samedi 6 septembre 2014

Pour compagnons

Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s'embarquer pour la Syrie le décida à s'en retourner par la Macédoine. Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime. Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas. Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours.

Actes 20, 3b-6

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, montre-nous le chemin qui mène à Toi !

« Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s'embarquer pour la Syrie le décida à s'en retourner par la Macédoine »
Paul n’est pas au bout de ses peines !
Malgré des séjours plus ou moins longs, qui laissent deviner un temps d’accalmie, comme les trois mois passés en Grèce (20, 2-3), des embûches se présentent sur son chemin.
Ce sont les Juifs qui s’en prennent à Paul. Ce n’est pas la première fois. Cependant, le complot doit être d’importance, puisqu’il contrecarre les projets du prédicateur : de la Syrie, il retourne en Macédoine.

« Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime »
Dans cette situation de danger et d’inconfort, le verset 4 apporte un peu de consolation : sept noms y sont cités. Le narrateur se fait précis, car ces compagnons ne sont pas sans visage. Ils ont un nom, un lieu d’origine, une histoire, un cheminement surtout, avec Jésus et sous la houlette de son apôtre Paul.
Le chiffre sept est symbolique : symbole de plénitude, c’est un chiffre parfait.
Des villes sont citées : Bérée, Thessalonique, Dobérès (proche de Philippes, selon un manuscrit) et Ephèse (en ce qui concerne Tychique et Trophime : le terme d’« Asiates » indique leur origine d’Asie). On y ajoute le nom de Timothée, qui rappelle un long chemin parcouru et une fidélité inébranlable envers l’Apôtre (il apparaît au début du chapitre 16).
Ces sept villes correspondent aux communautés fondées par Paul. Ainsi, à l’animosité des Juifs, répond cette « couronne » d’Eglises qui atteste de la fécondité du ministère paulinien.

« Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas »
Cette prévenance du groupe des sept confirme leur souci du destin de Paul et leur volonté de le soutenir dans ses aventures.

« Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours »
La mention des « Azymes » fait référence à la fête de Pâque. Les références liturgiques paraissent être déterminantes dans la vie de Paul : tantôt ce sont les fêtes juives, comme ici, et tantôt les fêtes chrétiennes, comme au verset suivant (« le premier jour de la semaine » : 20, 7).
Malgré des bouleversements extérieurs – sous forme de dangers, de poursuites, de situations difficiles – la mention liturgique semble être comme une ancre qui maintient la stabilité du prédicateur.
Et, dans la foulée, une autre source de réconfort est aussi mentionnée, à savoir celle de l’amitié partagée entre tous ces serviteurs de la Bonne Nouvelle.
  
Sur notre route de chrétien(ne), tu places des compagnons qui partagent avec nous la joie et le souci de l’annonce de la Bonne Nouvelle.
Envoie ton Esprit, Seigneur, pour que nous fassions de ces solidarités des tremplins qui nous mènent toujours davantage vers Toi !

Envoie ton Esprit, pour que qu’Il féconde notre vie ! 
Sr Marie-Jean

vendredi 5 septembre 2014

Il partit pour la Macédoine



Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, où il resta trois mois.

Actes 20, 1-3a

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, inspire-nous l’œuvre que tu espères de nous !

« Après que le tumulte eut pris fin… »
Le rassemblement au théâtre qui a retenu notre attention les jours passés se clôt par un apaisement. Tout est rentré dans l’ordre…

« … Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine »
Et Paul ne s’attarde pas, car il veut honorer son projet « de traverser la Macédoine et l'Achaïe pour gagner Jérusalem » (19, 21).
Mais comme fondateur d’Eglises, Paul ne laisse pas les disciples sans un double secours : une exhortation et des adieux, c’est-à-dire le soutien de son enseignement et celui de son amitié.
Il peut alors rejoindre les deux disciples qu’il avait préalablement dépêchés en Macédoine : « deux de ses auxiliaires, Timothée et Éraste » (19, 22).

« Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, où il resta trois mois »
Paul poursuit son voyage, en gardant bien à l’esprit son objectif de prédication : « Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire ; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! » (1 Co 9, 16).

Les voyages de Paul que nous rapporte le Livre des Actes nous livrent un enseignement qui peut nous interpeller, voire nous questionner. Une lecture superficielle peut donner l’impression d’une course effrénée, d’une prédication haletante, d’une multiplicité de voyages qui empêchent de reprendre son souffle…
Et pourtant, nous y découvrons aussi tout l’équilibre que suggèrent des annotations telles que « il resta trois mois ». Oui, Paul nous donne l’exemple de quelqu’un qui prend le temps d’accomplir son œuvre, pas avec paresse ou langueur, mais dans la profondeur que favorise la durée.

Ainsi, pouvons-nous aussi nous interroger sur notre mode de vie, notre façon d’articuler nos travaux, nos relations, nos engagements, nos loisirs… Laissons-nous au temps la possibilité de faire son œuvre ? Plutôt que de multiplier des activités superficielles, pouvons-nous offrir à celles qui nous sont prioritaires profondeur et intensité ?


Envoie ton Esprit, Seigneur, pour que nous discernions les chemins qui seront source de bonheur, de Joie et de Paix, pour nous et ceux qui nous entourent !
Envoie ton Esprit, pour que le programme de nos journées se laisse inspirer par Toi !

Sr Marie-Jean

mercredi 3 septembre 2014

dans l'assemblée régulière



Vous avez amené ces hommes : ils ne sont coupables ni de sacrilège ni de blasphème envers notre déesse.
Que si Démétrius et les artisans qui sont avec lui ont des griefs contre quelqu'un, il y a des audiences, il y a des proconsuls : qu'ils portent plainte.
Et si vous avez quelque autre affaire à débattre, on la résoudra dans l'assemblée régulière. 
Aussi bien risquons-nous d'être accusés de sédition pour ce qui s'est passé aujourd'hui, vu qu'il n'existe aucun motif qui nous permette de justifier cet attroupement. " Et sur ces mots, il congédia l'assemblée.

Ac 19, 37-40

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, que cette Parole nous révèle les mœurs de ton Royaume !

Les versets précédents nous ont rapporté les deux tentatives pour calmer l’animosité qui régnait au théâtre. Celle du chancelier s’est avérée efficace, lorsqu’il flatta la fierté des Ephésiens, en les appelant « gardiens du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ». Son intervention se poursuit dans les versets qui vont nous occuper.

"Vous avez amené ces hommes : ils ne sont coupables ni de sacrilège ni de blasphème envers notre déesse."
Le chancelier poursuit ici sa tentative de calmer les esprits et d’apaiser l’inquiétude de Démétrios et des orfèvres concernant l’avenir de leur profession.
En fait, il ne répond pas à l’accusation prononcée par Démétrios au verset 26 : « non seulement à Éphèse, mais dans presque toute l'Asie, ce Paul, par ses raisons, a entraîné à sa suite une foule considérable, en affirmant qu'ils ne sont pas dieux, ceux qui sont sortis de la main des hommes ». Au contraire, il les disculpe à un double titre : ils ne sont ni « pilleurs de temples » (hiérosyloi), ni « blasphémateurs ».
L’honneur du temple, de la statue et de la profession d’orfèvre est donc sauf !


"Que si Démétrius et les artisans qui sont avec lui ont des griefs contre quelqu'un, il y a des audiences, il y a des proconsuls : qu'ils portent plainte.

Et si vous avez quelque autre affaire à débattre, on la résoudra dans l'assemblée régulière."

Et le chancelier de redire la double procédure disponible en cas de litige.
D’une part, les « audiences », c’est-à-dire les tribunaux. D’autre part, la convocation d’une « assemblée régulière », à savoir le rassemblement de la cité, qui est le versant politique.

