samedi 10 novembre 2018

Soyez bénis… bénissons

 Ps 113B
14 Que le Seigneur multiplie ses bienfaits
pour vous et vos enfants !
15 Soyez bénis par le Seigneur
qui a fait le ciel et la terre !
16 Le ciel, c'est le ciel du Seigneur ;
aux hommes, il a donné la terre.
17 Les morts ne louent pas le Seigneur,
ni ceux qui descendent au silence.
18 Nous, les vivants, bénissons le Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Viens Esprit Saint, viens mettre en nos cœurs le chant de louange.

Le thème de la bénédiction a déjà été largement souligné (4 fois dans les versets 12 et 13).
Il revient en cette fin de psaume avec la double approche : le Seigneur bénit et nous le bénissons.

Le verset 14 est un souhait confiant : oui, Dieu accomplira ses promesses puisqu’il est le Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.
Déjà dans la Genèse (14, 19), le thème de la création du ciel et de la terre était associé à celui de la bénédiction : «  Il bénit Abram en disant : « Qu'Abram soit béni par le Dieu très-haut, le maître du ciel et de la terre ! ». Dans sa transcendance, Dieu occupe « le ciel », mais la terre, il l’a donné à l’humanité… pour qu’elle en prenne soin et puisse profiter de ses fruits.

La croyance que les morts ne peuvent louer était bien ancrée : elle est exprimée par Isaïe (38, 39) ainsi que dans plusieurs psaumes. Non pas que les morts deviennent inexistants, mais ils sont considérés comme impurs, et, à l’instar des vivants « impurs », exclus de tout culte.
Nous pouvons inverser la proposition : tant qu’il y a vie, il doit y avoir louange ; la vraie vie est celle de la foi qu’exprime la louange comme le dit le Ps 117 (v. 17) : « Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur ». Cette louange dans la bénédiction sera sans fin, elle est « de maintenant jusqu’à toujours », formule plus littérale et plus explicite que la traduction liturgique à laquelle nous sommes sans doute trop habitués. Tournant le dos aux idoles, c’est à ce Dieu seul que revient la louange, à ce « Seigneur » dont le nom est répété en chacun de ces 5 versets.
Le psaume 114 prolongera cet appel à la foi et à la louange.

Seigneur notre Dieu, toi qui nous combles de tes bienfaits, nous te bénissons pour tous tes dons, nous te louons pour ta justice et ta fidélité, pour ton amour qui est de toujours.

vendredi 9 novembre 2018

Du plus grand au plus petit


Ps 113 B
9 Israël, mets ta foi dans le Seigneur :
le secours, le bouclier, c'est lui !
10 Famille d'Aaron, mets ta foi dans le Seigneur :
le secours, le bouclier, c'est lui !
11 Vous qui le craignez, ayez foi dans le Seigneur :
le secours, le bouclier, c'est lui !
12 Le Seigneur se souvient de nous : il bénira !
Il bénira la famille d'Israël,
il bénira la famille d'Aaron ;
13 il bénira tous ceux qui craignent le Seigneur,
du plus grand au plus petit.

Viens Esprit Saint, viens en nos cœurs y faire croître la foi, donne-nous d’y accueillir la bénédiction.

Les versets 9 à 11 sont une exhortation à croire dans le Seigneur, à mettre sa confiance en lui.
A qui s’adresse-t-elle ? Les trois destinataires de cet ordre sont des groupes difficiles à identifier. La famille d’Aaron – le frère de Moïse – ne fait-elle pas partie d’Israël ? Et ceux qui « craignent le Seigneur », sont-ils les croyants ou les prosélytes… du temps du psalmiste ?
Relevons plutôt ce triple « mets ta foi » qui en fait une invitation pressante. Elle l’est davantage encore dans la traduction littérale qui répète exactement la même formule « confiez-vous ».
Et rappelons-nous qu’au verset 8, c’était les païens qui « mettaient leur foi » dans leurs idoles.

Une autre affirmation, reprise elle aussi par 3 fois, montre le fondement de la confiance à laquelle le peuple est invité : « le secours, le bouclier, c'est lui ! ». Les versets de ces psaumes alternent ainsi la description de l’action de Dieu, puis l’attitude qui doit en découler pour les croyants.

