mardi 10 mars 2026

Liturgie de la Parole 3e mardi Carême Matthieu 18, 21-35 ; Daniel 3, 25.34-43 ; Psaume 25 

Hymne : E 262 (voir ci-dessous) 

Introduction

En ce 3e mardi de Carême, comme l’hymne vient de le suggérer, la liturgie nous aide à percevoir ce qu’est la miséricorde, le pardon.
Dans le Premier Testament, le prophète nous apprend que la miséricorde relève précisément du nom de Dieu. Je cite le prophète Daniel : « A cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours et ne romps pas ton alliance. Ne nous retire pas ta miséricorde… »
Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus raconte une parabole à Pierre : « Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs… quelqu’un qui devait soixante millions de pièces d’argent… (un autre qui devait) cent pièces d’argent… ». Un maître qui pardonne. Un serviteur qui n’a pas de compassion…
Qui voulons-nous être ? A quoi nous invite Jésus ?
Pourquoi le pardon est-il important ? Quel en est l’enjeu ?
La liturgie, comme chaque jour, nous questionne, nous interpelle…
Accueillons, aujourd’hui, ce que Dieu souhaite nous dire au creux du cœur. 
Pour le découvrir, portons les intentions de notre monde par le chant des Psaumes.


Méditation

Je souhaite vous partager quelques extraits d’une homélie du Père Joseph-Marie Verlinde :
« … Je te demande de pardonner ‘pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois’…
Il me semble que si nous entendons vraiment cette Parole, si nous la laissons descendre en nous, le sol se dérobe sous nos pieds. Quel vertige ! Ne rien retenir qui enchaînerait l’autre à moi par quelque lien que ce soit : la haine, le ressentiment, la rancœur, etc.
Le laisser totalement libre des actes coupables qu’il aurait pu commettre envers moi ; refuser de revendiquer mon droit non par faiblesse, mais pour ne pas être un obstacle sur sa route, dans la certitude que Jésus marche avec lui et saura écrire droit sur ses lignes courbes… Quel vertige, et en même temps, quelle liberté ; non seulement pour l’offenseur absous, mais aussi pour l’offensé, qui se trouve libéré de ses ressentiments !
Somme toute, n’est-ce pas cela aimer ? Le premier mot de l’amour n’est-il pas le respect, en particulier le respect de ce que mon prochain a de plus précieux : cette liberté qui le configure à son Créateur ? ‘Aimer mon ennemi’ signifierait donc avant tout lui pardonner, refuser de le lier par mes sentiments négatifs ; le laisser libre malgré la dette qu’il a contractée envers moi par son offense. Ce qui implique de combattre généreusement, au cœur même de l’offense, du mépris, de l’humiliation, contre les passions qui assaillent inévitablement mon âme…
C’est de moi, de ma vie que parle Jésus dans cette parabole par laquelle il désire m’aider à choisir entre les deux voies qui s’ouvrent devant moi à chaque rencontre avec mon prochain : la voie ‘de la vie et du bonheur’, pour que je vive, moi et ma descendance, en bénissant au lieu de maudire ; ou la voie ‘de la mort et du malheur’ en refusant de partager le bon pain de la miséricorde, dont j’ai pourtant été moi-même le premier bénéficiaire…
Qui donc manifeste une telle miséricorde sinon notre Père céleste, qui ‘fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes’ ?
C’est probablement parce qu’il n’a pas pris conscience du prix de sa propre liberté, que ce serviteur ingrat se retire sans même un mot de remerciement, et se jette sur son compagnon endetté…
En refusant de pardonner à son prochain, cet homme qui venait d’être remis gratuitement dans sa pleine dignité et liberté, a à nouveau perdu ces biens précieux. En se faisant le tortionnaire de son frère, il est devenu son propre bourreau, auquel il demeure livré ‘jusqu’à ce qu’il eût tout remboursé’…
Seigneur, viens déchirer le voile de mes ténèbres, inonde mon cœur de la douce lumière de ta miséricorde pour que je puisse sans cesse me souvenir… du prix de ma liberté et du prix de la liberté de tous mes frères… »
(J.-M. VERLINDE, L’anneau et la couronne – V, Demeurez dans mon amour. Homélies pour chaque jour du temps ordinaire, Langres, Parole et Silence, 2008 : commentaire de Mt 18, 21-35, p. 258-260)
Silence

Notre Père

Comme (fils et) filles d’un même Père, nous voulons redire la prière que Jésus nous a enseignée : « Notre Père… »

Oraison conclusive

« Seigneur, ton projet pour chacun de nous est une proposition de vie, de bonheur et de liberté. Nous te rendons grâces.
En ce temps de Carême, nous voulons déposer devant Toi tout ce qui y fait obstacle. Aide-nous à choisir ce qui nous rapproche de Toi et des autres. A rejeter ce qui nous éloigne de Toi. Nous nous appuyons sur ton secours. Nous espérons ton pardon, Dieu de miséricorde.
Que Ta Parole nous inspire, nous enseigne et nous conduise à pardonner nous aussi.
Nous serons alors les fils et les filles de ton Père, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, pour les siècles des siècles »


Sr Marie-Jean le 20 mars 20


---------
E 262 Point de prodigue sans pardon
Auteur : CFC (Commission Francophone Cistércienne)
Compositeur : Joseph Gelineau


1-Point de prodigue sans pardon qui le cherche,
Nul n'est trop loin pour Dieu ;
Viennent les larmes où le fils renaît,
Joie du retour au Père.


2-Point de blessure que sa main ne guérisse,
Rien n'est perdu pour Dieu ;
Vienne la grâce où la vie reprend,
Flamme jaillie des cendres.


3-Point de ténèbres sans espoir de lumière,
Rien n'est fini pour Dieu ;
Vienne l'aurore où l'amour surgit,
Chant d'un matin de Pâques. 


Aucun commentaire: