Liturgie de la Parole 1er vendredi TO-II
Marc 2, 1-12
Méditation
Voici de grands extraits du commentaire de Camille Focant (1) sur l’Évangile d’aujourd’hui. Tout d’abord c’est le seul passage de l’Évangile où la foi des autres est explicitement reconnue comme étant au bénéfice de quelqu’un. (Il y a d’autre passages où c’est implicite). « Alors que le dénouement attendu serait la guérison, la réponse de Jésus à cette foi surprend : il annonce une remise des péchés qui n’a nullement été sollicitée et que rien ne laissait prévoir… Du récit on ne peut déduire qu’être malade découle du fait d’être pécheur. Au lieu de se prononcer là-dessus, le récit présente Jésus en train de lever un obstacle à la guérison, comme si les péchés faisaient partie du handicap. Il s’adresse au paralytique en l’appelant « Enfant ». Il est remarquable qu’en dehors du cercle des disciples (10,24), Jésus n’adresse à personne d’autre ce terme qui marque une relation de filiation. Il donne ce nom au paralytique « au titre de la ‘foi’ et du pardon, d’une foi qui porte plus loin que sa personne, d’un pardon qui vient de plus haut que lui-même. Il salue un nouveau-né. Il lui révèle et lui ouvre une possibilité nouvelle d’exister » (Delorme 49). »
C’est ici la première apparition des scribes. « Et ils vont de suite contester l’autorité dont la parole de Jésus fait preuve. Nul ne sait la raison de leur présence en ce lieu, mais le narrateur précise leur position assis, dans une posture de notables… Leurs ruminations intérieures ne concernent pas le sens de la démarche des porteurs, mais uniquement la parole de Jésus, qu’ils isolent de son contexte et qui les scandalise… D’abord, les scribes se demandent pourquoi Jésus « parle » ainsi. C’est le même verbe que celui utilisé au v.2 pour dire que Jésus « parlait à la foule ». Ce rapprochement suggère le caractère libérateur de l’enseignement de Jésus. Sa parole d’autorité (v.10) démasque la puissance du péché qui asservit l’homme et le paralyse. Comme la suite du récit le montrera, elle a pour effet de remettre l’homme debout. Mais cette parole est blasphématoire aux yeux des scribes, dans la mesure où Jésus s’arroge une autorité qu’eux réservent à Dieu (voir Exode 34,6-7 ; Isaïe 43,25 ; 44,22). L’accusation est grave, puisque le blasphème servira de motif lors de la Passion pour juger Jésus « passible de mort » (14,64). Elle est cependant tempérée par le fait qu’elle n’est pas rendue publique.
Le narrateur met en lumière la perspicacité spirituelle de Jésus. Capable de voir la foi que cachait le geste des porteurs, Jésus put aussi entendre ce que les scribes gardent en leurs cœurs…l’autorité de sa parole de pardon est contestée et elle est difficile à démontrer… Jésus propose donc une épreuve… Certes la guérison visible n’apporte pas la preuve qu’il a autorité pour pardonner. Mais elle atteste la force de sa parole et elle rend crédible le fait qu’il puisse pardonner. Ce qui ne dispense pas de croire….
Tous les obstacles étant levés, le paralytique se remet debout et s’en va. Il n’est plus dépendant de porteurs, ni lié à son brancard qu’il peut porter lui-même. Il ne va pas pour autant devenir dépendant de son bienfaiteur. Son renvoi à la maison suggère que le miracle n’est pas seulement de pouvoir marcher, mais de pouvoir retourner, indépendant à sa propre vie…
Quoiqu’il en soit de son degré de compréhension, la foule rend à Dieu la gloire d’une parole qui a remis debout un paralytique. »
Seigneur, ton Amour nous précède et avant que nous ayons accompli quoique ce soit, tu nous remets debout, tu nous guéris de nos paralysies, de tout ce qui nous empêche de marcher, libres et confiants, sur la route de notre vie, enfants du Père. Merci pour les frères et sœurs qui nous portent et nous aident à accueillir ton pardon, ton Amour.
Introduction au Notre Père
Jésus, comme tu l’as dit au paralytique, tu nous dis à chacun : « Enfant, tes péchés sont pardonnés ». Par toi nous pouvons prier en toute confiance notre Père.
sr Marie-Christine le 16 janvier 26
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(1) Camille FOCANT L’Évangile selon Marc, éditions du Cerf, collection Commentaire biblique : Nouveau Testament 2, Paris 2004 p 108-110
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