samedi 17 janvier 2026

Liturgie de la Parole 1er samedi TO-II Marc 2, 13-17

 

Homélie

L’Évangile d’aujourd’hui commence par quelque chose de très simple : Jésus passe. Il passe dans une vie normale. Il passe dans une vie un peu bancale. Il passe dans une vie que d’autres jugent.  Vous avez bien entendu ; on ne dit pas que Jésus passe « pour » ; autrement dit, il n’a pas d’idée préconçue ; il s’abandonne au Père, et il va là où ses pas le mènent.  Il nous donne l’exemple des signes de temps.  Si toi, Père, tu me conduis là, c’est que là, il y a le Royaume.  Qu’est-ce qu’il voit ?  Un groupe de prières, des saintes personnes ? Il voit Lévi. Pas un regard qui scanne. Pas un regard qui critique. Un regard qui s’arrête. Avant de l’avoir inventé, il utilise déjà la méthode la JOC : « Voir – juger – agir ».  Il voit Lévi, il juge, c’est-à-dire, il discerne la présence du Royaume caché en lui.  Il agit.  Et c’est juste : « Toi. »

Et là, c’est surprenant. Parce que Jésus ne fait pas ce qu’on attendrait. Il ne dit pas : « Lévi, tu sais que ce que tu fais, ce n’est pas bien… » Il ne commence pas par une leçon. Il ne commence pas par une morale. Il dit juste : « Suis-moi. » Si tu suis l’évangile, si tu suis Jésus, tu feras toujours quelque chose de pas normal … Deux mots. Pas de conditions. Pas de contrat.

Et Lévi se lève. Comme ça. Sans savoir où ça va le mener parce que Jésus ne lui dit pas : « Suis-moi pour telle chose ou parce que telle chose ». Sans savoir ce qu’il va perdre. Sans savoir ce qu’il va devenir. Si ça, ce n’est pas la prière de l’abandon …

Et c’est là le truc incroyable de l’Évangile : Comme nous le méditons depuis le début de cette semaine, Dieu n’attend pas que tu sois parfait pour t’appeler. On croit souvent : Quand j’irai mieux, Dieu pourra m’aimer ; alors, il ne risque pas de commencer. Quand j’aurai réglé ma vie, je prierai ; je vous assure que je ne prierai jamais. Quand je serai à la hauteur, je suivrai Jésus ; et je peux vous dire que je ne serais pas prêtre.

Mais Jésus fait l’inverse. Il appelle avant. Il aime avant. Il fait confiance avant.
Je ne sais plus qui a dit : « Dieu t’aime tel que tu es, mais il t’aime trop pour te laisser tel que tu es. »
Ce n’est pas parce que Lévi change qu’il est appelé.
C’est parce qu’il est appelé qu’il peut changer.

Et Jésus ne reste pas à distance. Il ne dit pas : « Suis-moi… mais de loin. » Il va chez Lévi. Il mange avec lui. Avec ses amis. Avec des gens pas très fréquentable.  Il ira aux noces de Cana. Partager un repas, à l’époque, c’était dire : « Tu comptes. Tu as une place. »

Évidemment, les religieux, l’institution critiquent. Et Jésus répond cette phrase qu’on connaît bien : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin d’un médecin, mais les malades. »
Ça veut dire quoi ? Que Dieu n’est pas là pour les gens qui pensent aller bien. Il est là pour ceux qui reconnaissent qu’ils ont besoin d’aide. Pour ceux qui osent dire : « J’ai besoin de toi, Seigneur. » - « je n’aime pas bien, mais j’ai besoin de me laisser aimer par toi, Seigneur ».  Car, on peut deviner que Lévi n’avait pas beaucoup d’amis.  Sûrement pas ceux à qui ils réclamaient l’impôt.  Et ses seuls amis, c’étaient ceux de son milieu qui l’aimaient peut-être surtout pour l’argent dont ils pourraient profiter.  Il meurt d’amour ; alors quand quelqu’un lui montre de l’amour, il lâche tout  
Saint Jean-Marie Vianney disait : « La miséricorde de Dieu est comme un torrent : elle emporte tout sur son passage » et « nos péchés les plus graves sont une goutte d’eau face aux torrents de la miséricorde de Dieu »

