Liturgie 28e mardi TO-II Luc 11, 37-41
Méditation
Luc 11, 33-36
"Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met dans une
cachette ou bien sous le boisseau : on la met sur le lampadaire pour que
ceux qui entrent voient la lumière. La lampe de ton corps, c’est ton œil. Quand
ton œil est limpide, ton corps tout entier est aussi dans la lumière ;
mais quand ton œil est mauvais, ton corps aussi est dans les ténèbres. Examine
donc si la lumière qui est en toi n’est pas ténèbres ; si ton corps tout
entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, alors il sera dans la
lumière tout entier, comme lorsque la lampe t’illumine de son éclat."
(…) Jésus dit qu'on met la lampe sur
le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. C'est un peu
étrange. Il me semble que la lumière ne brille pas pour être vue, mais pour
qu'on puisse voir ce qu'elle éclaire.
Il m'est alors venu une petite
idée. Je ne prétends pas qu'elle venait de l'Esprit. J'ai même fini par en
avoir deux. J'ai dû choisir. Nous allons lire tout à l'heure, pendant
l'eucharistie, quelques paroles de l'évangile, tirées d'un discours de Jésus.
Il sera utile de les raccrocher à celles qui précèdent. Car la liturgie
interrompt souvent Jésus, il peut être bon de relire l'ensemble pour saisir le
fil de sa pensée. Et si c'est vrai de ce qui précède, cela peut l'être aussi de
ce qui suit. Je me suis dit que j'allais lire avec vous les passages d'évangile
que nous entendrons jusqu'à la fin de la semaine. Ainsi, celles qui devront
préparer la liturgie de la Parole sauront qui contredire. Les quatre versets
que j'ai lus en commençant sont la suite immédiate de l'évangile de ce jour,
mais ils ne sont pas lus à l'eucharistie, alors qu'ils introduisent sans doute
à l'évangile de demain.
Luc 11, 37-41
Pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi.
Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il
n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas. Le Seigneur lui
dit : "Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la
coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de
cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur
n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt en aumône ce que vous
avez, et alors tout sera pur pour vous."
Les versets 33 à 36, disais-je,
ne sont pas lus à l'eucharistie. Pourtant, le texte de Luc suggère que c'est à
cause d'eux que le pharisien a invité Jésus pour le repas de midi. Le pharisien
a senti une connivence entre Jésus et lui. Les pharisiens, par définition, sont
préoccupés par la pureté, et celui-ci s'est reconnu, sans doute à juste titre,
dans ce que Jésus vient de dire de la lampe, qu'on allume pour éclairer les
visiteurs. Par malheur, Jésus et le pharisien ne semblent pas avoir la même
conception de la pureté.
Pour le pharisien, elle est
d'abord affaire de rites, respect des usages. Non pas d'abord pureté morale,
mais pureté symbolique, expression de l'appartenance à un peuple choisi par
Dieu, mis à part, reconnaissable à des signes extérieurs.
Pour Jésus, être pur, c'est être
sans mélange. Quand nous disons de notre whisky que nous le prenons pur, cela
veut dire que nous n'y ajoutons pas d'eau. Cela ne veut pas dire que l'eau
n'est pas potable, qu'elle apporterait au whisky une souillure. Mais seulement
que nous ne voulons pas faire de mélange.
C'est à cela que Jésus vient
d'appeler ses auditeurs : si ton
corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, sans
mélange d'obscurité, alors il sera éclairé tout entier, comme sous la brillante
clarté d'une lampe. La pureté, pour Jésus, c'est d'abord une cohérence. C'est
pourquoi il dit au pharisien : "Cela ne sert à rien de faire des
ablutions pour vous purifier de souillures extérieures si vous laissez votre
cœur se remplir de cupidité. Il vaudrait mieux faire l'aumône, c'est-à-dire
faire les ablutions dans vos réserves et vous débarrasser de tout ce qui vous
encombre, alors que cela pourrait soulager vos voisins. Ainsi, vous seriez vous
aussi sans mélange."
Frère François de
Wavreumont
Extrait de la conférence
donnée à Hurtebise le 12 octobre 26
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