverait-il en moi, si le Seigneur venait aujourd’hui, que trouverait-il en moi, dans ma vie, dans mon cœur ? Quelles priorités de ma vie verrait-il ?
Souvent, nous nous concentrons sur beaucoup de choses urgentes mais pas nécessaires, nous nous occupons et nous préoccupons de nombreuses réalités secondaires ; et peut-être, sans nous en rendre -compte, négligeons-nous ce qui compte le plus et nous laissons notre amour pour Dieu refroidir, se refroidir peu à peu. Aujourd’hui, Jésus nous offre le remède pour réchauffer une foi tiédie. Et quel est le remède ? La prière. La prière est la médecine de la foi, le reconstituant de l’âme. Il faut, cependant, que ce soit une prière constante. Si nous devons suivre un traitement pour aller mieux, il est important de bien l’observer, de prendre les médicaments de façon et aux moments adéquats, avec constance et régularité. C’est ce qu’il faut en tout dans la vie.  Pensons à une plante que nous gardons à la maison : nous devons la nourrir avec constance chaque jour, nous ne pouvons pas l’inonder d’eau et puis la laisser sans eau pendant des semaines ! A plus forte raison pour la prière : on ne peut pas vivre seulement de moments forts ou de rencontres intenses de temps en temps pour ensuite « entrer en hibernation ». Notre foi va s’assécher. Il faut l’eau quotidienne de la prière, il faut un temps dédié à Dieu, afin qu’Il puisse entrer dans notre temps, dans notre histoire ; de moments constants où nous lui ouvrons le cœur, afin qu’Il puisse répandre en nous chaque jour amour, paix, joie, force, espérance ; c’est-à-dire, nourrir notre foi.
C’est pourquoi Jésus parle aujourd’hui « à ses disciples — à tous, pas seulement à quelques-uns ! — de la nécessité de prier sans cesse et de ne pas se décourager » (v. 1). Mais on pourrait objecter : « Mais moi, comment puis-je le faire ? Je ne vis pas dans un couvent, je n’ai pas beaucoup de temps pour prier !». A cette difficulté, qui est vraie, peut peut-être venir en aide une pratique spirituelle savante, que l’on a un peu oubliée aujourd’hui, que nos aînés, surtout les grands-mères, connaissent bien : celle que l’on appelle les jaculatoires. Le nom est un peu désuet, mais la substance est bonne. De quoi s’agit-il ? De très brèves prières, faciles à mémoriser, que nous pouvons répéter souvent pendant la journée, au cours des différentes activités, pour rester « connectés » avec le Seigneur. Prenons quelques exemples. Dès que nous nous réveillons, nous pouvons dire : « Seigneur, je te remercie et je t’offre cette journée » : c’est une petite prière ; puis, avant une activité, nous pouvons répéter : « Viens, Esprit Saint » ; et entre une chose et l’autre, prier ainsi : « Jésus, j’ai confiance en toi, Jésus, je t’aime ». Des petites prières, mais qui nous maintiennent en contact avec le Seigneur. Combien de fois envoyons-nous des « messages » aux personnes que nous aimons ! Faisons-le aussi avec le Seigneur, afin que le cœur reste connecté à Lui. Et n’oublions pas de lire ses réponses. Le Seigneur répond, toujours. Où les trouve-t-on ? Dans l’Évangile, à tenir toujours sous la main et à ouvrir chaque jour quelques fois, pour recevoir une Parole de vie qui nous est adressée.
Et revenons à ce conseil que j’ai donné tant de fois : ayez un petit Évangile de poche, dans votre poche, dans votre sac, et ainsi, quand vous avez une minute, ouvrez et lisez quelque chose, et le Seigneur répondra.
Que la Vierge Marie, fidèle à l’écoute, nous enseigne l’art de toujours prier, sans nous lasser.

Pape François Angelus du 16 octobre 22


samedi 18 octobre 2025

Liturgie de la Parole 18 octobre fête de St Luc

Lectures: 2 Timothée 4,9-17b ; Psaume 145(144),10-11.12-13ab.17-18.; Luc 10,1-9 

Ouverture

Bonjour, bienvenue à cette célébration. Nous sommes invitées aujourd’hui à nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, en nous laissant toucher par les mots de l’Évangéliste st Luc. Apôtre de la miséricorde dont le monde à tant besoin. Témoin de l’œuvre de l’Esprit en notre monde ! qu’il nous donne de nous laisser habiter, conduire par l’Esprit de paix et d’unité. 