"Aussi bien risquons-nous d'être accusés de sédition pour ce qui s'est passé aujourd'hui, vu qu'il n'existe aucun motif qui nous permette de justifier cet attroupement. " Et sur ces mots, il congédia l'assemblée."
L’ultime et décisif argument se trouve en ce verset, selon lequel ce rassemblement pourrait leur faire encourir l’accusation de sédition. En effet, la cité grecque est soumise au pouvoir romain : le rassemblement d’un si grand nombre de personnes pourrait susciter la peur ou la suspicion du pouvoir en place… et se solder par des sanctions.
Il s’ensuit que sa parole rencontre l’approbation, puisque le tumulte se calme (20, 1).

Cette foule rassemblée au théâtre pose la question des instances disponibles pour exprimer son avis et entendre celui des autres. Dans nos familles, nos communautés, nos entreprises ou autres lieux professionnels, nous adressons-nous à la personne habilitée à nous entendre ou bien utilisons-nous des voies alternatives ? Mesurons-nous à juste titre les conséquences d’une parole exprimée envers quelqu’un d’inapproprié ?
Comme bénédictine, je me plais à citer la Règle de Benoît qui prescrit au frère ou à la sœur d’adresser ses requêtes « en temps opportun » et une série de compléments illustre qu’il faut aussi le faire de manière opportune… (RB 68).


Seigneur, ton « Verbe s’est fait chair », ta Parole s’est incarnée… Cela nous dit toute l’importance de la parole et de la communication interpersonnelle.
Envoie ton Esprit pour qu’en en reconnaissant la beauté, nous en percevions aussi la responsabilité !
Envoie ton Esprit pour que notre parole ressemble toujours davantage à la tienne ! 
Sr Marie-Jean

mardi 2 septembre 2014

Le chancelier




Enfin le chancelier calma la foule et dit : " Éphésiens, quel homme au monde ignore que la ville d'Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ?
Cela étant donc sans conteste, il faut vous tenir tranquilles et ne rien faire d'inconsidéré. 

Ac 19, 35-36

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, que dans cette Parole nous puissions découvrir le visage de notre Dieu !

Les versets 33 et 34 que nous avons lus hier racontaient la tentative échouée d’Alexandre pour apaiser l’animosité de Démétrius et de ses comparses.
Les versets 35 et 36 que nous recevons aujourd’hui nous en rapportent une autre.

« Enfin le chancelier calma la foule et dit : " Éphésiens, quel homme au monde ignore que la ville d'Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ?… " »
Face à la foule qui scandait son cri « Grande est l'Artémis des Éphésiens ! », un homme s’interpose. Il est présenté par sa fonction, celle de « chancelier » ou de « secrétaire » (selon les traductions). Le terme grec est grammateus, que l’on pourrait aussi traduire par « scribe » : « sans être le premier magistrat de la cité, il était un personnage important, en particulier lors des séances de l’assemblée du peuple ».
Contrairement à Alexandre, dont l’intervention fut écrasée dans l’œuf, ce chancelier peut prendre la parole. Il s’adresse à la foule en termes enclins à séduire ses ambitions : « quel homme au monde ignore… ? ». C’est une captatio benevolentiae : la ville d’Ephèse, certes célèbre à l’époque, reçoit ici une dimension universelle et les Ephésiens sont gratifiés de la fonction de « gardiens du temple de la grande Artémis et de sa statue tombée du ciel ». Il ne pouvait pas répliquer d’une manière plus habile aux déclarations de Démétrios et des orfèvres. Il leur ôte ainsi tout motif de crainte.

