lundi 2 novembre 2026

Liturgie de la Parole 2 novembre commémoration des fidèles défunts Jean 14, 1 - 6

Jésus, chemin vers le Père
Homélie

S’il est une question difficile à traiter c'est bien celle de la résurrection, une question d’autant plus difficile qu’il n’existe aucune preuve matérielle.  Heureusement car dans le cas contraire, notre liberté serait écornée. Dieu semble silencieux. 

           

Ouvrons la Bible : Quelques heures avant la mort de Jésus, ses disciples vivent un moment de tendresse prodigieuse de la part de leur maître, de leur guide spirituel.  "Ne soyez pas bouleversés" leur dit-il.  Il leur fait cette confidence : « Je pars vous préparer une place et je reviendrai vous prendre avec moi. »  Quelle délicate attention de Jésus pour ses disciples ! Cette attitude de Jésus nourrit chez eux une espérance inouïe !

Nous construisons des logements, des appartements dans lesquels chaque personne chaque famille individuellement, cherche à s’épanouir. Dieu, quant à lui, nous réserve une seule maison dans laquelle tous peuvent se sentir à l’aise, où chacun est respecté et valorisé. En même temps qu’il accueille l’infinie diversité de ses créatures, Dieu fait le pari de les rassembler toutes en une communion durable.

            Le texte que nous venons d'écouter fait un pas de plus.  Ecoutons Jésus exprimant à ses disciples : « Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin » : Jésus s’est identifié au chemin conduisant à Dieu.  Il les invite à l'emprunter.  Cela leur garantira le bonheur.

            La parole reçue dans cet extrait d’évangile est entendue habituellement par des chrétiens.  De plus en plus de personnes partageant d'autres convictions philosophiques s’interrogent quand elles l’entendent.

 

            Au fond, Jésus nous fait comprendre une conviction essentielle à ses yeux qui peut se résumer à l'idée suivante : Chaque fois que nous empruntons un chemin qui conduit à Dieu, autrement dit chaque fois que nous luttons pour la vie, contre la souffrance, contre le mal et contre les morts de tous genres, nous témoignons d’un combat dont personne ne sort indemne mais qui conduit au paradis, autrement dit dans la maison que Dieu nous a promise.

 

C’est mon espérance.  Je vous invite à la partager.

Abbé Fernand Stréber, Hurtebise le 2 November 26

 

P’tit rawett

Transmise par une fidèle lectrice de mes commentaires hebdomadaires.

De ma fille Christine, aujourd'hui, 46 ans

 Ses 3 premières années furent marquées par le décès de plusieurs personnes très proches dont celui de ma belle-mère qui vivait avec nous. Ces décès rapprochés l’ont beaucoup bouleversée. Le jour du décès de ma belle-mère, je lui ai dit : elle fait dodo nenenne. A partir de ce soir, elle a refusé de s'endormir. Chaque soir, et pendant plusieurs années, son papa ou moi devions rester à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme. En grandissant, elle évoquait souvent la mort.

Un soir, elle avait environ 6, 7 ou 8 ans, elle sanglotait dans son lit.

---Pourquoi pleures-tu Christine ?

---Je voudrais mourir en même temps que toi !

Elle l’avait déjà dit, mais sans plus.

Avec ma tête, mon raisonnement de grande personne comme dirait le Petit Prince, je lui explique doucement que, dans la logique, je mourrais avant elle.

Elle sanglotait toujours et très fort. J'étais désemparée. 

Avec un peu plus de psychologie, d’attention surtout, (l’Esprit-Saint était là) je lui demande :

---Pourquoi veux-tu mourir en même temps que moi ?

Elle me répond, dans un gros sanglot :

---Comment j’vais faire, moi, pour te r’trouver là-haut ?

C’était donc ça qui la chagrinait !

J’essaie donc de lui expliquer ma vision des choses dans ce mystère :

---Quand ce sera le moment pour toi de mourir, papa, moi, bon-papa……bref, je lui nomme toutes les personnes qui l’aiment et qu’elle aime, celles déjà parties ou encore en vie, nous serons tous là pour t’accueillir, te serrer dans nos bras.

Ses sanglots cessent.

Elle me dit :

---Alors c’est comme une naissance !!!

Whaaaaa !!! Je suis restée émerveillée d’une telle réponse !

---Oui, Christine ! Tu as trouvé la vraie et belle définition de la mort ! La mort, c’est une naissance ! Notre vie s’écoule donc entre 2 naissances.

Elle n'a plus jamais dit qu'elle voulait mourir en même temps que moi.

 

dimanche 1 novembre 2026

Liturgie de la Parole 1er novembre Toussaint Matthieu 5, 1-12a

Homélie

Notre joie est double aujourd’hui. D’abord, nous célébrons la fête de tous les Saints, cette foule immense, venue de toutes nations, qui se tient debout devant le trône de l’Agneau. Parmi eux, il y a aussi ces saintes et ces saints de nos familles, de nos paroisses, de nos quartiers. Certains ont croisé nos vies : nous avons vu leurs visages, entendu leur voix. Ils nous sont proches, et pourtant souvent anonymes aux yeux du monde. Ces saints du quotidien, quelle joie de les savoir accueillis par Dieu comme ses enfants bien-aimés !

Mais notre joie aujourd’hui est aussi celle des béatitudes : le bonheur des pauvres de cœur, des doux, de ceux qui pleurent, des miséricordieux, des artisans de paix, de ceux qui sont persécutés pour la justice. Attention cependant : ce bonheur ne vient pas de la souffrance elle-même — comment pourrions-nous trouver de la joie dans la douleur ?

Non, cette joie naît d’une promesse, d’une attente, d’une espérance. C’est l’espérance que Jésus vient apporter. Car Jésus est lui-même la clé des béatitudes. Il est le premier à les avoir vécues. Il est le pauvre de cœur, le doux, le miséricordieux, l’artisan de paix, le persécuté pour la justice. Le suivre, c’est recevoir le Royaume des cieux en héritage. C’est, dans l’espérance, être consolé, être appelé fils de Dieu.

La joie des béatitudes et la sainteté ne viennent pas de nous, elles nous sont d’abord données par Jésus. C’est là leur secret. Quels que soient nos mérites ou nos fautes, nos réussites ou nos échecs, la joie et la sainteté sont des dons. Elles ne dépendent pas d’abord de nos efforts, mais de la grâce de Dieu.

Pour accueillir ce don, les béatitudes nous indiquent aussi le chemin : celui de la pauvreté de cœur, de la douceur, de la pureté, de la justice. Car c’est dans nos manques, nos fragilités, nos moments d’humilité, que se creuse l’espace intérieur capable d’accueillir le bonheur inattendu de l’espérance que Jésus vient offrir.

