lundi 2 novembre 2026

Liturgie de la Parole 2 novembre commémoration des fidèles défunts Jean 14, 1 - 6

Jésus, chemin vers le Père
Homélie

S’il est une question difficile à traiter c'est bien celle de la résurrection, une question d’autant plus difficile qu’il n’existe aucune preuve matérielle.  Heureusement car dans le cas contraire, notre liberté serait écornée. Dieu semble silencieux. 

           

Ouvrons la Bible : Quelques heures avant la mort de Jésus, ses disciples vivent un moment de tendresse prodigieuse de la part de leur maître, de leur guide spirituel.  "Ne soyez pas bouleversés" leur dit-il.  Il leur fait cette confidence : « Je pars vous préparer une place et je reviendrai vous prendre avec moi. »  Quelle délicate attention de Jésus pour ses disciples ! Cette attitude de Jésus nourrit chez eux une espérance inouïe !

Nous construisons des logements, des appartements dans lesquels chaque personne chaque famille individuellement, cherche à s’épanouir. Dieu, quant à lui, nous réserve une seule maison dans laquelle tous peuvent se sentir à l’aise, où chacun est respecté et valorisé. En même temps qu’il accueille l’infinie diversité de ses créatures, Dieu fait le pari de les rassembler toutes en une communion durable.

            Le texte que nous venons d'écouter fait un pas de plus.  Ecoutons Jésus exprimant à ses disciples : « Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin » : Jésus s’est identifié au chemin conduisant à Dieu.  Il les invite à l'emprunter.  Cela leur garantira le bonheur.

            La parole reçue dans cet extrait d’évangile est entendue habituellement par des chrétiens.  De plus en plus de personnes partageant d'autres convictions philosophiques s’interrogent quand elles l’entendent.

 

            Au fond, Jésus nous fait comprendre une conviction essentielle à ses yeux qui peut se résumer à l'idée suivante : Chaque fois que nous empruntons un chemin qui conduit à Dieu, autrement dit chaque fois que nous luttons pour la vie, contre la souffrance, contre le mal et contre les morts de tous genres, nous témoignons d’un combat dont personne ne sort indemne mais qui conduit au paradis, autrement dit dans la maison que Dieu nous a promise.

 

C’est mon espérance.  Je vous invite à la partager.

Abbé Fernand Stréber, Hurtebise le 2 November 26

 

P’tit rawett

Transmise par une fidèle lectrice de mes commentaires hebdomadaires.

De ma fille Christine, aujourd'hui, 46 ans

 Ses 3 premières années furent marquées par le décès de plusieurs personnes très proches dont celui de ma belle-mère qui vivait avec nous. Ces décès rapprochés l’ont beaucoup bouleversée. Le jour du décès de ma belle-mère, je lui ai dit : elle fait dodo nenenne. A partir de ce soir, elle a refusé de s'endormir. Chaque soir, et pendant plusieurs années, son papa ou moi devions rester à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme. En grandissant, elle évoquait souvent la mort.

Un soir, elle avait environ 6, 7 ou 8 ans, elle sanglotait dans son lit.

---Pourquoi pleures-tu Christine ?

---Je voudrais mourir en même temps que toi !

Elle l’avait déjà dit, mais sans plus.

Avec ma tête, mon raisonnement de grande personne comme dirait le Petit Prince, je lui explique doucement que, dans la logique, je mourrais avant elle.

Elle sanglotait toujours et très fort. J'étais désemparée. 

Avec un peu plus de psychologie, d’attention surtout, (l’Esprit-Saint était là) je lui demande :

---Pourquoi veux-tu mourir en même temps que moi ?

Elle me répond, dans un gros sanglot :

---Comment j’vais faire, moi, pour te r’trouver là-haut ?

C’était donc ça qui la chagrinait !

J’essaie donc de lui expliquer ma vision des choses dans ce mystère :

---Quand ce sera le moment pour toi de mourir, papa, moi, bon-papa……bref, je lui nomme toutes les personnes qui l’aiment et qu’elle aime, celles déjà parties ou encore en vie, nous serons tous là pour t’accueillir, te serrer dans nos bras.

Ses sanglots cessent.

Elle me dit :

---Alors c’est comme une naissance !!!

Whaaaaa !!! Je suis restée émerveillée d’une telle réponse !

---Oui, Christine ! Tu as trouvé la vraie et belle définition de la mort ! La mort, c’est une naissance ! Notre vie s’écoule donc entre 2 naissances.

Elle n'a plus jamais dit qu'elle voulait mourir en même temps que moi.

 

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