samedi 31 octobre 2026

Liturgie 30e samedi TO-II Luc 14, 1. 7-14 ; Philippiens 1, 18b-26 ; Psaume 41

Élevé

Homélie

Les futurs mariés me disent souvent qu'une des choses les plus difficiles pour le jour de leur mariage, ce sont les places à table ... Qui sera à la table d’honneur ? Qui sera près de qui ? Et gare à celui qui découvre, en arrivant, qu’il est placé tout au fond alors qu’il se voyait déjà près des personnes importantes ! Nous sourions, mais cette petite comédie révèle quelque chose de profondément humain : nous aimons être reconnus, remarqués, considérés.

 

Jésus observe les invités qui choisissent les premières places et leur raconte une parabole. Il ne donne pas simplement un conseil de savoir-vivre pour éviter une humiliation publique. Il touche à une question plus profonde : pourquoi avons-nous tant besoin de nous placer au-dessus des autres ? Pourquoi notre valeur dépend-elle si souvent du regard qu’ils portent sur nous ? Le pape François le soulignait : « Cette course aux premières places fait mal à la communauté, tant civile qu’ecclésiale, parce qu’elle nuit à la fraternité. » * Si on recherche toujours la reconnaissance, l'autre finit par devenir un concurrent. 

 

Paul nous propose un tout autre regard. Il écrit depuis la prison et s’interroge sur la possibilité de mourir ou de continuer à vivre. « Pour moi, vivre c’est le Christ », affirme-t-il. Il pourrait désirer partir pour être auprès du Seigneur ; pourtant, il comprend que rester est nécessaire pour ses communautés. Il ne raisonne pas en fonction de ce qui lui apporterait le plus de prestige ou de satisfaction, mais de ce qui fera grandir la foi des autres. Épatant, non ?

 

Voilà une véritable humilité : non pas se mépriser, ni prétendre que nous ne valons rien. Ça, c'est du misérabilisme ... Non, la vraie humilité, c'est de ne plus avoir besoin d’être au centre pour trouver notre joie. Paul sait ce qu’il désire, mais il est prêt à demeurer là où l’amour le rend utile. Il découvre que sa vie prend son sens lorsqu’elle devient un don.

 

Le psaume exprime cette même orientation à travers une soif profonde : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. » Peut-être est-ce là que se trouve la racine de notre agitation. Nous cherchons parfois dans les honneurs, les compliments et les premières places ce que seul Dieu peut nous donner : la certitude que notre vie a du prix. Quand nous nous savons aimés de lui, nous pouvons laisser à d’autres la place d’honneur sans avoir l’impression de perdre la nôtre. J'ai un prix incroyable aux yeux de Dieu ...  C'est bien plus, que la première place aux élections !

 

Jésus nous dit de choisir la dernière place. Il ne nous invite pas à jouer les modestes pour être finalement remarqués et appelés plus haut ! Il nous apprend à vivre sans calculer sans cesse notre rang. Dans le Royaume, la vraie grandeur consiste à se recevoir de Dieu et à se rendre disponible aux autres.

 

Celui qui n’a plus besoin de gagner toutes les premières places devient enfin libre d’aimer. Et cette liberté-là est déjà une joie du Royaume.

 

* Angélus du 1er septembre 2019

Pierre Hannosset le 31 octobre 26

https://padrepierre.blogspot.com/2026/10/samedi-de-la-30eme-semaine-du-temps-de.html

vendredi 30 octobre 2026

Liturgie 30e vendredi TO-II Luc 14, 1-6

Méditation

L’évangile d’aujourd’hui ressemble à celui de lundi. Nous sommes le Shabbat, et l’on veut voit si Jésus va guérir un homme, et donc en quelque sorte travailler, en ce jour de repos sacré.

Les choses changent toutefois par rapport à lundi. Aujourd’hui, il s’agit d’un homme, non d’une femme ; la scène se passe dans une maison, non dans une synagogue ; et la maladie semble être une simple pathologie, non l’effet d’une action directe du démon.

Lundi, l’évangile nous invitait à percevoir l’urgence vitale qu’est le besoin de Dieu en chacun, et combien cette urgence vitale s’impose par rapport au repos sabbatique.

Aujourd’hui, Jésus recentre donc la problématique sur la maladie elle-même.

En posant la question « est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du Shabbat ? », Jésus semble au fond nous demander si la souffrance humaine n’est pas en tant que telle une urgence vitale.

Finalement, comment entrer dans le repos du septième jour si la souffrance et la maladie d’un être humain semblent le maintenir dans une espèce de sixième jour inachevé de la Création ?

