vendredi 19 juin 2026

Liturgie 11e vendredi TO-II Matthieu 6, 19-23 ; 2 Rois 11, 1-4.9-18.20

Homélie

Cette Athalie dont parlait le 2ème livre des Rois, qui est mise à mort, était un vrai poison. Fille d’Acab et de Jézabel, elle avait de qui tenir. Et il faut avoir le cœur bien accroché pour la suivre dans ce qu’elle va introduire comme haine, comme massacres, comme guerres, comme traitrises dans le Royaume de Juda quand elle y devint reine.

Que retenir de ça ? Que le mal est contagieux, qu’il tend à tout pervertir, si on le laisse faire, si on ne lui dit pas, comme il est dit dans le livre de Job (38,11) : « Tu n’iras pas plus loin ».

Soyons donc vigilent, d’abord pour nous-mêmes, à ne pas laisser s’installer en nous ce qui risque de nous détruire, de nous déshumaniser, comme ce qui risque de nous détruire ou en tous cas, de nous affadir à petit feu dans notre amour pour Dieu et pour notre prochain.

Prenons soin de bien à mettre notre trésor, et notre cœur, dans ce qui nous éclaire, ce qui est lampe pour nos pas. « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! » Mettons notre trésor dans ce qui rend notre œil clairvoyant ; dans ce qui rend notre cœur généreux ; dans ce qui vient du ciel : l’amour, le don de soi, l’humilité, la paix du cœur.

Et désencombrons-nous régulièrement du reste !

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 19 juin 26

jeudi 18 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e jeudi TO-II Matthieu 6, 7-15 ; Ben Sira 48, 1-14

Homélie

Élisée était habité par l’esprit d’Elie : un esprit de feu, un esprit de force, de détermination : « aucun prince ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir ».

Jésus non plus :

rien n’a pu le faire fléchir

la croix ne l’a pas arrêté.

Jusqu’au bout a brûlé en lui le désir ardent

- que le Père soit reconnu comme Dieu,

- que son règne vienne,

- que sa volonté soit faite,

- que son Pain et sa Parole soient partagés,

- que le pardon soit semé.

Dire, chanter, le Notre Père – sans le rabâcher - c’est entrer dans le désir de Dieu, c’est vouloir Dieu, c’est vouloir le Père. Une façon de lui dire, et de nous dire : Viens ! Viens faire ton œuvre en moi. Pour reprendre le Psaume : Avance-toi en moi comme un feu ! Et que Dieu, Père, Abba, soit notre joie

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 18 juin 26 !

mercredi 17 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e mercredi TO-II Matthieu 6, 1-6.16-18 ; 2Rois 2, 1-14

Homélie

On a entendu ce matin, à la fin des Laudes, l’éloge d’Elie… Il n’empêche : Elie a mis du temps pour comprendre que Dieu œuvre le plus souvent dans le secret. Élie aimait les effets spéciaux comme au jour où il fait tomber le feu du ciel pour humilier les prêtres de Baal avant de tous les massacrer ! Mais, voilà, un jour, dans sa traversée du désert, il comprend que Dieu est plutôt dans le silence d’une brise légère.

Quand le Fils de l’Homme fut dressé sur la Croix et qu’on le provoquait : « Voilà qu’il appelle Elie » -Le Christ n’a pas voulu échapper à sa passion ni à la mort. Pas de char de feu !

Élie serait venu le faire descendre de la croix, ç’aurait été le signe que le Christ ne serait pas venu nous rejoindre jusque dans les tréfonds, les obscurités de l’humanité, ses creux, ses enfers, ses passages à vide.

Il est resté avec nous jusque-là. Car son Père est ainsi : il demeure avec nous, même si c’est dans le secret. Dans le secret, Il est de toutes nos traversées. Il est à nos côtés dans nos moments de solitude, de désarroi.

Les eaux de la mort se sont ouvertes pour Lui sur la résurrection parce qu’il est resté dans la confiance, dans l’espérance en ce Père qui était là, dans le secret. Il a trouvé en lui la force d’aimer et de pardonner jusqu’au bout.