Méditation de la Parole 

Parmi ses disciples Jésus en désigna encore 72. Comme quoi il n’en a jamais assez. Il en avait désigné 12, et les avait envoyés en mission, maintenant ce n’est plus 12 mais 72. 
Il les envoie deux par deux. C’est une image à garder longtemps devant les yeux. On n’a pas sa petite mission à soi, on n’est pas propriétaire de son apostolat, de son clocher,... Non, les disciples véritables participent de la grande mission de Jésus, et deux par deux sont envoyés devant lui. La mission est synodale, dès le début. Il y a un soutien fraternel dans le fait d’être envoyé deux par deux. Il y a un témoignage. C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples. Ils ne se sont pas choisis, Jésus les a désignés et envoyés. Envoyés pour être témoins de Jésus, il faut être deux pour que le témoignage soit reçu ! 
Et vient alors cette invitation à la prière : La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux... Pourtant, à lire l’envoi de 72 autres, on aurait pu croire que ce n’était pas les ouvriers qui manquaient... Peut-être l’appel est-il plus profond. Il ne suffit pas d’avoir été désigné et envoyé par Jésus, pour être un véritable ouvrier. Il n’y a aucune magie : ce n’est pas parce qu’on est ordonné, ou nommé catéchiste, ou qu’on a fait profession de moniale, qu’on est ouvrier... Il y faut une adhésion personnelle. Et là, nous recommande Jésus, priez ! Oui, priez pour que les envoyés deviennent ouvriers ! 
Ce n’est pas la moisson qui manque, ce sont les ouvriers. Voilà un bel angle de vue à méditer. On a peut-être trop tendance de nos jours à trouver que les épis se font rare... n’est-ce pas notre regard qui ne sait pas voir l’abondance des épis dans les champs du Seigneur ? Peut-être tout simplement parce que nous limitons à nos vues ces champs, et ne voyons pas, que le Seigneur lui, il sème à tort et à travers, sur toutes les terres, et même sur les chemins, ... La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ! 
Quels seront ces ouvriers ? 
 Ils n’emportent, ni argent, ni sac, ni sandales. Ce sont des hommes libres, comme le vent, le vent de l’Esprit. Ce sont des pauvres, ils n’iront pas à la rencontre de leurs frères imbus de leur être, de leur savoir, de leur mission. Ce sont des pauvres qui ont les mains vides : ils peuvent être de bons ouvriers pour la moisson, récolter dans les champs du Seigneur, ce qu’ils n’ont pas semé !!! Aucune gloire, aucun prestige.  

Ne vous attardez pas en salutations
. Ne jouez pas les grands personnages ! Je ne pense d’ailleurs pas que des agneaux s’amusent à saluer les loups, sinon dans les fables de La Fontaine... Et encore ! !!! Vous êtes envoyés dans la fragilité de votre être, de votre vie, au milieu d’un monde qui est parfois hostile. Vous êtes témoins de l’Agneau immolé, et non d’un potentat sanguinaire ! 
Dans toute maison où vous entrerez dites d’abord « paix à cette maison »
L’ouvrier de la moisson du Père, moissonne par la paix qu’il apporte ! La paix qu’il respire, la paix qu’est le Christ. Pour être porteur de paix, il faut avoir les mains vides. Vous le savez dès qu’on est propriétaire, on bâtit des murs pour protéger ses biens. On achète des coffres, puis on paie des gardes. On achète des armes et on tire sur tout qui n’est pas comme nous.... Le porteur de paix avance les mains vides, le cœur ouvert. Et alors l’ouvrier va partager simplement, humblement la vie de ceux qui l’accueillent. Là il pourra guérir, par sa simple présence. Et là il témoignera : le règne de Dieu est tout proche de vous. Non pas qu’il se prenne pour celui qui a apporté ce règne, mais parce qu’il discerne tout simplement dans cette humanité qui s’est ouverte à lui, dans cet échange de paix, la présence du Royaume. 
Voilà les ouvriers qui sont attendus, voilà l’ouvrier que fut saint Luc. 
Rendons grâce, et prions qu’il nous soit donné de devenir ouvrier selon le cœur de Dieu. 


Invitation au notre Père 

Comme Jésus nous l’a enseigné, osons dire ensemble la prière des enfants de Dieu

Prière finale

Seigneur Jésus, à la prière de st Luc, envoie ton Esprit sur l’assemblée synodale, envoie ton Esprit sur l’Église répandue à travers le monde. Que ton Esprit nous forme à la vie fraternelle, à la marche ensemble sur les chemins de l’Évangile. Nous te le demandons, toi qui règnes avec le Père et l’Esprit Saint, pour les siècles des siècles

Sr Myrèse le 18 octobre 23




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vendredi 17 octobre 2025

 

Liturgie de la Parole 28e vendredi TO-I

Lectures : Romains 4,1-8 ; Psaume 31, 1-2 ; 5ab ; 5c.11 ; Luc 12,1-7

Méditation 

Nous fêtons aujourd’hui saint Ignace d’Antioche né au 2 siècle. Disciple direct des apôtres Pierre et Jean.

Ma première réflexion est tournée vers le psaume 31, 1-2. Le psaume du jour nous invite à continuer à faire confiance, même quand tout semble perdu, la confiance en Dieu peut transformer l’épreuve en espérance.
Libération intérieure après avoir reconnu son péché. 
Heureux l’homme à qui Dieu ne retient pas ses péchés. 
L’humilité de nommer, d’avouer, et retrouver ainsi la paix du cœur. Recevoir le sacrement de réconciliation.
Je voyais deux étapes dans le psaume. 
1) Je crie vers Dieu dans l’angoisse, le doute et la souffrance.
2) Et je trouve la paix parce que je me suis tourné vers « Lui » en toute humilité, vérité et confiance.

