mercredi 12 septembre 2018

Tu me baignes d'huile nouvelle

11 Tu me donnes la fougue du taureau,
tu me baignes d'huile nouvelle ;
12 j'ai vu, j'ai reperé mes espions, 
j'entends ceux qui viennent m'attaquer.
13 Le juste grandira comme un palmier, 
il poussera comme un cèdre du Liban ;


Viens Esprit de force et de lumière, 
viens nous baigner de ton huile qui pénètre et guérit les coeurs.


Le taureau: drôle de comparaison! 
Le taureau veille sur son troupeau, 
il le défend et gare à qui le provoque : 
sa charge, sa fougue, est redoutable! 
C'est aussi lui qui féconde. 
Veiller, défendre, féconder: 
trois aspects de la mission de celui qui loue le Seigneur, 
reconnaît ses oeuvres et ses pensées, 
et laisse ainsi sa vie porter du fruit, en lui et par lui.

L'huile par laquelle le roi était consacré 
(Saül en 1 Samuel 10,1 et surtout David en 1 Samuel 16, 12-13), 
mais aussi le prêtre et la demeure de Dieu (Lévitique 8, 10-12). 
Dieu « baigne d'huile nouvelle »: il consacre le priant, 
il le régénère 
(le Bon samaritain répand de l'huile sur les plaies du blessé en Luc 10, 34); 
l'huile pénètre la peau, l'imprègne et, par là, la nourrit, la fortifie 
(les athlètes de l'Antiquité se massait le corps avec de l'huile). 
Tu me baignes! L'image forte est accentuée par "nouvelle"...
et nous fait penser au Baptème ( voir Tite 3, 5) le bain de la nouvelle naissance.

La fougue du taureau et le bain d'huile sont nécessaires car les ennemis rodent: 
mais avec ces forces intérieures venant du Seigneur 
la vue du priant est perspicace et son ouïe accrue. 
Il est en mesure de ne pas se laisser surprendre.

Le juste, l'homme ajusté au Seigneur, celui qui se laisse imprégner par Lui, par sa vie,
grandira comme un palmier, l'arbre des oasis, 
abreuvé aux eaux du Seigneur qui lui donnera de porter du fruit. 
Il poussera comme un cédre du Liban, l'arbre imputrescible 
qui a une si bonne odeur et qui a servi à construire 
le Temple de Salomon (1 Rois 6, 9-10), la Demeure du Dieu. 

Seigneur viens me guérir mon coeur par l'huile de ta grâce. 
Viens me donner force et vigilance 
pour veiller dans le combat spirituel quotidien.
Viens m'aider à repérer les ennemis -pensées et mauvais choix- qui viennent attaquer ma vie de chrétien.
Que ta vie grandisse en moi porte du fruit, que nous soyons en vérité ta demeure, 
que nous répandions la bonne odeur du Christ, parfum de vie (voir (2 Corinthiens 3, 15-16), 
non par des mots  mais par notre vie tout simplement.

mardi 11 septembre 2018

Tu es pour toujours le Seigneur.

Ps 91, 8-1008 les impies croissent comme l'herbe, *
ils fleurissent, ceux qui font le mal,
mais pour disparaître à tout jamais.
09 Toi, qui habites là-haut, 
tu es pour toujours le Seigneur.
10 Vois tes ennemis, Seigneur,
vois tes ennemis qui périssent, * 
et la déroute de ceux qui font le mal. 


Viens Esprit de force et de lumière
Viens brûler le mal qui est dans mon coeur

Les impies, ceux qui font le mal, croissent vite et abondamment.
Ils font des fleurs et semblent donc resplendir et triompher...
mais les fleurs de l'herbe sont si ténues et ternes
par rapport aux autres fleurs!
Et en plus elles ne donnent pas de fruit,
elles sont stériles, malgré les apparences.
Oui, ceux qui font le mal vont disparaître à tout jamais.
Oh, comme je me reconnais dans cette prière!
Comme je souhaite que tout ce qui fait le mal,
en moi et chez les autres, disparaisse.
Quelle belle espérance! (voir aussi Isaïe 40, 6-8)

Toi qui habites là-haut, et n'est donc pas comme nous
collé à la terre, tu es le Seigneur, le maître de maison.
Cela me fait penser à la parabole de l'ivraie semée dans le champ :
elle est là, elle grandit et tend bien à étouffer le bon grain.
Mais finalement c'est elle qui sera brûlée, il n'en restera rien,
sinon des cendres qui peuvent aider la terre à porter de bons fruits.
(voir Matthieu 13, 24-30 et 36-43)

Oui ceux qui font le mal seront déroutés au sens propre du terme,
détournés de leur route, ils s'égarent dans des chemins sans issue.
Ceux-là sont ennemis du Seigneur.
Et il n'est pas dit que c'est le Seigneur qui cause leur perte :
au contraire ils se perdent eux-mêmes. 

