Liturgie 17e dimanche A Matthieu 13, 44-52 ; 1 Roi s3,5.7-12 ; Romains 8,28-30
Homélie
-Nous sommes tous passés par là, comme le petit enfant qui est
assis là. On est tous passés par là, par cet âge béni de l’enfance, où, comme
tout enfant, nous interrogions nos parents ou nos grands-parents : « Papa,
c’est quoi ça ? Maman, ça veut dire quoi ça ? Bon-Papa qu’est-ce que
c’est ? » Le bel âge de l’exploration du monde.
Certes, de temps à autre, papa ou maman, bon-papa ou
bonne-maman est un peu ennuyé et répond : « ça tu comprendras ça
plus tard. »
-En apprenant à prier, l’enfant à le droit de
demander : « ça veut dire quoi, Père, que ton Règne
vienne ? » Un règne, un royaume c’est quoi, c’est pour quoi ?
-Les apôtres ont dû poser cette question à Jésus - lui qui
commence sa mission avec cette première parole : « Le Règne de Dieu
s’est approché » (Marc 1,15). Si souvent Jésus va parler du Royaume.
-Jésus répond à la question des disciples « c’est
quoi ? » il répond à ses disciples comme dimanche dernier,
rappelez-vous, nous l’entendions nous dire : le Royaume, c’est comme un
ferment dans la pâte, le levain, c’est comme une graine de moutarde, ou encore comme
la mauvaise herbe, la zizanie, qui surgit dans un champ (sans pesticides). Jésus
aujourd’hui dans l’Evangile répond : le Royaume, c’est comme un trésor, un
trésor caché qu’on découvre. C’est comme une perle si belle, si magnifique
qu’on donnerait tout pour l’avoir. Ou encore c’est comme un filet, un
filet de pêche, où on attrape des beaux poissons et puis aussi des menus fretins.
Et puis, il faudra un jour enlever ces menus fretins pour ne garder que le
beau, le bon, le vrai. Ou encore le Royaume c’est si précieux. C’est le même ce
que demande Salomon dans sa prière : le discernement et le cœur attentif
et tout le reste, c’est, comme on dirait à Bruxelles, c’est du brol. Tout ce
qui est précieux, tout ce qui est rare, tout ce qui est si beau Jésus le met en
consonnance avec « c’est quoi le Règne ? C’est quoi le Royaume ? »
-« C’est comme…, c’est comme ci, c’est comme ça » …
« Oui mais Jésus, maintenant, sérieusement, en fin de compte, c’est
quoi ? Est-ce que tu ne serais pas en train de tourner un peu autour du
pot ? » La question posée est-elle donc si difficile, si exigeante ? Alors
Jésus, à l’occasion, dit à ses disciples : « vous comprendrez, vous
comprendrez plus tard », comme lors du lavement des pieds en saint Jean
(Jean 13, 7). « Vous comprendrez ». Mais surtout, surtout, à la question
de ses disciples « c’est quoi », il dit : regarde, vois, écoute,
et vis ! Suis-moi, suis-moi !
-Le Royaume ne serait-il donc pas ce que nous, chacun de
nous et nous ensemble, en Eglise, ce que nous vivons avec lui, avec le Seigneur
- nous avec lui- et lui avec nous ?
- Ne serait-ce pas cela ce Royaume si indéfinissable,
indéfinissable parce qu’on ne peut pas y mettre de fin. Ne serait-il par tout
lui, le Seigneur, lui, lui et nous, nous avec lui, dans la communion de
l’amour ? Le Royaume ce ne serait pas tout ce qui fait signe de lui, tout
le beau, tout le bon, tout le vrai – tout ce qui nous rapproche de lui, ou
mieux encore, tout ce par quoi Lui se rapproche de nous.
-Je l’ai raconté aux retraitants, quand j’étais séminariste,
il y a donc un certain temps, un vieux prêtre, qui vivait dans un quartier très
difficile, et qui avait envie de partir tout le temps, et pourtant qui restait.
Il restait grâce à une question qu’il posait au Seigneur tous les soirs, après
avoir prié le Notre Père. Il disait au Père : « Je viens de
prier que ton Règne vienne. Alors, Seigneur montre-moi, montre-moi les signes
de ton Royaume que tu m’as donnés à voir aujourd’hui dans la vie, ici et
maintenant. Montre-moi ces signes du Royaume vient, qui vient aujourd’hui. »
-Jésus dans l’Evangile, souvent dit : Regarde et vois. Tous
ces signes du Royaume à « dénicher », si vous voulez, à dénicher, à
révéler. Les signes de ce Royaume caché, mais si précieux, si beau et tellement
PRÉSENT.
-Dans la fin de l’Evangile aujourd’hui, aux apôtres, Jésus
demande « avez-vous compris tout cela ? » Et nous savons, comme
l’Evangile de hier nous le révélait déjà, les apôtres sont parfois assez
candides. Alors ils répondent, dans l’Evangile d’aujourd’hui : « Oui,
oui, oui, oui, on a tout compris. Ça va, on a tout compris ».
-Oui, on a tout compris !... Non ! Mais on peut
commencer à comprendre. Le oui des apôtres, et notre oui, ce n’est pas un oui qui
clôture notre recherche, qui ne termine pas par une définition. Notre « Oui,
Seigneur », c’est un oui qui ouvre, et qui nous appelle, nous invite à
continuer cette recherche du Royaume, le faire surgir, le faire aimer,
et contribuer à le rendre présent. Alors oui qui nous fera comprendre ce que saint
Paul dit aux Romains : que tout, tout concoure au bien de ceux qui aiment
Dieu, et donc ceux qui le recherchent.
Un oui qui veut dire : « je commence à
comprendre ». un oui qui ne n ous empêche pas de prier, encore et
toujours, « Seigneur que ton Règne vienne ! »
Amen
Mgr Jean Kockerols, Hurtebise le 26 juillet 26.
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