Ma réflexion sur l’évangile du jour :
Jésus met en garde ses disciples, « méfiez-vous de l’hypocrisie des pharisiens ». Jésus met en garde contre cette attitude qui consiste à montrer une apparence extérieure de droiture et de loyauté tout en cachant des pensées et des intentions contraires en leur cœur. Jouer un rôle, faire semblant…l’hypocrisie gonfle l’apparence, mais vide l’intérieur.
« Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ».
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps »
La peur du regard des autres ou du rejet peut nous paralyser. Ne pas laisser les jugements humains nous guider. Invitation à rester au cœur de soi et écouter la « Source ». 
Jésus nous recentre sur l’essentiel, Dieu seul tient la vie dans sa totalité. Soyons et restons à l’écoute de notre vie intérieure où la présence est guide.  Il y a un basculement intérieur qui nous fait vivre au départ de notre « Etre » Basculement qui nous fait dire à chaque fois, « Père, que ta volonté soit faite » dès que la peur humaine nous envahit revenir à « Lui » vivons dans la confiance total de Dieu. Dans ce monde en souffrance soyons acteur avec le Christ pour un monde plus humain. 
Dieu prend soin de chaque vie, il nous le dit avec humour. « Même les cheveux de votre tête sont comptés…vous valez bien plus que des moineaux. »
Tu es précieux, tu n’es pas oublié, même dans l’épreuve, les découragements…etc. 
L’évangile nous demande la sincérité du cœur, laisser tomber nos masques, vivre sans peur du jugement  humain. Faire confiance en suivant l’Esprit de Dieu. 
Dieu qui nous connaît et nous aime.

Brigitte le 17 octobre 25



jeudi 16 octobre 2025

Liturgie de la Parole 28e jeudi TO-I 

Lectures : Romains 3,21-30 ; Psaume 129 ; Luc 11,47-54

Ouverture

Une drôle d’ambiance : Jésus est invité à prendre un repas chez un pharisien, mais il ne se comporte pas selon les convenances avec son hôte… Il se montre critique. Tout part du constat que lui et ses disciples ne se sont pas lavé les mains (n’ont pas fait les ablutions d’usage) en entrant. Voyant l’étonnement du pharisien, il enfonce le clou : il les plaint (« quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous vous attachez aux tout petits détails de la Loi, et même vous en faites plus, mais vous oubliez l’essentiel, qui est l’amour et la miséricorde… »). À table, il y aussi des docteurs de la Loi qui ont été invités. Ceux-ci sont offusqués par les paroles de Jésus et disent qu’ils se sentent également visés. Et Jésus d’en rajouter encore : « vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous n’y touchez pas… ». Vient alors le passage de l’évangile que nous allons entendre aujourd’hui.
Le passage de la lettre aux Romains ne sera pas non plus très facile à comprendre, mais ces deux lectures auront quelque chose en commun et s’éclaireront l’une par l’autre.


Résonances

Si nous partions de la lettre aux Romains pour tenter de comprendre ce que Jésus dit aux docteurs de la Loi ? Cette longue lettre de Paul commence par une réflexion théologique assez touffue, où Paul s’engage dans la thématique du salut par la foi. Paul s’adresse aux Romains, c’est-à-dire à des chrétiens d’origine païenne. Il réfléchit à la différence entre les païens et les Juifs et se demande si les Juifs ont un avantage. Comment cela résonne-t-il pour nous aujourd’hui ? Et d’abord, c’est quoi, le salut ? C’est quoi la foi ? C’est quoi pour vous ? 
Nous observons, dans notre monde, beaucoup de situations difficiles, qui semblent désespérées. Nous nous demandons ce que nous pouvons faire pour que cela change. Nous nous sentons impuissants. Et nous nous demandons pourquoi Dieu (s’il est tout-puissant) n’intervient pas davantage.
Paul nous propose un autre mot : « justice ». Dans les 9 versets du passage que nous venons de lire, ce mot apparaît 9 fois ! Qu’est-ce que ce mot signifie pour nous ? Au sens biblique, la « justice » suggère qu’on est « ajusté » à la volonté de Dieu, au désir de Dieu. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’on est sans péché, sans erreur. On n’est pas « parfaits », mais « ajustés », on est autant que possible dans la vérité.
Souvent, on pense que le salut tient à nous, à notre façon de nous impliquer dans le monde pour que les choses aillent mieux. On se fabrique des règles, des lois, un code de conduite et on se dit qu’en y obéissant, on fera en sorte que tout aille mieux. Et surtout, on sera bien vu de Dieu, on sera « juste » à ses yeux. Mais la tentation est de faire de la Loi une idole. La tentation est de ne s’appuyer que sur soi. C’est une tentation, et aussi une cause de désespoir, car tôt ou tard on se rend compte qu’on n’y arrive pas ! On se met la barre trop haut !
Jésus reproche aux docteurs de la Loi de mettre la barre très très haut, croyant que c’est cela qu’il faut faire, mais du coup, d’enfermer tout le monde dans le désespoir… Ce que Jésus leur reproche est très grave : « vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ». Redoutable responsabilité de ceux qui sont chargés d’enseigner !
Jésus (et Paul aussi) nous suggère que c’est tellement plus simple… Mais aussi tellement plus exigeant : le salut ne dépend pas de nous, et pourtant, nous avons quelque chose à faire : nous avons à nous y ouvrir, à l’accueillir. Et c’est cela, la foi. C’est accueillir la grâce que Dieu nous donne, le cadeau qu’il nous donne, ce qu’on appelle le « salut ».
Paul écrit aux Romains pour leur dire : ce n’est pas parce que vous n’êtes pas Juifs que vous ne pouvez pas être sauvés. Le salut, c’est d’être libéré de l’orgueil de croire que tout dépend de moi. C’est aussi ce que Jésus tente d’expliquer aux Pharisiens et docteurs de la Loi qui l’ont invité à sa table. Mais il faut être assez humble pour le comprendre.
Invitons le Seigneur à notre table et écoutons-le : il nous enseigne le chemin de la joie !

