Liturgie 18e mardi TO-II A Matthieu 15, 1-2.10-14 ; Jérémie 30, 1…22
Introduction
Avec
toute l’Église nous célébrons en ce jour saint Jean Marie Vianney, Curé d’Ars,
Patron de tous les curés : nous portons tous les prêtres dans notre prière.
Qu’à l’invitation du Pape François, ils n’aient pas peur d’avoir sur eux et
dans leur cœur l’odeur de leurs brebis ; qu’ils soient des pasteurs selon
le cœur du Bon Pasteur.
Jérémie nous dit
de la part du Seigneur « Je lui
permettrai d’approcher et il aura accès auprès de moi. » Bien sûr dans
le texte cela s’adresse au chef du peuple…mais ne sommes-nous pas un peuple de
prêtres, de prophètes et de rois par notre baptême.
Dans
l’évangile Jésus nous dit « Écoutez
et comprenez bien ! Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend
l’homme impur ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme
impur. » Matthieu ne précise pas, mais en Marc Jésus s’explique
« Car c’est du dedans, du cœur de
l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation,
orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »
(Marc 7,21-23)
Approchons-nous
de Celui qui fait miséricorde et purifie les cœurs.
Et « chantons les Psaumes, et tenons-nous de
telle sorte que notre esprit soit en accord avec notre voix » (Règle de st
Benoît 19,7), notre cœur avec notre bouche !
Méditation
« Toute
plante que mon Père du ciel n’a pas plantée sera arrachée. » Cette phrase est
unique dans les évangiles ; nous ne l’entendons que tous les trois
ans ! Alors il m’a semblé bon de la creuser.
En
écho j’entends le livre de la Sagesse « Tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout.
Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent. 24
Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes
œuvres ; si tu avais haï quoi que ce soit, tu ne l’aurais pas créé. 25
Comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? Comment serait-il
resté vivant, si tu ne l’avais pas appelé ? 26 En fait, tu
épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants,
12 01 toi dont le souffle impérissable
les anime tous. 02 Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu
les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent
du mal et croient en toi, Seigneur. » (Sagesse 11,23 à 12,2)
J’entends
aussi la parole du bon grain et de l’ivraie.
Quelle est
cette plante que le Père n’a pas plantée ? Peut-être justement le mal qui
est en moi. Cette mauvaise herbe qui m’envahit.
Pourtant en
jardinage on parle maintenant moins de mauvaises herbes, que
d’indésirables : elles ne sont pas mauvaises, certaines sont même
médicinales ; mais elles ne sont pas à leur place et risquent d’étouffer
les herbes et les plantes choisies, plantées.
Si je lis la
phrase de Jésus en positif, justement en lien avec le livre de la Sagesse, je
constate que « les vivants », donc tous les hommes, sont plantés,
voulus aimés par le Père. Je vois notre Père prendre une graine et la mettre en
terre avec délicatesse et tendresse, puis veiller sur elle, dégager les
indésirables qui la menacent, l’arroser de l’Esprit de vie, la nourrir de sa
Parole, la regarder grandir et l’encourager, la redresser, tailler les
gourmands qui pompent sa sève et la dispersent, et l’empêchent de porter de
beaux et bons fruits…etc. on peut laisser aller son imagination et admirer le
travail et la sollicitude du Seigneur !
Pour
compléter le tableau j’écoute saint Jean nous dire : « Tous ceux
que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je
ne vais pas le jeter dehors. » (Jean 6,37). Et plus loin, parlant du Bon
Pasteur « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles
me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et
personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus
grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.» (Jean 10,
27-29). « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le
Christ Jésus notre Seigneur. » (Romains 8,39) Rien nous arrachera de la
main du Père !
Pasteur,
Semeur, Jardinier des cœurs tel est notre Dieu : accueillons-le,
laissons-nous faire par lui : qu’il n’arrête pas l’œuvre de ses mains, en
nous et dans l’Église et le monde
Introduction au Notre Père
« Vous
priez, vous aimez : voilà le bonheur de l’homme sur la terre !...
Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens
qu’il reçoit avec un extrême plaisir. Mes enfants, vous avez un petit cœur,
mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu » écrit le curé
d’Ars *.
Parce
que notre amour est pauvre, notre cœur petit, que nous sommes une plante
chétive qui pousse de travers, tournons vers Celui qui viens lui-même aimer,
vivre et prier en nous et disons-lui…
Oraison de conclusion
Seigneur,
par le baptême tu nous as plantés dans le terreau de la vie avec toi. Fais
grandir cette vie en nous, augmente notre désir de te rencontrer dans la prière ;
que la sève de ton amour nous vivifie, nous transforme. Que ce qui sort de
notre bouche, purifié par cette sève, soit source de vie en nous et autour de
nous.
Par Jésus Christ ton Fils, notre
Vie, notre Résurrection, et par l’Esprit Saint notre Sève, qui nous conduisent
à la vie avec toi dès maintenant et pour toujours. Amen
Sr Marie-Christine le 4 août 2020
* (Saint Jean Marie Vianney Catéchisme sur
la prière : A. Monnin, Esprit du Curé d’Ars, Paris, 1899, pp. 87-89)
(livre des jours au 4 août) https://www.aelf.org/2020-08-04/romain/lectures#office_lecture_patristique
