jeudi 30 avril 2026

Liturgie de la Parole 4e jeudi de Pâques Jean13, 16-20 ; Actes 13, 13-25 ; Psaume 88

Allez.
Homélie

Dans la première lecture de ce jour, on nous raconte une histoire. Paul se lève et il raconte. Il raconte Dieu à l’œuvre dans le temps : un peuple choisi, une marche à travers le désert, des rois, des attentes et cette promesse qui mûrit lentement. Jusqu’à cette phrase : « Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus. » Dieu prend son temps, le contraire du monde dans lequel nous vivons : le monde du tout, tout de suite. Non, Dieu tisse une toile, ce que nous appelons l’histoire sainte, il prépare, il accompagne. Et souvent, nous ne voyons que des morceaux de la toile. Mais Dieu, lui, voit l’ensemble.

Et le psaume chante : « Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante. » Comme un refrain à travers les siècles. Même quand tout semble fragile... quelque chose demeure : la fidélité de Dieu.

Et voilà que l’Évangile nous surprend. Pas de miracle éclatant. Pas de discours spectaculaire. Un geste, Jésus vient tout juste de poser. Jésus s’abaisse. Il lave les pieds. Et il dit : « un serviteur n’est pas plus grand que son maître. » Autrement dit : si Dieu s’agenouille, alors la vraie grandeur se trouve là.
Pas dans dominer, pas dans briller, mais dans servir.
Et Jésus ajoute : « Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites » Faire passer l’Évangile du cœur... aux mains.
Et puis cette phrase étonnante : « si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. » Dieu devient quelqu’un qui peut être accueilli. Dans un visage. Dans une rencontre. Dans une présence.

Parce que Dieu ne se révèle pas dans ce qui impressionne, mais dans ce qui se donne.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia !

Pierre Hannosset le 30 avril 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/04/jeudi-de-la-4eme-semaine-de-paques.html 

mercredi 29 avril 2026

Liturgie de la Parole 29 avril ste Catherine de Sienne Matthieu 11, 25-30

Commentaire 

Jésus prend la Parole pour « proclamer la louange de Dieu »

Cela veut dire que Jésus célèbre haut et fort la grandeur et les bienfaits de Dieu : « Père, Seigneur du Ciel et de la terre, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance » Il ajoute « Tout m’a été remis par mon Père ».

Il glorifie Dieu son Père par le rayonnement et le poids qu’il a dans sa vie. Cela implique de reconnaître et d'annoncer les actions divines, non seulement par des chants ou des prières explicites, mais aussi par une vie exemplaire. Dans son discours d’adieu que relate St-Jean, Jésus dit à ses apôtres et amis « Je fais exactement ce que m’ordonne le Père. Vous aussi faites de même. »  Ce qu’il dit il le fait et c’est sans aucun doute ce qui m’interpelle particulièrement, c’est-à-dire cette cohérence et cette fidélité à son Père.  Si ce n’est pas ça « être lumière pour le monde, être chemin de vie » alors, de quoi pourrait-il s’agir ?

Tout s’articule sur « connaître » au cœur d’une relation paternelle et filiale révélée par Jésus. Cette connaissance est pour nous ses tout-petits quand nous sommes dans l’humilité et la vérité sur nous-mêmes.

Avant et après sa résurrection, Jésus ne cesse d’apporter et donner sa Paix, cette Paix dont nous avons tant besoin puisque nous vivons trop souvent dans l’anxiété à cause des soucis de la vie et l’insécurité qu’ils procurent ; nous vivons avec la peur de manquer ou de perdre… Jésus le sait très bien, non parce qu’il est Fils de Dieu mais parce qu’il partage notre condition d’homme et fait ce constat permanent des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

D’où cette bienveillance reconnue de Dieu son Père que Jésus fait sienne ; une bienveillance qu’il vient nous offrir : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos…car je suis doux et humble de cœur »

Nous savons combien la vie, par moment, peut-être un fardeau. Un fardeau pesant, écrasant, parfois trop lourd à porter seul.  Jésus nous invite à s’attacher à lui, à être relié à lui et cheminer avec lui. Pas seulement cheminer mais aussi travailler en étant relié à lui.

Son invitation « Venez à moi » est une bienveillance divine : « Je vous procurerai le repos » qui fait tant de bien physiquement, psychologiquement. C’est lui qui porte et qui nous porte, c’est lui qui tire et nous tire en avant, c’est qui avance et nous fait avancer plus loin que nous pourrions l’imaginer.

La Parole qui nous est proposée aujourd’hui nous indique combien Dieu s’intéresse à nous. Il nous tend la main pour nous offrir le repos, sa consolation, son soutien.  Cette relation avec lui est une relation d’amitié, une alliance, une rencontre personnelle. Nous avons grandement besoin de sa présence devant les grands défis de la vie. Merci Seigneur pour ta confiance en nous, ton alliance et ta fidélité.

 

Invitation au Notre Père

Comme Jésus et à son invitation, adressons avec confiance notre prière à Dieu son Père et notre Père ; à lui qui, par son Fils Jésus, veut nous conduire à la vie et au bonheur. Notre Père…

 

Raymond le 29 avril 26

mardi 28 avril 2026

Liturgie  de la Parole 4e mardi de Pâques Jean 10, 22-30 ; Actes 11, 19-26

Méditation

Quel bel évangile ! Que ces paroles sont fortes et encourageantes : personne ne peut arracher de la main de Jésus et du Père ceux et celles qui écoutent la voix de Jésus. Et cela quoiqu’il arrive !

Il y a des moments où cette Parole de Jésus nous demande un vrai saut dans la foi, dans la confiance car tout semble dire le contraire dans notre vie et, ou, dans celle de ceux qui nous entourent, dans la vie de l’Eglise, du monde.

Les Actes des Apôtres nous parlent de « tourmente ». Cette tourmente qui après la mort d’Etienne a provoqué la dispersion des chrétiens de langue grecque, va devenir l’occasion de l’évangélisation des Juifs vivants en diaspora, mais aussi des non Juifs. Cette première ouverture vers le monde païen est décisive.

Qu’annoncent-ils ? Jésus est le Seigneur ! Celui qui faisait le bien partout où il passait, (cf. Actes 10,38), cet homme qui est mort de la mort des esclaves et des rebelles, renié, rejeté par le peuple et les responsables religieux Juifs, « lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts » (Actes 4, 15). Cet homme est vivant et il est Seigneur !

Ce passage des Actes est très beau car Barnabé voit « la grâce de Dieu à l’œuvre » et il s’en réjouit. « Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur. » et effectivement « une foule considérable s’attacha au Seigneur. » Devenir croyant, se tourner vers le Seigneur et s’attacher à lui : ces trois verbes disent toute la démarche de foi. Mais cette démarche s’enracine dans le temps et dans l’écoute de la Parole : Barnabé et Saul participent aux assemblées de l’Église et instruisent une foule considérable durant toute une année.