Sœur Marie-Raphaël le16 octobre 2025


mercredi 15 octobre 2025

Liturgie de la Parole 28e mercredi TO-I

Lectures : Romains 2,1-11; Psaume 61; Luc 11,42-46

Méditation

Je vous propose la méditation de Rosy sur ce blog à l'onglet "St Luc"https://partage-de-lectio.blogspot.com/2012/09/laisser-de-cote.html 

lundi 13 octobre 2025

Liturgie de la Parole 28e lundi TO-I

Lectures : Romains 1,1-7 ; Psaume 97 ; Luc 11,29-32

Méditation

La dernière phrase de l’Évangile de samedi était : Heureux (…) ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. Jésus en propose une illustration à ceux qui cherchent un signe sans voir, sans vouloir voir peut-être, que le signe est devant eux : Jésus et son œuvre de vie.
La reine de Saba se dressera, les habitants de Ninive se lèveront. Se dresser, littéralement se réveiller, et se lever sont deux verbes utilisés pour la résurrection. 
La reine de Saba est venue des extrémités de la terre pour écouter Salomon : c’est dire sa soif d’écouter, de se laisser déplacer par l’écoute de la sagesse de Salomon. Elle est au centre de la péricope, elle, une femme étrangère. Elle se réveillera en même temps que les hommes de cette génération et elle ne les jugera pas, mais elle les condamnera par sa propre attitude de foi, de confiance, d’adhésion du fond du cœur à la sagesse de Salomon à travers laquelle elle reconnut la bienveillance du Seigneur pour Israël (voir 1Rois 10,1-13, surtout verset 9). De même les Ninivites se lèveront et condamneront par leur conversion ceux qui refusent de se convertir.
En fait , je pense que ce ne sont ni la reine de Saba, ni les Ninivites, encore moins Jésus, qui condamneront. C’est plutôt en voyant leur soif d’écoute, leur foi, leur désir de conversion, que les hommes de cette génération constateront qu’ils n’ont pas ces attitudes qui conduisent à la vie et ils se condamneront eux-mêmes.
L’exemple de ces païens, pire des ennemis héréditaires qu’étaient les Ninivites, devrait stimuler, ouvrir les cœurs à l’écoute de Celui est venu pour que nous ayons la vie, la vie en abondance. (cf. Jean 10,10). 
En quoi ces textes m’éclairent-ils et me stimulent-ils ? 
L’écoute, la conversion, accepter de se laisser bousculer et transformer par la parole agissante de Jésus, par la parole d’autres personnes, par les événements, c’est se réveiller, c’est se lever, c’est ressusciter. Une vie se réveille en nous, grandit, nous met debout. 

Que découvrons-nous ? Saint Paul nous donne des pistes dans le début de sa lettre aux Romains. Il s’adresse à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome… et ailleurs dans le monde. Chaque personne est bien-aimée de Dieu. Qu’elle vienne des extrémités de la terre comme la reine de Saba, qu’elle semble être ennemie comme les Ninivites, elle est aimée de Dieu de manière unique. C’est à la fois un don gratuit et un appel.
-Appel à être saints, non pas une statue dans une niche, mais, comme Paul, mis à part pour l’Évangile de Dieu, la Bonne Nouvelle. Mis à part, pour être apôtre -c’est-à-dire envoyé- annoncer que Dieu est fidèle à ses promesses, qu’il nous dit son amour par son Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur. Jésus, qui a vécu notre condition humaine, qui est ressuscité d’entre les morts, qui est vivant. L’exemple de Jésus et de Paul rappelle que, mis à part et envoyés, nous sommes appelés à être témoins par notre vie quotidienne en plein pâte humaine, pas en se ghettoïsant.
-Appel à l’obéissance de la foi, attitude d’adhésion, de confiance existentielles. Une écoute obéissante et agissante. Une foi qui se laisse enseigner, une foi qui nous habite tout entier.
Comme le dit Tomas Halik dans le livre que nous lisons au réfectoire : 
« Ce n’est pas quand l’homme professe en paroles que l’on peut rechercher et juger de l’authenticité de sa foi, mais dans la mesure où celle-ci a pénétré et transformé son existence et son cœur, dans la façon dont il se comprend lui-même, dans sa relation vécue avec le monde, la nature et les hommes, dans son rapport à la vie et à la mort. L’homme ne professe pas sa foi dans le Créateur par ce qu’il pense sur l’origine du monde, mais par la façon dont il se comporte avec la nature ; il professe sa foi en un Père commun en accueillant les autres hommes comme ses frères et ses sœurs et sa foi en une vie éternelle en acceptant sa propre finitude. » (1)

« Si nous manquons de foi, [le Seigneur], lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même », avons-nous entendu hier (2 Timothée 2,13, 2e lecture du 28e dimanche année C) : gardons confiance !
Seigneur fais-nous la grâce d’être et de demeurer dans l’obéissance de la foi : qu’elle nous réveille, nous mette debout, nous transforme, et rayonne ta Présence de Vie, d’Amour.