C’est ce qu’il nous promet, il continue : avec le Père il est là dans le secret avec ceux qui humblement vivent le partage, restent dans le silence, fidèles à la prière, vivent sans chercher à soigner leur image. Ceux qui aiment dans le secret, dans l’ordinaire des jours, dans les humbles tâches du quotidien. Même s’il y a des jours où il nous paraît trop silencieux, croyons qu’il est là dans le secret de son amour intense.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 17 juin 26


mardi 16 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e mardi TO-II Matthieu 5, 43-48 ; 1Rois 21, 17-29

Homélie

Pour faire un lien entre ces deux lectures, je pense au Psaume 84 (85) : « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent ». Elie sait bien qu’Acab est une sorte de roi mafieux avant la lettre. Mais il va le trouver. Il va faire la vérité avec lui. Cela donne des fruits d’ailleurs inespérés- ce qui n’est pas toujours le cas !

Sa façon d’aimer Acab, c’est pour Elie d’oser aller lui parler.

Aimer son ennemi ce n’est pas éprouver le de l’affection pour lui. Ce n’est pas non plus chercher à l’excuser. Ce serait jouer le jeu de son emprise.

Que cherche Jésus ? Sans doute à délivrer du mal l’ennemi. Nous l’avons déjà entendu dans le Lévitique ce matin : « Tu ne te vengeras pas. Moi, je suis le Seigneur ». (Lévitique 19, 18 ; lecture de Laudes : Lévitique 19,1-4.11-14.17-18)

Jésus demande, invite à prier pour son ennemi. C’est sans doute pour que le Seigneur lui-même vienne le délivrer de sa violence. Mais le prier, c’est aussi chercher à délivrer les autres, les victimes de cette violence, et les protéger. Et prier c’est demander, sans doute aussi, d’être délivré soi-même de cette violence toujours un peu tapie au fond de nous. Notre penchant à haïr.

Le Prieur de Thibirine, Christian de Chergé, après sa rencontre tendue avec le chef d’un groupe Djihadiste disait : « Mon Dieu, désarme-le », et puis il ajoutait : « mais je ne peux demander cela que si je dis aussi :’’ Mon Dieu désarme-moi’’ ».

Et Etty Hillesum, devant l’horreur du camp d’internement des Juifs où elle se trouvait, disait néanmoins qu’elle ne se sentait pas haïr en retour. Ce serait ajouter de la haine à la haine et rendre ainsi ce monde encore plus inhabitable qu’il ne l’est déjà maintenant.

Aimer dans la vérité et faire la vérité, et faire la vérité sans violence, apprends-le-nous Seigneur !

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 16 juin 26

lundi 15 juin 2026

Liturgie de la Parole 11e lundi TO-II Matthieu 5, 38-42 ; 1Rois 21, 1-16

Homélie

Acab est donc de mauvaise humeur avec cette résistance de Naboth…

Il rentre chez lui, se couche sur son lit, tourne son visage vers le mur et refuse de manger…

Cela m’a fait penser à quelque chose que vous n’imaginez pas. Je ne sais pas dans quel état d’esprit vous êtes au moment où vous allez commencer cette semaine de retraite. Mais savez-vous que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à la veille des retraites de communauté se sentait très mal, et, sans doute un peu dans le même état que… eh bien oui, dans le même état que le roi Acab. Elle avait eu une très mauvaise expérience d’une retraite prêchée au début de sa vie au Carmel, et le prédicateur avait réussi à réveiller en elle toute sa culpabilité. Et cela lui a mis beaucoup de temps pour s’en remettre. Et depuis, elle supportait très mal la perspective de vivre une retraite prêchée. Sa sœur Agnès de Jésus dit qu’elle en perdait l’appétit et le sommeil. Je suppose qu’elle aussi, comme Acab, tournait son visage vers le mur…

L’Evangile nous invite à nous laisser déplacer durant cette semaine. Mais de nous laisser dépasser par sa miséricorde infinie « A qui te demande, donne ». Comment ne ferait-Il pas de même ? N’hésitons pas au moment d’entrer dans cette retraite à lui demander sa présence, son Souffle, sa bonté, sa tendresse. Il nous la donnera sans compter. Il est prêt à faire 1000, 2000 pas et plus encore, avec nous durant cette semaine.

Confions-nous à lui, à son Esprit, au Christ notre frère. Demandons-lui de mettre en nous comme un cœur de chair, pour nous laisser faire, Pour nous laisser faire et façonner par sa bonté, par sa tendresse envers nous ; il est là, prêt à nous couvrir de son manteau, du manteau de sa grâce : qu’il ouvre notre appétit de lui, apaise notre cœur et nous tourne vers lui.

Mgr Jean-Luc Hudsyn, Hurtebise le 15 juin 26