Et nous rejoignons l’Evangile où Jésus s’adresse aux Juifs qui veulent savoir s’il est oui ou non le Christ : ils attendent une réponse claire et nette. Mais Jésus les renvoie aux œuvres qu’il a faites et qui sont connues et à la voix qui parle au fond des cœurs et qui demande simplement à être accueillie. « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. ». Quand nous sommes dans la « tourmente », essayons de nous rappeler cette parole de l’Evangile et de nous y accrocher comme à une ancre solide.

Que dire de plus ?

Écouter la voix de Celui qui parle au cœur. Entendre qu’il connaît chacun personnellement, connaissance intime, profonde. Le suivre. Accueillir la vie donnée, vie qui ne passera pas. Et quoiqu’il arrive s’appuyer sur sa parole : « personne ne les arrachera de ma main… personne ne peut les arracher de la main du Père »

 

Une toute petite note encore : Le Fils et le Père n’auraient-ils qu’une main ? Que fait leur autre main ? Je crois qu’elle invite ceux et celles qui n’ont pas encore entendu combien ils sont connus, aimés, personnellement. Et qu’elle embrasse, serre contre son cœur, réconforte, caresse ceux et celles qui n’en peuvent plus. Je vous laisse votre imagination trouver d’autres attitudes…

Prenons un temps de silence.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur, personne ne peut nous arracher de ta main et de celle du Père ! Nous chantons en toute confiance

Sr Marie-Christine le 28 avril 26

lundi 27 avril 2026

Liturgie de la Parole 4e lundi de Pâques Jean 10, 11-18 ; Actes 11, 1-18

Introduction

Bonjour, nous voici rassemblés en Église pour recevoir la Parole de Dieu, comme du bon pain, pour prier et rendre grâce. Pour laisser notre vie se transformer au grand souffle de l’Esprit. Aujourd’hui nous allons à nouveau découvrir une belle page du livre des Actes des Apôtres. La finale du jour nous montre la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, rendant gloire à Dieu pour la conversion des nations. Et nous où percevons-nous des appels à la conversion ? Demandons que l’Esprit nous envahisse.

 

Après l’évangile

Pauvre Pierre !!! voilà qu’il est amené à rendre des comptes à la communauté de Jérusalem pour avoir mangé avec des païens. La belle affaire ! Le crime par excellence. Pauvre Pierre, ce n’est pourtant pas de sa faute ! Et c’est toujours à lui que cela arrive des choses pareilles ! vous imaginez, ce solide gaillard, pêcheur de formation, les deux pieds bien au sol. Et voilà que le Seigneur le surprend en sa prière ! Pierre tombe en extase... imaginez un peu. Jean on aurait compris, on aurait dit : c’est le mystique de service ! mais Pierre ! Lui qui mène l’Église naissante. Et une extase pour quoi ? pour lui montrer une nappe emplie d’animaux impurs, et l’inviter à les offrir en sacrifice et à en manger ! est-ce parce qu’il logeait chez un tanneur... métier qui rend un homme impur ? Est-ce que cela rongeait la conscience de Pierre, lui le bon juif, de loger chez un homme impur ? au point que lorsqu’il prie, il a une telle vision ?  Comme si le petit discours intérieur était : « mais vas-y mon gars ! tant que tu y es, offre à Dieu des animaux impurs, mange des animaux impurs après avoir fréquenté un homme qui se rend impur par son métier de tanner les peaux d’animaux morts ». Et Pierre là reprend tous ses esprits et son impulsivité, il répond la main sur le cœur : “Certainement pas, Seigneur ! Jamais aucun aliment interdit ou impur n’est entré dans ma bouche.” Et la vision reviendra par trois fois, et Pierre par trois fois réagira ainsi ! Là on le reconnait bien ! Non, c’est non ! Vient alors l’épisode de l’appel de Corneille un centurion, un païen. Et Pierre y répond avec une délégation, parce que l’Esprit l’y pousse nous dit le texte. Car non et non, Pierre ne se serait pas mêlé spontanément aux païens comme on lui reproche. Corneille raconte à Pierre qu’un ange lui a dit de l’appeler ! Pierre doit avoir le tournis, regretter sa barque et ses filets. Encore une histoire de vision. Mais Pierre n’est pas raide, il se laisse mener par l’Esprit. Et voici : à peine Pierre a-t-il ouvert la bouche, l’Esprit fond sur l’assemblée, l’Esprit fond sur l’assemblée de païens ! Et Pierre d’expliquer à ceux qui l’accusent qu’il ne pouvait pas une fois de plus résister à Dieu, qui venait de montrer son salut pour les païens. Et les Actes concluent que là-dessus les opposants se taisent, et rendent gloire à Dieu qui a donné la conversion aux païens.

Cela ne vous fait pas sourire ? vraiment il n’y a que les païens qui se sont convertis dans l’histoire ? la plus grande conversion n’est-elle pas celle de Pierre, et des judéo-chrétiens qui l’attaquaient ? n’est-ce pas eux qui doivent accepter que la voie chrétienne ne soit pas celle qu’ils avaient crue. Que les barrières qu’ils avaient posées n’étaient pas justes. Et que l’Esprit n’a cure de nos vues trop étroites !

Nous voyons se réaliser ce que Jésus a annoncé dans l’Évangile d’aujourd’hui :  J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Alors prions pour que l’Esprit nous donne de cesser de cloisonner le monde entre croyants et incroyants, fidèles et infidèles, pratiquants et non pratiquants. Cessons d’enfermer notre foi dans des pratiques trop étroites, raides. Découvrons tous les chercheurs de Dieu, tous les chercheurs de sens, laissons-nous interpeller par eux, et reconnaissons la voix de l’Esprit en eux. Acceptons la conversion à laquelle Dieu nous convie aujourd’hui. Il en faut des pentecôtes et des pentecôtes pour former l’Église. Pourquoi parle-t-on toujours de « la » Pentecôte au singulier, alors que les Actes nous en rapportent tant !  Et qu’il en faudra encore plus d’une pour que nous discernions et acceptions les voies du Seigneur. Pour que nous nous convertissions au Seigneur plutôt que vouloir convertir les autres à nos vues.

 

Prière conclusive

Seigneur Dieu, au quotidien, ton Esprit a transformé tes apôtres, et leur a donné l’audace d’annoncer le Christ à tous les hommes. Ton Esprit les a envoyés à la rencontre de tous et toutes. Répands ce même Esprit sur ton Église aujourd’hui, qu’elle soit le signe d’une liberté nouvelle. Qu’elle discerne et ose les chemins nouveaux auxquels tu la convies pour que s’édifie ton peuple. Par Jésus Christ, ton Fils...

Sr Myrèse le 4 mai 2020


dimanche 26 avril 2026

Liturgie de la Parole 4e dimanche de Pâques A Jean 10, 1-10

« Je suis la porte des brebis »

Homélie

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus utilise l’image de la porte à 4 reprises. Avec les progrès de l'aviation militaire, le recours aux drones et aux missiles, les portes des villes ont perdu leur usage. Quelques exemples de portes ayant acquis une valeur symbolique : La porte de Trèves à Bastogne, la porte de Hal à Bruxelles, la porte de Brandebourg à Berlin.

