Marc 6, 45-52 Liturgie de la Parole mercredi après l’Epiphanie
Première lecture : 1Jean 4,11-18
Méditation
Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Voilà l’acte de foi que saint Jean nous transmet dans la première lecture. Ce qui fonde sa vie, ce qui motive sa confiance.
Nous avons vu ! Il a vu quoi ? L’Evangile d’hier nous le dit un peu. Il a vu Jésus saisi de compassion pour la foule parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Et Jésus les a nourris longuement de sa parole puis rassasiés de pain et de poisson.
Il a vu Jésus s’en aller pour prier seul. Il a vu Jésus venir à eux en marchant sur les eaux du lac, alors qu’ils peinaient avec le vent contraire. Jésus qui vient à eux mais ne s’impose pas, il veut les dépasser (Cette note est propre à Marc)… Il voulait les dépasser, peut-être pour les inviter à le suivre malgré les flots en furie. Peut-être pour leur signifier de poursuivre leur traversée à sa suite, qu’il est là, les précède et traverse l’épreuve avec eux.
Devant leur peur Jésus s’arrête et les apaise « confiance ! c’est moi, n’ayez pas peur !» Ce n’est pas un fantôme, c’est une présence très réelle et agissante, apaisante extérieurement (les flots se calment dès qu’il monte dans la barque) et intérieurement. Ils sont au comble de la stupeur, l’expression est forte, et ils n’ont rien compris et leur cœur était endurci. Marc ne les ménage pas. Au cœur de cette semaine où l’Eglise nous fait parcourir jour après jour les différentes manifestations de Jésus on voit que les plus proches disciples sont passés par des tempêtes et des incompréhensions fortes.
C’est une chance pour nous. Quand il nous arrive de ne rien comprendre à ce qui nous atteint personnellement, à ce qui se passe dans l’Eglise, dans le monde, Jésus parle avec nous. Il parla avec eux, nous dit Marc (là encore cette note lui est propre), et c’est étrange car ils ne disent pas un mot ! Oui Jésus parle avec nous, même quand nous ne savons quoi lui dire, quand nous sommes dans la peur, la stupeur, l’incompréhension. Rien ne peut rompre la relation qu’il a choisi d’instaurer avec chacun.
Le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Sauveur du monde ! J’ai bien aimé ce que disait le Père Patrice Proulx le 29 décembre : le salut c’est être capable d’être en relation avec Dieu. Accepter cette relation.
Le reste en découle et l’admirable extrait de la première lettre de saint Jean met cela en lumière : Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Sans cette adhésion profonde du cœur, nous ne serions pas la) ; mais en même temps, elle est à refaire sas cesse , surtout dans les moment de nuit, de tempête. Parfois je crie au Seigneur : je crois, viens au secours de mon manque de foi (cf. Marc 9,24).
Merci Seigneur de nous avoir rendus capables d’être en relation avec toi qui est Amour. Une relation qui demeure et nous fait demeurer en toi, avec toi, même et surtout dans les tempêtes. Même si nous ne savons quoi dire, tu parles avec nous et ton premier mot est « confiance ».
Merci Seigneur de nous rendre capables, parce que nous sommes aimés de toi, d’être aussi en relation avec les autres et de les aimer en vérité. « Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. » (1Jean 4) Parce que tu demeures en nous et nous aimes, nous pouvons aimer les autres et cet amour fraternel dilate notre cœur pour que tu aies d’avantage de place pour y demeurer. C’est une spirale vertueuse sans fin qui fait que ton amour atteint la perfection en nous. Perfection dans le sens de plein accomplissement, pas d’impeccabilité ! C’est dans la foi et l’espérance, car je ne vois guère en moi que cet amour atteigne la perfection ! Mais c’est ton œuvre, ton travail souterrain et le mien. C’est l’œuvre de toute ma vie. Toi en moi et moi en toi, ensemble nous collaborons à cette œuvre.
Alors oui je peux garder confiance, garder courage, me relever quand je tombe car « Il n’y a pas de crainte dans l’amour, l’amour parfait bannit la crainte » (1Jean 4) et tu es là et me dis « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
Rien ne peut m’arracher, nous arracher de ta main (cf. Jean 10,28-29).
Introduction au Notre Père
En tout confiance prions le Père qui n’est qu’Amour
Sr Marie-Christine le 7 janvier 26
