mardi 13 octobre 2026

Liturgie 28e mardi TO-II Luc 11, 37-41

Méditation

Luc 11, 33-36

"Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met dans une cachette ou bien sous le boisseau : on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. La lampe de ton corps, c’est ton œil. Quand ton œil est limpide, ton corps tout entier est aussi dans la lumière ; mais quand ton œil est mauvais, ton corps aussi est dans les ténèbres. Examine donc si la lumière qui est en toi n’est pas ténèbres ; si ton corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, alors il sera dans la lumière tout entier, comme lorsque la lampe t’illumine de son éclat."

 

(…) Jésus dit qu'on met la lampe sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. C'est un peu étrange. Il me semble que la lumière ne brille pas pour être vue, mais pour qu'on puisse voir ce qu'elle éclaire.

 

Il m'est alors venu une petite idée. Je ne prétends pas qu'elle venait de l'Esprit. J'ai même fini par en avoir deux. J'ai dû choisir. Nous allons lire tout à l'heure, pendant l'eucharistie, quelques paroles de l'évangile, tirées d'un discours de Jésus. Il sera utile de les raccrocher à celles qui précèdent. Car la liturgie interrompt souvent Jésus, il peut être bon de relire l'ensemble pour saisir le fil de sa pensée. Et si c'est vrai de ce qui précède, cela peut l'être aussi de ce qui suit. Je me suis dit que j'allais lire avec vous les passages d'évangile que nous entendrons jusqu'à la fin de la semaine. Ainsi, celles qui devront préparer la liturgie de la Parole sauront qui contredire. Les quatre versets que j'ai lus en commençant sont la suite immédiate de l'évangile de ce jour, mais ils ne sont pas lus à l'eucharistie, alors qu'ils introduisent sans doute à l'évangile de demain.

 

Luc 11, 37-41

Pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas. Le Seigneur lui dit : "Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous."

 

Les versets 33 à 36, disais-je, ne sont pas lus à l'eucharistie. Pourtant, le texte de Luc suggère que c'est à cause d'eux que le pharisien a invité Jésus pour le repas de midi. Le pharisien a senti une connivence entre Jésus et lui. Les pharisiens, par définition, sont préoccupés par la pureté, et celui-ci s'est reconnu, sans doute à juste titre, dans ce que Jésus vient de dire de la lampe, qu'on allume pour éclairer les visiteurs. Par malheur, Jésus et le pharisien ne semblent pas avoir la même conception de la pureté.

 

Pour le pharisien, elle est d'abord affaire de rites, respect des usages. Non pas d'abord pureté morale, mais pureté symbolique, expression de l'appartenance à un peuple choisi par Dieu, mis à part, reconnaissable à des signes extérieurs.

 

Pour Jésus, être pur, c'est être sans mélange. Quand nous disons de notre whisky que nous le prenons pur, cela veut dire que nous n'y ajoutons pas d'eau. Cela ne veut pas dire que l'eau n'est pas potable, qu'elle apporterait au whisky une souillure. Mais seulement que nous ne voulons pas faire de mélange.

 

C'est à cela que Jésus vient d'appeler ses auditeurs : si ton corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, sans mélange d'obscurité, alors il sera éclairé tout entier, comme sous la brillante clarté d'une lampe. La pureté, pour Jésus, c'est d'abord une cohérence. C'est pourquoi il dit au pharisien : "Cela ne sert à rien de faire des ablutions pour vous purifier de souillures extérieures si vous laissez votre cœur se remplir de cupidité. Il vaudrait mieux faire l'aumône, c'est-à-dire faire les ablutions dans vos réserves et vous débarrasser de tout ce qui vous encombre, alors que cela pourrait soulager vos voisins. Ainsi, vous seriez vous aussi sans mélange."

Frère François de Wavreumont

Extrait de la conférence donnée à Hurtebise le 12 octobre 26

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