Nous sommes dès lors invités à revisiter notre conception du bonheur et de la sainteté. Nous croyons trop souvent qu’ils s’obtiennent à la force du poignet, comme s’il fallait correspondre à un idéal de perfection pour mériter le paradis. Mais ce sont les situations de faiblesse, de vulnérabilité et de pauvreté qui ouvrent nos cœurs au bonheur du ciel — là où nous nous laissons porter par Jésus sur le chemin de la sainteté et rejoindre par le don de Dieu.

S’il en est ainsi, si le bonheur du ciel est d’abord à recevoir plutôt qu’à mériter, faut-il alors se résigner à l’attendre passivement, les bras croisés ? À quoi bon encore se fatiguer si tout est déjà donné ?

Mais non, bien au contraire ! La confiance et l’accueil du don de Dieu ne nous endorment pas : ils nous réveillent, ils nous fortifient. Ils nous rendent capables de devenir pauvres de cœur, doux, miséricordieux, artisans de paix, jusqu’à accepter d’être persécutés pour la justice, à cause de Jésus.

Oui, la fête de tous les Saints nous remplit aujourd’hui de joie. Mais cette fête, par le bonheur et l’espérance qu’elle suscite en nous, nous donne aussi des ailes pour, à notre tour, prendre humblement le chemin de la sainteté.

Monseigneur Luc Terlinden Homélie du 01 novembre 2025

En direct Jodoigne en Belgique

https://www.lejourduseigneur.com/homelie/homelie-de-la-toussaint-2025

samedi 31 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e samedi TO-II Luc 14, 1. 7-14 ; Philippiens 1, 18b-26 ; Psaume 41

Élevé

Homélie

Les futurs mariés me disent souvent qu'une des choses les plus difficiles pour le jour de leur mariage, ce sont les places à table ... Qui sera à la table d’honneur ? Qui sera près de qui ? Et gare à celui qui découvre, en arrivant, qu’il est placé tout au fond alors qu’il se voyait déjà près des personnes importantes ! Nous sourions, mais cette petite comédie révèle quelque chose de profondément humain : nous aimons être reconnus, remarqués, considérés.

 

Jésus observe les invités qui choisissent les premières places et leur raconte une parabole. Il ne donne pas simplement un conseil de savoir-vivre pour éviter une humiliation publique. Il touche à une question plus profonde : pourquoi avons-nous tant besoin de nous placer au-dessus des autres ? Pourquoi notre valeur dépend-elle si souvent du regard qu’ils portent sur nous ? Le pape François le soulignait : « Cette course aux premières places fait mal à la communauté, tant civile qu’ecclésiale, parce qu’elle nuit à la fraternité. » * Si on recherche toujours la reconnaissance, l'autre finit par devenir un concurrent. 

 

Paul nous propose un tout autre regard. Il écrit depuis la prison et s’interroge sur la possibilité de mourir ou de continuer à vivre. « Pour moi, vivre c’est le Christ », affirme-t-il. Il pourrait désirer partir pour être auprès du Seigneur ; pourtant, il comprend que rester est nécessaire pour ses communautés. Il ne raisonne pas en fonction de ce qui lui apporterait le plus de prestige ou de satisfaction, mais de ce qui fera grandir la foi des autres. Épatant, non ?

 

Voilà une véritable humilité : non pas se mépriser, ni prétendre que nous ne valons rien. Ça, c'est du misérabilisme ... Non, la vraie humilité, c'est de ne plus avoir besoin d’être au centre pour trouver notre joie. Paul sait ce qu’il désire, mais il est prêt à demeurer là où l’amour le rend utile. Il découvre que sa vie prend son sens lorsqu’elle devient un don.

 

Le psaume exprime cette même orientation à travers une soif profonde : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. » Peut-être est-ce là que se trouve la racine de notre agitation. Nous cherchons parfois dans les honneurs, les compliments et les premières places ce que seul Dieu peut nous donner : la certitude que notre vie a du prix. Quand nous nous savons aimés de lui, nous pouvons laisser à d’autres la place d’honneur sans avoir l’impression de perdre la nôtre. J'ai un prix incroyable aux yeux de Dieu ...  C'est bien plus, que la première place aux élections !

 

Jésus nous dit de choisir la dernière place. Il ne nous invite pas à jouer les modestes pour être finalement remarqués et appelés plus haut ! Il nous apprend à vivre sans calculer sans cesse notre rang. Dans le Royaume, la vraie grandeur consiste à se recevoir de Dieu et à se rendre disponible aux autres.

 

Celui qui n’a plus besoin de gagner toutes les premières places devient enfin libre d’aimer. Et cette liberté-là est déjà une joie du Royaume.

 

* Angélus du 1er septembre 2019

Pierre Hannosset le 31 octobre 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/samedi-de-la-30eme-semaine-du-temps-de.html

vendredi 30 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e vendredi TO-II Luc 14, 1-6

Méditation

L’évangile d’aujourd’hui ressemble à celui de lundi. Nous sommes le Shabbat, et l’on veut voit si Jésus va guérir un homme, et donc en quelque sorte travailler, en ce jour de repos sacré.

Les choses changent toutefois par rapport à lundi. Aujourd’hui, il s’agit d’un homme, non d’une femme ; la scène se passe dans une maison, non dans une synagogue ; et la maladie semble être une simple pathologie, non l’effet d’une action directe du démon.

Lundi, l’évangile nous invitait à percevoir l’urgence vitale qu’est le besoin de Dieu en chacun, et combien cette urgence vitale s’impose par rapport au repos sabbatique.

Aujourd’hui, Jésus recentre donc la problématique sur la maladie elle-même.

En posant la question « est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du Shabbat ? », Jésus semble au fond nous demander si la souffrance humaine n’est pas en tant que telle une urgence vitale.

Finalement, comment entrer dans le repos du septième jour si la souffrance et la maladie d’un être humain semblent le maintenir dans une espèce de sixième jour inachevé de la Création ?

Il est bon et nécessaire de sanctifier le jour du Seigneur par le repos sabbatique, mais Jésus lui-même n’entrera dans le grand repos qu’une fois allé au bout du don de sa vie sur la Croix. C’est le Samedi Saint que Jésus se repose, car sur la Croix il s’est fait proche de tous ses frères et sœurs humains.

Quant à nous, souvenons-nous de la dignité infinie de toute personne humaine, du commencement au terme de sa vie, et tâchons d’être mieux attentifs aux souffrances de nos frères et sœurs. Nous ne pourrons évidemment pas tout résoudre, et peut-être pas guérir notre prochain à la manière de Jésus. Mais nous pouvons tous être des témoins actifs et engagés de l’amour de Dieu pour tous.

