Liturgie de la Parole 29e samedi TO-II Luc 13, 1-9 ; Éphésiens 4, 7-16
Commentaire
Nous vivons une période troublée qui inquiète bon
nombre d’entre nous et plus largement la population mondiale.
Il y a bien sûr le changement climatique avec
l’impact sur notre santé et nos conditions de vie perturbées par les phénomènes
météorologiques.
Il y a la montée de l’extrême droite qui fait
apparaître un repli identitaire avec tout ce qu’il implique comme comportements
égoïstes.
Il y a la propagation des guerres un peu partout
dans le monde avec ses conséquences humanitaires désastreuses.
A l’évidence, tout cela perturbe l’ordre et
l’économie mondial qui se fait au détriment des plus vulnérables.
Ce qui s’est passé en Palestine au temps de Jésus et
qui se passe encore aujourd’hui sous nos yeux, ce qui a eu lieu à Siloé et que
nous lisons ou entendons dans les médias tous les jours, est la conséquence de
nos fonctionnements désordonnés.
Notre premier réflexe est de vouloir connaître les
pourquoi, les comment, les coupables… nous voulons savoir et comprendre.
Je ne peux admettre que certains puissent,
aujourd’hui encore, en vouloir à Dieu en l’accusant de tous les maux, en
pointant le doigt sur lui plutôt que de reconnaître avec humilité notre
responsabilité individuelle et collective.
Il n’y a pas de justice divine là-dedans.
Les gens s’attendaient probablement à ce que Jésus
condamne les actes mauvais et méchants de Pilate. Au lieu de cela, Jésus les a écoutés
et leur a laissé le temps de vider leur sac, le temps de dire leur malheur.
Ensuite il les a appelés à se repentir c’est-à-dire changer le regard que l’on
porte sur Dieu et sur soi.
C’est notre manque de confiance, notre repli sur
soi, notre autosuffisance, notre réticence à se laisser toucher, une lenteur du
cœur qui pose problème.
Dieu ne peut forcer les consciences. Le cœur aussi
doit se mettre en route et il n’y a que le regard d’un amour qui tient bon qui
va me permettre d’entrer peu à peu dans une autre voyance.
On peut dire que Jésus nous invite à une autre
logique. Cessez, nous-dit-il, de regarder les autres pour trouver les causes du
mal : les étrangers qui augmentent le chômage, les réfugiés qui causent
l’insécurité, les fonctionnaires qui accentuent la dette publique, les
industries qui polluent la planète… Regardez votre responsabilité du moment, là
où vous êtes, et ce que nous pouvez faire maintenant pour que les figuiers de
notre terre portent du fruit.
Comment pouvons-nous creuser en nous et nourrir la
terre de notre vie, de notre famille, notre communauté et de la société ?
Voilà sans aucun doute la question que nous pouvons
nous poser.
Oui, la réponse chemine en silence dans la
conversion de notre manière de regarder, de penser et d’agir, dans l’écoute
d’une parole de vie qui invite à la confiance, l’espérance et l’amour.
Invitation au Notre Père
Raymond
le 24 octobre 26