Seigneur donne-moi de croître pour le bien.
De porter des fleurs et des fruits de vie. 
Ne laisse pas l'ivraie croître en mon coeur
et étouffer la bonne semence que tu as plantée.
Seigneur je te choisis chaque jour pour le Seigneur et le Maître de mon coeur et de ma vie.
Éclaire Seigneur tous ceux qui vont à leur perte, pour qu'ils choisissent un chemin de vie.

lundi 10 septembre 2018

Combien sont profondes tes pensées !

05 Tes œuvres me comblent de joie ;
devant l'ouvrage de tes mains, je m'écrie :
06 « Que tes œuvres sont grandes, Seigneur !
Combien sont profondes tes pensées ! »
07 L'homme borné ne le sait pas,
l'insensé ne peut le comprendre :


Viens Esprit de lumière,
ouvre mon cœur à la profondeur de ton dessein d'amour.


Les œuvres du Seigneur,  manifestes ou discrètes,
dans l'Église et dans ma vie, aujourd'hui comme hier,
que mon cœur sache les découvrir et s'en réjouir.
« L'ouvrage » ce mot évoque une action qui prend du temps, de l'application.
Quelque chose que l'on façonne avec soin
et dans laquelle la personne -ici, Dieu- s'implique.
La manière dont le Seigneur conduit et œuvre est profonde :
que je ne me fie pas aux apparences,
mais que je descende dans mon cœur profond pour Le rencontrer
et me laisser instruire par l'Esprit.
Pour entrer dedans il me faut regarder au-delà des apparences,
il me faut cultiver l'intelligence du cœur.
Le temps et la mémoire du cœur sont importants
pour entrer peu à peu dans cette compréhension,
avec l'aide de l'Esprit.
C'est lui, l'Esprit de
qui nous « conduira dans la vérité tout entière »(Jean 16, 13).
Pensons à Marie qui « retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur» (Luc 2, 19),
même quand elle ne comprenais pas (Luc 2, 48 à 51)

« L'homme borné »est celui qui se fie aux apparences,
qui regarde avec un cœur mondain comme dirait notre Pape François.
Il est insensé...il n'a pas le sens du vrai sens.
Celui-là n'arrive pas à comprendre
combien sont profondes les pensées du Seigneur.
Combien le Seigneur est présent et agit...
d'une manière si discrète, sans s'imposer ni forcer les libertés.

Seigneur donne-moi aujourd'hui de discerner « l'ouvrage de tes mains » dans ma vie.
Seigneur aide-moi à descendre au fond du mon cœur
pour y discerner ta présence agissante.
Seigneur donne-moi de me réjouir de toi
et de te rendre grâce pour tes bienfaits, pour moi,
pour ceux que je porte dans mon cœur et ma prière ;
pour ceux qui ne pensent pas à te rendre grâce.
Seigneur viens guérir en moi tout ce qui est borné et insensé.
Seigneur ouvre-moi à l'intelligence
à la compréhension de tes pensées (voir Luc 24, 45).

dimanche 9 septembre 2018

Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur

Ps 91, 1-4
02 Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur, 
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,

03 d'annoncer dès le matin ton amour, 
ta fidélité, au long des nuits,
04 sur la lyre à dix cordes et sur la harpe,
 sur un murmure de cithare.

Viens Esprit d'action de grâce, 
vient murmurer en nos cœurs un chant nouveau, 
viens chanter le nom du Père.

