samedi 24 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e samedi TO-II Luc 13, 1-9 ; Éphésiens 4, 7-16

Commentaire

Nous vivons une période troublée qui inquiète bon nombre d’entre nous et plus largement la population mondiale.

Il y a bien sûr le changement climatique avec l’impact sur notre santé et nos conditions de vie perturbées par les phénomènes météorologiques.

Il y a la montée de l’extrême droite qui fait apparaître un repli identitaire avec tout ce qu’il implique comme comportements égoïstes.

Il y a la propagation des guerres un peu partout dans le monde avec ses conséquences humanitaires désastreuses.

A l’évidence, tout cela perturbe l’ordre et l’économie mondial qui se fait au détriment des plus vulnérables.

Ce qui s’est passé en Palestine au temps de Jésus et qui se passe encore aujourd’hui sous nos yeux, ce qui a eu lieu à Siloé et que nous lisons ou entendons dans les médias tous les jours, est la conséquence de nos fonctionnements désordonnés.

Notre premier réflexe est de vouloir connaître les pourquoi, les comment, les coupables… nous voulons savoir et comprendre.

Je ne peux admettre que certains puissent, aujourd’hui encore, en vouloir à Dieu en l’accusant de tous les maux, en pointant le doigt sur lui plutôt que de reconnaître avec humilité notre responsabilité individuelle et collective.  

Il n’y a pas de justice divine là-dedans.

Les gens s’attendaient probablement à ce que Jésus condamne les actes mauvais et méchants de Pilate. Au lieu de cela, Jésus les a écoutés et leur a laissé le temps de vider leur sac, le temps de dire leur malheur. Ensuite il les a appelés à se repentir c’est-à-dire changer le regard que l’on porte sur Dieu et sur soi.

C’est notre manque de confiance, notre repli sur soi, notre autosuffisance, notre réticence à se laisser toucher, une lenteur du cœur qui pose problème.

Dieu ne peut forcer les consciences. Le cœur aussi doit se mettre en route et il n’y a que le regard d’un amour qui tient bon qui va me permettre d’entrer peu à peu dans une autre voyance.

On peut dire que Jésus nous invite à une autre logique. Cessez, nous-dit-il, de regarder les autres pour trouver les causes du mal : les étrangers qui augmentent le chômage, les réfugiés qui causent l’insécurité, les fonctionnaires qui accentuent la dette publique, les industries qui polluent la planète… Regardez votre responsabilité du moment, là où vous êtes, et ce que nous pouvez faire maintenant pour que les figuiers de notre terre portent du fruit.

Comment pouvons-nous creuser en nous et nourrir la terre de notre vie, de notre famille, notre communauté et de la société ?

Voilà sans aucun doute la question que nous pouvons nous poser.

Oui, la réponse chemine en silence dans la conversion de notre manière de regarder, de penser et d’agir, dans l’écoute d’une parole de vie qui invite à la confiance, l’espérance et l’amour.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur notre Dieu, Toi la Source de la vie, toute joie nous vient de toi. Dans la foi et la confiance, accueillons ces paroles d’un évangile difficile à entendre car elles sont aussi des paroles de bienveillance. Tournons notre prière vers Celui qui est notre Père.

Raymond le 24 octobre 26

vendredi 23 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e vendredi TO-II Luc 12, 54-59 ; Éphésiens 4, 1-6 Psaume 23

Homélie

Nous consultons la météo avant de sortir : quelques nuages sur l’application, et nous prenons un parapluie ; un rayon de soleil annoncé, et nous changeons de veste. Nous savons assez bien lire les signes du ciel quand il s’agit de ne pas être trempés. Mais sommes-nous aussi attentifs aux signes qui nous entourent et qui concernent notre manière de vivre ensemble ?

 

C’est la question que Jésus pose à ses contemporains. Ils savent interpréter l’aspect du ciel, mais ne discernent pas ce qui se joue au moment présent. Ils regardent les nuages, mais ne voient pas l’urgence de la conversion. Nous pouvons faire pareil : commenter les événements du monde, analyser les crises, déplorer les divisions… sans nous demander ce que ces réalités nous appellent à changer, personnellement et concrètement.

