mardi 14 décembre 2010

Quelqu'un que vous ne connaissez pas.

Viens, Esprit Créateur, nous visiter.
Emplis nos coeurs de grâce et de lumière.
Mets en nous ta clarté, embrase-nous.
Fais-nous voir le visage du Très-Haut,
Et révèle-nous celui du Fils.

Jn 1,24 – Les envoyés étaient des pharisiens : c’est la 3e fois que Jean précise que ces hommes sont envoyés et eux-mêmes ont insisté : « nous devons rendre réponse ». Jean le Baptiste aussi est un envoyé (v.6 Parut un homme envoyé par Dieu). Voilà donc un interrogatoire où aucun des interlocuteurs ne parlent en son nom propre… mais tellement différente sont leurs missions !
Les Pharisiens sont inquiets, ils se sentent menacés, peut-être viennent-ils d’ailleurs de se faire traiter d’engeances de vipères (cfr Mt), ils pensent sans doute à leur position et à leur autorité, et on les imagine avec leur longues franches parlant à ce mangeur de sauterelles vêtu d’un pagne en cuir de chameau (cfr Mc).

25 – Ils l’interrogèrent encore : pourtant ils auraient dû comprendre la référence au prophète Isaïe, ils sont bien placés pour cela, ces érudits. Mais après le « qui es-tu ? », ils essaient le « que fais-tu ? », tu baptises, mais de quel droit ? Voilà encore une bien étrange question… car Jean n’est pas le seul qui baptise, être « baptiseur » aurait même été courant, ainsi que les diverses pratiques de purification dans l’eau, comme chez les Esséniens.

26 – Moi je baptise dans l’eau : oui, et ensuite ? Jean ne va pas plus loin (Mt et Lc ajouteront : « Lui baptisera dans l’esprit et dans le feu », mais ce n’est pas vraiment plus clair…); notre baptême aussi est d'eau, si riche de symbole...
au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas : combien de gens autour de soi que l’on ne connaît pas… les interlocuteurs de Jean ont dû regarder autour d’eux et hausser les épaules… Mais ce quelqu’un là, personne ne le connaît, en fait même pas Jean (cfr v.31 et 33) : cette connaissance-là est à venir et doit être donnée.
lui vient après moi : Jean – l’évangéliste – l’a déjà énoncé au v. 15 et le redira encore une 3e fois (v. 30) ; le risque est-il si grand pour le peuple, trop impatient dans son attente d’un Messie, de s’attacher « au premier venu » ?
je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa sandale : le Baptiste force la dose : même cette tâche d’esclave, il ne s’en trouve pas digne.
 

Que de richesses dans ces 3 versets… il faut choisir ce qui résonne particulièrement en moi …
au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas : voilà qui m’impressionne : le Messie que tous attendent est déjà au milieu d’eux, il est parmi eux, ils ne le connaissent pas, ils ne l’ont même pas remarqué, il est comme l’un des leurs, homme parmi les hommes. Demain, il sera révélé, et aujourd’hui il est déjà sur leurs routes humaines, mêlé à la foule sur un bord de fleuve à écouter Jean vitupérer. Mais pour le connaître, il faudra un long chemin, il faudra l’écouter parler, il faudra le regarder agir, il faudra apprendre qui il est pour le suivre sur le chemin vers le dévoilement du Père.
je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa sandale : au tout début, il y a le Baptiste qui s’estime inférieur à un esclave. Petit à petit, au fil de l’évangile, on passera de la tâche d’esclave (qui regarde vers la main de son maître) à celle de serviteur (qui se tient toujours prêt), pour finir au « je ne vous appelle plus serviteur, je vous appelle amis ». Joie et merveille que cette parole que Jésus m’adresse aux dernières heures de sa vie terrestre.
 

Seigneur Jésus, tu te tiens là,
au milieu de nous, auprès de moi,
sur nos routes et nos places,
au temps de l’agir comme au temps du retrait :
je te connais si peu mais ta présence me comble. 
Tu es l’ami qui nous fait connaître
tout ce que tu as appris de ton Père.
Béni sois-tu !

(lectio proposée par Rosy)

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