mercredi 10 juin 2026

Liturgie de la Parole 10e mercredi TO-II Matthieu 5, 17-19 1Rois 18, 20-39

Introduction

Quel Dieu voulez-vous servir ? Baal ou le Dieu d’Israël ? Choisissez mais ne dansez pas pour l'un et pour l'autre. C'est en ces termes que le prophète Elie s'adresse au peuple d'Israël convoqué par le roi Acab en présence des prophètes de Baal. Après les sacrifices offerts à Baal et au Seigneur, le peuple reconnaîtra qu'il n'y a pas d'autre Dieu que le Dieu d'Israël.

Dans l'évangile Jésus nous dira que la loi du Sinaï n'est pas dépassée ni l'enseignement des prophètes mais qu'il est venu pour les mener à leur achèvement. Chantons la dernière partie du psaume 118 qui est l'éloge de la loi divine  

 

Méditation

« je ne suis pas venu abolir la loi et les prophètes mais accomplir ». 
Qu’est-ce que la Loi ? Ce sont les cinq livres de la Torah qui contiennent le code de l’Alliance, appelé « les dix commandements » ou dix paroles. La loi est là comme une balise pour nous aider à avancer sur la route, à aller dans la bonne direction et ne pas emprunter des chemins de traverse.

 Le cœur de cette Loi était et demeure « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… et ton prochain comme toi-même. » selon la réponse de Jésus à la question des pharisiens qui l'interrogeaient sur le plus grand commandement en Mt 22, 37-39. Ce que Jésus demande ce n'est ni une simple connaissance de la loi, ni une observance tout extérieure mais sa mise en pratique, en fait avoir un cœur comme le sien qui aille jusqu'au bout de l'amour. « Jésus ayant aimé les siens...les aima jusqu'à la fin » nous rapporte St jean au chapitre 13 de son évangile. Jésus ne change pas la loi, il l'embellit, la remplit d'amour, il la porte à son achèvement et au terme de sa vie il pourra dire sur la croix : « Tout est accompli. »

 

Qu'en est-il pour nous ?  Nous est-il possible de vivre la loi d'amour jusqu'au bout ? Laissés à nos seules forces nous en sommes bien incapable. Mais nous venons de célébrer la fête de la Pentecôte où l'Esprit, le « souffle d'Amour » a été répandu en abondance, les dons qui nous ont été donnés resteront-ils sans effets ?
Dans un commentaire de ce passage d'évangile - site Nicodème- j'ai trouvé cette image qui me parle : la loi, c'est la terre du potier qui fabrique un pot, elle nous constitue mais elle a besoin d'être mise en forme pour qu'apparaisse « l'œuvre d'art » que nous sommes. Une œuvre unique, créées à l'image et à la ressemblance de Dieu.  L'image est gravée en nous mais la ressemblance a été perdue. Comment allons-nous la retrouver ? Ressembler à Jésus n'est-ce pas notre désir le plus cher. Nous y sommes appelés certes mais cela nous dépasse. Alors, laissons-nous conduire par l'Esprit comme le dit St Paul car par l'Esprit qui travaille en nous, qui nous façonne, la ressemblance va s'affiner de plus en plus à mesure que nous laisserons l'Esprit d'Amour nous transformer souvent à notre insu.

Une citation de Lytta Basset trouvée dans ce même commentaire peut aider à faire résonner ce texte d'évangile :

"Le souffle d'amour c'est quand nous regardons notre personne comme une œuvre d'art en cours de réalisation, pour nous donner les mêmes formes que "l'icône de Jésus", une icône de l'amour accompli. Pour nous l'icône de notre personnalité, à la ressemblance de l'amour, est en plein chantier. Elle est pour ainsi dire notre horizon. Le Souffle d'Amour a mis à notre horizon notre accomplissement en amour. Nous marchons vers cette œuvre d'art, sculptée par l'amour, qui nous précède !...

Laissons l'Esprit nous façonner et nous sculpter pour retrouver la ressemblance perdue.

 

Notre Père

Ensemble prions le Père avec les mots que Jésus le Fils bien aimé nous a donné...

 

Conclusion

Jésus tu es venu sur terre, tu as accompli la loi par la parole mais aussi par tes actes en guérissant et en sauvant. Que cette loi d’amour nous aide à avancer sur la route à ta suite, qu'elle nous transforme au plus profond de notre être pour retrouver la ressemblance avec toi qui vis et règne avec  le Père et l'Esprit d'Amour pour les siècles des siècles.

Sr Jean-Baptiste le 8 juin 22

mardi 9 juin 2026

Liturgie de la Parole 10e mardi TO-II Matthieu 5, 13-16 ; 1 Rois 17, 7-16

Méditation 

En ce jour nous fêtons saint Ephrem, surnommé, la harpe du Saint Esprit. Le chant d'entrée lui convient vraiment bien:  "Qui peut saisir le langages des étoiles; qui peut surprendre la musique des âmes, qui saura d'un coeur assez libre connaître la parole de la vie? Celui que ton Esprit habite, Seigneur, accueille les secrets du Père." (Texte : C.F.C, Musique : Hurtebise)

« Le torrent où buvait le prophète Elie finit par être à sec ». C’est l’image de qui ne se nourrit plus de la Parole et du lien avec le Seigneur, ce qui est le cas du peuple et de son roi qui se sont détournés de Dieu en se tournant vers les idoles.

