dimanche 22 février 2015

Quiconque demeure en lui



Quiconque demeure en lui ne pèche pas. Quiconque pèche ne le voit ni ne le connaît.
1 Jn 3, 6

Viens Esprit de Jésus, montre-nous le chemin de vie.
Viens Esprit de Jésus, sois en nous pardon et paix.

Quiconque demeure en lui ne pèche pas.
A première lecture ce verset peut nous effrayer. Qui de nous pourrait se dire sans péché ? En priant ce verset, il me semble que l’on peut y voir, non point un état de permanence, mais un état passager. Nous avons été établis fils de Dieu par notre baptême. Mais par notre liberté, notre comportement tantôt relève de la conduite d’un enfant de Dieu, tantôt pas. Ainsi tantôt nous demeurons en Dieu, tantôt nous nous égarons loin de lui. En lui il n’est pas de péché. En lui il n’est que bonté. Tout mouvement en nous qui n’est pas bonté, ne procède pas de lui.

Quiconque pèche ne le voit ni ne le connaît.
Tandis que nous commettons le mal, nous attestons qu’en cet instant précis nous ne sommes pas en lui, nous nous écartons de lui. Nous attestons par là que nous ne sommes pas encore établis fermement en lui. Si nous étions totalement en lui, toute l’énergie, toute la grâce que nous recevons de lui, nous l’utiliserions pour faire le bien et résister au mal. C’est donc bien vrai, que lorsque nous péchons, nous attestons que nous n’avons point encore une connaissance parfaite de lui, une vie pleinement, totalement ancrée en lui.

Seigneur, aide-nous, affermis nos pas. Que nous demeurions de plus en plus fidèles à ta loi d’amour. Seigneur, tu es pardon, tu es vie, sauve-nous de tout péché, de toute mort.

samedi 21 février 2015

pour enlever les péchés



Quiconque commet le péché, commet aussi l’iniquité. Et le péché, c’est l’iniquité. Et vous savez que celui-là a été manifesté pour enlever les péchés. Et en lui il n’est pas de  péché.  
1 Jn 3, 4-5

Viens Esprit de Jésus, clarifie notre regard, clarifie notre cœur.
Viens Esprit de Jésus, sois en nous lecteur de cette Parole, donne-nous de la recevoir et d’en vivre.   

Quiconque commet le péché, commet aussi l’iniquité.
Entre péché et iniquité quelle nuance ? le péché est varié : diverses sont les fautes que nous pouvons commettre. L’iniquité est l’opposition à Dieu. En ce sens elle est à la racine de tous les péchés, elle en est comme le fondement, la pierre de fondation. L’iniquité absolue est le refus total de Dieu.

Et le péché, c’est l’iniquité.
Aussi Le Péché absolu c’est bien l’opposition totale, radicale à Dieu. On voit ici que Jean s’attache à cette faute primordiale qui fait se dresser l’homme contre son créateur. Et devant ce tableau nous pourrions être effrayés… mais Jean continue :

Et vous savez que celui-là a été manifesté pour enlever les péchés.
Celui-là, c'est-à-dire le Christ. Il est apparu, il a été manifesté, il s’est incarné, il est mort et ressuscité. Toute sa vie est vouée au salut. Lui a ce pouvoir d’enlever les péchés. Si l’iniquité absolue existe, elle n’est pas la plus forte puissance. Jésus a ce pouvoir d’enlever les péchés. Il est victorieux du mal. C’est bien un chant d’espérance qui s’élève de ce passage de la lettre de Jean.

Et en lui il n’est pas de péché. 
Lui, Jésus, est indemne de tout péché. Il est un être où le péché n’a nulle prise. Le péché reste en deçà de lui, il n’a pas tout pouvoir. En lui, nous trouvons le pardon. En lui, nous avons la vie.

Seigneur, je te bénis pour ton amour. Je te bénis pour la vie qui est en toi et que tu nous partages. Tu enlèves nos péchés. Tiens-nous en la confiance, auprès de toi.

vendredi 20 février 2015

Voyez quel grand amour



1 Jn 3, 1-3


Le texte (traduction : Traduction Œcuménique de la Bible) :
« 1 Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu; et nous le sommes! Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître: il n'a pas découvert Dieu.
 2 Mes bien-aimés, dès à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsqu'il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu'il est.
 3 Et quiconque fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui est pur »

Prière (suggérée par Enzo Bianchi) :
« Notre Dieu, Père de la Lumière, tu as envoyé dans le monde ton Fils, Parole faite chair, pour te manifester à nous, les hommes.
Envoie maintenant sur moi ton Esprit Saint, afin que je puisse rencontrer Jésus-Christ dans cette Parole qui vient de toi ; afin que je la connaisse plus profondément et que, en la connaissant, je l’aime plus intensément pour parvenir ainsi à la béatitude du Royaume. Amen »

Lecture verset par verset :
Si nous sommes un peu familiers de la littérature johannique (le 4e évangile, les 3 épîtres et l’Apocalypse), nous connaissons ce procédé littéraire de cercles concentriques : des mots qui se répètent et font progresser la pensée de Jean au fil des versets et des chapitres[1].
Le début du chapitre 3 en est une belle illustration : l’expression « lorsqu’il paraîtra » est attestée à la fin du chapitre 2 (v. 28) et au début du suivant (v. 2). Nous y reviendrons ci-dessous.

