vendredi 9 juin 2023

Liturgie de la Parole, 9e vendredi TO

Liturgie de la Parole 9e vendredi TO-I Marc 12,35-37 ; Tobie 11, 5-17 

(sr Marie Christine)

Introduction 

Bonjour et bienvenue à cette célébration où il nous est donné d’accueillir la Parole du Seigneur.

Dans le livre de Tobie, nous arrivons à la fin de l’histoire avec le retour de Tobie.

Tobit père enfin guérit de sa cécité utilise 11 fois le verbe bénir et la 12ème demande que Sarra, sa belle-fille, soit comblée de bénédiction et de joie ! Dans ce livre, on a beaucoup parlé de mort. La vie reprend enfin, la joie et la bénédiction éclatent et se communiquent à tous les juifs de la ville.

Dans l’Évangile, la foule nombreuse écoute Jésus avec plaisir… Qu’il en soit de même pour nous aujourd’hui et chaque jour.

Prenons maintenant plaisir à chanter les Psaumes et à écouter la Parole qui nous est donnée.

 Méditation

Hier comme aujourd’hui, Jésus parle et enseigne en s’appuyant sur l’Écriture. En ce jour de sa fête je vous propose un texte de saint Éphrem (moine et diacre de Syrie au 4ème siècle).

 La Parole de Dieu, source inépuisable[1]

« Qui est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, ô Dieu ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s'abreuvent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, tout comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l'étudient.

Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime. Et il a caché dans sa parole tous les trésors pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite. Sa parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert, qui devint pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle : Ils ont mangé un aliment spirituel, et ils ont bu un breuvage spirituel (1 Cor. 10,3-4).

Que celui qui obtient en partage une de ces richesses n'aille pas croire qu'il n'y a dans la parole de Dieu que ce qu'il y trouve ; qu'il se rende compte plutôt qu'il n'a été capable d'y découvrir qu'une seule chose parmi bien d'autres. Enrichi par la parole, qu'il ne croie pas que celle-ci est appauvrie ; incapable d'épuiser sa richesse, qu'il rende grâces pour sa grandeur.

Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce que la richesse de la parole te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de son impuissance à épuiser la source. Mieux vaut que la source apaise ta soif, plutôt que ta soif n'épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâces pour ce que tu as reçu et ne murmure pas pour ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'as pas pu recevoir aussitôt à cause de ta faiblesse, reçois-le à d'autres moments grâce à ta persévérance. N'aie l'impudence, ni de vouloir prendre d'un coup ce qui ne peut être pris en une fois, ni de t'écarter de ce que tu pouvais recevoir peu à peu. »

 Invitation au Notre Père

« Béni soit Dieu ! Béni soit son grand nom ! Que son grand nom soit sur nous ! » disait Tobit père. À son invitation et à celle du Seigneur Jésus, chantons et bénissons le Père

 Prière d’envoi 

Une prière composée par saint Éphrem :[2]

« Fais-moi revenir à Tes enseignements, Seigneur. Je voulais m'en détourner mais je me suis aperçu de mon appauvrissement. Mon âme ne tire aucun bénéfice, en effet, en dehors du temps que je passe avec Toi. Chaque fois que j'ai porté sur Toi ma méditation, c'est un véritable trésor que j'ai reçu de Toi.(...) Amour est le trésor de tes Réserves célestes.»

Par Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur, qui vit avec Toi et l’Esprit Saint maintenant et pour les siècles des siècles.



