Liturgie 17e jeudi TO-II Matthieu 13, 37-53 ; Jérémie 18, 1-6
Méditation
L’Evangile de ce jour est en
partie ce lui de dimanche dernier… Je m’en suis aperçue alors que j’avais déjà
avancé dans ma réflexion. De plus Mgr Jean Kockerols l’a commenté. J’étais
tentée de me taire. Mais comme l’Ecriture est inépuisable et que j’étais partie
sur une autre piste, je vous livre tout de même ma méditation.
L’expérience
que fait Jérémie à la maison du potier est parlante : il doit commencer
par se lever, sortir de chez lui et descendre. Il observe en silence puis le
Seigneur lui parle. La parole du Seigneur est une bonne nouvelle : vous
m’avez fait échec par votre conduite, je change mon plan et suis prêt à tout
recommencer avec vous, autrement, pour que vous deveniez de plus en plus la
maison d’Israël ! Je veux vous façonner comme maison. Une maison dans
l’antiquité est constituée de l’ensemble des personnes qui l’habitent et
collaborent pour qu’elle tourne. Chacun, chacune y a sa place, son rôle à
jouer.
Ce passage de Jérémie complète bien l’Evangile. D’abord,
dans ce filet, il y a toutes sortes de poisson. Pas d’uniformité, mais une
grande diversité. Chacun est unique et cela ne gêne pas du tout le Seigneur. Ce
qu’il regarde c’est le cœur. Alors à première lecture, je me suis dit : le
Seigneur rejette ce qui ne vaut rien. D’autant que ce qui est traduit par
« ce qui ne vaut rien » signifie
plutôt « pourri » ! Alors, échec ?
Oui nous pouvons mettre le Seigneur en échec, nous pouvons
le rendre impuissant. Si c’est pourri, on ne peut vraiment rien faire… sauf
prévenir avant que la situation soit telle. Et c’est que fait Jésus.
Comme dans Jérémie, il y a une invitation à la
conversion : à la fin du monde, les méchants, qui jusque-là étaient mêlés
aux justes, en seront séparés et jetés dans la fournaise.
Mais si le Seigneur prévient… c’est pour qu’il n’en soit pas
ainsi, pour que chacun puisse se convertir, rejeter le mal et choisir le bien.
J’ajoute une petite note : ce qui est pourri et donc
rejeté, va continuer à pourrir et finalement va se transformer en compost… qui
fécondera la terre. Intolérable si nous le regardons comme concernant des
personnes, ce verset devient source de vie et Bonne Nouvelle si nous regardons
tout ce qui, en nous, nous « pourrit la vie » comme on dit parfois :
le Seigneur en tirera quelque chose… laissons-lui, laissons-nous, le
temps ! Gardons confiance !
Puis Jésus termine par une petite question à ses disciples
« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui
répondirent : « Oui ». »
J’ai envie de dire : ils ont bien de la chance d’avoir
compris tout cela !
Mais Jésus ne les détrompe pas, il ajoute une petite
parabole.
Que pourrait-il bien vouloir dire avec cette histoire du scribe
?
Déjà, ce scribe a un trésor en lui. Ce trésor n’est pas
figé, statique, mais divers, vivant, agissant. Le scribe est en effet l’homme
de la Parole : il passe son temps à la lire, à la transcrire, à la
commenter. Il ne cesse de s’en nourrir : il y a donc en lui du neuf qu’il
vient de recevoir (le long discours des paraboles), et de l’ancien, qu’il a au
fond de lui-même (tout ce qu’il a déjà entendu et vu). Tout cela se
« combine » et fait de lui de plus en plus un disciple du Royaume des
Cieux.
C’est peut-être comme si Jésus disait à ses disciples :
Oui, vous avez compris, mais ne cessez pas de chercher à comprendre. Parce que
ce trésor de la Parole est tellement riche que vous ne l’épuiserez pas, au
contraire, plus vous y puisez, plus il se renouvelle et vous renouvelle.
Invitation au Notre Père
Seigneur comme un potier tu veux nous façonner à ton image
et à ta ressemblance. Quand nous nous éloignons de ton projet d’amour, tu
restes fidèle. Par le Christ et dans l’Esprit que nous annoncions ta
miséricorde en priant le « Notre Père »
Sr Marie-Christine le
30 juillet 26
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