(v. 1) « Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu… »
Ces premiers mots traduisent l’émerveillement de Jean face à l’amour de Dieu. Cela fait écho au 4e évangile, où Jean déclarait : « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (3, 16). Cette contemplation de l’amour de Dieu est fondamentale dans l’expérience de Jean. De cette conviction découlent deux facettes de la Révélation. D’une part, l’affirmation de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ. De l’autre, ses conséquences pour l’être humain : tel est le propos du début de notre chapitre 3.

« … que nous soyons appelés enfants de Dieu; et nous le sommes ! »
De ce Dieu nommé « Père », nous sommes « enfants ». Une filiation qui résulte de la relation qui unit Dieu et Jésus. Maintes fois dans l’Evangile, Jésus situe Dieu comme son « Père, Celui qui l’a envoyé »[2].
Cette relation singulière fut essentielle pour Jésus : se savoir aimé du Père[3] a façonné sa vie, l’a enracinée, lui a offert fécondité et déploiement. Cette relation, Dieu nous en fait cadeau.
L’insistance de Jean « et nous le sommes » nous convie à la même conscience, à la même expérience. Cet amour du Père nous est aussi destiné…

« Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître: il n'a pas découvert Dieu »
A cette circulation d’amour entre le Père, le Fils et nous, Jean oppose « le monde ». Mais il faut bien comprendre de quel monde il s’agit. Le 4e évangile emploie le terme dans plusieurs sens. Citons un verset qui juxtapose deux sens différents. Jean y déclare : « Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu ». Les deux premiers emplois situent le Verbe, Jésus-Christ, par rapport au monde : le monde est objet de l’amour de Dieu et, ici, de sa création (« le monde fut par lui »). Mais une autre acception apparaît ensuite : « le monde ne l’a pas reconnu ». Ce deuxième sens est celui de notre verset de la 1e épître : si le monde est par lui-même bon et objet de l’amour de Dieu, il doit se situer par rapport à son créateur et à l’Envoyé de Dieu, Jésus-Christ. Le monde, comme tout homme, est libre et est invité à poser librement un acte de foi. Ainsi, le monde représente ceux qui refusent Dieu, ceux qui se ferment à la révélation. Mais il faut se garder de croire que certains sont prédestinés à croire tandis que d’autres non. La liberté de l’homme, la liberté de chacun reste entière[4].
Ce verset laisse transparaître les circonstances rédactionnelles de la 1e épître : la communauté chrétienne est certes au cœur du monde mais elle ne souscrit pas aux options du monde, à son refus de Dieu, à son non-accueil.
La foi entretient d’ailleurs un lien étroit avec la filiation. Comme on peut le lire dans le prologue du 4e évangile : « Mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).

(v. 2) « Mes bien-aimés, dès à présent nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'a pas encore été manifesté… »
Tandis que le premier verset était conjugué au présent, ce deuxième pointe le doigt vers le futur.
D’un côté, l’affirmation de la filiation de Dieu au présent (« nous sommes enfants de Dieu »). De l’autre, une identité « pas encore manifestée ».

« … Nous savons que, lorsqu'il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu'il est »
Cet avenir est lié à la manifestation de Dieu (« lorsqu'il paraîtra »). Tout en n’étant pas situable sur une ligne du temps, ce temps-là s’identifiera à la vision de Dieu : « nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu'il est ». Par la contemplation de Dieu, advient une parenté, une similitude : « nous lui serons semblables ».
Cela est vrai au futur, comme le dit Jean, mais c’est déjà effectif ici-bas, lorsque nous nous arrêtons, que nous Le considérons, que nous L’envisageons… Dieu nous révèle ce qu’Il est et Il nous transforme. Tel est son rêve : nous rendre semblables à Lui…
Nous pouvons nous poser la question : le voulons-nous assez ?

(v. 3) « Et quiconque fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui est pur »
Il ne s’agit pas d’une pureté rituelle, comme celle des coupes et des plats (Mc 7), mais une pureté qui permet la rencontre avec Dieu. Elle a à voir avec le regard[5], la lumière : elle place résolument du côté de Dieu. Cette pureté ne s’obtient pas par la force des poignets, mais elle se reçoit, elle se demande à Celui qui seul peut nous l’accorder…
La perspective peut alors s’ouvrir à l’infini. Elle ne se tourne pas vers le passé, si lourd ou éprouvé soit-il, mais elle oriente vers l’avant, elle est une espérance. Elle nous fait désirer l’inespéré : la vision de Dieu[6]