Dans les civilisations des temps bibliques et jusqu’aux temps modernes, les sociétés humaines se protégeaient collectivement dans des sites fortifiés.  Dans ces  constructions, les portes permettaient d'ouvrir et de fermer les murailles, d'accueillir et de rejeter.  C’est dans ce contexte que Jésus se présente dans l’évangile de ce dimanche comme étant la porte. 

Ces significations données aux portes dans la bible ont été illustrées dans l'aménagement des églises romanes et gothiques, dont le seuil et le porche sont mis en valeur par l'architecture et l'iconographie.  Parfois, des représentations du Christ sont disposées de part et d'autre du portail, en référence à l'évangile de ce dimanche.

    Nous rencontrons des portes perpétuellement verrouillées, répondant à l’adage : "Pour vivre heureux, vivons cachés. " Il y a des portes rébarbatives annonçant "chien méchant".  Il y a des portes avec un "juda" qui annoncent tout de suite la  méfiance.  Certaines portes closes sont déprimantes .  Ne dit-on pas : « un tel est aimable comme une porte de prison ». 

Mais je trouve beaucoup de portes grandes ouvertes, des portes que je pousse sans arrière-pensée; des portes qui s'ouvrent pour laisser apparaître la chaleur humaine et la fraternité ; des portes qui m’accueillent tel que je suis, à bras grands ouverts.  Ces portes sont prometteuses de « vie en abondance. »  Elles reflètent bien l’image de Jésus, bon pasteur, thème de cette célébration.

    Chaque année, des journées « portes ouvertes » sont organisées dans des écoles.  Les enseignants sont fiers de valoriser le travail qui s’y réalise.  Même chose cette semaine avec la mission économique présidée par le roi dans les deux plus grandes régions du pays.  Des entreprises ont ouvert leurs portes.

Dans l'Evangile que nous venons d’entendre, Jésus se présente à deux reprises comme étant la porte ouverte du Royaume : "Je suis la porte" dit-il.  Pas n’importe quelle porte ! Jésus est la porte qui laisse entrer et sortir tous ceux qui veulent passer par lui.  Cette porte permet d’accéder aux bons pâturages.  Dans l'Evangile de Matthieu, il encense les personnes qui sont portes ouvertes accueillant ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont étrangers, qui sont nus, malades ou en prison.  (Mt 25)

Avec vous, je prie le Seigneur pour qu'il y ait, dans l'Eglise, de plus en plus de portes ouvertes, que ce soit au Vatican, à l'Evêché, au presbytère, dans nos églises et dans nos cœurs pour faire grandir à la fois le bonheur de celles et ceux qui les ouvrent et de celles et ceux qui sont accueillis.  L’Evangile c’est la porte.

Une porte fermée, c'est un rêve qui s'en va.  Une porte ouverte, c'est un amour qui peut naître.  Ouvrons donc les portes de notre cœur et l'amour grandira.

C’est aujourd’hui le dimanche des vocations.

Nous venons de l’entendre, Jésus appelle ses brebis chacune par son nom. Il n’en appelle pas quelques-unes, mais toutes personnellement.

Chacun-e a sa vocation, sa mission, son rôle, sa responsabilité pour construire avec d’autres, des lieux de paix et de liberté.

Fernand STREBER

 

2 P’tits’ rawett’.

En attendant l’ouverture du magasin le 1er jour des soldes

Nous sommes devant un grand magasin.

 De nombreux clients sont venus très tôt pour des soldes exceptionnelles.

 Une longue file s’est formée depuis le petit matin.

 Les gens attendent paisiblement l’ouverture du magasin.

 

Voilà que surgit un homme qui remonte la file calmement, en dépassant tout le monde.

 Avant qu’il n’atteigne la porte d’entrée, la foule a déjà réagi en l’insultant.

 

Tout s’enchaîne, on le repousse violement, quelques coups pleuvent,

la situation s’envenime dans un brouhaha indescriptible…

 

  Cet homme se retrouve avec de multiples contusions et on le conduit aux urgences.

  Mais quelle ne fût pas la surprise d’apprendre quelques minutes plus tard

que les gens venaient de refouler celui qui avait la clef du magasin et qui venait tout simplement ouvrir les portes… !

 

 

Laisser-passer indispensable pour le paradis      Dieu, miséricorde

 Un jour, une paroissienne arrive au ciel.

Saint Pierre est à la porte, le trousseau de clefs dans sa main et lui dit :

- Madame, pour entrer il vous faut 100 points.

Avec confiance, elle lui dit :

- J’ai fait ma première communion, ma profession de foi et ma confirmation ; j’ai été mariée à l’église et avec mon mari nous avons élevé chrétiennement nos enfants.  De plus, je dis mes prières chaque jour, j’ai été catéchiste et j’ai supporté courageusement un curé qui n’avait pas un bon caractère mais je suis restée quand même !

- 3 points, lui dit Saint Pierre.

Pour elle, c’est un coup dans l’estomac parce qu’il lui semble que cela valait bien 80 points. Mais elle se ressaisit, retrouve ses idées et dit à Saint Pierre :

- Mais j’ai fait partie de la Saint-Vincent de Paul ; j’ai aidé mes voisins dans le besoin ; j’ai rendu visite à des personnes âgées dans des maisons de repos et j’ai fait des dons à des œuvres caritatives.

- 5 points, dit Saint Pierre.

Elle perd tous ses moyens, elle éclate en sanglots :

- Si c’est comme cela, moi je ne peux compter que sur la miséricorde de Dieu !

- 100 points, dit Saint Pierre. Vous pouvez entrer. Bienvenue !

R.P. TREVET Pierre /10/2012

 

samedi 25 avril 2026

Liturgie de la Parole 25 avril fête de st Marc, Marc 16,15-20

Introduction

Aujourd’hui nous fêtons st Marc, disciple à qui on attribue la rédaction du tout premier évangile. On le découvre tantôt avec Barnabé, tantôt avec Paul (et cela a parfois chauffé !) tantôt avec Pierre. Aujourd’hui encore son Évangile nourrit la vie des communautés chrétiennes. En ces temps de manque du pain eucharistique, nous avons cette chance, de pouvoir ensemble nous asseoir à la table de la Parole, pour en vivre. Entrons dans cette liturgie, en chantant les psaumes, en écoutant l’épitre et l’évangile. Dieu nous partage le pain de sa parole, le pain de sa vie. Bon appétit !

 

Après l’Évangile

Jésus, ressuscité, dit aux onze Apôtres...  C’est le Vivant, c’est le Ressuscité qui aujourd’hui encore adresse la Parole aux siens ! Il dit aux onze... nous savons combien ce chiffre marque le manque, l’incomplet... pourquoi l’avoir ainsi souligné ? Pourquoi avoir souligné qu’un des douze avait fait défection, et cruelle défection ! 