Aujourd’hui, ayons peut-être une attention particulière pour une personne plus pauvre que nous, ou en souffrance. Au moins, prions pour elle, et demandons à Jésus de prendre soin d’elle.

Commentaire du Père Joseph Leleu RCF, le 31 octobre 2025

https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/si-lun-de-vous-a-un-fils-ou-un-boeuf-qui-tombe-dans-un-lc-14-16

jeudi 29 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e jeudi TO-II Luc 13, 31-35, Éphésiens 6, 10-20

Introduction

« Puisez votre énergie dans la vigueur de la force de Dieu » c'est ce que demande saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens. « Revêtez le combat donné par Dieu », ce n'est pas une lutte physique de corps à corps, mais bien une lutte spirituelle face aux forces du mal.

Et dans l'évangile de Luc, Jésus traite Hérode de renard. Il dit aux pharisiens venus le prévenir qu'Il fait des guérisons aujourd'hui et demain. Mais il prévient aussi qu'il arrive au terme. Vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne le jour où vous direz « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »

Dans le psaume, nous chanterons, « Béni soit le Seigneur mon rocher, il est mon allié, ma forteresse » !

 

Méditation

Aujourd'hui, Jésus reste ferme, il continue sa mission. Il accomplit des guérisons et « pourtant, les gens restent aveugles. Hérode veut le tuer, comme un simple homme, un fauteur de troubles. Les pharisiens aussi sont aveugles, ils lui conseillent de fuir comme un simple homme ». Jésus est certes un prophète, un prophète qui dérange et qui attire à la fois. (1)

 D'autres prophètes avant lui ont été tués. Mais Jésus répond qu'il doit continuer sa route aujourd'hui, demain et le jour suivant car « il ne convient pas qu'un prophète périsse en dehors de Jérusalem ... Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés » Pour nous, chrétiens du XXI° siècle, « cette lamentation du Seigneur provoque en nous une profonde tristesse à cause du conflit juif-palestinien. Pour nous, cette partie du Proche Orient est la Terre sainte » (2)

C'est la terre où Jésus a marché... C'est peut-être aussi pour cela qu'on voudrait tant que la paix règne entre Israël et la Palestine.

Dans cet extrait d'évangile, Jésus révèle le côté maternel de son Père, la tendresse de Dieu « Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous n'avez pas voulu » ...

« En s'adressant aux foules, à son peuple choisi, Jésus va plus loin. Ce n'est pas suffisant d'être un prophète pour eux. Il parle en tant que Dieu, … délaissé par ses créatures. C'est le cœur infiniment miséricordieux du Père qui parle en Jésus aux foules. Mais ces foules ne le reconnaissent pas. Même quand elles l'acclameront le jour des Rameaux en disant « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Elles le suivront comme un prophète et le tueront comme de nombreux prophètes avant lui. Où en sommes-nous dans notre foi?Comme Hérode qui pense que Jésus n'est qu'un homme parmi tant d'autres, la foi, une option parmi d'autres ? Ou sommes-nous comme la foule ? Jésus est un prophète, parfois elle le suit, parfois elle le renie ?

Laissons-nous toucher par ces mots : « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes » ... (1)

Jusquà ce que vienne le jour, « sachons nous aussi ne pas réagir violemment, demeurer bienveillant(e)s envers tous, y compris nos opposants. Vivons dans la confiance qu'une nouvelle forme collective pourra renaître qui donnera un sens collectif » (3)

 

(1)   Père Mattthieu Boo d'Arc, LC Meditations Regnum Christi.

(2)   Blog Passionnistes de Polynésie, Abbé Angel Eugeni PEREZ Sanchez (Barcelona Espagne)

(3)   Blog Jardinier de Dieu, Père Jean Luc Fabre.

Danièle le 29 octobre 26

mercredi 28 octobre 2026

Liturgie de la Parole 28 octobre Sts Simon et Jude Luc 6, 12-19 ; Éphésiens 2, 19-22

Médiation

Nous savons peu de choses de Simon et Jude… sinon qu’ils sont les derniers de la liste juste avant Judas ! Simon était quelqu’un plein du zèle, de feu, peut-être un ancien zélote, un fanatique qui voulait mettre dehors les Romains par les armes, et Jude est le fils de Jacques, c’est tout !

Je ne crois pas que dans le cœur de Jésus il y ait des derniers de liste… pour lui, chacun, chacune, est unique et important, importante.

D’ailleurs, nous savons l’essentiel : Ils étaient disciples, Jésus les a choisis après une nuit de prière et envoyés comme les autres apôtres. Ils font partie des fondations de l’Église dont parle Paul. Ils ont été appelés, comme nous le sommes aujourd’hui et chaque jour, à devenir une demeure de Dieu par l’Esprit saint.

Qu’est-ce qu’être disciple ? L’Évangile nous le dit : entendre Jésus et se faire guérir de nos maladies. Ces deux actions n’en font qu’une : à force de l’entendre et surtout de l’écouter, nous sommes guéris de nos maladies intérieures.

C’est aussi avoir soif de toucher Jésus parce qu’une force sort de lui et nous guérit tous.

C’est en fait avoir été touchés par Jésus. C’est cela qui unit cette foule d’origines diverses, et nous-mêmes si différents, si différentes, autour de Jésus la pierre angulaire. Nous ne sommes plus étrangers ni des gens de passage, mais devenons concitoyens en Jésus et surtout membres de la famille de Dieu.

 

Quelle est cette famille ? Ceux et celles qui ont été intégrés dans la construction dont parle saint Paul.

Dès l’origine ils étaient très divers. Je vous cite un extrait de l’audience que le Pape Benoît XVI avait consacrée aux saints Simons et Jude : « C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes ! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables :  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Église, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus. »[1]

Quand nous avons du mal à croire que cette construction s’élève harmonieusement demandons à Jésus d’ouvrir nos yeux, d’ouvrir nos cœurs et de nous apprendre à nous réjouir des différences et de la complémentarité des charismes. C’est Lui, le motif de notre cohésion, de notre communion fraternelle, c’est pour Lui que nous sommes là, chrétiens, chrétiennes, apprenant jour après jour à devenir ses disciples, ses apôtres. Et comme il le disait en réponse à la question de Jude : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » (Jean 14, 22-23)

Qu’Il augmente notre amour, nous aide à garder sa parole, à devenir de plus en plus les éléments d’une même construction et sa demeure.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur Jésus tu as passé la nuit et de nombreux moments à prier : apprends-nous à prier le Père comme ses enfants et comme des frères et sœurs, membres de ta famille.

Sr Marie-Christine le 28 octobre 26

mardi 27 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e mardi TO-II Luc 13, 18-21

Méditation

Ce sont deux paraboles toutes simples que nous donne à méditer l’évangile de Luc aujourd’hui. Elles nous révèlent pourtant les merveilles de Dieu. Ces petits récits devraient nous étonner, nous bouleverser.