[1] Lectures chrétiennes pour notre temps” : © 1972 Abbaye d'Orval, Belgique. Fiche O 64

[2] https://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-de-St-Ephrem-sur-les-Enseignements-de-Dieu

mercredi 7 juin 2023

Lirurgie de la Parole, 9e mercredi TO

Liturgie de la Parole 9e mercredi TO-I Marc 12,18-27 ; Tobie 3, 1-11.16-17

 (Isabelle Halleux)

 Introduction

Bonjour à tous et toutes en ce jour de la Saint Gilbert (un prénom plusieurs fois attribué dans ma famille – je pense particulièrement à eux). Jour de lune gibbeuse descendante – pour les jardinier.ières, c’est un jour à laisser reposer les plantes et la terre. Et c’est aussi un jour anniversaire du sacre du Roi Soleil – je dis cela pour nos ami.es françaises qui connaissent, bien sûr, cette histoire par cœur !

 En ces jours-là, Tobith, nous dit la première lecture (Tb 3, 1-11.16-17), gémissait et pleurait dans sa prière : « Seigneur juste, (…) Laisse-moi partir au séjour éternel. Que je devienne moi-même terre. Mieux vaut mourir que de connaître tant d’adversité à longueur de vie ». C’est ce que dit aussi Sarra, insultée par une jeune servante. Elle a été mariée 7 fois, n’a pas eu d’enfants – la honte –, et elle supplie le Seigneur de la faire mourir, « pour que je n’aie plus à entendre de telles insultes à longueur de vie. » « La prière de l’un et de l’autre fut portée en présence de la gloire de Dieu où elle fut entendue. » Raphaël leur a donné un coup de pouce…

 Y a-t-il un lien avec l’évangile du jour (Mc 12, 18-27) ? Il y a les sept maris, la mort et la fidélité à Dieu… Et nous irons « au-delà »  avec Jésus : au-delà de la mort, il y a la résurrection et la vie. Nous écouterons avec attention. Mais d’abord, chantons les psaumes.

 Méditation

Il est patient Jésus. J’admire ! Les Sadducéens, sont là, devant lui, tout riches, tout beaux, tout imbus de leur pouvoir, tout pointilleux sur les textes qu’ils prennent au premier degré. Ils sont là, venus pour poser à Jésus « la question qui tue » : une femme, veuve, sept frères, sept maris, tous décédés, et elle meurt aussi… Que va-t-il se passer quand ils ressusciteront ? Jésus prend le temps d’écouter leur histoire jusqu’au bout.

 J’adore sa réponse : non seulement Jésus répond à la question de la résurrection, mais il leur balance une réflexion sur les anges, à eux qui ne croient ni à l’une ni aux autres : « Quand on ressuscite, on est comme les anges ».  Jésus 1 – Sadducéens 0.

 Et il va plus loin. Et c’est là qu’il est vraiment fort : il connaît très bien les textes du Pentateuque auxquels ils font référence.  « Vous vous égarez complètement[1] », les amis !!! Vous contestez la résurrection en en appelant à la loi de Moïse[2] et en mettant en scène un exemple absurde de Madame Croque-maris ! Relisez vos textes ! Et Jésus reprend la même Loi de Moïse, pour démontrer que les Sadduccéens ne l'ont pas comprise : si Dieu dit à Moïse, dans l’épisode du buisson ardent[3], qu’il est « le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob », c’est parce que « il n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants ». Jésus 2 – Sadducéens 0.

 Mais il n’est pas question pour nous de compter les points… Comment comprendre ce que dit Jésus quand if affirme : « Il n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants » ?



[1] Verset 27

[2] Dt 25, 5-6 – l’histoire d’épouser son beau-frère ; Gn 38, 8 – l’histoire d’épouser sa belle-sœur et lui donner un héritier

[3] Ex 3,6 

mardi 6 juin 2023

Liturgie de la Parole, 9e mardi du Temps Ordinaire

Liturgie de la Parole 9e mardi TO-I Marc 12,13-17 ; Tobie 2, 10-23

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Église.

En ce 9e mardi du Temps Ordinaire, je tire le fil rouge de l’argent…

Étrange fil, certes, mais tellement présent en notre monde et objet de tant de convoitises, qu’il peut être utile de l’évoquer, surtout quand la liturgie nous y invite.