 

Le pape François, méditant précisément sur cet Évangile, rappelait que « les temps changent et nous chrétiens devons changer continuellement », tout en demeurant solides dans la foi au Christ et dans la vérité de l’Évangile. Il invitait à faire silence, à observer, à réfléchir et à prier pour reconnaître ce que Dieu nous demande à travers les événements. Discerner les signes des temps, ce n’est donc pas jouer aux devinettes : c’est laisser l’Évangile éclairer notre manière d’habiter le monde.

 

Et Jésus poursuit avec cette image de l’homme qui se rend devant un juge. Il l’invite à chercher un accord avant qu’il ne soit trop tard. Voilà un signe très concret à discerner : les tensions qui s’installent, les conflits que nous laissons traîner, les paroles blessantes que nous ne réparons pas. Nous savons parfois très bien reconnaître les torts des autres, mais nous tardons à faire le premier pas vers la réconciliation. Jésus nous presse : pourquoi attendre que le conflit se durcisse ? Pourquoi remettre à demain une parole qui pourrait ouvrir un chemin ?

 

Saint Paul nous indique comment avancer : « En toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres avec amour. » Il ne dit pas que nous devons être tous semblables, ni que les désaccords vont disparaître. Il nous rappelle que nous appartenons à un seul Corps, que nous avons un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. L’unité n’est pas l’uniformité ; elle est un don à accueillir et une tâche à vivre. Elle demande de renoncer parfois à avoir le dernier mot pour préserver ce qui nous unit.

 

Le psaume pose alors une question décisive : « Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? » Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur. La foi ne consiste donc pas seulement à regarder vers Dieu, mais à laisser notre manière de traiter les autres devenir le lieu où nous le rencontrons.

 

Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à ouvrir les yeux sur les signes qui nous entourent et sur les conversions qu’ils rendent nécessaires. Peut-être qu’un conflit attend un premier pas, qu’une habitude doit changer ou qu’une situation injuste demande notre attention. Ne nous contentons pas de prévoir le temps qu’il fera. Demandons à l’Esprit de nous apprendre à discerner le temps qu’il est venu de vivre : un temps pour écouter, pour nous réconcilier et pour faire grandir l’unité.

Pierre Hannosset le 23 octobre 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/vendredi-de-la-29eme-semaine-du-temps.html

jeudi 22 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e jeudi TO-II Luc 12, 49-53 ; Éphésiens. 3, 14-21

Introduction

Saint Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, explique que par la foi, le Christ habite en nous. Alors, nous sommes enraciné(e)s dans l'amour du Christ, Amour qui dépasse toute connaissance.

En saint Luc, Jésus dit qu'il est venu apporter un feu sur la terre, il voudrait qu'il soit déjà allumé.

Il dit aussi qu'il est venu mettre la division sur la terre... On peut se demander où est la Bonne nouvelle dans ce texte ?

Comme saint Paul qui tombe à genoux devant le Père, rendons gloire à Dieu en chantant les psaumes.

 

Après l’Évangile

Le lien entre les deux Lectures de ce jour, c'est l'Amour.
En saint Luc, Jésus vient mettre un feu, de quel feu s'agit-il ? Un feu qui transfigure ? qui réchauffe ou au contraire qui détruit, qui brûle ? Parfois on dit qu'il faut entrer dans le feu de l'action, Jésus sait qu'il va devoir mourir pour nous, il voudrait que ce feu soit déjà allumé. Il dit qu'il doit recevoir un baptême, ce n'est pas LE baptême puisque Jean Baptiste l'a déjà baptisé par l'eau alors, de quel baptême s'agit-il ? Il y a une autre expression dans la langue française qui parle de « baptême du feu » pour les soldats qui se trouvaient au front, face à la mort...
Jésus est angoissé, il sait qu'il va se trouver « face à la mort » qu'il va traverser, mais par son amour pour nous, il ne recule pas, le Fils de Dieu sait qu'il ressuscitera trois jours plus tard mais (j'espère ne pas blasphémer en disant cela) en tant qu'homme qu'il est, ne peut-il être angoissé ? Avoir des doutes ?
Il dit aussi qu'il est venu mettre la division et non la paix. Il est clairvoyant, il suffit de regarder autour de nous, chacun, chacune avec ses convictions différentes, sa religion. Même au sein de l'Eglise, il y a des divisions mais je trouve qu'il est quand même venu apporter la paix en chacun(e) de nous, la paix, la joie de se savoir aimé(e), « alors nous serons comblé(e)s jusqu'à entrer dans la plénitude de Dieu » dit Saint Paul qui nous parle de cet immense amour du Christ dans lequel nous devons rester enraciné(e)s pour en comprendre toutes les dimensions, hauteur, largeur etc.
Être chrétien, c'est parfois exigeant mais nous avons en nous un sauveur, le feu de l'Esprit saint. Que notre foi embrase la terre !
« Dieu réalise en nous infiniment plus que ce que nous pouvons demander ou même concevoir »
Prenons quelques instants pour réfléchir à tout ce que Dieu met à l'oeuvre en nous et à l'exemple de saint Paul, rendons lui gloire !