Jésus montre que le règne de Dieu advient à partir d’un tout petit geste humain. Le Christ emprunte des images au quotidien. Un homme sème une graine de moutarde, une femme enfouit du levain dans la farine. Ce sont des actes que l’on remarque à peine mais qui permettent de participer à la vie, qui demandent une certaine confiance en la vie qui va se multiplier à partir de ce petit rien. La graine va d’abord pousser, des oiseaux vont se poser sur l’arbre et y élever leurs petits. La pâte va lever et la femme nourrir sa famille. C’est à la fois ordinaire et merveilleux. Jésus ouvre ainsi nos yeux sur les miracles quotidiens de notre existence.

Nous renonçons parfois à réaliser une tâche, à nous engager dans un projet au service des autres. Nous doutons de l’utilité de nos efforts, nous craignons le manque de reconnaissance. Dans ces instants de découragement, nous ne voyons plus l’essentiel : Dieu est toujours à l’œuvre dans la création. Il nous demande seulement d’avoir confiance en cette vie, d’y participer avec amour et de garder l’espérance en la venue du Royaume. Comme la graine ou le levain, cette vie divine unie à l’humanité reste invisible, mystérieuse mais elle produit des fruits.

Si nous prenons le temps de contempler nos existences avec un regard de foi, nous verrons combien Dieu y est présent. Étonnons-nous qu’une rencontre banale nous ait apporté tant de lumière, qu’un moment difficile ait été source de joie. Le Royaume de Dieu, tel que Jésus le définit, est déjà à l’œuvre dans le monde, dans nos existences quotidiennes. Accueillons avec confiance la présence et la puissance de Dieu qui vient travailler en nos cœurs et y faire jaillir la joie du Royaume.

Hélène Labrunye le 24 octobre 2016

https://rouen.catholique.fr/diocese/articles/307248-commentaire-24-127-octobre-helene-labrunye/

lundi 26 octobre 2026

Liturgie 30e lundi TO-II Luc 13, 10-17

Méditation

Ce texte raconte un miracle et une petite polémique, mais il y a un certain nombre de choses qui sont dites de façon étrange. Il y a tout d’abord la femme. Elle n’est pas possédée comme dit la traduction liturgique, elle a un esprit d’infirmité. Un esprit c’est-à-dire un souffle qui la rend infirme, et ça depuis 18 ans. Autrement dit, c’est un défaut physique qui s’est installé et que Jésus attribuera à Satan, c’est-à-dire à l’adversaire de Dieu. C’est un handicap qui s’oppose en quelque sorte à la volonté fondamentale de Dieu qui est que l’être humain vive. Cette infirmité a une double face. « La femme était, littéralement, se pliant en deux ». Qui se plie en deux, sinon quelqu’un qui exécute un travail d’esclave, un travail harassant, qui n’a plus le temps ou plus la force de se redresser pour voir les autres en face ? C’est donc un mal physique, mais aussi un mal social, qui touche la personne elle-même qui est en quelque sorte esclave de son travail. De plus, « elle ne pouvait pas se déplier ». Littéralement, elle est se pliant sans pouvoir se déplier. Elle subit son état, même si elle voudrait pouvoir se déplier, se redresser. Bref cet état est vécu par cette femme comme une forme de malédiction contre laquelle sa volonté ne peut rien.

Remarquez qu’elle ne dit rien, elle ne demande pas à Jésus de la guérir, comme le font beaucoup de malades qui rencontrent Jésus. Non, c’est Jésus qui voit cette femme, l’interpelle et lui dit « femme, tu es délivrée de ton infimité ». Remarquez, il ne dit pas « tu es guérie, tu es rétablie », mais « tu es délivrée ». Autrement dit, elle est comme liée et elle va être délivrée de ces liens. Et remarquez aussi que Jésus ne dit pas « je te délivre », mais « tu es délivrée » : il utilise un passif que les théologiens appellent « passif divin ». L’auteur de cette action, que le passif permet de ne pas nommer, c’est Dieu lui-même. Autrement dit, Dieu va s’opposer à l’œuvre de l’opposant à la vie qu’est Satan qui a lié cette femme depuis 18 ans. « Et il posa les mains sur elle » : par ce geste, Jésus se pose en médiateur de l’action de Dieu. Immédiatement « elle fut remise droite ». De nouveau un passif. Ce n’est donc pas Jésus qui l’a rendue droite : il s’est contenté de poser un signe qui montre que la force de Dieu est à l’œuvre à travers lui pour restaurer chez la femme une position humaine. Toute pliée comme elle l’était, elle ne pouvait pas lever les yeux vers le ciel. À présent, la première chose qu’elle fait, c’est de se tourner vers Dieu pour le glorifier. Elle a donc identifié exactement celui qui l’a délivrée de son mal sur la parole et le geste de Jésus. La femme imite le peuple libéré de l’esclavage de l’Égypte, qui se met à glorifier Dieu, identifiant ainsi l’auteur de sa délivrance (Exode 14,30–15,3).

 

On pourrait s’en tenir là, mais apparemment ce n’est pas du goût du président de la synagogue, apparemment un laïc. Et le texte dit qu’il « répond » à quelque chose. Mais à quoi ? Peut-être à la parole de Jésus ou à la femme, heureuse de glorifier Dieu. Quoi qu’il en soit, il s’indigne, et son indignation porte sur le fait que Jésus a soigné le jour du sabbat. Ce qui n’est guère étonnant de la part de celui qui est le Seigneur du sabbat (Luc 6,3). Son indignation vient donc du fait que Jésus a fait quelque chose. Mais pensez-vous qu’il s’en prend directement à Jésus ? Non, il parle à la foule: « six jours il y a pendant lesquels il faut travailler, en ceux-là donc venez pour vous faire soigner, pas le jour du sabbat ». En opposant les six jours au jour du sabbat, il se réfère à la loi du Décalogue, qui dit que pendant six jours on doit faire son travail et que le septième jour est jour de sabbat (cf. Deutéronome 5, 12-15). En réalité, c’est un peu absurde ce qu’il raconte. À l’entendre, on a l’impression qu’il croit que tout le monde est là pour se faire guérir. Alors qu’il y a juste là une femme infirme et qui, en plus, n’a rien demandé à Jésus. En réalité, il ne parle pas pour les gens, mais pour Jésus qu’il n’ose pas interpeller en face. Car c’est évidemment Jésus qu’il critique à travers ce reproche soi-disant adressé aux gens. À moins qu’il ne leur parle parce qu’il estime que Jésus est incorrigible et que c’est aux gens qu’il revient d’éviter de lui donner des tentations le jour du sabbat. Il n’empêche qu’il critique ouvertement Jésus comme opposé à la loi que Dieu a donnée dans le Décalogue.

