jeudi 5 mai 2011

C'est le Père qui me glorifie

Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même,
ma gloire n’est pas.
C’est le Père qui me glorifie, lui dont vous dites : « il est notre Dieu ».
Et vous ne l’avez pas connu, lui. Moi, je le connais.
Et si je disais : ‘je ne le connais pas’, je serais comme vous, un menteur.
Mais je le connais et je garde sa parole. »
Jean 8, 54-55

Viens Esprit de Dieu, souffle en nos cœurs,
Viens Amour du Père et du Fils, illumine nos intelligences
Viens déposer en nous la parole de vie.

SI je me glorifie moi-même
Déjà en Jn 7 (18-19) lors de la fête des tentes, Jésus avait insisté : il ne cherche pas sa propre gloire, c’est ce qui rend son témoignage véridique.

C’est le Père qui me glorifie
Cette affirmation ne peut que renforcer la contradiction de ses adversaires. Si Dieu le glorifie, c’est donc qu’il est bien l’envoyé, s’il reçoit de Dieu sa gloire, son amour, sa valeur… n’est-ce pas qu’il est le Fils par excellence ?
Comment ce message peut-il être entendu ? accueilli ? Par-delà les auditeurs du moment, c’est à nous que ces paroles s’adressent, c’est nous qui aujourd’hui sommes invités à reconnaître en Jésus l’envoyé du Père.

Vous ne l’avez pas connu, moi je le connais…
Jésus ne peut se renier lui-même, comme il ne peut renier son Père. En étant vrai, il ne peut que s’attirer les foudres des autorités religieuses de son temps, qui ne sont nullement prêtes à se laisser mettre en question. Mais comment Jésus pourrait-il trahir son Père, ne pas demeurer fidèle à sa mission, qui est de nous révéler le Père.
Connaître, ce verbe a une connotation profonde d’amour, dans le monde hébraïque. La connaissance n’est pas livresque, elle est expérience, relation profonde.
Jésus dénonce chez les chefs religieux de son temps une méconnaissance totale de Dieu, tandis qu’il ne peut faire autrement que d’affirmer sa propre connaissance. Il ne peut mentir ! 

Mais je le connais et je garde sa parole.
Expression de la relation d’amour entre le Père et le Fils : une connaissance profonde, une fidélité à la parole !

Seigneur que notre lectio nous fasse entrer toujours plus avant dans la connaissance du Père, et nous apprenne à garder sa parole au long des jours. Qu’elle habite nos cœurs et oriente nos paroles et nos actes, dans une recherche inlassable de ton désir, de ton amour.

Que je te connaisse, que je t’aime de tout mon être !

mercredi 4 mai 2011

Pour qui te prends-tu?

« Amen, amen, je vous le dis,
si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. »
Les Juifs lui dirent alors : « Maintenant nous savons que tu as un démon !
Abraham est mort, et les prophètes aussi, et toi tu dis :
‘Si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera certainement jamais la mort’
Serais-tu, toi, plus grand que notre Père Abraham qui est mort ?
Et les prophètes sont morts ! Qui fais-tu de toi-même ?
Jean 8, 51-53

Viens Esprit de vérité, que ton souffle me libère de tout préjugé,
De toute incompréhension, de tout refus devant l’inouï de ta révélation.

Amen, amen
Solennité de la parole de Jésus. Alors qu’il est pris à la gorge par ses adversaires qui l’insultent, lui dénient tout autorité, Jésus parle comme calmement, et avec autorité. Il ne se laisse pas démonter. Il continue à affirmer solennellement son message de vie, il poursuit sa mission.

Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort
Dans plusieurs passages de l’évangile de Jean, nous avons déjà lu des promesses de vie (cf échange avec Nicodème, avec la Samaritaine, avec les Juifs de Jérusalem, ou les Galiléens qui ont reçu le pain partagé, ici Jésus parle en négatif de cette même promesse : il ne dit pas : il aura la vie, mais : il ne connaîtra pas la mort.
Une seule condition pour goûter ce chemin de vie : garder la parole de Jésus. Garder, c'est-à-dire, en vivre, y ajuster sa vie.