En effet, nous poursuivons la lecture du livre de Tobie, commencée hier.

Il y est question d’un travail effectué, d’un salaire reçu, d’un chevreau offert en cadeau.

Dans l’évangile, il est aussi question d’argent : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »

Et en ce 6 juin, nous célébrons la mémoire de St Norbert, fondateur des Norbertins ou Prémontrés.

Chapelain à Xanten, Norbert vit une conversion fulgurante et partage ses biens auprès des plus pauvres.

Il exercera un ministère itinérant, avant de fonder une nouvelle forme de vie : associer la contemplation et la prédication dans un cadre de vie communautaire, qui conduira à la fondation de l’Ordre de Prémontré. C’était au 12e siècle.

Ainsi, qu’il s’agisse de l’époque supposée de Tobie au 4e siècle avant JC, du temps de Jésus ou du 12e siècle de notre ère avec St Norbert, l’argent est au cœur de la préoccupation de notre humanité.

Écoutons ce que le Seigneur veut nous en dire aujourd’hui.

Et recueillons les intentions des hommes et femmes de notre temps, par le chant des psaumes.

 Méditation

Les Pharisiens et les partisans d’Hérode s’adressent à Jésus :

« Maître… tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité ».

Malgré une apparence flatteuse, tout sonne faux dans leur parole.

Une duplicité que dénonce le narrateur : ils veulent « lui tendre un piège en le faisant parler ».

Jésus ne se laissera pas tromper et leur demandera :

« Pourquoi voulez-vous me ‘mettre à l’épreuve’ / me ‘tenter’ ? »

« tenter » : rappelons que la première utilisation de ce verbe dans le 2e évangile renvoie à l’action du diable, lorsque Jésus séjournait au désert :

« … il resta quarante jours, tenté par Satan… » (1, 13).

Surgit alors la question des Pharisiens et des partisans d’Hérode :

« Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César… Devons-nous payer, oui ou non ? »

Comme l’écrit Philippe Bacq : « Si Jésus répond ‘oui’, il se rend complice d’un pouvoir païen en terre d’Israël ; s’il dit ‘non’, il fait figure de révolutionnaire qui conteste l’occupant »[1].

Face à une telle alternative, on comprend que Jésus dénonce : « Pourquoi voulez-vous me tenter ? »

Jésus ne répondra pas à la question de « payer ou non », mais il les conduira beaucoup plus loin.

En leur demandant une pièce d’argent, il pose la question : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »

Puis il déclare : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Soeur Marie-Jean



[1] Ph. Bacq – Od. Ribadeau Dumas, Un goût d’évangile. Marc, un récit en pastorale2, Bruxelles, Lumen Vitae, 2006, p. 171.

dimanche 4 juin 2023

 Liturgie de la Parole solennité de la Sainte Trinité Année A

Méditation

Que nous révèle ce mystère d'un Dieu Trinité?
Que nous dit-il au plus profond?
En Dieu, il y a de l'autre, Dieu n'est pas replié sur lui-même, dans une tristesse narcissique, en Dieu il y a la joie du don, de regard tourné vers autrui.
Dès l'origine en Dieu, il y a de l'autre.
Et ce Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, nous dit st Jean.
Ainsi, au cœur de Dieu, il n'y a pas Dieu, mais l'autre.
Au cœur de Dieu il y a la création, l'humain,
Au cœur de la Trinité il y a un creux, une ouverture...
Tu peux si tu le veux, y être accueilli!
Tu es invité à entrer en cette danse de l'amour.
Tu es l'hôte de la Trinité,
Et la Trinité est l'hôte intérieur, au plus profond de ton cœur

S'établir en la Trinité,
S'ouvrir avec elle à l'humanité entière

Laisser la Trinité élargir nos cœurs
Consentir à cette plaie du cœur qui jamais plus ne se refermera
Pour être tout accueil,
Par Lui, avec Lui, en Lui

Bonne fête à tous

Sr Myrèse écrit le 15 juin 2014


lundi 29 mai 2023

Liturgie de la Parole, 8e lundi du Temps pascal

Liturgie de la Parole 8e lundi du TO-I Marc 10, 17-27

Sainte Marie Mère de l’Église.