Puisqu’il n’y a plus moyen de vivre en Israël, le Seigneur envoie Elie à l’étranger et c’est une pauvre veuve que le Seigneur a chargé de le nourrir. Pas dans une grande ville, mais dans un petit endroit dont on ne parlera plus ensuite dans la Bible, autant que je sache, sinon en Luc 4, 24-26.

Cette veuve a faim, elle va mourir à cause de sa pauvreté. La sécheresse et la famine se font durement sentir. Pourtant elle a cette phrase magnifique « je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu » ! Elle reconnaît en Elie un Israélite dont le Dieu est vivant.

Cela m’a fait penser à la phrase de saint Paul dans la deuxième aux Corinthiens « Dieu… a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ » (2 Corinthiens 5,6).  Le Seigneur s’est déjà révélé à elle et elle l’a accueilli… ce qui met encore davantage en lumière le fait que le peuple d’Israël s’est détourné du Seigneur.

La réponse d’Elie paraît un peu égoïste : c’est un peu « sers-moi d’abord et ton fils et toi aurez ce qui restera ! » Mais elle est introduite par « n’aie pas peur » ! C’est une invitation à entrer dans la confiance. Et cette confiance ils vont la vivre tous les trois durant tout le temps de la sécheresse et de la famine : « Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie. » Autrement dit, c’est tous les jours qu’ils ont dû faire confiance que la petite provision ne s’épuiserait pas. Le Seigneur ne leur pas donné une grande réserve, mais la nourriture quotidienne.

Il agit de même avec nous, avec chacun : il nous donne sa Parole chaque jour et chaque jour je peux m’abreuver à cette source sans jamais qu’elle ne s’épuise.

 

Le lien avec l’Évangile ? Le sel et la lumière ! Elie, cette femme et son fils n’ont pas perdu leur saveur. Ont-ils rayonné autour d’eux ? Nous ne le savons pas.

Je vous cite quelques extraits du commentaire de Wolfgang Trilling, exégète catholique allemand (1925-1993):

Les versets qui précèdent immédiatement en Matthieu « ont montré de manière particulièrement évidente que rien ne sera épargné aux disciples, qu’ils devront se préparer aux tâches les plus rudes, aux fardeaux les plus lourds. La recherche du Royaume de Dieu n’apportera que des outrages et des persécutions. Mais si tout cela est accompli, les disciples seront « le sel de la terre »

(…) Le sel est comme une force intérieure de la nourriture, de toute la nourriture que nous prenons. (…) Comme la nourriture a besoin de sel, la terre elle aussi en a besoin, c’est-à-dire toute l’humanité. Elle attend d’être assaisonnée et fortifiée. C’est la vocation des disciples de le faire. S’ils réalisent ce qui vient d’être dit, s’ils sont doux et miséricordieux, s’ils sont artisans de paix et s’ils jubilent parmi toutes les persécutions, alors ils seront vraiment la force de cette humanité qui a perdu sa saveur.

(…) C’est une vocation élevée, glorieuse, pour le disciple lui-même et pour tous les hommes, d’être ainsi le sel de la terre. Mais c’est une vocation qui peut être manquée, qui peut perdre sa vigueur, qui peut se perdre dans l’indifférence, qui peut sombrer, qui peut ne plus servir à rien, qui peut être finalement l’objet du châtiment… » [1]…et ce fut le cas du peuple d’Israël au temps d’Elie.

Jésus invite donc ses disciples à rester vigilants !

L’autre image est celle de la lumière. En saint Jean, Jésus disait de lui-même qu’il est « la lumière du monde » (Jean 8,12). Ici il dit aux disciples qu’ils le sont ! Ils n’ont pas à s’en glorifier !  Ils ne le sont qu’en étant étroitement unis à Jesus… et en ne cachant pas la lumière sous le boisseau : une énorme mission et une responsabilité. Qu’elle ne nous écrase pas, mais qu’elle suscite notre désir de le laisser nous habiter de plus en plus profondément par Jésus. Car n’est-ce pas plutôt Lui qui agit et qui fait rayonner sa lumière par ses disciples ?

Seigneur que ta Parole nous fortifie et nous éclaire. Que, par Toi, nous ayons du sel en nous-mêmes. Que ta Présence illumine nos cœurs, nos vies, les fortifie et rayonne pour ta plus grande gloire et le salut du monde


Invitation au Notre Père

« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Par Jésus sel et Lumière du monde, nous nous tournons vers Toi, Père, pour te chanter en communion avec tous les chrétiens… Notre Père

Sr Marie-Christine le 9 juin 26

 



[1] W. Trillingl’évangile selon Matthieu, Desclée collection Parole et prière, Paris 1971, p.113-116