Dieu n’a pas peur de nos fragilités. Il n’a pas peur de nos questions. Il n’a même pas peur de nos chutes. Ce qui compte, ce n’est pas d’être irréprochable. C’est d’être disponible.
Dans cette retraite, peut-être que Jésus passe très près de toi.
Peut-être qu’il te regarde. Et c’est pas peut-être, c’est sûrement.  Et il ne te dit une seule chose : « Suis-moi. »
Pas demain. Pas quand tu iras mieux. Aujourd’hui.
Parce que, comme disait sainte Thérèse de Lisieux : « La confiance seule conduit à l’amour. »

Alors aujourd’hui et surtout après-demain, quand on aura quitté la Flatière (1), on n’a pas besoin de grandes promesses. On n’a pas besoin de faire semblant. On peut juste faire comme Lévi : se lever un peu, ouvrir son cœur, et dire : « Seigneur, je te suis… fais le reste. ». Amen.

Père Pierre Hannosset (diocèse de Liège) 17 janvier 26


(1) Durant toute cette semaine, j'anime une seconde retraite à La Flatière sur le thème : "Amour, quand tu nous tiens"

https://padrepierre.blogspot.com/2026/01/samedi-de-la-1ere-semaine-du-temps-de.html 

vendredi 16 janvier 2026

Liturgie de la Parole 1er vendredi TO-II 

Marc 2, 1-12

Méditation

Voici de grands extraits du commentaire de Camille Focant (1) sur l’Évangile d’aujourd’hui. Tout d’abord c’est le seul passage de l’Évangile où la foi des autres est explicitement reconnue comme étant au bénéfice de quelqu’un. (Il y a d’autre passages où c’est implicite). « Alors que le dénouement attendu serait la guérison, la réponse de Jésus à cette foi surprend : il annonce une remise des péchés qui n’a nullement été sollicitée et que rien ne laissait prévoir… Du récit on ne peut déduire qu’être malade découle du fait d’être pécheur. Au lieu de se prononcer là-dessus, le récit présente Jésus en train de lever un obstacle à la guérison, comme si les péchés faisaient partie du handicap. Il s’adresse au paralytique en l’appelant « Enfant ». Il est remarquable qu’en dehors du cercle des disciples (10,24), Jésus n’adresse à personne d’autre ce terme qui marque une relation de filiation. Il donne ce nom au paralytique « au titre de la ‘foi’ et du pardon, d’une foi qui porte plus loin que sa personne, d’un pardon qui vient de plus haut que lui-même. Il salue un nouveau-né. Il lui révèle et lui ouvre une possibilité nouvelle d’exister » (Delorme 49). »
C’est ici la première apparition des scribes. « Et ils vont de suite contester l’autorité dont la parole de Jésus fait preuve. Nul ne sait la raison de leur présence en ce lieu, mais le narrateur précise leur position assis, dans une posture de notables… Leurs ruminations intérieures ne concernent pas le sens de la démarche des porteurs, mais uniquement la parole de Jésus, qu’ils isolent de son contexte et qui les scandalise… D’abord, les scribes se demandent pourquoi Jésus « parle » ainsi. C’est le même verbe que celui utilisé au v.2 pour dire que Jésus « parlait à la foule ». Ce rapprochement suggère le caractère libérateur de l’enseignement de Jésus. Sa parole d’autorité (v.10) démasque la puissance du péché qui asservit l’homme et le paralyse. Comme la suite du récit le montrera, elle a pour effet de remettre l’homme debout. Mais cette parole est blasphématoire aux yeux des scribes, dans la mesure où Jésus s’arroge une autorité qu’eux réservent à Dieu (voir Exode 34,6-7 ; Isaïe 43,25 ; 44,22). L’accusation est grave, puisque le blasphème servira de motif lors de la Passion pour juger Jésus « passible de mort » (14,64). Elle est cependant tempérée par le fait qu’elle n’est pas rendue publique.
Le narrateur met en lumière la perspicacité spirituelle de Jésus. Capable de voir la foi que cachait le geste des porteurs, Jésus put aussi entendre ce que les scribes gardent en leurs cœurs…l’autorité de sa parole de pardon est contestée et elle est difficile à démontrer… Jésus propose donc une épreuve… Certes la guérison visible n’apporte pas la preuve qu’il a autorité pour pardonner. Mais elle atteste la force de sa parole et elle rend crédible le fait qu’il puisse pardonner. Ce qui ne dispense pas de croire….
Tous les obstacles étant levés, le paralytique se remet debout et s’en va. Il n’est plus dépendant de porteurs, ni lié à son brancard qu’il peut porter lui-même. Il ne va pas pour autant devenir dépendant de son bienfaiteur. Son renvoi à la maison suggère que le miracle n’est pas seulement de pouvoir marcher, mais de pouvoir retourner, indépendant à sa propre vie…
Quoiqu’il en soit de son degré de compréhension, la foule rend à Dieu la gloire d’une parole qui a remis debout un paralytique
. »
Seigneur, ton Amour nous précède et avant que nous ayons accompli quoique ce soit, tu nous remets debout, tu nous guéris de nos paralysies, de tout ce qui nous empêche de marcher, libres et confiants, sur la route de notre vie, enfants du Père. Merci pour les frères et sœurs qui nous portent et nous aident à accueillir ton pardon, ton Amour.