Marc aurait pu écrire : Jésus ressuscité dit aux Apôtres. Non, il spécifie aux onze... comme pour nous faire réaliser, que cette parole attend un douzième auditeur, que cette parole nous attend !!! il y a un appel ! et cet appel reste encore pour aujourd’hui. Quand les 11 voudront combler ce manque, revenir à la plénitude du 12 en adjoignant Matthias au groupe, le Seigneur s’empressera d’éclater cette plénitude en ajoutant un treizième... comme pour nous dire : non, non, la plénitude ne sera pas atteinte de sitôt, j’aurai toujours et encore soif... tant qu’il restera un être loin de la communion fraternelle du Royaume.

Reprenons le texte, Jésus, ressuscité, dit aux onze Apôtres... Pourquoi ne pas dire simplement : Jésus dit aux apôtres ? pourquoi nous redire que c’est le ressuscité qui parle ? cela veut-il nous être comme un tourment ? Oui, on ne tue pas la Vie ! Le Ressuscité est là au plus profond de nos cœurs, et avec une mission en plus. On ne peut plus faire comme-ci Jésus n’était pas ressuscité. Nous sommes définitivement entrés dans un monde nouveau, où il faut agir en tenant compte de la résurrection. Jésus, ressuscité, dit aux onze Apôtres : Sommes-nous prêts à entendre ? à accueillir ce message qui nous est adressé ? Allez, dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.

Le Père créateur s’est reposé de sa création le septième jour, en la remettant totalement aux mains des hommes. Le Fils Sauveur, ressuscité, se repose de l’œuvre qui lui avait été confiée, en la remettant aux mains de ses disciples... dont nous sommes ! Confiance inouïe de notre Dieu, confiance renouvelée par-delà le mal, la violence, la résistance que nous lui avons opposée dans la croix ! Confiance absolue... qui est comme une nécessité de l’amour... Dieu ne peut que se donner... Alors : Allez, dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ! Ne faites pas le tri, c’est à tous que vous devez porter cette annonce ! Aujourd’hui, cette Bonne Nouvelle est entre nos mains, entre nos cœurs... A nous de lui rendre témoignage par toute notre vie ! Aujourd’hui, le Ressuscité a besoin de toi ! Comment témoigneras-tu de lui ? Es-tu rongé par cet appel de vie au plus profond de toi ? par cet appel de résurrection ?

 Je vous livre la fin d’un poème de Julia Esquivel, une théologienne guatémaltèque. Poème intitulé : ils nous ont menacé de résurrection, poème écrit en des heures sombres, témoignant de la manière dont la résurrection l’avait envahie : Mon frère, ce n’est pas le bruit de la rue qui ne nous laisse pas dormir. Accompagne-nous en cette vigile, et tu sauras ce que c’est que rêver ! Tu sauras alors quelle merveille c’est de vivre menacé de Résurrection ! Rêver éveillé, veiller endormi, vivre en mourant et se savoir déjà ressuscité.

 

Prière de conclusion

Seigneur notre Dieu, loué sois-tu pour la Parole que tu ne cesses de nous offrir. Loué sois-tu pour la résurrection qui déjà germe en nous. Père, toi qui nous as donné ton Fils unique, comme tu l’as inspiré à st Marc, inspire-nous comment rendre compte par toute notre vie de l’espérance que tu as chevillée en nous par la Résurrection de Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Sr Myrèse le 25 avril 2020

vendredi 24 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e vendredi de Pâques Jean 6, 52-59

Méditation

Jésus nous dit aujourd’hui :

 « « Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous ». 

Enfant ce passage me laissait dans une inquiétude et un questionnement.

Jai en mémoire un très beau souvenir de mon papa lorsqu’il faisait c’est « Pâques »,  expression ancienne. Son rituel du weekend de Pâques, prendre un bain, puis  costume cravate il se rendait à l’église pour vivre le sacrement de réconciliation. La messe de Pâques, il allait communier. Petite j’ai toujours été en admiration devant sa démarche. Se faire beau en dehors et en dedans. Sa démarche remplissait mon cœur d’enfant de joie, de questionnements. Une démarche essentielle s’invitait en lui et cette démarche m’interpellait.  

 Dieu ne reste pas à distance, ‘Il ‘ se donne comme nourriture, ‘Il’ veut habiter en nous. ‘Il’ offre sa Vie plus forte que la mort.

Jésus ne propose pas seulement une morale, une sagesse, ‘Il’ se donne lui-même.

Depuis le début de ses enseignements, Jésus se présente comme une nourriture pour la vie. Ces paroles peuvent surprendre, voir déranger. Pourtant, elles ouvrent un chemin : celui d’une relation intime, vivante, nourrissante avec ‘Lui’.

Dans le pain et le vin, il y a la forme. Ce bon pain fruit du travail des hommes. Au parfum délicat, enveloppant,  croustillant, doré, aux saveurs subtiles et le vin qui trace  un parfum vivant qui s’élève lentement et qui met de la joie au cœur.

Dans ce pain et ce vin, le Seigneur prend la forme de la fragilité, prends la forme d’une force douce. Le pain et le vin qui nous relient.

Voici une de mes réflexions, une aide qui m’a permis d’entrer dans le mystère de l’eucharistie.

Il y a la forme : le pain et le vin.

Il y a le fond : Un intime dans sa réalité la plus profonde, l’ouverture à Dieu.

La forme est la partie la plus externe. C’est un peu comme quelqu’un qui veut dire à l’autre je t’aime, il va le faire par un baiser, par un câlin. Il manifeste extérieurement ce qui se vie à l’intérieur dans le fond.

Un autre exemple, un bouquet de roses dans un magasin, fruit du travail des hommes. Ce bouquet je l’achète et l’offre à ma grande sœur que j’aime. Quel est la différence entre le bouquet du magasin et le bouquet offert à ma grande sœur. Il contient un lien d’amour. Le bouquet à un plus…il y a un ‘’fond’’. Il y a dans la rose offerte un ‘plus’…

Je reçois  L’Eucharistie comme cela. En fond c’est réellement Jésus qui se donne, qui aime, qui nous donne la ‘Vie’. Jésus se met en lien, en union par le dedans avec nous.

Par la forme du pain et du vin, Jésus se donne. Il y a une invitation à se laisser faire, à être, à vivre avec humilité, et ainsi s’abandonner dans les bras du Père.

Dans le mystère du pain et du vin, Seigneur tu te fais proche, humble, offert.

Viens nous fortifier en ce lieu caché, là où nos faims sont vraies, là où nos cœurs cherchent sans toujours savoir. Apprends-nous à accueillir ce don avec un cœur simple et ouvert, à reconnaitre Ta présence dans ce qui est humble dans notre quotidien.

Que nourrit de ‘Toi ‘nous devenions à notre tour présence vivante pour les autres.