« Le Seigneur », remarquez que l’évangéliste ne l’appelle plus Jésus. Il dit « le Seigneur » pour rappeler qu’il est le Seigneur du sabbat. Il lui répond : « comédien » - ce qui est meilleur qu’« hypocrite », car le mot grec n’a pas toujours la nuance qu’a le mot hypocrite en français. Je préfère donc « comédien ». Un comédien, c’est quelqu’un qui entre dans un rôle qui est fait pour lui, qui épouse ce rôle. C’est exactement ce que fait ce chef de synagogue : il est dans son rôle et il le joue quand il dit « Ne venez pas vous faire guérir un jour de sabbat ». Il est dans sa fonction, il ne parle pas en fonction de son cœur, de sa pitié pour la femme, mais simplement en fonction des principes qu’il est censé faire valoir et défendre. Il a tellement épousé son rôle que cette réflexion lui est venu naturellement.

Jésus le critique alors : « le jour du sabbat, chacun ne délivre-t-il pas son bœuf ou son âne de la mangeoire et étant en l’emmenant lui donne à boire ? ». Or dans le Décalogue, on parle du sabbat comme du jour où on ne fait travailler ni son âne ni son bœuf. Jésus pousse un petit peu plus loin : non seulement on ne les fait pas travailler ce jour-là, mais comme il faut qu’ils mangent et qu’ils boivent, on se met au service de ces bêtes le jour du sabbat alors qu’habituellement ce sont les bêtes qui servent. Pour parler de cela, il utilise le verbe délivrer : « vous délivrez votre bœuf et votre âne de la mangeoire pour les mener boire, et cette femme, fille d’Abraham… » Pourquoi « fille d’Abraham » ? Dans le judaïsme, Abraham est celui qui respecte la loi alors que la loi n’a pas encore été donnée. En la disant « fille d’Abraham », Jésus dit qu’elle n’est pas soumise à la loi. C’est pourquoi elle que Satan a liée voici 18 ans, elle doit être délivrée de ces liens le jour du sabbat et pas un autre jour. En effet, le jour du sabbat, c’est le jour où le peuple célèbre la libération. Selon le Deutéronome, le Décalogue précise que le jour du sabbat on fait mémoire du fait que Dieu a libéré son peuple de l’Égypte en le tirant de l’esclavage – raison pour laquelle le peuple n’a pas à s’esclavagiser lui-même en travaillant sept jours sur sept. Le jour du sabbat, c’est le jour où l’Israélite proclame sa libération, accepte la libération que Dieu a offerte au peuple. C’est donc précisément le jour du sabbat qu’il faut délivrer la femme puisque c’est par excellence le jour de la délivrance, le jour de la vie telle que Dieu la désire.

« Tandis qu’il disait ces choses, tous ceux qui s’opposaient à lui étaient plein de honte ». On a ici une citation cachée du prophète Isaïe (45,15-16 selon l’ancienne version grecque : « Tu es le dieu sauveur ; ils seront couverts de honte et d’opprobre tous ceux qui s’opposent à lui »). Isaïe parle de ceux qui s’opposent à Dieu ; l’évangéliste applique cette parole à ceux qui s’opposent à Jésus et qui ne savent pas qu’en agissant ainsi, ils s’opposent à Dieu. C’est le cas du chef de la synagogue qui, croyant servir Dieu en faisant respecter sa Loi – celle du sabbat – s’oppose en réalité à lui puisqu’il fait obstacle à son désir de vie pour tous. La foule au contraire laisse parler ses sentiments plutôt que sa volonté d’être étroitement fidèle à la loi : « toute la foule se réjouissait de tous les actes glorieux qui arrivent par Jésus ». Comme la femme a chanté la gloire de Dieu, eux aussi la chantent. Ils s’unissent à sa joie de recevoir la liberté le jour même où l’on fait mémoire d’un Dieu qui libère les esclaves.

Celle qui était pliée, bloquée dans une position d’esclave a été déliée de cette position et elle célèbre la victoire de Dieu sur les forces de l’esclavage, la victoire de Dieu sur l’Égypte. Le chef de la synagogue, en revanche, reste plié en deux, incapable de se redresser parce qu’esclave d’une loi qu’il prétend servir, mais qu’il fait respecter au détriment de la valeur suprême aux yeux de Dieu, à savoir la vie.

André Wénin, Hurtebise le 26 octobre 26

dimanche 25 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e dimanche A Matthieu 22, 34-40

Homélie

L’Evangile de Matthieu était particulièrement destiné aux juifs convertis au christianisme.  Jusqu’alors le plus important pour eux avait été l’observance minutieuse de la Loi.  Matthieu va donc tenter de les faire évoluer vers la Loi nouvelle que Jésus leur a proposée.

Jésus va recentrer les 613 commandements imposés au peuple juif par les scribes et les pharisiens autour d’un seul mot :  AMOUR.
            De nos jours, le mot " commandement " a pris un sens quelque peu désagréable.   Le commandement est une instruction divine, une règle morale ou une directive faisant autorité que les croyants doivent suivre.  Il me fait penser à un ordre militaire auquel je dois me soumettre à mon corps défendant.  Lors de mon service militaire j’ai dû dire plusieurs fois : « oui, mon commandant ! »

Pourtant dans la Bible, le commandement est une parole dynamique, créatrice d'avenir.  Ses synonymes sont voie, chemin, vérité, vie.  Le commandement biblique, c'est la parole qui met en route un objectif, un programme, une direction.
            Maître, quel est le plus grand commandement ? " Autrement dit : Maître, qu'est‑ce qui est essentiel ?  Quel est la meilleure direction à donner à ma vie ? Jésus répond par le commandement d’amour mais un amour qui a trois visages : L’amour de Dieu, l’amour des autres sans distinction (donc pas seulement les autres juifs) et l’amour de soi.  Détaillons ces trois visages.

L’amour de soi : Il est étonnant de constater le nombre de personnes qui ne s’apprécient pas (ou plus).  S’aimer soi-même c’est avoir sur soi un regard positif, oser prendre conscience de sa valeur,  de ses forces vives, de ses capacités ?  S’aimer soi-même c’est d’abord se sentir bien avec son corps qui n’est ni impur ni mauvais mais qui est indispensable pour aimer l’autre, pour s’exprimer, échanger.  S’aimer soi-même c’est savoir reconnaître sa grandeur et son originalité.

Evidemment cet amour de soi doit être équilibré.  S’il est exagéré il nous entraîne soit dans l’orgueil soit dans l’égoïsme.  Mais il est indispensable car si nous ne nous apprécions pas nous-mêmes il nous est impossible d’aimer les autres.  La pratique du masochisme autrement dit d’une souffrance qu’on s’impose comme autopunition est contraire à l’amour de soi.