Une autre alternance est celle du souvenir : Israël est appelé à faire mémoire des merveilles de Dieu comme Dieu se souvient de son peuple. Conséquence : il bénira. Le thème de la bénédiction est repris sans cesse alors que nous approchons de la fin de ce psaume. Les destinataires de la bénédiction sont logiquement les mêmes que ceux (v. 9-11) qui ont mis leur foi dans le Seigneur.
Ces répétitions sont très significatives et… pédagogiques, nous aidant ainsi à entendre, à faire nôtres ces cris, ces espérances : mets ta foi… le secours, le bouclier, c'est lui… il bénira.

Tout se termine pourtant sur une note qui vient s’ajouter à ces 3 triplets : « du plus grand au plus petit ». Quelques mots pour nous rappeler l’amour sans limite de notre Dieu.

Seigneur Dieu, que ma prière de ce jour te redise ma confiance, que je puisse te chanter à chaque instant que tu es mon abri, ma citadelle. Souviens-toi de chacun de tes enfants, de tous ceux qui te cherchent, de tous ceux qui mettent leur foi en toi.

jeudi 8 novembre 2018

Ceux qui mettent leur foi en elles


Ps 113 B
4 Leurs idoles : or et argent,
ouvrages de mains humaines.
5 Elles ont une bouche et ne parlent pas,
des yeux et ne voient pas,
6 des oreilles et n'entendent pas,
des narines et ne sentent pas.
7 Leurs mains ne peuvent toucher,
leurs pieds ne peuvent marcher,
pas un son ne sort de leur gosier !
8 Qu'ils deviennent comme elles,
tous ceux qui les font,
ceux qui mettent leur foi en elles.

Viens Esprit saint, que cette parole éclaire notre regard sur toutes les idoles qui nous entourent.

« Où est-il leur Dieu ? » avaient demandé les païens.

Et les vôtres ? Semble répondre le psalmiste. Leurs dieux à eux (« aux nations » ajoute la Vulgate), ce ne sont que des idoles. Certes elles paraissent riches (couvertes d’or et d’argent) mais cette apparence ne signifie rien, elle est juste destinée à impressionner ceux qui le veulent bien.

Et de s’attacher à démonter cette conviction : ce qui les définit plutôt, c’est leur manque total d’activité ; elles ont un corps semblable à celui des hommes mais les membres de ce corps n’ont aucune fonction : elles sont aveugles, sourdes et muettes, sans odorat ni toucher. Elles sont aussi privées de mouvement. Elles n’entrent donc aucunement en relation. 

Le verset 8 exprime un souhait : que les adorateurs de ces idoles deviennent comme elles, c’est-à-dire, en quelque sorte, inexistants !
Retenons l’expression forte qui termine ce verset : ces adorateurs sont désignés comme « ceux qui mettent leur foi en elles ». Elle reviendra en écho dans le verset suivant.

Seigneur, tu es le Dieu qui entre en relation, tu es le Dieu qui voit, qui entend, qui répond, tu es le Dieu qui vient au-devant de nous et qui marche sur nos chemins, tu es le Dieu en qui nous pouvons mettre notre foi et qui ne nous déçoit jamais. Béni sois-tu.


mercredi 7 novembre 2018

Où donc est leur Dieu ?


Ps 113 B
1 Non pas à nous, Seigneur,
non pas à nous,
mais à ton nom, donne la gloire,
pour ton amour et ta vérité.
2 Pourquoi les païens diraient-ils :
« Où donc est leur Dieu ? »
3 Notre Dieu, il est au ciel ;
tout ce qu'il veut, il le fait.

Viens Esprit Saint, prépare nos cœurs à recevoir cette parole, pour ton amour et ta vérité.

Le psaume 113 est subdivisé en deux parties, et  la numérotation des versets repart à 1. 
Dans la Bible hébraïque cette seconde partie constitue un psaume indépendant.
Pourtant ce premier verset du psaume 13B se comprend mieux en lien avec les versets précédents qui chantaient la puissance de Dieu.

