dimanche 4 janvier 2026

Matthieu 2, 1-12 Liturgie de la Parole Épiphanie année A

Autres lectures : Isaïe 60, 1-6 ; Éphésiens 3, 2-3a.5-6

Homélie

L’évangile de saint Matthieu semble avoir été écrit au sein de communautés chrétiennes restées très proches de la foi juive : il est le plus juif des évangiles, celui qui se réfère le plus à la Loi. Il est significatif que, pour ces communautés, Matthieu propose autour de la naissance de Jésus le récit de la visite mystérieuse de sages venus d’Orient. Il est le seul à le faire. Il souligne ainsi, dès le début de son récit de la vie de Jésus, que l’Évangile, la bonne nouvelle, s’adresse à toutes les nations : c’était loin d’être évident pour une communauté chrétienne d’enracinement juif. Alors que le prophète Isaïe qui, à sa manière, propose une vision universelle de Dieu pour toutes les nations le fait à partir du centre qu’est Jérusalem, le christianisme naissant va se déplacer vers les nations, vers le monde étranger à la foi juive. On sait combien saint Paul, qui écrit ses lettres avant l’époque de la rédaction des quatre évangiles, a ouvert la foi au monde païen, non sans conflits et difficultés. Dans la lettre aux Éphésiens, nous avons entendu cette affirmation particulièrement forte : « Ce mystère (de l’évangile), c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus. »
Notre Église est dite catholique, c’est-à-dire au sens propre universelle. Mais depuis le 11e siècle, l’Église a connu une fracture majeure entre Orient et Occident. Cela a conduit à une double difficulté. D’une part, les Églises orthodoxes ont eu tendance à devenir des Églises nationales : la patriarcat de Moscou est un bon exemple de cette dérive à l’heure actuelle. Il y a ensuite eu la fracture née de la Réforme. Mais, d’autre part, l’Église catholique latine, de fait d’Europe occidentale, a eu tendance à se considérer comme l’unique centre du christianisme, même si elle a largement émigré tant sur le continent américain qu’en Afrique. De plus, au sein de l’Église catholique, ici en Europe et chez nous, il y a des différences importantes de sensibilités, d’options théologiques, liturgiques, éthiques. Comment, dans ces conditions, vivre la communion, une forme d’unité dans la différence en nous fondant sur l’Évangile ?
Le synode sur la synodalité, qui s’est conclu il y a un an, a manifesté une évidence : les Églises européennes sont devenues minoritaires au sein de la grande Église catholique. Cela pose de nouvelles questions difficiles : comment vivre ensemble et en communion alors que nous sommes différents, différents dans nos expériences historiques, mais aussi dans nos théologies et dans nos approches éthiques ? L’expérience œcuménique conduit aussi aujourd’hui à poser autrement la question de la recherche de communion dans la différence, d’une forme d’unité qui n’efface pas les différences : avec les Églises orientales, orthodoxes et autres, et avec les Églises protestantes de plus en plus dispersées. Comment être bonne nouvelle pour toutes les nations ?
Les différences étaient largement géographiques : les Église orthodoxes en Orient, les Église protestantes dans l’Europe du Nord, et l’Église catholique dans l’Europe du Sud… Ces différences sont de plus en plus présentes chez nous maintenant. Et les différences religieuses ne sont pas seulement chrétiennes : c’est aussi la forte présence de l’islam, et les religions beaucoup plus minoritaires comme le bouddhisme. Et cette autre différence de tous ceux qui n’ont aucune appartenance religieuse. Comment vivre ensemble, faire ici et maintenant peuple ensemble ? Et comment faire peuple ensemble alors que les clivages idéologiques et politiques sont tellement marqués ? La difficulté de mettre sur pied un gouvernement bruxellois est un signe parlant de cette difficulté du vivre ensemble, en acceptant l’autre dans sa différence.
Comme croyants, fêter aujourd’hui l’Épiphanie n’est-ce pas chercher sincèrement à vivre ensemble différents, sans tenter d’éliminer les différences en imposant son point de vue ? Vivre différents comme chrétiens, parce que associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, selon les mots de la lettre aux Éphésiens. Vivre différents en harmonie, comme citoyens d’un même pays, citoyens du monde. N’est-ce pas ce à quoi nous invitent ces sages venus d’Orient, ces sages qui se sont déplacés pour accueillir Jésus ?
À l’ouverture de cette année 2026, nous sommes pleins de questions et d’inquiétudes, et ces inquiétudes sont grandissantes. Tout indique que les rencontres de Trump dimanche dernier avec Zelensky et Netanyahou ne vont pas conduire à un cesser le feu au juste et digne que possible en Ukraine ni à une diminution de la violence à Gaza et en Cisjordanie, tout au contraire. Sans compter la multiplicité des conflits en Afrique, principalement. 2026 s’ouvre sur de mauvais augures.
Cependant aujourd’hui encore brillent des étoiles. Des voix d’indignation contre l’injustice et la violence se lèvent. De nouveaux chemins de vie, de solidarité, de communion avec la nature s’expriment et se cherchent. Non pas à partir des grands pouvoirs ou des salles de marché, sensés savoir ce qui est bien pour l’humanité, mais dans l’humilité de ce que les gens vivent en liberté. Des expériences spirituelles profondes, des expériences de Dieu se disent dans les religions du monde. Dans tout cela, l’Esprit de Dieu est à l’œuvre. Mais sommes-nous attentifs aux signes qui sont donnés, ouverts à l’initiative de Dieu aujourd’hui, alors que peut-être cela ne correspond pas à ce que nous avons toujours fait ou pensé ?
Après être venus adorer Jésus, les mages regagnèrent leur pays par un autre chemin, dit Matthieu. Qu’ont-ils fait de leur expérience et de leur découverte ? Nous ne savons pas. Nous ne sommes pas non plus maîtres du rayonnement de l’Évangile aujourd’hui : la grâce de Dieu continue à être à l’œuvre parmi nous et au-delà de nos horizons. Rendons-en grâce à Dieu.