Aimer l’autre c’est désirer et travailler à son épanouissement, l’aider lui aussi à être « bien dans sa peau » et il le sera dans la mesure où il sentira que je le reconnais dans sa personnalité, qu’il a une place dans ma vie, qu’il existe, qu’il compte pour moi.

Mais ici encore il est important que cet amour de l’autre soit équilibré, sans exagération sinon il se vit au mépris de soi-même comme cela a été longtemps prôné par des responsables religieux qui insistaient exagérément sur « le don de soi » jusqu’à l’anéantissement !

L’amour de l’autre n’est pas l’apanage des chrétiens.  Tout bon humaniste aime son prochain autant que tout bon chrétien.

Quelle est donc alors l’originalité du chrétien ?  Elle est justement de relier ces deux amours (de soi et de l’autre) à un troisième : l’amour de Dieu.

L’amour de Dieu n’est possible que par le détour des 2 autres.  Ici encore il faut maintenir l’équilibre.  Le croyant qui essaye d’aimer Dieu directement, sans passer par les deux autres dimensions, va à la dérive.  Sa foi est évasion de la société dans laquelle il vit et refus de la réalité du monde.  Dieu et le prochain sont des frères siamois, des inséparables.

Rappelons-nous toujours que pour être équilibré l’amour doit reposer sur trois pieds : l’amour de soi, l’amour des autres et l’amour de Dieu.  Le trépied avec 3 pieds de la même dimension est la plus belle image pour comprendre le sens de cet évangile.
           A la Toussaint, nous allons fêter la victoire de ceux qui ont aimé Dieu de tout leur coeur et leur prochain comme eux‑mêmes, celles et ceux qui ont porté leur croix à la suite du Christ.
La croix : deux poutres qui se ressemblent :
La verticale prise isolément n'est qu'un pieu, un piquet.
Pour l’horizontale prise toute seule c’est la même chose.
Les deux font la croix. La verticale, l'amour de Dieu.  L'horizontale, l'amour du prochain.
Au milieu des deux, le Christ.

           Deux commandements semblables ! Pas un ! Deux parce que l'un porte l'autre et forme une croix pas toujours légère à porter.

 

Fernand STREBER, Hurtebise le 25 octobre 26


P’tit rawett’ : LE LEPREUX ET LA PROSTITUEE

           Un lépreux sentant qu'il était arrivé à sa fin, résolut de se rendre à la ville pour recevoir les derniers soins dans l'un des hôpitaux.

Sans argent, il se mit à cheminer sur la route où passaient de temps à autre quelques voitures indifférentes. Survint un camion.  Son chauffeur, au cœur de bon samaritain, arrêta son véhicule pour offrir un transport au malade étonné.  Rapidement conduit à la porte d'un hôpital, au milieu de la nuit, le lépreux ne fut pas reçu par "manque de place" ! Toutefois, on lui proposa de revenir... plus tard.

 

           Réduit à passer le reste de la nuit sur la chaussée, notre pauvre homme s'allongea pour dormir un peu.  Or, malgré l'heure tardive, une femme vint à passer par là et, remarquant le lépreux couché, s'approcha de lui pour s'informer de ses besoins.  Mise au courant, notre prostituée (oui, c'était une fille de joie.) invita le malade à se lever pour le conduire chez elle en s'appuyant sur son bras.

La fille offrit donc son toit au lépreux et, dans le lit où tant d'hommes venaient pour se consoler des déboires de la vie, un autre homme rencontrait la véritable charité.

La prostituée, n'ayant que son lit, s'allongea à même le sol pour dormir.  Et l'hôpital ne vit jamais plus le lépreux lui demander l'asile, car il mourut le jour suivant, dans la misérable demeure de cette humble fille de Dieu.

 

samedi 24 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e samedi TO-II Luc 13, 1-9 ; Éphésiens 4, 7-16

Commentaire

Nous vivons une période troublée qui inquiète bon nombre d’entre nous et plus largement la population mondiale.

Il y a bien sûr le changement climatique avec l’impact sur notre santé et nos conditions de vie perturbées par les phénomènes météorologiques.

Il y a la montée de l’extrême droite qui fait apparaître un repli identitaire avec tout ce qu’il implique comme comportements égoïstes.

Il y a la propagation des guerres un peu partout dans le monde avec ses conséquences humanitaires désastreuses.

A l’évidence, tout cela perturbe l’ordre et l’économie mondial qui se fait au détriment des plus vulnérables.

Ce qui s’est passé en Palestine au temps de Jésus et qui se passe encore aujourd’hui sous nos yeux, ce qui a eu lieu à Siloé et que nous lisons ou entendons dans les médias tous les jours, est la conséquence de nos fonctionnements désordonnés.

Notre premier réflexe est de vouloir connaître les pourquoi, les comment, les coupables… nous voulons savoir et comprendre.

Je ne peux admettre que certains puissent, aujourd’hui encore, en vouloir à Dieu en l’accusant de tous les maux, en pointant le doigt sur lui plutôt que de reconnaître avec humilité notre responsabilité individuelle et collective.  

Il n’y a pas de justice divine là-dedans.

Les gens s’attendaient probablement à ce que Jésus condamne les actes mauvais et méchants de Pilate. Au lieu de cela, Jésus les a écoutés et leur a laissé le temps de vider leur sac, le temps de dire leur malheur. Ensuite il les a appelés à se repentir c’est-à-dire changer le regard que l’on porte sur Dieu et sur soi.

C’est notre manque de confiance, notre repli sur soi, notre autosuffisance, notre réticence à se laisser toucher, une lenteur du cœur qui pose problème.

Dieu ne peut forcer les consciences. Le cœur aussi doit se mettre en route et il n’y a que le regard d’un amour qui tient bon qui va me permettre d’entrer peu à peu dans une autre voyance.

On peut dire que Jésus nous invite à une autre logique. Cessez, nous-dit-il, de regarder les autres pour trouver les causes du mal : les étrangers qui augmentent le chômage, les réfugiés qui causent l’insécurité, les fonctionnaires qui accentuent la dette publique, les industries qui polluent la planète… Regardez votre responsabilité du moment, là où vous êtes, et ce que nous pouvez faire maintenant pour que les figuiers de notre terre portent du fruit.

Comment pouvons-nous creuser en nous et nourrir la terre de notre vie, de notre famille, notre communauté et de la société ?

Voilà sans aucun doute la question que nous pouvons nous poser.