Introduction au Notre Père

Bien-aimés de Dieu tournons-nous vers le Père pour lui chanter de tout notre être la prière du Seigneur, la prière de ceux qui ont reçu sa grâce et sa paix


Sr Marie-Christine le 13 octobre 25

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(1) Tomas HALIK L’après-midi du christianisme. Les éditions du Cerf. Paris 2025 page 35

dimanche 12 octobre 2025

Liturgie de la Parole 28e dimanche année C 

Lectures : 2 Rois 5,14-17; Psaume 97; 2 Timothée 2,8-13; Luc 17,11-19

Je vous propose au choix la méditation de Sœur Myrèse : RECONNAISSANCEhttps://partage-de-lectio.blogspot.com/2022/10/de-la-parole-28e-dimanche-du-to-annee-c.html 

ou celle du Père Jean Lévêque ci-dessous :http://bibleetviemonastique.free.fr/lu171119.htm 

Les 10 lépreux

Méditation du Père Jean Lévêque (Carme) 

Au temps de Jésus, en Palestine, avoir la lèpre, c'était, encore plus qu'aujourd'hui, être condamné à vivre en marge de la communauté humaine. La législation du Lévitique en témoigne: "Le lépreux portera ses vêtements déchirés et ses cheveux dénoués [..] et il criera: Impur! Impur! [..] Tant que durera son mal il demeurera à part; sa demeure sera hors du camp" (Lv 13,45).
Et de fait, c'est à l'entrée d'un village que Jésus entend qu'on l'appelle: "Jésus, maître, prends pitié de nous!" Dix lépreux sont là, compagnons de misère, mais décidés à saisir la chance de leur vie, la dernière chance, puisqu'ils sont rejetés des hommes.

Ils se tiennent à distance, par habitude, par crainte, peut-être, d'indisposer Jésus en osant s'approcher; et jamais la distance ne leur a paru si dure à supporter.
Ainsi en va-t-il de nous, dans notre relation à Jésus et à Dieu. Nous croyons que notre lèpre nous rend indignes de l'amour du Père et qu'elle va rebuter le Seigneur. Nous avons encore peur de nous approcher tels que nous sommes; nous avons peine à croire que Dieu nous aime ainsi, tels que nous sommes; non pas qu'il aime notre lèpre spirituelle, mais il nous aime tout lépreux que nous sommes, car il n'y a place, dans le cœur de Dieu, ni pour le rejet ni pour le dégoût:  "D'un cœur broyé, Seigneur, tu n'as pas de mépris" (Ps 51,19).
Nous imaginons sans cesse qu'une distance nous sépare du Christ. Or jamais le Christ n'est plus proche que lorsque nous souffrons, lorsque nous sentons le poids de la solitude et que nous nous croyons coupés de tout secours humain. 

Et Jésus ne brusque rien. Il respecte la gêne des lépreux, qui se sentent si laids et si peu agréables. Il ne leur dit pas: "Approchez, approchez donc; je vais vous guérir!", mais, avec beaucoup de douceur et de doigté: "Allez vous montrer aux prêtres."
En effet, d'après la Loi il revenait aux prêtres d'abord de faire le constat officiel de la guérison, puis d'offrir divers sacrifices, à la charge de l'homme guéri et à la mesure de ses possibilités financières.
"Allez ... pour le  constat!" Jésus leur demande un acte de foi total: se mettre en route pour le constat de guérison, alors que leur lèpre est encore là, sous leurs yeux, qui leur ronge la chair. Ils partent néanmoins, sur la seule parole de Jésus. 

Quelques instants plus tard, c'est la  guérison, subite, complète, pour les dix en même temps.
Les dix ont cru; mais un seul a remercié: le plus pauvre, le plus méprisé de tous, le seul samaritain de la petite bande de lépreux. Les neuf ont reçu le cadeau du Christ, et cela leur a semblé normal. La bonté de Dieu ne les a pas tirés de leur égoïsme; ils ont saisi avidement le bienfait, sans entendre l'appel; ils n'ont pas compris qu'à travers cette guérison, Jésus leur faisait signe, que Dieu les libérait pour la louange et le service.

Le samaritain, lui, est revenu, oubliant le constat; il est revenu, fou de joie, parlant tout haut et ne cessant pas de remercier Dieu. Il a pris conscience que le Christ l'aimait au point de le guérir, et devant cette évidence bouleversante: "Jésus m'a aimé", il vient se prosterner aux pieds du Maître, pour lui dire avec son corps guéri, avec son cœur soudain adouci par la joie, le merci qui n'est dû qu'à Dieu.


samedi 11 octobre 2025

Liturgie de la Parole 27e samedi TO-I

Évangile : Luc 11, 27-28

Commentaire

« Une lumière est semée pour le juste et pour le cœur simple une joie » Ps 96
« HEUREUX CEUX QUI ÉCOUTENT LA PAROLE DE DIEU ET QUI LA GARDENT. »
Une parole dont chacun des mots qui la constitue mérite que l’on s’y arrête.
Heureux
Ils sont heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. Dans son discours d’adieu après la Cène, Jésus dira : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jean 15,11). Cette parole de Jésus est l’affirmation de cette prière qu’il connaît, celle du psaume 96. Oui, Pourquoi continuons-nous si facilement à chercher ce qui semble être une porte ouverte sur le bonheur, une illusion bien souvent, quand Jésus est cette Lumière semée pour le juste et le cœur simple, quand Jésus est cette porte d’entrée dans la joie.  Il y a, pour Jésus, un désir ardent à ce que nous puissions vivre heureux, à vivre dans ce qu’il nomme le Royaume de Dieu. N’allons rien chercher d’autre dans l’Évangile qu’un chemin de bonheur, un chemin qui est celui que nous propose Jésus. Nous sommes libres de marcher avec lui sur ce chemin et faire ainsi l’expérience d’être heureux… même quand, certains jours, c’est difficile, douloureux parfois.