Introduction au Notre Père

Jésus, comme tu l’as dit au paralytique, tu nous dis à chacun : « Enfant, tes péchés sont pardonnés ». Par toi nous pouvons prier en toute confiance notre Père.

sr Marie-Christine le 16 janvier 26

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(1) Camille FOCANT L’Évangile selon Marc, éditions du Cerf, collection Commentaire biblique : Nouveau Testament 2, Paris 2004 p 108-110 


jeudi 15 janvier 2026

Liturgie de la Parole 1er jeudi TO-II Marc 1, 40-45 ; 1Samuel 4, 1b-11,

Introduction

Dans le livre de Samuel, Israël, vaincu par les Philistins, s'imagine que leur victoire est due à l'arche de l'Alliance du Seigneur qui était chez eux. Le peuple envoie alors des gens à Silo pour prendre l'arche et ainsi pouvoir vaincre les Philistins. Ces derniers ont entendu les cris de joie du peuple d'Israël, ils ont eu peur mais plutôt que de se décourager, ils  décident d'être forts pour ne pas devenir esclaves des Hébreux « soyez courageux et combattez » et ce fut un grand désastre pour Israël. Cela prouve que rien ne peut remplacer le courage du cœur. 
L'évangile de Marc nous raconte la guérison d'un lépreux. On peut se poser la question, qui sont les lépreux aujourd'hui ? Quelles sont nos lèpres ?
Chantons les psaumes en rendant grâce à Dieu qui nous touche et nous guérit.

Commentaire


Marc raconte la guérison d'un lépreux, il souligne la compassion de Jésus, le contact physique qui transgresse l'interdit mais réintègre dans la société, le lépreux, l'exclu. Ce jour-là, le malade est devenu bien-portant, mais le bien-portant (Jésus), même si d'après la loi il est devenu impur, n'est pas devenu malade et sa santé est devenue contagieuse, il lui été interdit d'entrer dans une ville avec des gens normaux alors, il reste à l'écart. Il est hors des murs, comme l'était le lépreux. Les autres, les petites gens, le suivent. Parce que, malgré la demande de Jésus, le lépreux a raconté sa guérison à tout le monde. 
Or, sur la croix, on le laissera seul. Il rejoint ceux qui ont été abandonnés de tous. « L'amour livré jusque là ne meurt pas avec la mort. Alors, il n'est plus temps de se taire »(2),
Au temps de Jésus, les lépreux étaient traités durement et aujourd'hui ? Les migrants, les mendiants, les SDF ne sont-ils pas rejetés comme les lépreux de jadis? Notre société ne rejette-t-elle pas tous ces exclus ? Nous-mêmes avons tendance à nous considérer comme des gens normaux... 
J'étais à Lourdes l'année ou le pape Benoît XVI y est venu. Dans les rues, la police chassait tous les mendiants. Les SDF devaient se tenir en dehors de la ville, pourquoi ? Par sécurité ? Peut-être ! Quel danger représentaient-ils ?
Notre société a tendance à mettre des barrières. 
« les gens des pays de la faim à qui nous envoyons parfois un peu d'argent ou un camion de nourriture (mais on ne va tout de même pas s'appauvrir pour les enrichir), les étrangers (ces gens-là ne sont pas comme nous), les pauvres qui nous donnent mauvaise conscience, tous, de l'autre côté de la ligne que les bien-portants et les bien-pensants ont tracée pour se protéger » (1)
Le Pape François a dit ceci : Combien de fois ne rencontrons-nous pas un pauvre qui tend la main ? Nous lui donnons une pièce, mais nous ne le touchons pas. Toucher le pauvre peut nous purifier de l'hypocrisie et nous préoccuper de sa condition.
L'évangile d'aujourd'hui raconte un fait, une guérison mais saint Marc veut sans doute nous faire comprendre qu'aujourd'hui, comme hier, Jésus purifie notre cœur. Notre lèpre, ce sont nos entraves.
Reconnaissons notre pauvreté, laissons-nous toucher par Jésus et comme le lépreux, allons proclamer les merveilles que Dieu a fait pour nous !