Il est bon et nécessaire de sanctifier le jour du Seigneur par le repos sabbatique, mais Jésus lui-même n’entrera dans le grand repos qu’une fois allé au bout du don de sa vie sur la Croix. C’est le Samedi Saint que Jésus se repose, car sur la Croix il s’est fait proche de tous ses frères et sœurs humains.

Quant à nous, souvenons-nous de la dignité infinie de toute personne humaine, du commencement au terme de sa vie, et tâchons d’être mieux attentifs aux souffrances de nos frères et sœurs. Nous ne pourrons évidemment pas tout résoudre, et peut-être pas guérir notre prochain à la manière de Jésus. Mais nous pouvons tous être des témoins actifs et engagés de l’amour de Dieu pour tous.

Aujourd’hui, ayons peut-être une attention particulière pour une personne plus pauvre que nous, ou en souffrance. Au moins, prions pour elle, et demandons à Jésus de prendre soin d’elle.

Commentaire du Père Joseph Leleu RCF, le 31 octobre 2025

https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/si-lun-de-vous-a-un-fils-ou-un-boeuf-qui-tombe-dans-un-lc-14-16

jeudi 29 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e jeudi TO-II Luc 13, 31-35, Éphésiens 6, 10-20

Introduction

« Puisez votre énergie dans la vigueur de la force de Dieu » c'est ce que demande saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens. « Revêtez le combat donné par Dieu », ce n'est pas une lutte physique de corps à corps, mais bien une lutte spirituelle face aux forces du mal.

Et dans l'évangile de Luc, Jésus traite Hérode de renard. Il dit aux pharisiens venus le prévenir qu'Il fait des guérisons aujourd'hui et demain. Mais il prévient aussi qu'il arrive au terme. Vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne le jour où vous direz « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »

Dans le psaume, nous chanterons, « Béni soit le Seigneur mon rocher, il est mon allié, ma forteresse » !

 

Méditation

Aujourd'hui, Jésus reste ferme, il continue sa mission. Il accomplit des guérisons et « pourtant, les gens restent aveugles. Hérode veut le tuer, comme un simple homme, un fauteur de troubles. Les pharisiens aussi sont aveugles, ils lui conseillent de fuir comme un simple homme ». Jésus est certes un prophète, un prophète qui dérange et qui attire à la fois. (1)

 D'autres prophètes avant lui ont été tués. Mais Jésus répond qu'il doit continuer sa route aujourd'hui, demain et le jour suivant car « il ne convient pas qu'un prophète périsse en dehors de Jérusalem ... Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés » Pour nous, chrétiens du XXI° siècle, « cette lamentation du Seigneur provoque en nous une profonde tristesse à cause du conflit juif-palestinien. Pour nous, cette partie du Proche Orient est la Terre sainte » (2)

C'est la terre où Jésus a marché... C'est peut-être aussi pour cela qu'on voudrait tant que la paix règne entre Israël et la Palestine.

Dans cet extrait d'évangile, Jésus révèle le côté maternel de son Père, la tendresse de Dieu « Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous n'avez pas voulu » ...

« En s'adressant aux foules, à son peuple choisi, Jésus va plus loin. Ce n'est pas suffisant d'être un prophète pour eux. Il parle en tant que Dieu, … délaissé par ses créatures. C'est le cœur infiniment miséricordieux du Père qui parle en Jésus aux foules. Mais ces foules ne le reconnaissent pas. Même quand elles l'acclameront le jour des Rameaux en disant « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Elles le suivront comme un prophète et le tueront comme de nombreux prophètes avant lui. Où en sommes-nous dans notre foi?Comme Hérode qui pense que Jésus n'est qu'un homme parmi tant d'autres, la foi, une option parmi d'autres ? Ou sommes-nous comme la foule ? Jésus est un prophète, parfois elle le suit, parfois elle le renie ?

Laissons-nous toucher par ces mots : « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes » ... (1)

Jusquà ce que vienne le jour, « sachons nous aussi ne pas réagir violemment, demeurer bienveillant(e)s envers tous, y compris nos opposants. Vivons dans la confiance qu'une nouvelle forme collective pourra renaître qui donnera un sens collectif » (3)

 

(1)   Père Mattthieu Boo d'Arc, LC Meditations Regnum Christi.

(2)   Blog Passionnistes de Polynésie, Abbé Angel Eugeni PEREZ Sanchez (Barcelona Espagne)

(3)   Blog Jardinier de Dieu, Père Jean Luc Fabre.

Danièle le 29 octobre 26

mercredi 28 octobre 2026

Liturgie de la Parole 28 octobre Sts Simon et Jude Luc 6, 12-19 ; Éphésiens 2, 19-22

Médiation

Nous savons peu de choses de Simon et Jude… sinon qu’ils sont les derniers de la liste juste avant Judas ! Simon était quelqu’un plein du zèle, de feu, peut-être un ancien zélote, un fanatique qui voulait mettre dehors les Romains par les armes, et Jude est le fils de Jacques, c’est tout !