 

‘Notre Père’

Dans le corps et le sang de Jésus, nous accueillons un amour qui se donne jusqu’au bout, un amour qui vient habiter notre vie. Unis dans une même confiance nous pouvons chanter…

Brigitte le 24 avril 26

jeudi 23 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e jeudi de Pâques Jean 6, 44-51, Actes 8, 26-40

 Introduction

 Dans la lecture du livre des Actes des Apôtres, on voit Philippe qui est envoyé près d'un eunuque, un Ethiopien qui lit le prophète Isaïe, sans comprendre : « comme une brebis, il fut conduit à l'abattoir... » Il se demande de qui on parle. Il cherche peut-être un sens à sa vie, eunuque, il n'aura pas de descendant ni d'avenir ? Alors, Philippe lui explique et lui annonce la Bonne nouvelle. La bonne nouvelle de Jésus ressuscité qui est pour nous aussi, une bonne nouvelle qui vient à la rencontre de nos blessures.

Dans l'évangile, saint Jean rapporte les paroles de Jésus : « Je suis le pain de la vie » ou encore « personne ne peut venir à moi si le Père ne l'attire » Dieu est comme un aimant pour nous, un aimant qui attire en nous « aimant...tant »

Tournons-nous vers lui et chantons les psaumes pour lui rendre gloire !

 

Commentaire

 Ce soir-là, nous aurions pu être comme les apôtres : inquiets, incrédules, déçu(e)s, désespéré(e)s avec si peu de confiance en la Parole « comment ne pas s'y reconnaître ? Pourtant aujourd'hui, le Christ se tient au milieu de nous et dit « la Paix soit avec vous !

« La stupeur des disciples, leurs craintes, leurs hésitations à croire soulignent la difficulté qu'ils éprouvent à entrer dans cette manière inédite de rencontrer désormais le Christ. Il faut un cœur attentif et une âme ouverte à sa présence, soudaine et inattendue parfois, pour le reconnaître » (1)

Ce n'est pas un fantôme mais un Jésus avec un corps qui mange et que l'on peut toucher. Incarnation et résurrection ne peuvent être séparées. Jésus est pleinement homme mais aussi pleinement Dieu.

« Le pain que je donnerai, c'est ma chair donnée pour la vie du monde » , sa vie humaine tout entière donnée pour nous. On sait qu'il ne s'agit pas de viande. Jésus emploie ce terme concret pour faire comprendre qu'il n'a pas vécu de manière éthérée.

« la chair dont il est question n'est pas l'organisme biologique opposé à l'esprit et à l'âme. C'est la personne vivante, agissante, parlante. On peut traduire la parole de Jésus comme ceci « le pain que je donne, c'est moi, pain rompu, pain offert, pain partagé ». (1) « Jésus, Fils de Dieu se fait notre nourriture, il est notre pain vivant ! Il est le pain de notre vie ! Cela ne signifie pas que Dieu devient un morceau de "pain béni" mais bien que le pain devient Dieu vivant ! Nous ne communions pas à un morceau de farine, mais à Dieu. Jésus ne se fait pas nourriture juste pour le temps de la messe, il vient en nous pour que nous vivions véritablement de lui en toute notre vie ! La communion c’est Dieu qui vit en nous. (2)

« Je suis le pain vivant descendu du ciel. Jésus fut un homme de la terre, il a travaillé de ses mains pour gagner ce pain et s'il a partagé avec nous ce pain de la terre, c'est pour nous éveiller à une faim essentielle, la faim de Dieu. » (1)


Invitation au Notre Père

Dans la joie de la résurrection, adressons-nous à notre Père avec la prière des chrétiens du monde

Danièle le 23 avril 26

(1) Abbé Roger Gillet                                                                                                                                       (2) Myriam de Gemma

mercredi 22 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e mercredi de Pâques Jean 6, 35-40

Voulez-vous encore du pain ?

Méditation

Depuis lundi, avec le chapitre 6 de saint Jean, nous sommes entrés dans le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Il y est question de pain.

Au fil des jours,  nous passons doucement de la recherche du pain que l'on mange à la rencontre de Celui qui se donne comme pain. Mais peu à peu, le texte devient déroutant. Il nous « déplace ». Jusqu’à ces paroles radicales : « manger ma chair et boire mon sang » que nous entendrons demain (Jean 6, 51.53).

Je vais m’arrêter sur ces mots :

« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

 « Je suis le pain de la vie »

Jésus ne dit pas qu’il est le pain qui nourrit. Il ne vient pas répondre à ce besoin.

Il se présente comme le pain de la vie - de la vie même de Dieu.  Il se place à l’endroit même de notre manque. Il touche à ce lieu en nous qui cherche à vivre pleinement, à ce désir profond que rien ne suffit à combler.


« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim »

Venir, c’est se laisser attirer. C’est plus qu’un simple mouvement, c’est consentir à se laisser déplacer par Dieu.

Jésus dit « n’aura jamais faim » et pas « n’aura plus jamais faim ». Cela ne signifie pas que la faim disparaîtra : il la rend impossible à combler ailleurs.

« Celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

Croire, ce n’est pas seulement comprendre ou adhérer, c’est consentir à ce qui nous échappe, consentir à habiter cette relation et y demeurer.

Le « manque » n’est plus alors un vide à remplir mais devient un passage où quelque chose peut advenir.

 « Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés» (Jn 6, 39).

Rien n’est perdu parce que tout — même ce qui semble manqué, abîmé, éloigné — peut être repris, relevé et conduit à la vie dans cette relation

Et l’Eucharistie apparaît alors autrement. Elle nous expose à la fidélité de Dieu. Elle engage. Elle nous tient dans cette relation où plus on lâche prise, plus on y consent, plus elle devient vraie pour nous.

N’est-ce pas cela entrer dans la vie éternelle ?

Isabelle Halleux le 22 avril 26

mardi 21 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e mardi de Pâques Jean 6, 30-35 ; Actes 7, 51-8,1 a

Introduction

Nous avons dans la première lecture le beau récit du martyr d’Étienne, le premier à verser son sang pour le Christ, et saint Luc met dans sa bouche les paroles même du Christ en Croix. Il meurt en ayant les yeux fixés sur le Seigneur. Qu'il soit un exemple pour nous aujourd'hui : quoique nous fassions, que nous gardions les yeux fixés sur le Seigneur.

 

Méditation

En entendant cet évangile, je me dis à chaque fois : ils exagèrent ces Juifs : Jésus vient de nourrir 5000 hommes... et ils demandent un signe pour le voir et croire, une œuvre ! J'ai toujours envie de dire : qu'est-ce qu'il vous faut alors !... Mais je suis souvent comme eux, je ne vois rien et ne comprends rien à l’œuvre du Seigneur qui est devant mes yeux.

Les Juifs parlent de la manne, don de Dieu, pain du ciel, mais ils en parlent au passé. Et Jésus répond : « C’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. »

Il vous le donne, à vous, maintenant ! À nous maintenant ! Est-ce du mauvais humour, alors que cela fait des semaines que nous n'avons pas vécu l'Eucharistie ?

Je ne crois pas. C'est vrai, nous sommes privés d'Eucharistie, comme tant de chrétiens en ce moment... comme tant de chrétiens de manière habituelle sans que nous n'y prenions garde ? Une des grâces de ce confinement est de nous en avoir fait prendre conscience.

Mais sommes-nous pour autant privés du Pain du ciel que nous donne le Père ?