Heureux ceux qui…
Ceux qui… ce ne sont pas des personnes précises, des juifs ou ses apôtres, ce sont toutes les personnes de tous les lieux et de tous les temps, c’est vous, c’est moi si nous sommes disposés à écouter la Parole.
 

Ceux qui écoutent 
Sans le silence et l’écoute, la parole rebondit. Il faut cette disposition intérieure et extérieure pour créer l’espace nécessaire à la Parole et lui permettre d’exister, de se dire et se déployer. 


La Parole de Dieu
Ce n’est pas n’importe quoi qui nous est demandé d’écouter, c’est « La Parole de Dieu ».  Écouter la Parole c’est écouter le Verbe de Dieu personnifié, Jésus-Christ. Si nous doutons de lui, de sa parole, adressons-lui notre interrogation, la même interrogation que celle de la Samaritaine au Puits de Jacob : « Je sais que le Messie doit venir – celui qu’on appelle Christ.  Lorsqu’il viendra il nous annoncera toutes choses » Et Jésus lui dit et nous redit : « Je le suis, moi qui te parle » (Jean 4,35-36).  Voilà bien la Source du vrai bonheur, LA Parole, une eau vive. « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » (Jean 4,14).


Et qui la gardent
La garder ce n’est pas l’enfermer mais la mettre en pratique. Quand les Écritures nous disent que « Marie gardait toutes les Paroles dans son cœur » (Luc 2,19 et 51) c’est qu’elle laissait la Parole faire son œuvre en elle.  L’Évangile nous rapporte peu de paroles de Marie.  Elle les garde dans son cœur mais, quand elle parle c’est pour dire : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2,5). Faites tout ce que Jésus dira !  Elle ne le clame pas haut et fort, elle le murmure aux oreilles des serviteurs à Cana. Après on ne l’entend plus parler, c’est sa dernière parole et ça me trouble. Finalement tout est dit.  Elle laisse son Fils parler, elle écoute et nous invite à faire de même,  à faire tout ce qu’il nous dit.

Je nous invite à méditer cette parole d’Évangile, cette Bonne Nouvelle. Que l’Esprit fasse son œuvre, qu’il nous guide, nous donne l’audace et la force d’accomplir ce qu’il attend de nous pour être de simples serviteurs de La Parole. Comme je le disais, garder la Parole c’est la mettre en pratique, c’est incarner La Parole qui fait vivre et nous fait vivre. 

Plus j’avance et plus je crois à une spiritualité dans la vie de tous les jours qui est une mise en pratique concrète des principes intérieurs. Notre liberté la plus noble est d’ouvrir et offrir nos mains et notre cœur pour pouvoir aider.  Il n’y a que de cette façon là que l’on puisse servir Dieu. C’est ce qu’Etty Hillesum percevait au cœur de ses tourments quand elle écrivait :
« Il m'apparaît de plus en plus clairement à chaque pulsation de mon cœur que tu ne peux pas nous aider, mais que c'est à nous de t'aider mon Dieu et de défendre jusqu'au bout la demeure qui t’abrite en nous. »


Invitation au Notre Père

A l’invitation de Jésus et en toute confiance, adressons notre prière à Dieu, Notre Père…

Raymond le 11 octobre 25



vendredi 10 octobre 2025

Liturgie de la Parole 27e vendredi TO-I

Lectures: Joël 1,13-15 ; 2, 1-2; Psaume 9; Luc 11,15-26

Méditation 

Je vous propose la méditation de Soeur Marie-Christine en 2021https://partage-de-lectio.blogspot.com/2021/10/liturgie-de-la-parole-27e-vendredi-to.html

 

Lien pour l'image :  https://www.histoiredunefoi.fr/wp-content/uploads/2018/02/Jesus-Christ-536-560x532.jpg

jeudi 9 octobre 2025

Liturgie de la parole 27e jeudi TO-I

Lectures : Malachie 3, 13-20a – Luc 11, 5-13

Introduction


Les deux lectures d'aujourd'hui parlent de demande, de prière. Le prophète Malachie, pseudonyme qui signifie « mon messager » est envoyé pour préparer le chemin du Seigneur. Est-ce que Dieu ne serait qu'un juge, prêt à condamner ? Malachie est face à une communauté désemparée, inquiète pour l'avenir. Le peuple vit le présent alors que Malachie est tourné vers l'avenir. Il veut ramener la communauté à la foi mais il veut surtout raviver l'espérance envers son Dieu. C'est une atmosphère de crise un peu comme aujourd'hui que le messager Malachie nous dit « le jour vient, Dieu apportera la guérison dans son rayonnement ».
Dans Luc, avec « l'évangile de l'importun » qui raconte qu'un ami est réveillé au milieu de la nuit, Jésus encourage les disciples à prier avec confiance, à demander, à frapper en insistant ainsi, notre Père donnera l'Esprit à ceux qui le demandent. « demandez, on vous donnera »
Nous le chantons dans les psaumes  « heureux est l'homme qui met sa foi dans le Seigneur » ou encore « à pleine voix, je crie vers le Seigneur et lui me répond ».