Maintenant nous savons que tu as un démon
Décidément ils n’en démordent pas. Ils sont comme imperméables à la parole de Jésus et campent sur leur position ! Plus facile de traité de possédé l’adversaire, que de se remettre en question, de se laisser interpeller à lui.
Ce qui est pris comme argument maintenant :Abraham et les prophètes ont fait l’expérience de la mort, tout saints qu’ils étaient. Alors comment Jésus peut-il prétendre qu’il peut épargner la mort à quelqu’un s’il ne se prétend en même temps plus grand qu’Abraham et les prophètes.
Il y a deux plans confondus en ce message sur la mort : Jésus lui-même connaîtra la mort corporelle. Il parle ici, de la mort spirituelle définitive.

Qui fais-tu de toi-même ?  
Autrement dit : pour qui te prends-tu ? Paradoxe : Jésus qui ne cesse de se présenter comme envoyé du Père, disant ce que le Père lui donne de dire, faisant les œuvres que le Père lui donne de faire, Jésus qui ainsi ne se présente jamais en premier, ne s’exalte pas, est perçu comme un véritable prétentieux !

Seigneur, seul un cœur désarmé peut accueillir ton message, seul un cœur dépouillé de toute prétention de savoir, peut accueillir ta révélation.
Ouvre mon cœur à ta Parole.

mardi 3 mai 2011

Samaritain et possédé !

Qui de vous me convaincra de péché ?
Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?
Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu.
C’est pourquoi vous ne m’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu.
Les Juifs répondirent et lui dirent :
« Ne disions-nous pas justement, que tu es un samaritain,
et que tu as un démon ? »
Jésus répondit : « Moi, je n’ai pas un démon, mais j’honore mon Père.
Et vous vous me déshonorez.  
Moi, je ne cherche pas ma gloire,
Il est quelqu’un qui cherche et qui juge. »
Jean 8, 46-50

Viens Esprit de Dieu habiter mon cœur, que la Parole puisse y demeurer.
Viens Esprit de Dieu purifie mon regard, qu’il puisse te découvrir et t’honorer en chaque instant de ce jour nouveau que ta bonté me donne.

Qui de vous me convaincra de péché ?
Dans le contexte actuel, ce péché dont les chefs religieux accusent Jésus, est de se prendre pour Dieu, de trahir par son enseignement et ses actions le Dieu qu’ils vénèrent. Jésus dénie cette accusation. Il proclame clairement son innocence, sa fidélité à celui qui l’a envoyé.

Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?
Etonnement de l’amour. Jésus réalise à quel point il est méconnu, à quel point sa parole est rejetée. Il s’étonne que face à une parole simple, vraie, sans malice, il ne rencontre que l’opposition.

Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu. C’est pourquoi vous ne m’écoutez pas, car vous n’êtes pas de Dieu.
Sommet de la division entre Jésus et les chefs religieux. Devant leur refus d’accueillir la parole dont il est porteur, Jésus leur dénie toute appartenance à Dieu !  Il ne mâche pas ses mots, mais dit clairement la situation. Il ne cherche pas à voiler, adoucir la discorde. Il la déclare ouvertement !
C’est pour le moins audacieux : déclarer aux chefs religieux de son temps, aux gardiens de la foi, qu’ils ne sont pas de Dieu !

Ne disions-nous pas que tu es un samaritain et que tu as un démon…
A la force de parole de Jésus, les opposants réagissent par l’insulte. Pour eux, l’infidèle type est le samaritain, et le possédé. A cours d’arguments, ils passent au registre de l’injure… qui ne fait pas avancer une discussion.

Je n’ai pas un démon, mais j’honore mon Père.
Jésus ne répond pas à la première « insulte », il ne refuse pas d’être traité de Samaritain. Il a peut-être en mémoire son séjour en Samarie (cf chap 4) et l’ouverture à la foi qu’il y a rencontrée. Et dans l’évangile de Luc, quand il veut parler de la manière de se faire le prochain de tout homme, il raconte la parabole du bon Samaritain… (Luc 10,29 sv)
Quant à la deuxième insulte, il la rejette tout simplement : « je n’ai pas un démon » ! Aucune démonstration ou autojustification, une pure dénégation ! Un non-recevoir aussi rapide que direct. Jésus ne semble intéressé que par une chose : l’honneur à rendre au Père !
A son attitude respectueuse, il oppose l’attitude opposée de ses contradicteurs : vous vous me déshonorez.

Moi, je ne cherche pas ma gloire, il est quelqu’un qui cherche et qui juge.
Voilà qui explique que Jésus ne cherche pas directement à se défendre personnellement, son unique souci est l’honneur du Père. Pour le reste, il sait que le Père veille sur lui, qu’il reçoit du Père sa gloire, et que le Père qui l’a envoyé, lui donne grâce et vérité.
Le Père est et cela lui suffit !