 Jésus ne dit pas : ce Pain c'est moi, mais Je suis le Pain de Dieu. Nuance importante ! Il dit : « le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde... Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. ». Il est Pain de vie, il est vie donnée, dès le début de sa venue sur terre. Toute sa vie est Pain donné ; « la manifestation qu'il fait de lui-même par paroles et œuvres, par signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et sa résurrection glorieuse d'entre les morts, par l'envoi enfin de l'Esprit de vérité » (Dei Verbum : la révélation divine n° 4 de Vatican II)

Sa Présence nous nourrit, la foi en lui nous fait vivre. Le Père donne le Pain. Il est donné, mais pour en être rassasié il faut venir à lui. Comme la manne était donnée aux Hébreux, mais ils devaient sortir pour la recueillir. Et cela chaque jour. Mais cette manne, ce pain du ciel offert, qu'en dit l’Écriture ? « Le Seigneur t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » (Deutéronome 8,3)

Oui depuis des semaines nous sommes abondamment nourris par le Pain de la Parole et de la communion fraternelle. Ils sont eux aussi sacrements de la Présence réelle du Christ comme l'a dit Vatican II dans la constitution sur la liturgie au n° 7. Oui l'Eucharistie est « source et sommet de la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11), mais rien ne nous empêche d'entrer dans le mouvement auquel conduit l'Eucharistie : s'offrir nous-mêmes avec le Christ, faire de nos vies « une vivante offrande à la louange de la gloire du Père » (Prière eucharistique n° 4).

Rien ne nous empêche de nous nourrir du Christ.

Chaque petite action de ma vie, essayer de la transformer, en offrande, en don de moi-même au Christ, au Père et à ceux et celles que je côtoie. Cela nourrit ! C'est du pain complet. Cela construit la vie personnelle, communautaire et familiale, enrichit toutes les relations. Cela donne la vie au monde par la contagion dont aime à parler le Pape François. Que les chrétiens aient une vie et une joie contagieuses. C'est peut-être ainsi que le dernier verset de notre pain d'évangile de ce jour sera vrai pour nous : la présence du Seigneur comble notre faim et notre soif de vie… et peu à peu nous donne de moins en moins faim et soif des erzast de pain et d'eau de vie qui se présentent à nous et nous tentent.

 

Oraison de conclusion

 Béni sois-tu Seigneur pour le Pain de ta Présence que tu nous offres sans te lasser. Donne-nous de nous nourrir de ce pain avec persévérance et de garder les yeux fixés sur toi au long de os journées. Toi notre Pain de vie qui te donne à nous pour nous transformer et nous conduire à la vie avec toi, avec le Père et l'Esprit Saint pour toujours.

Sr Marie Christine le 28 avril 2020

lundi 20 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e lundi de Pâques Jean 6, 22-29

 « Discours sur le pain de vie »

Méditation 

Nous sommes en plein jeu de piste me semble-t-il !

Des gens cloués sur place regardent, avec envie, l’autre rive, Capharnaüm. Mais il n’y a plus d’embarcation. La seule barque disponible a été prise par les apôtres.

A vive allure, d’autres barques arrivent de Capharnaüm, pour rejoindre le lieu du pique-nique d’hier, un pique-nique géant, .… convivial …. et …. économique !

Mais Jésus n’est plus là, … alors on réembarque et …. hop ! demi-tour vers Capharnaüm !

Des interrogations fusent de toutes parts : « Où est-il donc cet homme qui procure du pain à sassiété sans rien demander, sans rien payer, sans devoir travailler ?

C’est agréable financièrement… vous ne trouvez pas !

 Jésus s’est dérobé !

Si nous montions dans l’une de ces barques, pour aller à sa recherche, nous aussi !

Mais quel Jésus cherchons-nous, au fait ? Et les foules que cherchent-elles en vérité ?

 

Jésus n’est pas dupe !

 

A leur question et à la nôtre, il oppose une autre question plus fondamentale

et même, …. il y répond lui-même :  

« Pourquoi me cherchez-vous ? Vous me cherchez, NON parce que vous avez vu des SIGNES, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés ! »

Travaillez, NON pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure

en vie éternelle ! »

 

De temps en temps, écoutons Jésus, nous poser la même question :

« Et toi, pour quoi me cherches-tu ? »

 

II nous laisse entendre, dans ces paroles, qu’il a le secret d’un pain plus nourrissant, plus désirable que ce pain matériel : une nourriture qui demeure dans l’éternité !

Lorsqu’il s’était entretenu avec la Samaritaine, ne lui avait-t-il pas laisser sous-entendre qu’il avait le secret d’une eau plus vive que l’eau qu’elle venait puiser au puits: une source jaillissant en vie éternelle !

Il allait au-devant du désir de cette femme et le faisait grandir en elle.

 

Jésus agit de la même façon avec la foule et avec nous, aujourd’hui : Il nous envoie des signes mais … savons-nous les dépasser, savons-nous aller au-delà de leur matérialité éphémère pour décrypter le message d’amour qu’ils sous-entendent ?  

Jésus veut creuser en nous la vraie faim et dilater notre désir ! .... le faire grandir afin que nous participions, à une communion intime avec la vie ardente de Dieu.

 

Mais que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ?      

Pour les Juifs, les œuvres de Dieu étaient avant tout, les œuvres de la loi, souvent comprises d’une manière légaliste.

Jésus, alors, répond à leur question d’une façon inattendue : « L’œuvre de Dieuc’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » 

Hmm … Humm… !

 

L’œuvre de Dieu, c’est tout autre chose que les œuvres de la loi !

L’œuvre de Dieu, c’est son grand dessein sur le monde, sur sa création.

Et ce dessein est vie et communication de vie.

 

Mais l’homme pécheur que nous sommes, ne pouvait entrer en communication avec Dieu sans avoir un relais. Dieu envoie donc, à notre secours, son propre Fils Bien-Aimé.

 

La plus belle œuvre de Dieu c’est donc que nous accueillions Jésus, son Fils Bien-Aimé,

que nous croyions en lui, pour ainsi, coopérer à l’œuvre de Dieu et naître à sa vie divine.

 

Notre Père

 

Moi, personnellement, dans l’état de vie où je suis,

                                          dans l’état de santé dans lequel je me trouve,

                                          au point où j’en suis dans ma vie spirituelle,

                  comment vais-je coopérer à l’œuvre de Dieu ?

                  Demandons-le à Notre Père.

 sr Anne-Françoise le 20 avril 26

dimanche 19 avril 2026

Liturgie de la Parole 3e dimanche de Pâques A Luc 24, 13-35

Homélie

La dernière fois que j’ai eu l’occasion de célébrer l’eucharistie et de prêcher ici, l’évangile nous présentait Jésus au début de son ministère public. Le prophète Isaïe proclamait sa venue comme une grande lumière qui venait éclairer le peuple qui marchait dans les ténèbres. Et la manière dont Jésus allait mettre cette annonce en pratique était toute simple et humaine : en marchant, en parcourant les villes et villages de la Palestine pour y appeler à la conversion et à l’accueil de la Bonne Nouvelle.