Commentaire

Aujourd'hui, Luc nous parle de l'enseignement de Jésus sur la prière, il ne s'agit plus d'écouter ou d'entendre, Dieu veut aussi qu'on lui parle. Jésus a prié à plusieurs reprises, et les apôtres en ont été témoins. « Je ne sais pas prier », cette phrase nous l'avons peut-être dite un jour comme les apôtres qui ont demandé à Jésus, « apprends-nous à prier ». Après la prière du notre Père, aujourd'hui, Jésus s'adresse à nous « qui parmi vous ? » 
Nous sommes toutes interpellées et nous pouvons nous mettre tantôt dans la peau de celui qui frappe à la porte, de celui qui réveille un ami mais aussi dans la peau de celui qui est réveillé. 
Ce texte nous apprend la persévérance, malgré un refus, l'ami importun finit par avoir ce qu'il veut. Cette parabole nous apprend aussi l'audace dans la prière, même au milieu de la nuit de notre foi, nous ne devons pas hésiter à supplier. Jésus nous invite à une attitude active et confiante de demande. 
Le voyageur vient la nuit, de nos jours, on se méfierait.  A cette époque, il n'y a pas d'internet ni de smartphone pour prévenir d'une arrivée tardive.
L'excuse « mes enfants dorment » est une excuse bidon, la vraie raison c'est qu'il n'a pas envie d'ouvrir mais plutôt que devoir encore discuter, - non pas au nom de l'amitié -, mais  pour être tranquille, il va se lever pour que cet ami qui le dérange puisse partir...

« Qui parmi vous » ? Cette question nous pousse à réfléchir.

 « Deux réponses possibles. La première, c'est que Dieu donne malgré les réserves qu'il peut avoir face à notre demande et la deuxième est que les croyants doivent suivre l'exemple de l'ami importun, ils doivent demander ». (1)


C'est ça la prière. Dieu nous donne, malgré nos faiblesses, nos manquements...
« Quiconque demande, reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe, on ouvrira... »
Dieu donne l'Esprit à ceux qui le demandent, c'est lui-même, c'est le don ultime : Dieu se donne à nous.

 Danièle le 9 octobre 25

(1) eglise-protestante-unie-iles-de-saintonge.com


mercredi 8 octobre 2025

Liturgie de la Parole 27e mercredi TO-I 

Une prière qui unit (Luc 11, 1-4)

Lectures : Jonas 4,1-11 ; Psaume 85 ; Luc 11,1-4

Méditation 

Un dimanche de vacances, nous allions vers une petite église paroissiale pleine de vie : habitants du village, familles avec enfants de tous âges, vacanciers et visiteurs discrets attirés par l’architecture sobre du lieu. A côté des paroissiens, beaucoup semblaient peu familiers de la liturgie, parce qu’ils n’étaient pas du cru, ne comprenaient pas la langue du pays ou découvraient la messe pour la première fois… Un monde varié, comme pour les jours de fête…
Au moment du Notre Père, il s’est passé quelque chose d’inattendu : chacun a prié dans sa langue sans qu’on l’y invite : Padre nostro, Notre Père, Vater unser, et d’autres idiomes que je ne connaissais pas. Pourtant, ce n’était pas une cacophonie.
Cela m’a rappelé Taizé, ou Chevetogne avec nos amies ukrainiennes, ou Hurtebise quand les hôtes prient en néerlandais. La mélodie, ou plutôt le rythme était le même pour tous ; chaque mot prononcé s’inscrivait dans un même tempo, dans un souffle commun. Les voix se croisaient et résonnaient dans l’église. C’était beau, pas gênant.
Les langues différentes ne séparaient pas : elles enrichissaient la prière. Le cœur tourné vers le Père était partagé, peut-être même en silence par ceux qui n'y croyaient pas trop. En y prêtant plus attention, on sentait presque le souffle circuler de voix en voix, un souffle vivant, léger, puissant. Ce Père n’était pas le mien ou le leur : il était le nôtre, celui qui rassemble, unit et transforme la diversité en harmonie.
Avant Vatican II, la participation active de chacun à la liturgie dans sa langue était limitée. On nous a appris les prières en latin : le cœur y était, mais la prière s’exprimait dans une langue morte et pour beaucoup peut-être désincarnée, trop sacralisée. Il y avait aussi les personnes qui se sentaient exclues, indignes, malvenues, à moitié dedans et à moitié dehors, moralement et parfois physiquement. Aujourd’hui, nous n’en sommes plus là.
Le souffle pluriel de cette petite église de vacances est devenu presque « normal ». Il est désormais possible à tous et toutes, de toute culture et de toute langue, de toute origine, de tout parcours personnel, d’entrer dans une église, de dire la même prière et de vivre ensemble simplement du même souffle.
En entendant cette diversité de langues autour de moi, j’ai pensé aussi aux autres familles chrétiennes unies dans la foi. Ce « Notre Père » unit les chrétiens. Chaque voix, différente et semblable à la fois, participe à ce même chant : une seule respiration dans la prière commune adressée à Dieu.
Parfois, la véritable rencontre avec l’autre commence avec ce simple Notre Père, partagé sur une mélodie commune. Repère de foi et d’unité, témoin de nos ressemblances et de nos différences. Les paroles restent un instant suspendues entre le ciel et la terre, comme un fil invisible qui nous relie tous, avec ce que nous sommes. Profitons-en : c’est une grâce…
---
Bien sûr la version du « Notre Père » de Luc n'est pas celle de Matthieu que nous récitons à chaque célébration. Mais qu'est-ce que cela change ? Ne sont-elles pas, elles aussi, des traductions ? Et ne les disons-nous pas avec la même foi et le même élan ?