Seigneur, donne-nous un regard assez pur pour t’accueillir en chacun, pour t’honorer en chaque instant, ne cherchant pas notre gloire mais la tienne. Seigneur, dans la contradiction apprends-nous l’humble retrait, et le détachement qui ne marque pas l’offense, ne s’en soucie pas, pour tourner son regard uniquement sur le Père.
Seigneur, tu es et cela me suffit. Sois notre joie, sois notre paix, sois notre salut.

lundi 2 mai 2011

Pourquoi ne connaissez-vous pas mon langage?

Pourquoi ne connaissez-vous pas mon langage ?
Parce que vous ne pouvez entendre ma parole.
Vous êtes de votre père, le diable,
et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir.
Celui-là est homicide dès l’origine, et ne s’est pas tenu dans la vérité,
car il n’est pas de vérité en lui.
Quand il profère le mensonge, il parle de son bien propre,
parce qu’il est menteur et père du mensonge.
Parce contre, parce que moi je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
Jean 8, 43-45

Viens Esprit de vérité, habite en mon cœur,
Viens Esprit de Jésus, donne-moi d’accueillir ta parole dans la simplicité de mon cœur.

Pourquoi ne connaissez-vous pas mon langage ?
Tout ce passage est marqué par l’opposition entre la parole de vérité que prononce Jésus, la parole de vérité qu’il est en tout son être, lui le Verbe fait chair, et le mensonge, le menteur par excellence qu’est le Diable, celui dont le nom même dit la division (dia-bolos, est la racine de la division, à l’opposé de sun-bolos, le symbole qui rassemble)

Tout le conflit est démasqué entre foi et non foi ; accueil de la parole de Jésus ou refus de celle-ci ; vérité et mensonge ; paternité de Dieu, ou paternité du diable ; mort et vie.
Le conflit est au grand jour, à moi de me situer, de choisir… de laisser la parole pénétrer en mon cœur, ou de garder fermer mon cœur… de choisir la vie, ou de laisser le Malin et ses forces de mensonge et de mort m’habiter.

Seigneur, augmente en moi la foi, et donne-moi de tourner le dos résolument au Diviseur. Ce passage me rappelle à l’engagement de mon baptême, aux renonciations et aux promesses baptismales renouvelées chaque nuit pascale. Seigneur, sois en moi foyer brûlant d’amour qui choisit la vie, qui choisit de vivre en enfants du Père aujourd’hui et toujours

dimanche 1 mai 2011

Si Dieu était votre Père

« Vous faites les œuvres de votre père ! »
Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de prostitution,
nous avons un seul Père : Dieu »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez ;
car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens,
en effet je ne suis pas venu de moi-même, mais celui-là m’a envoyé. »
Jean 8, 41-42

Viens Esprit du Père et du Fils,
Enseigne-nous les Ecritures, que nous découvrions la merveille de ton amour.

Vous faites les œuvres de votre père
Tout le dialogue ici tourne autour de la paternité. Jésus vient du Père, et ses interlocuteurs dénient cette origine. Jésus en voyant qu’ils cherchent à le faire périr, les déclare fidèles à une autre paternité : s’ils se comportent ainsi ils ne sont pas fils d’Abraham, père des croyants.

Ils lui dirent, nous ne sommes pas nés de la prostitution, nous avons un seul Père : Dieu.
Paradoxe ! Alors qu’ils reprochent à Jésus de revendiquer son origine divine, voilà que nous seulement ils se réclament d’Abraham, mais aussi de Dieu. La prostitution fait référence au culte des idoles, aux diverses infidélités du peuple au long de son histoire. Les adversaires de Jésus, se disent fidèles au Dieu d’Israël. Une vraie fidélité implique cependant une conformité de vie, en non seulement une lignée.

Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez
La non reconnaissance de Jésus comme envoyé du Père, est pour Jésus signe que ses interlocuteurs ne se comportent pas en fils de Dieu. Dans sa première lettre Jean écrira : Quiconque aime le Père aime celui qui est né de lui.
Dans la filiation divine, il y a un consentement qui doit venir de nous, et ce consentement se dit par des actes, dont la reconnaissance de Jésus, comme envoyé du Père. A tous ceux qui le reçoivent, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, dit le Prologue (Jn 1, 12-13)

Seigneur donne-moi, comme tu l’as donné à saint Thomas de te reconnaître pour mon Seigneur et mon Dieu (Jn 20)