L’évangile d’aujourd’hui nous met face à deux disciples en marche, eux aussi, et en marche dans les ténèbres, car ils sont dépités, déçus, désorientés même. Les espérances qu’ils avaient mises en Jésus, apprendrons-nous dans la suite du récit, ont été gravement trompées, car le chemin de Jésus ne s’est pas terminé par une apothéose, comme ils l’avaient imaginé, mais par la mort ignominieuse sur la croix. Celui qui avait éveillé les plus grands espoirs en eux a été exécuté comme le pire des bandits, par le châtiment le plus cruel connu à l’époque, rejeté par son propre peuple et ses dirigeants. Il y a de quoi perdre la tête !

 

Cette marche des deux disciples : Cléophas et son compagnon – ou sa compagne, puisqu’on parle d’une Marie, femme de Cléophas en Matthieu 19,25 – qui tournent le dos à Jérusalem et à tout ce qui a fait leur joie dans les semaines ou les mois précédents, me fait penser au chemin qu’ont choisi beaucoup de nos contemporains. Combien n’ont pas tourné le dos à l’Église et à toute pratique religieuse ? Combien ne sont pas partis déçus par le développement de l’Église depuis Vatican II ou désorientés par l’évolution si rapide de nos sociétés, qui ont mis l’Église en porte-à-faux ? Et il y a de quoi perdre la tête, quand nous voyons les presbytères, les monastères et les communautés religieuses se vider, quand nous apprenons les abus de toute sorte dont se sont rendus coupables des serviteurs de Dieu, y compris dans les nouvelles communautés qui avaient rallumé la flamme de l’espoir il y a peu ! Il y a de quoi se poser des questions aussi face à tant de réactions de la hiérarchie qui semble sourde aux attentes de sa base et se ferme à toute velléité de réforme et de modernisation des pratiques…

 

Si Emmaüs avait lieu aujourd’hui, il y aurait sans doute non pas deux disciples, mais des milliers et des centaines de milliers, hommes et femmes croyants qui retourneraient chez eux profondément déçus ! Il me plaît alors d’imaginer Jésus marchant à leurs côtés de manière anonyme tout à coup et leur demandant ce qu’il y a de si grave, à voir leurs mines dépitées. Ils auraient sans doute pour lui un de ces regards apitoyés : « D’où tu viens, toi, pour ignorer tout ce que les médias nous serinent à longueur de journée ? » - « Mais quoi donc ? » demanderait le Christ, faussement naïf. Et nos contemporains de lui confier tout ce qu’ils ont sur le cœur, tous leurs espoirs déçus, leurs générosités trompées, leurs prévisions qui se sont avérées fausses… Comment résonnerait dans cette litanie plaintive l’interpellation de Jésus : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire… ». Et si nous sommes honnêtes, ne faudrait-il pas répondre : « Oui, Seigneur, il est tellement dur de croire encore aujourd’hui et de ne pas perdre l’espoir ! »

 

Et Jésus de reprendre symboliquement son bâton de pèlerin pour nous expliquer patiemment la pédagogie de Dieu, telle qu’elle a été déployée dans tout l’Ancien Testament. Dieu non pas victorieux et écrasant les adversaires, comme l’ancien Israël l’a cru un temps, ni triomphant et majestueux, comme David et Salomon l’ont réalisé pour un court moment dans l’histoire, mais un Dieu caché, humble, patient qui prend la figure du Serviteur Souffrant pour se charger des péchés de la multitude et la ramener vers le Dieu de miséricorde. A entendre cette voix et sa force de conviction inimitable, je ne peux pas imaginer autre chose que de voir le feu intérieur se rallumer à nouveau et même devenir flammes étincelantes, quand le geste liturgique de la fraction du pain vient confirmer à nos yeux ce que nos oreilles ont entendu : il est vraiment le pain livré en vue d’un monde nouveau !

 

Et nous voici de retour sur la route à notre tour, à marcher à nouveau ou à courir pour porter à nos frères et sœurs l’excellente nouvelle, la meilleure de toutes que le Christ est ressuscité, que son amour a vaincu le cercle vicieux de la haine et de la violence pour fonder une nouvelle ère. Nous ne serons sans doute pas crus par tous nos contemporains, loin de là ! Et il faudra déployer des efforts, une stratégie et une pédagogie patientes et de longue haleine pour sortir le monde matérialiste et consumériste de sa torpeur et l’amener à croire l’incroyable : que la vie et l’aisance matérielle ne sont pas le dernier cri, et que la mort physique n’a pas le dernier mot, malgré les apparences, mais qu’un projet d’amour et d’éternité peut se réaliser à travers tous les échecs apparents de la vie.

Tenons donc fermes nos bâtons de pèlerin et avançons de manière décidée aux côtés de nos contemporains, en compagnons et compagnes du Christ ressuscité ! Et prions pour que de nombreux pèlerins déçus fassent cette rencontre du Ressuscité anonyme qui les envoie célébrer le geste du partage eucharistique au milieu de leurs frères et sœurs.

Père Josy Birsens, jésuite, le 19 avril 2026

samedi 18 avril 2026

Liturgie de la Parole 2e samedi de Pâques Jean 6, 16-21 ; Actes 6, 1-7

Résonances.

Durant ce temps pascal, nous lisons de manière suivie deux livres du NT : les Actes et l’évangile de Jean. Deux fils parallèles, qui parfois s’éclairent l’un l’autre.

On dit « les actes des Apôtres », mais qui sont les apôtres ? Dans le texte de ce jour, on a aussi le mot « disciples », et puis « les Douze ». Les cercles vont s’élargissant. En fait, il s’agit de l’histoire des premiers pas de l’église et le récit nous montre qu’au début, les choses ont été très vite. Tout part du cénacle et du petit groupe de la première Pentecôte. L’action principale des apôtres, c’est de proclamer la Bonne Nouvelle (= évangéliser) et d’enseigner (= expliquer, éclairer cette première annonce de l’évangile). On l’a vu précédemment : rien ne peut les en empêcher, même pas la prison, la menace, la torture… (dans l’épisode précédent, on leur avait enjoint le silence…) On a parfois l’impression que la « Parole » les dépasse… Cette « Parole » est, en elle-même, un autre personnage des Actes des Apôtres : on dirait qu’elle mène sa propre vie. Mais elle a tout de même besoin de nous pour se dire. Notre texte se termine par l’expression : « la Parole de Dieu était féconde… et le nombre de disciples se multipliait ». Plus loin dans les Actes, on aura le raccourci : « la Parole de Dieu était féconde… et se multipliait » (Actes 7,17), ce qui rappelle la Parole de la première bénédiction du Créateur, qui dit aux poissons, aux oiseaux, et aux hommes : « soyez féconds et multipliez-vous ». On est dans cette dynamique de création, d’élargissement.