(sr Marie Christine)

Introduction

En ce lundi nous reprenons le TO ! Mais y a-t-il un TO ? Rien n’est ordinaire quand nous le vivons avec l’aide de l’Esprit, avec, par et dans le Christ !

Une bonne transition nous est offerte puisque depuis 5 ans le lundi de Pentecôte est la mémoire de Marie Mère de l’Église. Ceci à cause de « l’importance du mystère de la maternité spirituelle de Marie qui, dans l’attente de l’Esprit Saint à la Pentecôte (cf. Ac 1, 14), n’a jamais cessé de prendre soin maternellement de l’Église pèlerine dans le temps».[1]

Elle prend soin aussi de chacun de nous, de tous les disciples de Jésus et de toute l’humanité en recherche.

Qu’elle nous accompagne en ce jour, au long des jours, et en notre prière des Psaumes.


Méditation

 « Jésus se mettait en route. Un homme arrive en courant, tombe aux genoux de Jésus et lui pose la question vitale : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »

Nous avons entendu la réponse de Jésus, réponse à laquelle nous pouvons ajouter la belle 1ère lecture du livre de Ben Sira le Sage.

« Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.». Cette phrase est propre à Marc. Jésus ne serait-il pas bon ? Si bien sûr, toute sa vie, paroles et actes le proclament. Mais c’est comme s’il disait : ma bonté ne vient pas de moi, je me reçois d’un autre, Dieu. Et alors, il ne s’agit plus de faire, mais d’être.

Pour rester dans le registre de l’homme, il lui cite la 2ème partie du Décalogue. L’homme reconnaît qu’il l’a observée depuis sa jeunesse.

Son désir d’aller plus loin, touche Jésus.

Ce qui est central dans ce passage de l’évangile c’est le lien qui se tisse véritablement entre Jésus et cet homme : « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. » Un lien de vie. Un regard qui est une invitation. Invitation à une dépossession pour prendre la route à la suite de Jésus. Prendre la route, au sens propre et au sens figuré : entrer dans la manière de vivre de Jésus, accueillir « le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant »[2], comme Jésus la dit dans le passage qui précède. Invitation à aller au-delà de l’observance. Invitation à entendre la 1ère lecture de ce jour et à comprendre existentiellement que Dieu seul est bon, qu’Il nous ouvre le chemin du retour, de la conversion, qu’Il offre sa miséricorde, et que nous recevons tout de Lui. On n’entre pas dans le Royaume à la force de notre bonne observance, mais comme un enfant qui sait qu’il n’est rien, qui reçoit tout, qui, à l’époque, n’a aucun droit. Tout est gratuit. Tout est grâce. Tout est relation d’amour.

 Devant la tristesse de l’homme qui s’en va sans répondre à son invitation, Jésus lui aussi est triste : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (…) « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

En disant cela Jésus bouleverse complétement les perspectives : en effet la richesse était vue comme la bénédiction de Dieu, récompense de la bonne observance des commandements, et voici qu’elle devient un handicap !

« Enfants » dit Jésus aux disciples ! Que l’Esprit, dont nous avons célébré hier la venue, nous donne un cœur d’enfant, heureux de tout recevoir gratuitement du Père des cieux, et d’entrer dans la relation d’Amour qu’Il nous offre.

 Invitation au Notre Père

Avec la prière reçue du Seigneur chantons Celui qui est le seul bon.

 Prière d’envoi : PAPE FRANÇOIS

Prière à Marie, Mère de l'Église et Mère de notre foi[3]

« Ô Mère, aide notre foi !

Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.

Éveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.

Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi.

Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir.

Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.

Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.

Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur ! »