Isabelle le 8 octobre 25


mardi 7 octobre 2025

Liturgie de la Parole 27e mardi TO-I

Lectures: Jonas 3,1-10; Psaume 129; Luc 10,38-42

Méditation


Je vous propose la méditation de Mère Myrèse... écrite en 2013 mais qui n'a rien perdu de sa saveur!

https://partage-de-lectio.blogspot.com/2023/10/de-la-parole-27e-mardi-to-i-marthe.html 

lien pour l'image:  https://vitrail.ndoduc.com/vitraux/imgj/P1160484.JPG

lundi 6 octobre 2025

Liturgie de la Parole 27e lundi TO-I

Évangile: « Le bon Samaritain » Lc 10, 25-37 

Méditation

Lorsque j’étais à l’école et qu’une institutrice racontait le « Bon Samaritain », j’entendais ensuite ce chant : « C’est la loi, c’est la loi, ne te salis pas les doigts, laisse-le sans remords, 
il est déjà presque mort
» (Akepsimas et Mannick) … Heureusement, il y avait une suite plus positive !
La loi de l’amour du prochain qui est donnée au peuple d’Israël et rappelée dans le Deutéronome. au ch. 5, 6-21 est le fondement d’une attitude ajustée à l’amour de Dieu. Mais comme Jésus n’hésite pas à renverser les codes lorsque ceux-ci l’empêchent d’exercer sa mission de Messie, les autorités s’inquiètent ! 
D’où, cette question d’un docteur de la loi : « Mais qui est mon prochain ? »

Prenons le temps de regarder la scène que Jésus nous propose dans cette parabole.

Avant tout, je crois que nous pouvons être surpris par le réalisme lucide Luc. Il n’économise pas les tonalités sombres : Une attaque de bandits … un homme roué de coups … dépouillé … à demi-mort … abandonné …

N’est-ce pas l’image de notre monde d’aujourd’hui avec, ses crimes, ses guerres
et toutes ces situations abominables?


Les personnages qui croisent le blessé ne sont pas pris au hasard : deux personnes … de « qualité » va-t-on dire : des ecclésiastiques, des représentants officiel du système religieux d’Israël. Ils se détournent soigneusement et discrètement du blessé ! Eh oui ! … Ils sont, peut-être, en route pour le temple. Alors s’il touchait le blessé, ils deviendraient impurs et incapables d’exercer leur office au Temple ! Donc, ils prennent la poudre d’escampette !

Nous allons les excuser !

  Alors que la situation paraît irrémédiable, l’auteur fait surgir dans le texte, le petit mot « Mais ! » … Un petit mot qui en dit long … et qui va changer la suite du déroulement de la scène.
« Un Samaritain … » Oh là ! Un étranger, … un hérétique ! ... Il semble ne pas avoir beaucoup de recours : il n’appartient à aucun centre de pouvoir… il n’est ni prêtre, ni lévite. De plus, il voyage seul avec seulement une besace et une monture !
Mais il va franchir la barrière culturelle et religieuse qui le sépare de cet homme blessé. Quelle en est la raison profonde ???


Il a vu … alors ses entrailles ont frémi … il est secoué de pitié … ému de compassion … Toute la tendresse qui vibre en lui, prend le dessus : il s’arrête, s’agenouille, soigne … sort son vin et son huile, … son argent même, … et puis, … il le confie à un relais …

Quelques questions peuvent surgir dans notre cœur en lisant cette parabole :
- A quel déplacement suis-je appelée dans mon comportement ?
- Suis-je là, quand il s’agit de venir en aide à certaines personnes dans le besoin ?
- Quelles sont les personnes que je côtoie ou recherche instinctivement ?


Et tiens … ce Samaritain … ne ressemble-t-il pas à Jésus qui a franchi la barrière infranchissable qui le séparait de nous ? Serait-ce donc lui-même qui serait entré en scène dans cette parabole ? Lui aussi, a été saisi de compassion et saisi aux entrailles devant ses enfants blessés.

A de nombreuses reprises, dans l’Évangile, nous pouvons lire et même deviner
les sentiments que Jésus ressent devant certaines situations difficiles.


Si le Samaritain nous prenait, nous, par la main, où nous conduirait-il, que nous dirait-il ? 

Il nous emmenait auprès du Grand Samaritain, Jésus, entré en scène dans ce texte et il nous dirait :

- Laisse Jésus s’approcher de toi, soigner tes plaies, et verser sur elles, l’huile apaisante de la consolation et de la tendresse. 
- Elle est arrivée, pour toi, l’heure, de faire totalement confiance à ce Samaritain, qui veut t’aider à découvrir et accepter tes fragilités pour t’ouvrir un nouveau chemin de vie, jamais achevé. 
- Laisse-toi conduire à l’auberge, le lieu de ta Congrégation et de l’Eglise : corps vivant et ouvert,  à ton service, … et ensuite, avec ta collaboration, au service d’un monde blessé.
 -   Tu sais, ce lieu est aussi marqué par le soin : accueil,
rencontres, amitié, dialogue, repos et silence.



 -   Et puis, la mission de l’auberge est aussi de consolider les liens entre toi et tes sœurs, mais par-dessus tout, faire raisonner en toutes et tous, la cause de l’humain et la cause de Dieu. 
 


Notre Père (saint Bruno )

Avec St Bruno, qui est un exemple de grande discrétion, adressons-nous au Père et demandons-lui d’avoir, pour les hommes qui sont dans la détresse, une vraie compassion mais aussi des gestes de réconfort, efficaces et discrets.

Sr Anne-Françoise le 6 octobre 25