lundi 3 août 2026

Liturgie 18e lundi TO-II A Matthieu 14, 22-36 ; Jérémie 28, 1-17

Mot d’accueil

Où est notre foi ? Qui écoutons-nous ? Que devons-nous croire ? Sur qui nous appuyons-nous en vérité ? Telles sont quelques questions portées par beaucoup. Et Dieu nous a rassemblés en Eglise ce matin, pour recevoir sa Parole et en vivre. Peut-être devons-nous alors poser ces questions à l’Ecriture ? à sa Parole.

Avec Jérémie, nous découvrons qu’il y a les prophètes authentiques, attachés à Dieu, et ceux qui se prennent pour prophètes sans être envoyés. On voit la nuance en notre société, entre climatosceptiques, eurosceptiques, et sceptiques de tous bords (virus, économie, etc.) et ceux qui tentent de se mettre à l’écoute du monde, de la société en sa profondeur, à l’écoute du Dieu de Jésus, de son Souffle et de la vie qu’il veut répandre, même si cela implique un discours quelque peu dur à entendre… lesquels écoutons nous ?

Et l’évangile nous invite à marcher sur les eaux avec Pierre… Sacré Pierre, il nous est si sympathique, dans son impétuosité, proche dans la fragilité de sa foi, qui par moment fait qu’il s’enfonce dans les eaux troubles du mal, de la mort. Il est touchant dans la force de sa foi, qui le montre criant spontanément vers Jésus comme vers son Seigneur.

 

Méditation

Que s’est-il passé ce jour-là sur le lac ? Je devrais dire, cette nuit-là ! il y avait eu le signe du partage du pain la veille… une foule rassasiée et douze corbeilles de restes. Il y avait eu l’enthousiasme de la foule, l’enthousiasme des disciples. Jésus devait se sentir un élan, un souffle incroyable. Ainsi il pouvait accomplir un tel signe, au point qu’une foule entière puisse être rassasiée. Il a dû percevoir la venue du Royaume, la toucher de ses mains, la toucher de son cœur. Y avait-il un brin de griserie en lui, devant une telle fête ? l’annonce de la mort du Baptiste juste avant devait aussi lui tourner en tête. Comme nous le rappelait Bernard hier : Jésus à cette annonce avait voulu se retirer dans la solitude. Alors voici, qu’il oblige les apôtres à embarquer sans lui, qu’il oblige la foule à rentrer chez elle. Et lui se retire seul dans la montagne. Il venait de percevoir le gouffre du mal en cet assassinat, et dans ce signe du partage du pain, il percevait tout à la fois, qu’un autre monde était possible. Un monde fondé sur le partage… et voici le soir tombe. Il est seul sur la montagne, en prière. Il remet au Père son œuvre. Il doit s’interroger sur le comment faire advenir ce règne de justice et de paix, de fraternité et de solidarité. Ce royaume où les pauvres mangent et sont rassasiés. Il doit s’interroger sur le comment faire advenir ce règne, que tous viennent de pressentir. Il se retire près du Père. Il dépose, il interroge. Il doit éviter toute méprise sur la manière. Il ne sera pas le magicien qui d’une formule magique transforme le monde. Il reconnaît le souffle qui l’anime, et c’est à ce souffle qu’il doit être fidèle. Comment entraîner toute cette foule, à commencer par ses disciples, en ce souffle ?

C’est la nuit… la fin de la nuit. Les disciples ont obéi, ils ont repris la barque, entamé une traversée du lac… et voici que les vents sont contraires, la barque est secouée… et leur cœur doit être peuplé de questions : qui est cet homme qui nourrit ainsi une foule ? Pourquoi nous envoie-t-il seuls sur ce lac, ce monde du mal et de la mort ? il tient la victoire au bout des doigts, pourquoi ne l’accomplit-il pas ?

Et voici, sur la fin de la nuit, Jésus vient à eux… et ils le prennent pour un fantôme. Ils sont fatigués, le partage du pain les a grisés, et ils reviennent un peu durement à la réalité, en voguant sur une mer quelque peu déchaînée. Et puis, voici, Jésus vient les rejoindre. Marchant sur la mer, marchant sur cet univers du mal, qui pour l’heure ne semble avoir nulle prise sur lui. Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur. C’est le même souffle qui a porté la bénédiction sur le pain partagé, qui maintenant porte la bénédiction sur la communauté des disciples. Confiance. Jésus est présent. Et présent en son humanité divinisée. Ce récit est à lire dans la lumière de la résurrection et de la victoire de Jésus sur la mort. Le partage du pain (jeudi), la prière seul dans la nuit (Gethsémani), la marche sur les eaux de la mort (levée de la lumière de Pâques). Pierre alors s’enflamme, décidé à vaincre ses peurs : Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir à toi sur les eaux. Oui, si le Seigneur est présent, est-il désir plus beau que de vouloir être à ses côtés ? Et Jésus lui dit : Viens ! Oui, Pierre, il y a un amour sur lequel tu peux t’appuyer en ce monde traversé d’épreuves. Viens ! Et Pierre s’élance. Tant qu’il regarde Jésus, il peut marcher sur les eaux… mais s’il regarde le vent contraire, il prend peur. Et coule… un cri levé vers Jésus, le sauve alors (on entend l’annonce du reniement et du relèvement de Pierre en ces versets). C’est ensemble, que Jésus et Pierre rejoignent la barque, et c’est toute la communauté des disciples, qui avant même la confession de Pierre à Césarée de Philippe reconnaît en Jésus le Fils de Dieu. Jésus n’a pas promis aux disciples d’échapper aux flots du mal, mais il est présent… à nous d’avancer les yeux rivés dans les siens, plutôt que rivés sur les obstacles. Et s’il nous faut une foi parfois solidement accrochée, les yeux dans les yeux de Jésus, il nous faut aussi la présence de la communauté pour avancer vers le matin de Pâque.

A nous de nous attacher toujours plus à Jésus, à son regard, à son amour victorieux de tout mal…

 

Invitation au Notre Père

Père, Jésus dans le silence et la solitude t’a prié sur la montagne. Mais il a aussi enseigné à ses disciples à te prier ensemble, accueille ces mots qu’en communauté, unie à toute ton Eglise nous voulons te redire.

 

Prière de conclusion

Dieu des vivants, tu nous invites à la foi. Donne-nous pour la traversée de ce monde, de croire à ta victoire sur les forces du mal, et nous avancerons, les yeux rivés sur toi, jusqu’en ta vie.

Sr Myrèse le 3 août 2020

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