Liturgie 3 novembre solennité de saint Hubert Matthieu 9, 35-38 ; Ezéchiel 3, 16-21 ; Psaume 95 ; 1 Corinthiens 9, 16-19. 22-23
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| Statue de St Hubert dans la basilique |
Homélie
Si je vous posais la question : pourquoi êtes- vous ici ?
La réponse par défaut : c’est pour être à la suite du Christ, n’est-ce pas ?
Ce n’est pas pour mendier ! C’est vrai que vous mendiez, mais ce n’est pas pour ça ! C’est pour être à la suite du Christ. Mais alors qu’est-ce que vous faites ici si vous êtes à la suite du Christ ?
L’évangile nous dit que Jésus parcourt les villes et les villages, tous ! Et vous vous faites le choix… de rester ici, et d’être à la suite du Christ en étant ici. Ne serait-il pas mieux que vous soyez des missionnaires, vous promenant à gauche et à droite pour annoncer l’évangile comme Jésus nous invite à le faire.
On se trouve peut-être avec une
certaine difficulté. Et c’est pour ça qu’il est toujours utile d’avoir d’autres
textes d’Évangile ou des Écritures qui nous aident à mieux comprendre ce que
Dieu veut pour chacun, chacune de nous.
Hier, vous le savez, c’était la
fête des morts et on avait le droit de choisir l’Évangile à prier. Prions en
Église en a pris un, moi, j’en ai pris un autre. Hier le texte que j’ai
pris c’était le passage dans saint Jean dans le discours après la Cène, où Jésus
nous dit qu’il va préparer une demeure pour nous, dans la gloire. Et c’est
peut-être cela la piste que l’on peut prendre pour mieux comprendre. La
demeure, c’est chacun, chacune, qui a la sienne, chacun, chacune, qui a son
chemin qui est unique. C’est une relation qui est unique. Et que certains,
comme les jésuites, nous sommes appelés à aller sur tous les rivages du monde et nous sommes servant de nos frères, et ça coûte cher. Il y a d’autres, c’est de rester à
la maison. De rester là où ils doivent s’enraciner. Et que leurs villes, leurs
villages, en réalité ce n’est pas des lieux géographiques, mais ce sont les
personnes qui arrivent avec des histoires de vie qui peuvent être difficiles,
qui peuvent être anarchiques, loin de l’évangile. Ces personnes qui
viennent ce sont des villages, et c’est à eux que vous avez à enseigner
l’Évangile. Les groupes qui viennent ce sont vos villes, qui viennent ici pour
trouver un chemin, trouver leur chemin, qui va les conduire au Christ,
qui va les conduire à Dieu.
Et ce que nous avons à faire,
pour chacun, chacune, c’est d’essayer de les guérir, de les emmener par une
voie de guérison, dans une voie où ils seront capables de discerner ce qui est
le mieux pour eux, qui sera leur chemin vers Dieu.
Je ne crois pas en l’opposition
entre ceux qui se promènent partout et ceux qui sont stables dans un lieu.
Chacun, nous sommes envoyés à des hommes, des femmes particulièrement. Et non
pas de faire le vagabond, de faire celui qui passe et que ni demeure itou.
C’est essayer d’aider l’autre à trouver son chemin, pour qu’il puisse demeurer
en Dieu.
Et justement Jésus nous révèle
que tous ces hommes, toutes ces femmes, là où nous avons à les rencontrer sont
des égarés qui errent. Parce que les valeurs qui nous sont proposées
par notre monde sont des valeurs qui nous perdent, ce sont des valeurs qui en
réalité nous mènent dans un cul-de-sac. C’est le moi. Et remarquez comment on
utilise ce mot : moi, moi, moi et moi. Alors que nous sommes invités à
être au service. Et c’est pour ça que Jésus nous dit qu’il faut prier pour que
le maître envoie des ouvriers. Et ces ouvriers peuvent être recrutés n’importe
où. Et nous en avons un exemple avec saint Hubert aujourd’hui, cet homme qui
vivait pour le plaisir, la chasse, le pouvoir, l’argent, la bonne bouffe. Et
qui, au détour d’un sentier, fait une rencontre bouleversante, qui va venir le
convertir, changer son cœur, changer sa manière de voir, sa manière de vivre.
Et qui va se donner ensuite au service de l’Évangile, et qui sera évêque, et va
même rentrer l’évêché de Maastricht à Liège et l’amène de Hollande en Belgique,
même si à l’époque ça n’existait pas encore. Et c’est ici aussi qu’il est revu
pour nous montrer l’importance d’être témoins, d’être au service.
Et c’est justement le sens de notre vocation profonde, à chacun, chacune de nous, que nous soyons religieux, religieuse, baptisé, tous nous avons à proclamer l’Évangile. Et l’Évangile… on pourrait se demander : c’est quoi ? Parce que, cherchez dans tout l’Évangile, on ne dit jamais exactement c’est quoi. On raconte beaucoup d’histoires, des paraboles, on ne dira pas ou jamais qu’est-ce que c’est exactement que cet Évangile. Comme, encore aujourd’hui, « Proclamez l’Évangile du Royaume ».
Mais l’Évangile du Royaume c’est tout simplement de rappeler à chacun, chacune, que Dieu nous aime, il nous aime tels que nous sommes ; il nous aime avec nos qualités et nos défauts, notre histoire sainte et notre histoire de péché. L’amour inconditionnel de Dieu. Et c’est peut-être le message que nous avons à redire à tous les hommes et à toutes les femmes que nous rencontrons : ils sont aimés de Dieu. Et c’est grâce à cet amour qu’ils pourront se convertir. Et non pas parce qu’ils arriveront par là des manières de faire. C’est l’amour, c’est l’amour qui les convertit.
Prions donc aujourd’hui les uns
pour les autres, les uns avec les autres, afin que nous puissions être ces
témoins de cet amour de Dieu, et que toutes les villes et villages, donc toutes
les personnes et tous les groupes qui viennent ici, nous puissions leur
transmettre ce message ; et qu’ils puissent repartir d’ici avec cette
certitude qu’ils sont aimés, tels qu’ils sont.
Ce qui adviendra après ces sont
l’œuvre de l’esprit. Laissons-lui son mot.
Prions donc pour que nous
puissions obtenir cette grâce.
Père Patrice Proulx,
jésuite, Hurtebise le 3 novembre 25