Danièle le 15 janvier 26

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(1)    Homélie Abbé Roger Gillet
(2)    Anne Lecu

mercredi 14 janvier 2026

Liturgie de la Parole 1er mercredi 1 Marc 1, 29-39

Méditation

Après que Jésus ait choisi Simon et André puis Jacques et Jean pour les inviter à le suivre, la mission de Jésus prend corps.  Il va initier ses disciples sur un parcours de cinq guérisons particulières dans cinq lieux différents.
Il commence par une première guérison sous la forme d’un exorcisme dans la synagogue de Capharnaüm.
Après cela, juste en sortant de la synagogue il se rend, avec ses disciples, dans la maison de Simon et André, là où la belle-mère de Simon est alitée, malade assaillie par la fièvre. C’est la deuxième guérison.
Ensuite c’est hors de la ville que Jésus guérit un lépreux. Troisième guérison. Puis dans une maison et là, c’est un paralysé que l’on descend aux pieds de Jésus. Quatrième guérison. 
Finalement, pour clore une première étape de son parcours, il guérit un homme à la main desséchée. C’est la cinquième guérison.
Pourquoi je vous relate cela ? Simplement parce qu’il s’agit du parcours de Jésus, du parcours aussi de nos maladies que Jésus vient guérir : Le souffle impur, la fièvre, la lèpre, la paralysie, et la main qui n’agit pas selon le désir de Dieu. On a besoin d’être délivré de toutes ces maladies qui sont l’expression de nos fragilités humaines.
Aujourd’hui, c’est de la fièvre dont il s’agit. Les Écritures nous en parlent de façon assez explicite dans le livre du Deutéronome au ch. 28 : « Si tu ne respectes pas les commandements de Dieu – résultat de ton manque de foi, de fidélité et de confiance en Lui – l’Éternel te frappera de consomption, c’est-à-dire d’amaigrissement et de dépérissement, de fièvre, d’inflammation, de chaleur brûlante, qui te poursuivront jusqu’à ce que tu périsses »
Voilà ce dont souffre la belle-mère de Simon.
Remarquez qu’il n’est pas dit que Jésus la guérit mais qu’on parla d’elle à Jésus, qu’il s’approche, lui prend la main et la fait se lever. Alors la fièvre la quitte et elle se met à les servir.
En écrivant tout cela je suis interpellé par la nécessité et la puissance de la prière, des demandes d’intercession – on parla d’elle à Jésus - des demandes d’intercession que l’on fait pour tous ceux qui souffrent d’une manière ou d’une autre et qui ont besoin d’être guérit. Cette prière peut être pour les autres mais aussi pour nous-mêmes. 
Dans notre prière, il y a cette part de confiance, de foi en Celui qui vient nous réveiller et nous relever.  On a d’abord besoin d’être réveillé avant d’être relevé et cette main tendue de Jésus n'est pas magique, elle nous dit la compassion, la proximité, la tendresse et l’amour de Dieu à travers le geste de son Fils Jésus. Un geste que nous sommes invités à poser car, selon ce qui est écrit dans l’Évangile de Jean, Jésus dit aussi : « Amen, Amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais et il en fera même de plus grandes…et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai ». (Jean 14,12)
Comme Jésus vient le signifier par ce geste de restauration qui est une expression de notre résurrection, je nous invite à prier, à ouvrir notre cœur en toute confiance à Celui qui nous veut du bien. Nous ferons alors partie de toute cette foule des croyants qui était rassemblée devant la porte et que Jésus guérissait de diverses maladies.
Amen


Invitation au Notre Père

Seigneur notre Dieu, Toi la Source de la vie, toute joie nous vient de toi. Dans la foi et la confiance, accueillons ces paroles de bienveillance qui sont une Bonne Nouvelle à entendre. Tournons notre prière vers Celui qui est notre Père. 