Oui, la réponse chemine en silence dans la conversion de notre manière de regarder, de penser et d’agir, dans l’écoute d’une parole de vie qui invite à la confiance, l’espérance et l’amour.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur notre Dieu, Toi la Source de la vie, toute joie nous vient de toi. Dans la foi et la confiance, accueillons ces paroles d’un évangile difficile à entendre car elles sont aussi des paroles de bienveillance. Tournons notre prière vers Celui qui est notre Père.

Raymond le 24 octobre 26

vendredi 23 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e vendredi TO-II Luc 12, 54-59 ; Éphésiens 4, 1-6 Psaume 23

Homélie

Nous consultons la météo avant de sortir : quelques nuages sur l’application, et nous prenons un parapluie ; un rayon de soleil annoncé, et nous changeons de veste. Nous savons assez bien lire les signes du ciel quand il s’agit de ne pas être trempés. Mais sommes-nous aussi attentifs aux signes qui nous entourent et qui concernent notre manière de vivre ensemble ?

 

C’est la question que Jésus pose à ses contemporains. Ils savent interpréter l’aspect du ciel, mais ne discernent pas ce qui se joue au moment présent. Ils regardent les nuages, mais ne voient pas l’urgence de la conversion. Nous pouvons faire pareil : commenter les événements du monde, analyser les crises, déplorer les divisions… sans nous demander ce que ces réalités nous appellent à changer, personnellement et concrètement.

 

Le pape François, méditant précisément sur cet Évangile, rappelait que « les temps changent et nous chrétiens devons changer continuellement », tout en demeurant solides dans la foi au Christ et dans la vérité de l’Évangile. Il invitait à faire silence, à observer, à réfléchir et à prier pour reconnaître ce que Dieu nous demande à travers les événements. Discerner les signes des temps, ce n’est donc pas jouer aux devinettes : c’est laisser l’Évangile éclairer notre manière d’habiter le monde.

 

Et Jésus poursuit avec cette image de l’homme qui se rend devant un juge. Il l’invite à chercher un accord avant qu’il ne soit trop tard. Voilà un signe très concret à discerner : les tensions qui s’installent, les conflits que nous laissons traîner, les paroles blessantes que nous ne réparons pas. Nous savons parfois très bien reconnaître les torts des autres, mais nous tardons à faire le premier pas vers la réconciliation. Jésus nous presse : pourquoi attendre que le conflit se durcisse ? Pourquoi remettre à demain une parole qui pourrait ouvrir un chemin ?

 

Saint Paul nous indique comment avancer : « En toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres avec amour. » Il ne dit pas que nous devons être tous semblables, ni que les désaccords vont disparaître. Il nous rappelle que nous appartenons à un seul Corps, que nous avons un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. L’unité n’est pas l’uniformité ; elle est un don à accueillir et une tâche à vivre. Elle demande de renoncer parfois à avoir le dernier mot pour préserver ce qui nous unit.

 

Le psaume pose alors une question décisive : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? » Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur. La foi ne consiste donc pas seulement à regarder vers Dieu, mais à laisser notre manière de traiter les autres devenir le lieu où nous le rencontrons.

 

Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à ouvrir les yeux sur les signes qui nous entourent et sur les conversions qu’ils rendent nécessaires. Peut-être qu’un conflit attend un premier pas, qu’une habitude doit changer ou qu’une situation injuste demande notre attention. Ne nous contentons pas de prévoir le temps qu’il fera. Demandons à l’Esprit de nous apprendre à discerner le temps qu’il est venu de vivre : un temps pour écouter, pour nous réconcilier et pour faire grandir l’unité.

Pierre Hannosset le 23 octobre 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/vendredi-de-la-29eme-semaine-du-temps.html

jeudi 22 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e jeudi TO-II Luc 12, 49-53 ; Éphésiens. 3, 14-21

Introduction

Saint Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, explique que par la foi, le Christ habite en nous. Alors, nous sommes enraciné(e)s dans l'amour du Christ, Amour qui dépasse toute connaissance.

En saint Luc, Jésus dit qu'il est venu apporter un feu sur la terre, il voudrait qu'il soit déjà allumé.

Il dit aussi qu'il est venu mettre la division sur la terre... On peut se demander où est la Bonne nouvelle dans ce texte ?

Comme saint Paul qui tombe à genoux devant le Père, rendons gloire à Dieu en chantant les psaumes.

 

Après l’Évangile

Le lien entre les deux Lectures de ce jour, c'est l'Amour.
En saint Luc, Jésus vient mettre un feu, de quel feu s'agit-il ? Un feu qui transfigure ? qui réchauffe ou au contraire qui détruit, qui brûle ? Parfois on dit qu'il faut entrer dans le feu de l'action, Jésus sait qu'il va devoir mourir pour nous, il voudrait que ce feu soit déjà allumé. Il dit qu'il doit recevoir un baptême, ce n'est pas LE baptême puisque Jean Baptiste l'a déjà baptisé par l'eau alors, de quel baptême s'agit-il ? Il y a une autre expression dans la langue française qui parle de « baptême du feu » pour les soldats qui se trouvaient au front, face à la mort...
Jésus est angoissé, il sait qu'il va se trouver « face à la mort » qu'il va traverser, mais par son amour pour nous, il ne recule pas, le Fils de Dieu sait qu'il ressuscitera trois jours plus tard mais (j'espère ne pas blasphémer en disant cela) en tant qu'homme qu'il est, ne peut-il être angoissé ? Avoir des doutes ?
Il dit aussi qu'il est venu mettre la division et non la paix. Il est clairvoyant, il suffit de regarder autour de nous, chacun, chacune avec ses convictions différentes, sa religion. Même au sein de l'Eglise, il y a des divisions mais je trouve qu'il est quand même venu apporter la paix en chacun(e) de nous, la paix, la joie de se savoir aimé(e), « alors nous serons comblé(e)s jusqu'à entrer dans la plénitude de Dieu » dit Saint Paul qui nous parle de cet immense amour du Christ dans lequel nous devons rester enraciné(e)s pour en comprendre toutes les dimensions, hauteur, largeur etc.
Être chrétien, c'est parfois exigeant mais nous avons en nous un sauveur, le feu de l'Esprit saint. Que notre foi embrase la terre !
« Dieu réalise en nous infiniment plus que ce que nous pouvons demander ou même concevoir »
Prenons quelques instants pour réfléchir à tout ce que Dieu met à l'oeuvre en nous et à l'exemple de saint Paul, rendons lui gloire !

 

Invitation au Notre Père

Jésus notre frère nous a fait connaître un Dieu Amour, un Dieu Père.
Chantons la prière qu'il nous a apprise.

Danièle le 24 octobre 2024

mercredi 21 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e mercredi TO-II Luc 12, 39-48

Les héritiers : sur le seuil ?

