dimanche 24 mai 2026

Liturgie Pentecôte A Jean 20, 19-23 ; Actes 2,1-11

Introduction

Bonjour, belle fête de Pentecôte à tous, 

Au cours de ses périples missionnaires, Paul arrivant à Éphèse y trouve quelques disciples, et il les interroge : Avez-vous reçu l’Esprit Saint, quand vous êtes devenus croyants ? Mais lui répondirent-ils, nous n’avons même pas entendu parler d’Esprit Saint ! (Actes 19,2) Nous tous nous en avons entendu parler, cela oui... mais en devenant croyant.e.s l’avons-nous accueilli ? en vivons-nous au quotidien ? que cette fête ravive en nous la flamme de l’Esprit. Oui, ouvrons nos cœurs tout grands, faisons-nous simples flûtes de roseau qu’il puisse emplir de sa musique ! que nos vies soient occasion pour lui de jouer sa divine partition !


Méditation

Alors la Pentecôte, le don de l’Esprit, c’est un événement intime, quand Jésus ressuscité souffle sur ses apôtres et les envoie en mission ? c’est un événement tonitruant, quand l’Esprit s’engouffre au cénacle et propulse les disciples au dehors ? sans doute ne faut-il pas opposer les deux textes que nous avons reçu, mais les unir… recevoir le message de chacun.

Oui, la venue de l’Esprit est quelque chose d’intime, c’est Jésus qui nous partage son souffle, qui nous partage cet amour qui l’unit au Père, cet amour qui l’a habité au long de sa vie, qui lui a donné d’accomplir sa mission jusqu’au bout, et de traverser l’épreuve de la mort de la croix, cet amour qui l’a ressuscité et entraîné auprès du Père. Oui, la venue de l’Esprit est pour nous encore aujourd’hui, ce passage du Ressuscité alors que nous sommes claquemurés, confinés dans nos peurs, dans nos traumatismes de toutes sortes. Jésus aujourd’hui encore vient dans nos assemblées (même en nos vidéo conférence), il vient nous donner sa paix, il vient montrant ses plaies et attestant ainsi de sa mort et de sa résurrection, il partage son souffle, comme au jour de la création où Dieu mit son souffle en l’humain formé de la glaise.

Oui, la venue de l’Esprit est quelque chose de tonitruant, quand s’engouffrant dans nos murs, le souffle emplit nos maisons, nous fait expérimenter une plénitude débordante, un feu brûlant, qui fait sauter les verrous de nos peurs, et nous envoie porter la Bonne nouvelle du salut. Quand l’Esprit nous bouscule par delà nos certitudes et nos habitudes, et nous invite à des chemins nouveaux.

Les Juifs fêtaient à la Pentecôte la récolte, c’était la fête de la moisson, cinquante jours après la Pâques, puis ils ont ajouté à ce premier sens de leur fête, la fête de l’Alliance avec Noé, une alliance à couleur universelle, puis ils ont ajouté la célébration du don de la loi au Sinaï. On aurait alors pu penser que la Pentecôte était plutôt une fête qui encadrait la vie humaine, la corsetait peut-être dans une loi qu’il allait falloir observer minutieusement. Et voilà que c’est ce jour-là que l’Esprit vient sur la communauté des disciples, les emplir de feu, les souffler dehors… et que les juifs qui étaient au dehors pour accomplir leur pèlerinage à Jérusalem, pour accomplir les préceptes de la loi, sont bouleversés en les voyant, au point de leur demander : que devons-nous faire ? comme s’ils découvraient que leur simple et belle observance était insuffisante… comme s’ils percevaient soudain un grand souffle qui bouscule, dérange, appelle toujours plus avant…

La venue de l’Esprit est une venue à l’intime, qui nous fait toucher ce lieu du cœur, où nous sommes habités par Dieu lui-même. Et tout à la fois, la venue de l’Esprit nous bouscule et nous sort de nous-mêmes.

Et enfin, la venue de l’Esprit est un événement communautaire : c’est sur les disciples rassemblés que Jésus souffle, les missionnant. C’est sur les disciples rassemblés, que l’Esprit vient : feu, souffle, vie débordante qui projette dans l’ailleurs. Alors faisons de ce temps de prière, un temps pour ensemble accueillir sa venue et acceptons par avance la mission qu’il pourrait lui prendre l’idée de nous confier. Ouvrons-nous à sa grâce ! Consentons à ses bousculades !

Sr Myrèse 28 mai 2020

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