Le Psaume s'ouvre par une exclamation 
«Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur » : oui c'est bon ! 
Bon, parce que c'est une belle œuvre que d'être 
dans l'action de grâce envers le Seigneur, 
bon  de reconnaître la grâce de Dieu, son action gratuite pour moi. 
Cela  m'ouvre à accueillir davantage cette grâce, 
à la faire fructifier en moi. 
Cela creuse mon cœur, l'élargit. 
Saint Jean a pu écrire « Nous avons reçu grâce après grâce » (Jean 1, 16), 
une grâce accueillie prépare à accueillir la suivante, 
et ainsi de suite, et peu à peu 
nous nous apercevons que nous avons changé. 
Œuvre merveilleuse de Dieu en nous, par nous, avec nous.
Chanter pour son nom ! 
Son nom, celui par lequel j' aime à l'appeler, 
moi personnellement, dans ma prière, 
dans ma relation avec lui aujourd'hui. 
Ce nom peut varier au cours de ma journée, 
ou rester le même durant des semaines ; 
qu'importe, c'est le nom qui exprime ma relation avec lui, 
sa relation avec moi.
Le matin prendre un court moment simplement 
pour « annoncer ton amour » d'une manière ou d'une autre. 
Peut-être justement redire ce nom que j'aime Lui donner. 
Peut-être se tourner vers Lui dans un élan du cœur avec ou sans parole. 
Peut-être en l'accueillant en moi, en me mettant en sa présence. 
Peut-être en Le rayonnant sans en avoir même conscience… 
Il y a tant de manières d'annoncer son amour !
Il est bon aussi d'annoncer sa fidélité au long des nuits 
car dans l'obscurité (extérieure ou intérieure) 
c'est le meilleur moment pour dire ou redire 
sa confiance dans le Seigneur, sa foi dans sa fidélité.
En fait c'est toute la vie qui est prise dans cette annonce : 
« dès le matin » et « au long des nuits »  
selon la manière hébraïque de s'exprimer, 
pour dire le tout on choisit les deux extrêmes.
La lyre, la harpe, la cithare : 
les instruments à cordes accompagnant le chant liturgique, 
instruments doux et harmonieux qui aident et pacifient (
David jouait de la cithare pour apaiser le roi Saül (1 Samuel 16, 16.23).
« Un murmure de cithare » : l'action de grâce, 
le chant pour le Seigneur, l'annonce de son amour 
et de sa fidélité peuvent s'exprimer dans la douceur, l'intériorité. 
La joie authentique n'est pas forcément exubérante ! 
Ce murmure entre aussi en connotation avec la brise légère 
où Dieu se révèle à Élie (1Rois 19, 11-14).

Que ma prière de ce jour soit action de grâce pour tes bienfaits.
Que ma vie soit une annonce de ton amour.
Que la douceur de la louange irradie mon cœur et rayonne ta fidélité.

vendredi 7 septembre 2018

Je veux le rassasier


Ps 90
14 « Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
15 Il m'appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.
Je veux le libérer, le glorifier ;
16 de longs jours, je veux le rassasier,
et je ferai qu'il voie mon salut. »

Viens Esprit Saint, viens faire résonner en nos cœurs la promesse du salut.

Avec ce verset 14, le locuteur change : voici que Dieu prend la parole par la voix de son prophète ou de son prêtre. Le « puisque » d’introduction met en lien avec les versets précédents qui disaient la certitude de la sollicitude de Dieu en une sorte de profession de foi. Voici donc que Dieu « répond » à la fidélité de son serviteur, on pourrait même dire à sa déclaration d’amour. En effet le verbe traduit par "s’attacher à" appartient en fait au langage amoureux : « il s’est épris de moi ». Il peut s’appliquer à l’amour d’une personne pour une autre, à l’amour de Dieu pour son peuple (Dt 7,7 ou 10,15) comme à celui qu’éprouve le protégé de Dieu. C’est un amour d’élection qui aboutit à la « connaissance » du nom divin, qui s’exprime dans une relation unique avec le Seigneur.

Le psalmiste relève ainsi toute une série de conséquences entre l’attitude de l’homme et l’action de son Dieu : l’homme est épris, Dieu le délivre – l’homme connaît son nom, Dieu le défend – l’homme appelle, Dieu lui répond... il est avec lui…

Le psaume se termine en se tournant vers l’avenir : l’alliance est de toujours à toujours et Dieu promet, il s’engage pour le futur : il répète « je veux ». Il veut  libérer, rassasier (combler), sauver.
Les principaux thèmes sont ainsi repris une dernière fois en clôture de ce psaume : comme l’homme s’est plaint au psaume précédent de la brièveté de ses jours, voici l’assurance de « longs jours », et la promesse du salut auquel fait allusion tout ce psaume 90.

Seigneur Dieu, oui, nous sommes épris de toi parce que tu as mis en nos cœurs cette joie de pouvoir t’aimer en retour de ton amour pour nous. Fais qu’elle nous accompagne tout au long de ce jour et qu’elle soit rayonnante autour de nous.