Je ne crois pas que dans le cœur de Jésus il y ait des derniers de liste… pour lui, chacun, chacune, est unique et important, importante.

D’ailleurs, nous savons l’essentiel : Ils étaient disciples, Jésus les a choisis après une nuit de prière et envoyés comme les autres apôtres. Ils font partie des fondations de l’Église dont parle Paul. Ils ont été appelés, comme nous le sommes aujourd’hui et chaque jour, à devenir une demeure de Dieu par l’Esprit saint.

Qu’est-ce qu’être disciple ? L’Évangile nous le dit : entendre Jésus et se faire guérir de nos maladies. Ces deux actions n’en font qu’une : à force de l’entendre et surtout de l’écouter, nous sommes guéris de nos maladies intérieures.

C’est aussi avoir soif de toucher Jésus parce qu’une force sort de lui et nous guérit tous.

C’est en fait avoir été touchés par Jésus. C’est cela qui unit cette foule d’origines diverses, et nous-mêmes si différents, si différentes, autour de Jésus la pierre angulaire. Nous ne sommes plus étrangers ni des gens de passage, mais devenons concitoyens en Jésus et surtout membres de la famille de Dieu.

 

Quelle est cette famille ? Ceux et celles qui ont été intégrés dans la construction dont parle saint Paul.

Dès l’origine ils étaient très divers. Je vous cite un extrait de l’audience que le Pape Benoît XVI avait consacrée aux saints Simons et Jude : « C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes ! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables :  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Église, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus. »[1]

Quand nous avons du mal à croire que cette construction s’élève harmonieusement demandons à Jésus d’ouvrir nos yeux, d’ouvrir nos cœurs et de nous apprendre à nous réjouir des différences et de la complémentarité des charismes. C’est Lui, le motif de notre cohésion, de notre communion fraternelle, c’est pour Lui que nous sommes là, chrétiens, chrétiennes, apprenant jour après jour à devenir ses disciples, ses apôtres. Et comme il le disait en réponse à la question de Jude : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » (Jean 14, 22-23)

Qu’Il augmente notre amour, nous aide à garder sa parole, à devenir de plus en plus les éléments d’une même construction et sa demeure.

 

Invitation au Notre Père

Seigneur Jésus tu as passé la nuit et de nombreux moments à prier : apprends-nous à prier le Père comme ses enfants et comme des frères et sœurs, membres de ta famille.

Sr Marie-Christine le 28 octobre 26

mardi 27 octobre 2026

Liturgie de la Parole 30e mardi TO-II Luc 13, 18-21

Méditation

Ce sont deux paraboles toutes simples que nous donne à méditer l’évangile de Luc aujourd’hui. Elles nous révèlent pourtant les merveilles de Dieu. Ces petits récits devraient nous étonner, nous bouleverser.

Jésus montre que le règne de Dieu advient à partir d’un tout petit geste humain. Le Christ emprunte des images au quotidien. Un homme sème une graine de moutarde, une femme enfouit du levain dans la farine. Ce sont des actes que l’on remarque à peine mais qui permettent de participer à la vie, qui demandent une certaine confiance en la vie qui va se multiplier à partir de ce petit rien. La graine va d’abord pousser, des oiseaux vont se poser sur l’arbre et y élever leurs petits. La pâte va lever et la femme nourrir sa famille. C’est à la fois ordinaire et merveilleux. Jésus ouvre ainsi nos yeux sur les miracles quotidiens de notre existence.

Nous renonçons parfois à réaliser une tâche, à nous engager dans un projet au service des autres. Nous doutons de l’utilité de nos efforts, nous craignons le manque de reconnaissance. Dans ces instants de découragement, nous ne voyons plus l’essentiel : Dieu est toujours à l’œuvre dans la création. Il nous demande seulement d’avoir confiance en cette vie, d’y participer avec amour et de garder l’espérance en la venue du Royaume. Comme la graine ou le levain, cette vie divine unie à l’humanité reste invisible, mystérieuse mais elle produit des fruits.

Si nous prenons le temps de contempler nos existences avec un regard de foi, nous verrons combien Dieu y est présent. Étonnons-nous qu’une rencontre banale nous ait apporté tant de lumière, qu’un moment difficile ait été source de joie. Le Royaume de Dieu, tel que Jésus le définit, est déjà à l’œuvre dans le monde, dans nos existences quotidiennes. Accueillons avec confiance la présence et la puissance de Dieu qui vient travailler en nos cœurs et y faire jaillir la joie du Royaume.

Hélène Labrunye le 24 octobre 2016

https://rouen.catholique.fr/diocese/articles/307248-commentaire-24-127-octobre-helene-labrunye/