mardi 18 juin 2019

Descendre de la montagne?!



« Notre Dieu, Père de la lumière, Tu as envoyé dans le monde ton Fils Parole faite chair, pour te manifester à nous les hommes. Envoie maintenant ton Esprit-Saint, afin que je découvre Jésus-Christ dans cette Parole qui vient de toi, que je la connaisse plus profondément et que je l’aime plus intensément pour parvenir ainsi à la béatitude du Royaume. Amen »



Mc 9, 8-10

« Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts »

La « minute étoilée » de la manifestation de Dieu dans la nuée ne dure pas. Il en va de même de notre expérience de la manifestation de Dieu dans nos vies… Un moment fugitif, mais d’une existence réelle et parfois, d’une intensité fulgurante.
« Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux »
Tout a disparu : les deux interlocuteurs Moïse et Elie, la nuée, la voix du Père… Il leur faut retrouver la réalité concrète, qui leur est familière.
« Ils descendirent de la montagne… »
Il leur faut descendre de la montagne : c’est le retour dans la vie quotidienne. Mais cette vie ne sera jamais plus la même. On ne peut croire qu’une telle expérience laisse indemne, ne laisse pas des traces indélébiles. On peut d’ailleurs espérer que les grandes expériences des disciples et les nôtres changent nos vies, nous « améliorent »…
« Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : ‘ressusciter d’entre les morts’ »
Jésus reprend la parole pour mettre des mots sur ce que les disciples viennent de vivre. Paradoxalement, cette expérience extraordinaire, il faut la taire, la cacher, ne pas la divulguer. La raison n’en est pas explicitée, mais le narrateur ne s’attarde pas au contenu de l’injonction. Probablement Jésus ne veut-il pas être mal compris, mal perçu.
Ce qui retient son attention est la question des disciples : ils se demandaient « entre eux ce que voulait dire ‘ressusciter d’entre les morts’ ». L’expression n’est pas inédite, mais elle est attestée plus haut dans le deuxième évangile. Au chapitre 6, il était question de Jésus en lien avec Jean le Baptiste : « Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : ‘C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui’ » (6, 14). Mais la réalité d’une telle résurrection ne leur est pas perceptible, même si la foi en la résurrection était partagée par certaines branches du judaïsme.
Malgré les siècles qui nous séparent de la foi des Apôtres contemporains de Jésus, nous pouvons nous sentir bien proches de leur perplexité, de leur incompréhension de cette « résurrection d’entre les morts ». Il peut y avoir des signes qui nous l’attestent, qui nous la rendent possible, voire certaine, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle appelle le saut de la foi…

Seigneur, de cette montagne où j’ai pu goûter ta Présence, où j’ai pu sentir ton Amour, il me redescendre pour retrouver le quotidien, avec ses joies, ses peines, ses espérances et ses lourdeurs. Mais au creux du cœur demeure cette marque, ce signe, cette trace de ta Présence. Accorde-moi de le graver au plus secret et d’en faire mémoire…
Parce que je suis ton/ta Bien-aimé(e), Seigneur, MERCI !!!




lundi 17 juin 2019

"Celui-ci est mon Fils bien-aimé..."


« Notre Dieu, Père de la lumière, Tu as envoyé dans le monde ton Fils Parole faite chair, pour te manifester à nous les hommes. Envoie maintenant ton Esprit-Saint, afin que je découvre Jésus-Christ dans cette Parole qui vient de toi, que je la connaisse plus profondément et que je l’aime plus intensément pour parvenir ainsi à la béatitude du Royaume. Amen »




« Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !’ »
Si l’échange entre Elie, Moïse et Jésus ne nous était pas dévoilé, un éclaircissement se manifeste…
« Une nuée les couvrit de son ombre » : la nuée est traditionnelle dans l’Ancien Testament. Rappelons la traversée dans le désert. La présence de Dieu se manifestait sous la forme d’une nuée le jour : « Le Seigneur lui-même marchait à leur tête : le jour dans une colonne de nuée pour leur ouvrir la route, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer ; ainsi pouvaient-ils marcher jour et nuit. Le jour, la colonne de nuée ne quittait pas la tête du peuple ; ni, la nuit, la colonne de feu » (Ex 13, 20-22).
Cette nuée apparaît aussi dans les livres prophétiques. Dans celui de Daniel, la nuée est une théophanie de Dieu : « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent » (Dn 7, 13-14). Notons que ce Fils d’homme du livre de Daniel sera identifié avec Jésus. Ce dernier reprendra d’ailleurs à son compte cette appellation, comme nous l’avons vu ci-dessus : « Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite » (8, 31).
« et de la nuée une voix se fit entendre : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !’ »
La nuée n’est pas muette : Dieu non plus. Une voix fait entendre le cœur du cœur, le message le plus secret et le plus fondamental de tous. Ce message, cette parole révèle une relation. S’il est question du Fils, Celui qui parle est alors un Père. Il dit de Jésus « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Déclaration d’un amour paternel, d’une reconnaissance. Mais nous est aussi lancée une invitation, celle de tisser avec Jésus une relation : « écoutez-le ! ».
Appel à se faire les disciples de Jésus, à nous fier à Lui, à L’écouter.
Cette manifestation, cette théophanie, s’adressait aux contemporains de Jésus. Elle est aussi adressée à nous : que nous puissions reconnaître en Jésus le Fils qui lui ressemble, vrai, juste et fiable, bon et aimant, à l’image du Père…

Seigneur, lorsque tu confesses que Jésus est ton Fils bien-aimé, tu le reconnais aussi de chacun de nous, créé à ton image et à ta ressemblance. Accorde-nous de laisser descendre au creux de notre cœur cette vérité toute divine, la vérité de ton Amour infini et inconditionnel…
Pour cet Amour qui nous devance et nous accompagne, Seigneur, sois béni !