 

Invitation au Notre Père

Jésus notre frère nous a fait connaître un Dieu Amour, un Dieu Père.
Chantons la prière qu'il nous a apprise.

Danièle le 24 octobre 2024

mercredi 21 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e mercredi TO-II Luc 12, 39-48

Les héritiers : sur le seuil ?

Méditation

« A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

Ce dernier verset de l’évangile de Luc, nous le connaissons « bien ». C'est tellement vrai !

Mais en préparant ce commentaire, ce sont les versets précédents qui m’ont frappée (Luc 12, 42-44).

Pierre vient de demander : « Seigneur, cette parabole, est-ce pour nous ou pour tous ? » Jésus répond en racontant l'histoire d'une maison confiée à un intendant :

« Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !

Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens ».

La récompense du serviteur, c’est que le maître lui confie tout !

Qu’a-t-il fait pour mériter cela ? Rien de spécial. Il a simplement donné aux autres leur ration de nourriture en temps voulu. Justice élémentaire ! Devoir strict, pour que chacun puisse vivre.

C’est à cet homme-là que le maître remet tous ses biens.

Ses biens… On pense à un patrimoine qu’il faut préserver, à sécuriser, à faire fructifier. Mais dans cette maison-là, les biens sont les ressources qui nourrissent.

L’intendant n’agit pas comme un propriétaire qui accumule. Il est le serviteur par qui la vie circule. 

Le maître confie donc sa maison à celui qui veille à ce que personne ne manque de rien, à ce que les autres y trouvent de quoi vivre, à ce que chacun ait sa part.

Prendre soin des biens du Seigneur, c’est ainsi veiller à ce que chacun puisse recevoir sa part de ce que Dieu veut donner à tous.

Prendre soin de cette part-là, c'est entrer dans toute la générosité de Dieu.

Dans la lettre aux Ephésiens, Paul dit que Dieu partage ses richesses avec toutes les nations. Il utilise des mots très forts : nous sommes co-héritiers, membres du même corps, associés à la même promesse. Cette promesse-là. L'héritage est partagé.

Cela nous questionne. Cela interroge aussi l’Eglise elle-même. Traitons-nous les autres comme des co-héritiers, ou décidons-nous qui a sa place ? Permettons-nous à chacun de nourrir sa foi et d'apporter ses dons ? Ou demandons-nous à certains de se faire tout petits, de taire leur histoire, pour avoir le droit d'entrer ?

Nous connaissons tous quelqu’un qui est resté sur le seuil : une personne divorcée, un couple de même sexe, un jeune qui ne trouve pas sa voie, une famille, des enfants, un étranger qui restent en retrait.

Nous avons reçu beaucoup : la connaissance de l'Évangile, la promesse d’un même héritage, les sacrements, des responsabilités pastorales. Ce qu’on nous demande est à la hauteur de ce don : vivre et servir à la hauteur de cette ouverture. Car la grâce de Dieu déborde nos frontières et nos critères humains. Elle nous engage envers chacun, et particulièrement envers ceux qui restent sur le seuil. C'est exigeant. Très exigeant.

