mardi 9 août 2022

Liturgie de la Parole, Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix

(Rosy)

Ouverture

En l’honneur de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, la liturgie nous propose deux beaux textes autour du thème des noces, des épousailles.

Dans la première, le poète Osée – non, ce n’est pas un lapsus - , le poète Osée donne la parole à l’époux qui dit à sa bien-aimée : « je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse… et tu connaîtras le Seigneur. »

Dans l’évangile, nous lirons la parabole des 10 jeunes filles. Elle est très connue… ou pas !

Ce qui est sûr, c’est qu’elle a été mise à toutes les sauces au cours des siècles de traduction et d’interprétation. Notons pour le moment qu’elle se termine par ces mots : « Je ne vous connais pas ». Voilà déjà de quoi nous interroger !

Chantons les psaumes pour nous préparer à accueillir la Parole.

 

Commentaire

Si la plupart des paraboles connaissent un point de rupture où tout bascule dans l’inattendu et même l’étrange, ici, on peut s’étonner dès le début.

Qu’est-ce que ce marié qui arrive à une heure indue au milieu de la nuit ?

Et ces 10 jeunes filles qui s’endorment toutes ? Quand l’époux est annoncé, le cortège devrait se mette en route dans les danses et les chants, entourant la mariée… Mais tout est étrangement silencieux, et il n’y a pas de mariée… Voilà une ambiance bien lourde pour un mariage… Très peu de mots : deux demandes et deux refus ! Le groupe se sépare et 5 vont faire les courses au night shop. Mais, au retour, leurs réserves d’huile n’arrangent rien… Alors, où était donc le problème ? Et l’atmosphère reste pesante, si pas dramatique.

Plutôt que d’interpréter les attitudes des personnages,  je propose de creuser de manière plus symbolique en s’intéressant aux objets, souvent très signifiants lorsqu’ils sont cités dans les paraboles. Ici j’en vois deux qui valent la peine : la porte et la lampe.

La porte est un thème qui parcourt toute la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse, et qui peut nous aider à entrer dans la lecture (c’est le cas de le dire !).

Ici, c’est une porte qui se ferme, et qui, du coup, sépare, exclu, rejette. Je pense qu’elle symbolise parfaitement l’enjeu de la scène.

D’un côté de la porte, à l’intérieur, il y a le marié, 5 jeunes filles et la lumière. Qu’ont-elles fait pour mériter ce privilège ? Elles n’ont pas veillé car elles se sont endormies comme les autres. Pire, elles ont refusé le partage ! Donc, elles ont rejeté les autres dans la nuit, dans l’obscurité. Sont-elles du bon côté ? Peut-être, mais rien n’exprime la joie ou la réjouissance.

De l’autre côté, à l’extérieur, il y a celles qui frappent à la porte close. Qu’ont-elles fait de mal ? Elles ont apporté trop peu d’huile ? Est-ce un défaut d’être économes et parcimonieuses ? Ah, si l’époux était arrivé à temps !

Ainsi cette porte symbolise la séparation qui entraîne la tristesse.

Et tout cela à cause de quelques flacons d’huile.

Vint alors inévitablement la question : que représente cette huile ?

Libre à chacun de répondre à sa façon, selon l’inspiration du moment.

Sera-t-elle ici l’huile qui apporte la lumière ? 

Ou l’huile de l’onction, de la consécration en vue d’une mission ?

Ou encore  l’huile de la joie, de l’accueil, de la louange ? Or, celle-ci peut se partager !

J’imagine que la porte puisse se rouvrir, que tous soient enfin réunis, que l’huile soit partagée, qu’alors éclatent les chants et les danses, la joie de la fête.

Permettez-moi de lire quelques lignes d’une certaine pièce de théâtre :

« Seigneur, Seigneur, ouvre-nous la porte !

 

Je vous le dis, c'est la vérité : je ne vous connais pas.

Je ne vous reconnais pas : il fait si sombre là dehors…

Comment pourrais-je allumer une lampe sans huile ?

L’huile de la vigilance fait briller les lampes

mais vous n’en avez pas reçu.

 

C’est pas la joie !   C’est pas la fête !

 

Jésus a dit : le royaume des cieux sera semblable à dix jeunes filles.

 

Tant qu’il y a séparation, ce n’est pas le Royaume !

Il faut donc que vous soyez toute réunies, avec moi !

Vous avez refusé le partage et la porte s’est fermée.

Il est en votre pouvoir de l’ouvrir.

 

Maintenant le repas de noce peut commencer ! »

 

 Et la plus belle des portes de la Bible, savez-vous où elle est ? Exactement dans le passage d’Osée de ce jour, mais dans le demi-verset supprimé : c’est la Porte d’Espérance !

 Notre Père

Dieu notre Père, toi qui veux réunir tous tes enfants au festin de noces, nous te prions avec confiance.

 Oraison

Avec Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix, nous te prions, Seigneur.

Accorde-nous cette persévérance, cette fidélité qui nous mènera à ta rencontre, à nous laisser « connaître » par toi.

Que l’huile de la vigilance ne nous fasse jamais défaut.

Nous te le demandons, à toi qui es vivant, avec le Père et l’Esprit, aujourd’hui et pour toujours.

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