Mais ce processus de croissance ne se passe pas toujours sans heurts. L’épisode d’aujourd’hui en témoigne : il y a un petit conflit, ou du moins une légère tension entre les disciples de langue grecque et ceux de langue hébraïque… Cela nous rassure : l’église ne s’est pas faite sans soubresauts… il y a eu des moments de crises, et les crises sont toujours l’occasion d’une croissance. Ici, on se rend compte que les cadres viennent à manquer, parce que le groupe grandit. Alors, on désigne de nouveaux responsables, on essaie de s’organiser mieux. Ce qui se cache derrière ce résumé n’est pas totalement clair, mais ce qui est intéressant c’est que c’est l’occasion de mettre en évidence une fonction très belle qui revient aux Apôtres : « la prière et le service de la Parole », littéralement « la diaconie de la Parole ».

Dans l’évangile de ce jour, on assiste aussi à un moment de crise, un moment « critique » pour les apôtres. Jésus vient de réaliser ce qu’on appelle « la multiplication des pains » : cela nous semble formidable, mais en fait, pour les disciples, cet épisode est vécu comme une épreuve, une mise à l’épreuve de leur foi, et c’est ce que montre l’épisode de la barque sur la mer agitée. C’est un moment difficile à passer. Jésus n’est pas avec eux, et ils peinent à avancer… Ils sont confrontés à un mystère, quelque chose qui les dépasse. Le texte dit clairement : « c’est les ténèbres ». Ils pensent qu’ils sont seuls. Et c’est là, au cœur de l’épreuve, au cœur des ténèbres, que Jésus s’approche d’eux. Ils le voient comme s’il marchait sur les eaux : c’est impossible ! Ils pensent que c’est un fantôme, ils ont peur. Dans ce moment de crise extrême, la parole que Jésus leur adresse est toute simple : « c’est moi » ! Autrement dit : « c’est moi, pas un fantôme ». Mais aussi : « Je suis ». Sous-entendu : « je suis là, je suis avec vous », mais aussi : « Je suis » au sens fort, la parole de Dieu à Moïse au buisson ardent…

Les actes des Apôtres, les évangiles, c’est un peu notre histoire. À chaque génération, ça recommence : l’acte de foi est personnel pour chacun de nous, personne ne peut le faire à notre place. Les épreuves, les moments de crise sont inévitables, et il y a des moments où notre foi chavire complètement. Bizarrement, le fait que Jésus fasse des miracles n’aide pas… La foi ne s’appuie pas sur les miracles, mais sur la présence de Celui qui nous dit : « n’ayez pas peur, c’est moi, je suis là… »

Vivons à notre tour les textes que nous venons de lire !

Sœur Marie-Raphaël le 18 avril 2026

vendredi 17 avril 2026

Liturgie de la Parole 2e vendredi de Pâques Jean 6, 1-15

Méditation

            Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus, après avoir traversé le lac, a gravi la montagne, il est là, assis, entouré de ses disciples. Peut-être voulaient-ils souffler un peu ? Loin de la foule. Jésus n’enseigne pas, il regarde, il lève les yeux et que voit-il ? Une foule nombreuse qui le suivait et qui venait à lui. Quel sentiment traverse Jésus à ce moment-là, Jean ne le dit pas mais Jésus sait ce qu’il va faire. Il interroge Philippe pour le mettre à l’épreuve : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »  Philippe l’ignore et le salaire de 200 journées de travail ne suffirait pas. Que faire pour répondre à la demande de Jésus ? André vient à son secours : il y a là un petit garçon qui a 5 pains d’orge et 2 poissons. La quantité est dérisoire pour tant de monde. Cependant le garçon n’hésite pas, il donne ce peu qui, pour lui, était tout, il l’offre à Jésus et Jésus accueille ce don : « Il savait ce qu’il allait faire. » Ici, Jésus nous donne une belle et grande leçon : il ne veut pas faire un miracle à partir de rien, si minime que soit notre don, Jésus en a besoin et il saura toujours en faire quelque chose.

            Jésus fait asseoir les gens. Puis « après avoir rendu grâce il distribua aux convives le pain et aussi du poisson autant qu’ils en voulaient. »

            Nous pouvons remarquer le changement de vocabulaire : d’abord la foule anonyme qui suit Jésus, puis les gens qui s’assoient, ensuite au partage du pain ce sont des convives : manger ensemble crée la communion, un lien.

            « Quand ils eurent mangé à leur faim. » Les convives sont rassasiés.  Dieu donne toujours trop, avec surabondance, « autant que les gens en voulaient », il ne lésine pas sur la quantité, il y a même des restes et nous pouvons imaginer que le petit garçon a pu emporter un panier plein puisqu’il avait tout donné et qu’il n’avait plus rien.

           

            N’hésitons pas à apporter chaque jour au Seigneur nos 5 pains et nos 2 poissons.  Ce peut être notre fidélité, notre dévouement, notre charité, ces petits riens de la vie quotidienne, parfois même le pain sec de notre temps d’oraison et de notre louange, de notre joie qui ne va pas de soi… Le Seigneur sait ce qu’il va en faire. Le soir nous pourrons peut-être savoir ce que Jésus en a fait comme l’écrit si bien Marie Noël dans les notes intimes (Notes intimes , p. 42 Communion)  :

«- Vous voilà, mon Dieu. Vous me cherchiez ? Que me voulez-vous ? Je n’ai rien à Vous donner. Depuis notre dernière rencontre, je n’ai rien mis de côté pour Vous.

Rien… pas une bonne action. J’étais trop lasse.

Rien… pas une bonne parole. J’étais trop triste.

Rien que le dégoût de vivre, l’ennui, la stérilité.

-                        Donne !

- La hâte, chaque jour, de voir la journée finie, sans servir à rien, le désir de repos loin du devoir et des œuvres, le détachement du bien à faire, le dégoût de Vous, ô mon Dieu !

-                        Donne !
- La torpeur de l’âme, le remord de ma mollesse et la mollesse plus forte que le remord….

-                        Donne !
- Le besoin d’être heureuse, la tendresse qui brise, la douleur d’être moi sans secours…

-                      Donne !
- Des troubles, des épouvantes, des doutes…             
-                        Donne !
- Seigneur ! Voilà que, comme un chiffonnier, Vous allez ramasser des déchets, des immondices

Qu’en voulez-Vous faire, Seigneur ?

-                        Le Royaume des Cieux.

            C’est avec tout ce que nous sommes et ce que nous avons que nous pouvons faire grandir le Royaume.

            D’abord, au temps de la jeunesse, ce sont des pains entiers qui peu à peu deviennent des restes au fur et à mesure que la vie avance mais pour Dieu même les restes sont bons. Ne les gaspillons pas : restes de santé, restes de nos forces, de notre temps à vivre : tout cela peut nous sembler si peu, si petit et médiocre à offrir mais le cœur qui donne à part à la jeunesse du cœur de Dieu.

            De plus, chaque jour, Jésus nous donne ce que nous avons à lui donner.   

Et à la fin de la journée, nous l’entendrons nous dire : « Donne ».

                                                           Faisons-le avec joie.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur, nous venons à toi avec le peu que nous avons à te donner, par ta grâce transforme ce peu en semence de vie et que l’Esprit vienne chanter en nos cœurs la prière de tes enfants

 

Sr Jean-Baptiste le 17 avril 26