Prière :
Père, tu n’es que don. Tu as envoyé ton Fils et tu fais de nous tes Enfants. Nous te rendons grâces. Accorde-nous de nous laisser habiter par cet Amour dans nos profondeurs, pour qu’il rayonne autour de nous et transfigure notre monde.
Amen

par sr Marie-Jean


[1] Sur le ton de l’humour, j’ajouterai que je ne pense effectivement pas que mon saint patron radote…
[2] Parmi d’autres, Jésus déclare dans sa prière du chapitre 17 « que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé » (v. 21).
[3] « Le Père aime le Fils et il a tout remis en sa main » (Jn 3, 35) ; « C'est que le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait… » (5, 20) ; « … le monde saura que j'aime mon Père et que j'agis conformément à ce que le Père m'a prescrit » (14, 31).
[4] Les signes de Jésus sont autant d’invitations à la foi. Cfr 10, 42 « Et là, ils furent nombreux à croire en lui ».
[5] « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu » (Mt 5, 8).
[6] Dans le Premier Testament, Moïse demandait à Dieu : « Laisse-moi voir ta Gloire » (Ex 33, 18).

mercredi 18 février 2015

Il est juste



 Si vous savez qu’il est juste, vous connaissez aussi que quiconque pratique la justice a été engendré de lui.
1 Jn 2, 29

Viens Esprit de Jésus, enseigne-nous tes chemins
Viens Esprit de Jésus, inspire notre vie   

Si vous savez qu’il est juste,
Au début de sa lettre Jean avait présenté Dieu Lumière. Maintenant il parle de Dieu Juste. Les croyants savent Dieu Lumière, ils savent Dieu Juste. Et s’ils le savent, ils peuvent en tirer les conséquences au quotidien de leur vie. Le « savoir » chrétien n’est pas d’abord encyclopédique, il est actif, il met en route le croyant sur le chemin de l’Evangile, sur le chemin que Jésus lui-même a emprunté.

 vous connaissez aussi que quiconque pratique la justice a été engendré de lui.
Jean reconnait que la justice est de Dieu, elle vient de lui, elle est un don. Et celui qui pratique la justice révèle combien il a été engendré par Dieu. La justice est la marque révélant combien Dieu a formé le cœur, combien il l’inspire.

Seigneur, montre-moi le chemin de ta justice. Sois présent en mon quotidien, montre-moi le chemin à suivre pour vivre de la foi, pour partager ton espérance, pour œuvrer selon ton amour. Seigneur, que par notre vie chrétienne ton amour, ta justice, ta vie soient révélés.

mardi 17 février 2015

Et maintenant



Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, s’il était manifesté, nous ayons assurance et n’ayons pas honte, loin de lui, à son avènement.  
1 Jn 2, 28

Viens Esprit de Jésus, tiens-nous en éveil tandis que nous accueillons la parole.
Viens Esprit de Jésus, enseigne-nous le chemin de la foi.   

Et maintenant,
Le dialogue entrepris par Jean avec la communauté à laquelle il s’adresse, se prolonge dans l’aujourd’hui du lecteur. C’est maintenant que Jean nous interpelle.

petits enfants,
à nouveau cette interpellation qui dit le lien profond qui unit Jean à ses correspondants. Il les enfante à la vie, à la vraie vie qui est le Christ. Il ne se les approprie pas pour autant. Sa mission comme celle de tout apôtre du Christ, n’est pas de s’attacher les personnes, mais de les inviter à s’attacher au Christ.

 demeurez en lui,
Et voici l’invitation à demeurer en Christ. Demeurer est un verbe clé de la spiritualité johannique. Il faut demeurer ancré en Jésus, enté sur la vigne. Il faut demeurer au sein de la communauté.

afin que, s’il était manifesté,
Le temps s’est écoulé lorsque Jean écrit. Nous ne sommes plus dans les tout premiers temps après la mort et la résurrection de Jésus, où les disciples attendaient comme imminent le retour du Seigneur dans sa gloire. Les disciples apprennent à vivre avec un délai dont ils ignorent la longueur. Mais ils croient, ils attendent le retour de Jésus. Ils vivent avec cette possibilité inscrite à l’horizon de leur espérance.  IL sera manifesté un jour. Alors si ce jour était aujourd’hui… quel devrait être notre comportement ? Il s’agit de vivre l’aujourd’hui comme un jour possible de la manifestation de Jésus.

nous ayons assurance
Vivre aujourd’hui en disciple fidèle. Vivre l’aujourd’hui dans la fidélité à l’Evangile, dans la fidélité au salut que Jésus nous a offert une fois pour toutes. Notre assurance est en Christ, non point en nous-même. En demeurant en lui, nous recevons de lui la confiance.

et n’ayons pas honte, loin de lui, à son avènement.  
La honte serait d’être trouvé loin de lui, loin de son Evangile. Loin de la voie de l’amour qu’il a lui-même empruntée. Nous attendons chaque jour la pleine manifestation de Jésus. Et cette attente façonne notre agir. St Pierre écrit que nous avons le pouvoir par notre agir de hâter ce jour ! Quelle doit être notre vie !

Seigneur, garde-nous fixés en toi. Seigneur, donne-nous de demeurer en toi au long des jours. Que ton Evangile imprègne nos vies et les oriente. Tu es le Dieu fidèle, sois notre fidélité.