Oui, le psalmiste veut rendre gloire au Seigneur, il veut s’effacer devant lui, reconnaître que tout vient de Lui. Il emploie la belle formule de l’Alliance : pour la gloire et la vérité (fidélité) de Dieu.

La question « où est-il ton Dieu ? » est fréquente dans la Bible, notamment dans les psaumes.
Ridiculiser les dieux rivaux était une habitude bien répandue dans le Proche-Orient et, d’ailleurs, la Bible ne s’en prive pas non plus, comme nous allons le lire tout bientôt.
Cette question, d’une certaine façon, nous l’entendons aussi tous les jours. Formule ironique, agressive, mais question qui oblige à répondre !

« Il est au ciel » dit le poète. Voilà qui ne nous aiderait pas beaucoup aujourd’hui ! Dieu est au ciel, formule qui veut exprimer sa transcendance, et « ce qu’il veut, il le fait » : c’est Dieu qui intervient dans l’histoire des hommes, et il agit en sa toute puissance.

Finalement, en ces versets, tous reconnaissent qui est Dieu : « leur Dieu » disent les païens ; « notre Dieu » répondent les Israélites. Il est le Dieu d’un peuple.

Où donc es-tu, Seigneur ? Comment peux-tu te soucier des hommes ? Leur proposer sans fin ton amour ? Chacun de nous est ta demeure, ton sanctuaire. Donne-nous accès à cette réalité : oui, Seigneur, tu es là, au milieu de nous, en chacun de nous.

mardi 6 novembre 2018

Bondissent les collines !


Ps 113A
3 La mer voit et s'enfuit,
le Jourdain retourne en arrière.
4 Comme des béliers, bondissent les montagnes,
et les collines, comme des agneaux.
5 Qu'as-tu, mer, à t'enfuir,
Jourdain, à retourner en arrière ?
6 Montagnes, pourquoi bondir comme des béliers,
collines, comme des agneaux ?
7 Tremble, terre, devant le Maître,
devant la face du Dieu de Jacob,
8 lui qui change le rocher en source
et la pierre en fontaine !

Viens Esprit Saint, viens nous faire bondir de joie à la vue de tes merveilles.

Après le rappel de la sortie d’Egypte, voici celui du passage de la mer rouge et, dans le balancement littéraire, celui du Jourdain. Ce double « passage de l’eau » marque en fait le début et la fin du long exode.

Comme nous l’avons remarqué dans le psaume 104, il n’y a ici non plus aucune allusion au combat contre les eaux ou à l’engloutissement de toute l’armée de Pharaon ! Tout est centré sur la volonté et l’intervention de Dieu.
Une question ironique qui occupe deux versets (5 et 6) insiste sur la puissance de Dieu en soulignant la grandeur de sa victoire et la défaite de l’ennemi.

Au verset 3, on pouvait se demander ce que voyait la mer… et au verset 7, c’est la terre qui tremble, car elle voit… la face de Dieu. Mais pas de n’importe quel dieu : c’est son Dieu (celui de Jacob), c’est son Maître.
Et quelle est cette « terre » ? La Palestine ? Ou plutôt l’univers entier ?

Que de mouvements dans ces versets ! La mer s’enfuit, le fleuve recule, montagnes et collines bondissent, la terre tremble. Et que de poésie aussi !
Nous sommes pris dans ce tourbillon d’énergie qui sépare en vue de la vie : la mer, la terre, le fleuve s’effacent devant la volonté de Dieu, et ses fidèles se réjouissent, la nature bondit de joie.
Toute cette agitation se termine sur une image paisible et nourricière : l’eau qui s’écoule en source et fontaine… Rien n’est impossible à Dieu, rien ne lui résiste : ni le rocher, ni la pierre la plus dure.

Seigneur Dieu, aujourd’hui, tes manifestations sont plus discrètes que ne le racontaient les anciens… Elles sont parfois si discrètes que nous passons souvent sans même nous en apercevoir. Fais pour nous bondir les montagnes et les collines… Donne-nous d’entendre et de comprendre, ta parole, tes appels, tes promesses.