Ces deux interventions que rapporte le narrateur des Actes posent la question du prestige humain. Aux versets 33-34, Alexandre est identifié par son nom, mais sans autre titre que celui de « juif ». Aux versets qui nous occupent, un anonyme présenté exclusivement par sa fonction est salué d’écoute et de reconnaissance.
Il en va de même aujourd’hui. Notre monde confère une grande importance aux titres et aux fonctions. Ce sont eux qui confèrent valeur, célébrité et succès. Mais il existe une autre logique : chaque être humain y aurait sa valeur propre et sa dignité ; l’Esprit-Saint inspirerait à tout homme de bonne volonté des paroles justes.
La logique de Dieu n’est pas celle de notre monde : pour lui, chaque être humain est unique, lui qui reçoit de Dieu « un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » (Ap 2, 17).

« Cela étant donc sans conteste, il faut vous tenir tranquilles et ne rien faire d'inconsidéré »
Forte de cette double assertion, la parole du chancelier se fait exhortative pour retrouver le calme et dissiper la foule.


Seigneur, tout homme a du prix à tes yeux.
Envoie ton Esprit pour que nous puissions découvrir que tout être humain a un nom unique, une valeur unique et un rôle unique à jouer en notre monde !
Envoie ton Esprit pour que chacun trouve sa place et laisse aux autres l’espace où il pourra grandir et faire progresser notre monde, selon ton rêve !

Sr Marie-Jean

lundi 1 septembre 2014

tous se mirent à crier



Des gens de la foule persuadèrent Alexandre, que les Juifs poussaient en avant. Alexandre, ayant fait signe de la main, voulait s'expliquer devant le peuple.
Mais quand on eut reconnu que c'était un Juif, tous se mirent à crier d'une seule voix, pendant près de deux heures : " Grande est l'Artémis des Éphésiens ! "

Actes 19, 33-34

Viens, Esprit-Saint, révèle-nous la Bonne Nouvelle de ce jour !
Viens, Esprit-Saint, que ta Parole nourrisse notre foi, suscite notre Espérance et augmente la charité qui nous lie à nos frères et sœurs !

« Des gens de la foule persuadèrent Alexandre, que les Juifs poussaient en avant. Alexandre, ayant fait signe de la main, voulait s'expliquer devant le peuple »
Face à une assemblée en confusion, il convient de trouver une issue, un moyen d’apaiser les esprits.
Parmi cette foule compacte, une délégation se forme, parmi les Juifs. Une première proposition d’accalmie est à l’initiative des Juifs, qui envoient un des leurs, Alexandre. Il est difficile de préciser le but de l’intervention de cet Alexandre : a-t-il le projet de « présenter la défense de Paul, ou bien plutôt celle des Juifs qui désirent se distinguer des chrétiens auxquels ils risquent d’être indûment assimilés, et peut-être obtenir la condamnation par les païens de Paul et ses compagnons ? ». Difficile à dire, mais son nom grec (Alexandros) pourrait effectivement lui octroyer un rôle de médiateur pour pacifier la querelle entre Juifs et Grecs.

« Mais quand on eut reconnu que c'était un Juif, tous se mirent à crier d'une seule voix, pendant près de deux heures : " Grande est l'Artémis des Éphésiens ! " »
Dans une foule compacte, les individus perdent leur personnalité : ils n’oseraient pas s’opposer à la majorité et se contentent de suivre, dans un mimétisme sans discernement. Tel est le résultat qu’ils obtinrent. En effet, au dévoilement de l’identité juive de cet Alexandre, l’unanimité advient, non pour une explicitation pacifique ou un dialogue, mais pour un cri unanime, déjà proféré ci-dessus (v. 28) et maintenu présentement durant deux heures : « Grande est l'Artémis des Éphésiens ! ».


Seigneur, nous savons bien qu’unanimité ne rime pas toujours avec vérité.
Une foule peut aisément se fourvoyer et tromper ceux qui la rallient.
Envoie ton Esprit, Seigneur, pour que nous puissions discerner ce qui est juste, vrai et conforme à ton Evangile !
Qu’éclairés par ton Esprit, nous ne nous laissions pas entraîner par la majorité loin du chemin qui mène à toi !

sr Marie-Jean