Raymond le 14 janvier 26


mardi 13 janvier 2026

Liturgie de la Parole 1er mardi TO-II Marc 1, 21-28

Méditation 

Avec la reprise du temps dit ordinaire nous retrouvons l'évangile de Marc.  Avec lui, tout va très vite. Jésus est revenu du désert où il s'était retiré après son baptême par Jean et à la suite de Jean qui a été arrêté, il part pour la Galilée où il proclame l'évangile de Dieu et appelle ses 1er disciples. Le lendemain, ils se rendent à Capharnaüm et « aussitôt » mot qu'affectionne Marc, ils vont à la synagogue, c'est jour de sabbat, et Jésus enseigne. Quel est cet enseignement ? Marc n'en dit rien . Cependant, les gens sont frappés par ce qui est proclamé mais surtout par celui qui enseigne. «  Il enseignait en homme qui a autorité et non pas comme les scribes. » La parole de Jésus n'est pas une simple interprétation des scribes ni de la Tradition, c'est une parole authentique qui vient de sa personne, une parole de liberté, - liberté d'action, liberté de chemin -  parole de créativité. Et Marc nous montre que Jésus n'est pas seulement libre mais aussi libérant, il libère l'humain de ce qui lui pourrit la, vie. 
 « Aussitôt » mot qui n'est pas mis dans la traduction, la Parole  se montre efficace et réalise se qu'elle dit. 
Aussitôt, un homme possédé  par un esprit impur c-à-d divisé, mélangé, multiple,  se met à crier. Il est à remarquer que l'enseignement des scribes ne dérangeait pas cet homme auparavant mais la présence de Jésus  dévoile le démon, elle est source de questionnement. « Que nous veux-tu ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es ? »  Un pluriel : « nous » et un singulier : « je ». Le démon est à la fois pluriel et singulier. La prise de possession d'une personne par le démon la rend multiple, la disperse, elle n'est plus elle-même. Jésus va libérer cet homme de l’enfermement où il se trouve. Même si ce que le démon déclare est juste : « Tu es le saint de Dieu » c'est un savoir et non la foi,  Jésus ne veut pas discuter avec lui et d'une parole  « Tais toi ! Sors de cet homme », il le chasse. Le démon sort en vociférant. Ferme et avec autorité la parole de Jésus libère l'homme.
Par  cet évangile nous voyons que l'esprit du mal est vaincu, que Jésus est vainqueur. 

« Tous dans la synagogue sont frappés de stupeur. Voilà un enseignement nouveau donné avec autorité. Sa renommée se répandit aussitôt partout. »
Certes, sa renommée est venue jusqu'à nous mais sa Parole nous émerveille t-elle encore ?  Sommes-nous frappée de stupeur lorsque nous l'entendons ? 

Ce temps de la Nativité que nous venons de célébrer, nous a rappelé que Jésus est venu sur terre   pour sauver l'humanité, libérer l'homme et lui redonner la possibilité de vivre en relation avec Dieu, s'il le veut. Il est venu le libérer du mal qui le tiraille et le divise. 
Nous ne sommes pas possédés mais le mal est bien présent. Quand la tentation m'envahit ai-je le courage de crier et d'appeler au secours Jésus ou bien je m'appuie sur mes propres forces pour essayer de me libérer ? Bien vite je déchante car je ne suis pas armé pour ce combat et le démon le sait mieux que moi. Une prière humble, confiante, qui prend appui sur sa Parole,  voilà le chemin de la victoire.  Alors libéré, je pourrai à mon tour m'émerveiller et rendre grâce.  

Sr Jean Baptiste le 13 janvier 26