Le texte de l’Evangile ne cache pas l’enjeu. Juste après le serviteur fidèle, Jésus évoque l’autre serviteur, celui qui se met à maltraiter les autres parce que le maître tarde. La fidélité se joue dans l’attente, au jour le jour, dans les gestes ordinaires.

« A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

Finalement, ce dernier verset parle d’une confiance : celle qui nous est donnée.

Et la question devient : « Nous qui connaissons cette générosité de Dieu, nous à qui il a tout confié, qu’en faisons-nous pour les autres ? Tous les autres ? »

Isabelle le 21 octobre 26

mardi 20 octobre 2026

Liturgie de la Parole 29e mardi TO-II Luc 12, 35-38

Méditation

L’évangile de ce jour fait suite à une série de consignes données par Jésus à ses disciples – que la liturgie ne nous a pas fait lire – et qui se rapporte directement à la petite parabole lue hier, celle de l’homme riche qui thésaurise pour lui-même et non pour Dieu. Jésus demande à ses disciples d’avoir confiance en Dieu pour les besoins corporels, de ne pas se soucier en vain car Dieu sait ce dont nous avons besoin mais de chercher avant tout le Royaume de Dieu et sa justice. Puis, il leur demande de ne pas faire de réserves – ceci nous rappelle l’épisode de la manne au désert ou le pain de chaque jour dans la prière du Notre Père – car notre vrai trésor est dans les cieux et où sera notre coeur sera notre trésor.

 

Aujourd’hui, Jésus poursuit son enseignement aux disciples avec une autre petite parabole sur la nécessité de veiller. Veiller mais pas n’importe comment, veiller à la manière des serviteurs qui attendent leur maître à son retour des noces. Cette vigilance demande d’ignorer l’heure du retour, d’être en tenue de service, c’est à dire d’avoir les reins ceints – comme les Hébreux à leur départ de la terre d’Egypte -, d’avoir une lampe allumée – allusion aux vierges sages.

 

Dans quel but et pourquoi les serviteurs attendent ? Ils attendent pour ouvrir la porte quand leur Maître frappera et pour le servir.  Belle attitude approuvée et reconnue par le maître puisque Jésus déclare : « Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller », et à la fin de notre passage : « Heureux sont-ils » d’être trouvés ainsi à l’arrivée de leur maître.

Le bonheur, la béatitude se trouveraient-ils dans l’attente et le service ? Car que fait le maître : il se ceint les reins et sert les serviteurs qui ont pris place à table. Renversement de situation. Peut-être geste prophétique ? Puisque dans l’évangile de Jean au ch. 13 nous voyons que Jésus se lève de table, se ceint les reins avec un linge et lave les pieds de ses disciples. Lorsque qu’il a terminé il leur dit : Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. (Jean 13, 13-14. 16-17).

 

Renversement de situation mais pas des rôles. Le maître demeure le maître et les serviteurs des serviteurs car les serviteurs tout en étant servis font encore la volonté du maître, c’est lui qui est le sujet de l’action, c’est lui qui les sert.

 

Que veut nous dire Jésus par cette courte parabole ?

Les serviteurs veillent, ils attendent : ils attendent leur maître, c’est pour lui qu’ils veillent. Ils n’ont qu’une hâte c’est que le maître revienne pour le servir. C’est là leur bonheur : « heureux seront-ils ». 

Et nous qui attendons-nous ? Quel bonheur attendons-nous ?

 

Les serviteurs s’attendaient à servir et c’est le maître qui les sert.  C’est Dieu le maître, c’est lui qui dit et qui donne la béatitude, le bonheur. Il donne non selon les services rendus mais selon ce qu’il est : il donne à la mesure de son coeur et celui-ci est infini. Servir est ce qui montre le mieux qu’il est le maître. Et c’est peut-être là le renversement : découvrir que le service fait de nous des maîtres à la manière de Jésus.
Jésus a dit : « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir et donner ma vie en rançon pour la multitude » (Matthieu 20, 27).

Que l’Esprit nous aide à voir qu’en servant nos frères et sœurs, nous pourrons, nous aussi donner la vie et connaître le vrai bonheur.

Sr Jean-Baptiste le 20 octobre 26