Liturgie 17e samedi TO-II Matthieu 14, 1-12 ; Jérémie 26, 11-16.24
Introduction
Nous
voici rassemblés en communauté, en Eglise.
En
mode musical, on appellerait la liturgie du jour « variations sur un même
thème ».
En
ce 1er août, nous faisons mémoire de Saint Alphonse de Liguori,
fondateur des Rédemptoristes pour l’évangélisation des campagnes… un homme qui
connut de grandes épreuves : persécutions, abandons et trahisons.
La
liturgie du 17e samedi du TO complète le tableau. Deux martyrs nous
sont proposés : le prophète Jérémie, menacé de mort parce qu’il a parlé
contre Jérusalem.
Et
Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus, décapité pour avoir proféré une Parole
au nom du Seigneur.
Dans
le sillage de ces 3 figures de l’Histoire, avec notre quotidien tel qu’il et
nous, tels que nous sommes, nous nous présentons devant le Seigneur.
Prions-le
« d’accorder nos esprits à nos voix », pour rejoindre par la prière
les hommes et femmes de notre temps…
Méditation
Jérémie,
au 6e siècle avant JC.
Jean-Baptiste,
au premier siècle de notre ère.
St
Alphonse de Liguori, au 18e siècle.
3
époques, 3 situations similaires d’engagements envers cette Parole de Dieu qui met
l’homme en chemin.
Jérémie,
fort de la foi en son appel, se défend des accusations qui lui sont
adressées : « C’est le Seigneur qui m’a envoyé prophétiser contre
cette Maison et contre cette ville, et dire toutes les paroles que vous avez
entendues »
A
son époque, Jean le Baptiste énonce la Parole du Seigneur adressée à Hérode, à
propos de sa liaison avec la femme de son frère : « Tu n’as pas le
droit de l’avoir pour femme »
Et
nous, comment nous situons-nous face à la Parole du Seigneur ?
Si
le verset de l’acclamation déclare « heureux » les persécutés pour la
justice, où puiser la force pour endurer un tel sort ?
Une
réponse nous est donnée dans le psaume de ce jour.
Le
psalmiste expérimente, lui aussi, l’humiliation, en termes de « boue… ceux
qui me haïssent… l’abîme des eaux… les flots qui submergent … le gouffre… la gueule
du puits »
Puis
une transformation s’opère :
« Et
moi, humilié, meurtri, que ton salut, Dieu, me redresse »
On
perçoit l’Espérance du psalmiste qui s’engage à « louer », à « magnifier »,
à « rendre grâce au Seigneur »
Et
qui adresse une parole à Dieu dans sa souffrance.
Ce
qui permet une telle Espérance, une telle audace, c’est l’expérience :
« Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête… car le Seigneur écoute
les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés »
C’est
le mouvement qui conduit de l’humiliation à l’humilité.
Et,
dans cette humilité, l’Espérance d’être visité par le Seigneur.
Telle
est l’issue face à tout ce qui nous accable : découragements, épreuves,
douleurs, souffrances.
Chemin
de foi et d’Espérance : « le Seigneur écoute les humbles »
Oui,
le Seigneur écoute et agit !
Souvenons-nous
du geste de salut de Dieu en faveur de son peuple Israël.
Geste
fondateur, pilier de sa foi.
Avant
de libérer son peuple de l’esclavage d’Egypte, Dieu adressait cette parole à
Moïse : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui
est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des
surveillants… » (Exode 3, 7)
Dieu
entend, Dieu écoute, Dieu libère, Dieu sauve.
Dieu
ne pourrait-il pas renouveler aujourd’hui ses gestes de salut ?
Temps
de silence
Notre
Père
Oraison
Seigneur,
nous avons fait mémoire de ceux qui furent persécutés en ton nom :
Jérémie, Jean le Baptiste, St Alphonse de Liguori.
Le
psalmiste a ouvert une brèche dans la persécution pour convertir l’humiliation
en humilité, humilité capable d’accueillir ton salut.
Comme
à tes fidèles souffrants, accorde-nous l’Espérance de ta visite et la foi en
ton écoute.
Alors,
avec le psalmiste, nous pourrons louer ton Nom, te magnifier, te rendre grâces.
Et
être témoin de ton salut : « Vie et joie, à vous qui cherchez
Dieu ! »
Nous
te le demandons, par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et
le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.
Sr
Marie-Jean le 1er août 2020