Méditation

« A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

Ce dernier verset de l’évangile de Luc, nous le connaissons « bien ». C'est tellement vrai !

Mais en préparant ce commentaire, ce sont les versets précédents qui m’ont frappée (Luc 12, 42-44).

Pierre vient de demander : « Seigneur, cette parabole, est-ce pour nous ou pour tous ? » Jésus répond en racontant l'histoire d'une maison confiée à un intendant :

« Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !

Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens ».

La récompense du serviteur, c’est que le maître lui confie tout !

Qu’a-t-il fait pour mériter cela ? Rien de spécial. Il a simplement donné aux autres leur ration de nourriture en temps voulu. Justice élémentaire ! Devoir strict, pour que chacun puisse vivre.

C’est à cet homme-là que le maître remet tous ses biens.

Ses biens… On pense à un patrimoine qu’il faut préserver, à sécuriser, à faire fructifier. Mais dans cette maison-là, les biens sont les ressources qui nourrissent.

L’intendant n’agit pas comme un propriétaire qui accumule. Il est le serviteur par qui la vie circule. 

Le maître confie donc sa maison à celui qui veille à ce que personne ne manque de rien, à ce que les autres y trouvent de quoi vivre, à ce que chacun ait sa part.

Prendre soin des biens du Seigneur, c’est ainsi veiller à ce que chacun puisse recevoir sa part de ce que Dieu veut donner à tous.

Prendre soin de cette part-là, c'est entrer dans toute la générosité de Dieu.

Dans la lettre aux Ephésiens, Paul dit que Dieu partage ses richesses avec toutes les nations. Il utilise des mots très forts : nous sommes co-héritiers, membres du même corps, associés à la même promesse. Cette promesse-là. L'héritage est partagé.

Cela nous questionne. Cela interroge aussi l’Eglise elle-même. Traitons-nous les autres comme des co-héritiers, ou décidons-nous qui a sa place ? Permettons-nous à chacun de nourrir sa foi et d'apporter ses dons ? Ou demandons-nous à certains de se faire tout petits, de taire leur histoire, pour avoir le droit d'entrer ?

Nous connaissons tous quelqu’un qui est resté sur le seuil : une personne divorcée, un couple de même sexe, un jeune qui ne trouve pas sa voie, une famille, des enfants, un étranger qui restent en retrait.

Nous avons reçu beaucoup : la connaissance de l'Évangile, la promesse d’un même héritage, les sacrements, des responsabilités pastorales. Ce qu’on nous demande est à la hauteur de ce don : vivre et servir à la hauteur de cette ouverture. Car la grâce de Dieu déborde nos frontières et nos critères humains. Elle nous engage envers chacun, et particulièrement envers ceux qui restent sur le seuil. C'est exigeant. Très exigeant.

Le texte de l’Evangile ne cache pas l’enjeu. Juste après le serviteur fidèle, Jésus évoque l’autre serviteur, celui qui se met à maltraiter les autres parce que le maître tarde. La fidélité se joue dans l’attente, au jour le jour, dans les gestes ordinaires.

« A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

Finalement, ce dernier verset parle d’une confiance : celle qui nous est donnée.

Et la question devient : « Nous qui connaissons cette générosité de Dieu, nous à qui il a tout confié, qu’en faisons-nous pour les autres ? Tous les autres ? »

Isabelle le 21 octobre 26

mardi 20 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e mardi TO-II Luc 12, 35-38

Méditation

L’évangile de ce jour fait suite à une série de consignes données par Jésus à ses disciples – que la liturgie ne nous a pas fait lire – et qui se rapporte directement à la petite parabole lue hier, celle de l’homme riche qui thésaurise pour lui-même et non pour Dieu. Jésus demande à ses disciples d’avoir confiance en Dieu pour les besoins corporels, de ne pas se soucier en vain car Dieu sait ce dont nous avons besoin mais de chercher avant tout le Royaume de Dieu et sa justice. Puis, il leur demande de ne pas faire de réserves – ceci nous rappelle l’épisode de la manne au désert ou le pain de chaque jour dans la prière du Notre Père – car notre vrai trésor est dans les cieux et où sera notre coeur sera notre trésor.

 

Aujourd’hui, Jésus poursuit son enseignement aux disciples avec une autre petite parabole sur la nécessité de veiller. Veiller mais pas n’importe comment, veiller à la manière des serviteurs qui attendent leur maître à son retour des noces. Cette vigilance demande d’ignorer l’heure du retour, d’être en tenue de service, c’est à dire d’avoir les reins ceints – comme les Hébreux à leur départ de la terre d’Egypte -, d’avoir une lampe allumée – allusion aux vierges sages.

 

Dans quel but et pourquoi les serviteurs attendent ? Ils attendent pour ouvrir la porte quand leur Maître frappera et pour le servir.  Belle attitude approuvée et reconnue par le maître puisque Jésus déclare : « Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller », et à la fin de notre passage : « Heureux sont-ils » d’être trouvés ainsi à l’arrivée de leur maître.

Le bonheur, la béatitude se trouveraient-ils dans l’attente et le service ? Car que fait le maître : il se ceint les reins et sert les serviteurs qui ont pris place à table. Renversement de situation. Peut-être geste prophétique ? Puisque dans l’évangile de Jean au ch. 13 nous voyons que Jésus se lève de table, se ceint les reins avec un linge et lave les pieds de ses disciples. Lorsque qu’il a terminé il leur dit : Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. (Jean 13, 13-14. 16-17).

 

Renversement de situation mais pas des rôles. Le maître demeure le maître et les serviteurs des serviteurs car les serviteurs tout en étant servis font encore la volonté du maître, c’est lui qui est le sujet de l’action, c’est lui qui les sert.

 

Que veut nous dire Jésus par cette courte parabole ?

Les serviteurs veillent, ils attendent : ils attendent leur maître, c’est pour lui qu’ils veillent. Ils n’ont qu’une hâte c’est que le maître revienne pour le servir. C’est là leur bonheur : « heureux seront-ils ». 

Et nous qui attendons-nous ? Quel bonheur attendons-nous ?

 

Les serviteurs s’attendaient à servir et c’est le maître qui les sert.  C’est Dieu le maître, c’est lui qui dit et qui donne la béatitude, le bonheur. Il donne non selon les services rendus mais selon ce qu’il est : il donne à la mesure de son coeur et celui-ci est infini. Servir est ce qui montre le mieux qu’il est le maître. Et c’est peut-être là le renversement : découvrir que le service fait de nous des maîtres à la manière de Jésus.
Jésus a dit : « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir et donner ma vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 27).

Que l’Esprit nous aide à voir qu’en servant nos frères et sœurs, nous pourrons, nous aussi donner la vie et connaître le vrai bonheur.

Sr Jean-Baptiste le 20 octobre 26