Père Ignace Berten o.p. Hurtebise 4 janvier 26


samedi 3 janvier 2026

Jean 1, 29-34 Liturgie de la Parole 3 janvier

Première lecture : 1 Jean 2, 29-3,6

Introduction

* Nous sommes rassemblés en Église, portant en notre prière l’humanité entière, en laquelle Jésus s’est incarné. 
* En ce temps de Noël nous avons le regard déjà tourné vers l’Épiphanie, la manifestation de Jésus aux nations. 
* les lectures de ce jour nous y invitent. Jean le baptiste nous désigne Jésus, le Christ, Agneau de Dieu

Commentaire des Écritures

Saint Jean en sa lettre, nous invite à contempler l’amour dont nous sommes entourés : Voyez de quel grand amour le Père nous a comblés, que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes. 
Cette contemplation doit nous mener à demeurer en lui, loin de tout péché.  
Jean Baptiste nous désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu, celui qui porte, qui enlève le péché du monde. Accueillons avec amour, le salut qu’il nous offre en prenant sur lui nos péchés. 
Jean nous l’assure : nous avons à devenir semblables à Jésus, devenons solidaires de Jésus, en portant avec lui, le péché du monde. Soyons comme Simon de Cyrène, soulageons par notre prière, par notre amour le poids qui pèse sur ses épaules. 

Prière d’action de grâce

* A toi Père, nous rendons grâce, pour ce temps béni où se réalise la promesse des origines. Jésus ton Fils entre dans nos vies avec la sagesse des humbles. 
* Nous te rendons grâce pour la parole d’amour qu’il fait éclore au cœur de notre humanité, lui, le Verbe incarné. 
* Nous te rendons grâce pour la nourriture de son corps, sacrement de sa présence, qu’il nous partagera jusqu’au jour de l’avènement du Royaume. 


Notre Père

* Nous rendons grâce pour la prière qu’il nous a enseignée, les mots de l’enfant appelant son Père : Notre Père... 

Prière finale

Père miséricordieux, en ce temps de Noël, ta promesse est accomplie, un Sauveur nous est né. Grâce te soit rendue pour ce don qui réjouit nos cœurs et fortifie notre espérance et notre foi. Pour les siècles des siècles.

Bénédiction

Que le Seigneur, Verbe fait chair illumine nos vies dans l’espérance du Royaume. 
Que Dieu nous manifeste sa tendresse et nous bénisse, lui qui est Père, Fils, et Saint Esprit 

sr Myrèse 3 janvier 2013


vendredi 2 janvier 2026

Jean 1, 19-28 Liturgie de  la Parole  2 janvier, Mémoire des Sts Basile le Grand et Grégoire de Nazianze 

1ère lecture 1 Jean 2, 22-28

Introduction

Nous voici rassemblés en communauté, en Église.
« Qui es-tu ?... Pourquoi donc baptises-tu ? »
Telles sont les questions posées à Jean le Baptiste dans l’évangile.
Ses réponses orientent vers un Autre que lui :
« Je ne suis pas le Christ… au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas »
Nous pourrions nous poser la question suivante : comment Jean le Baptiste, comment nous-mêmes pouvons-nous reconnaître Celui que nous attendons ?
Dans l’épître du jour, Jean nous instruit :
« Quant à vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin d’enseignement. Cette onction vous enseigne toutes choses, elle qui est vérité et non pas mensonge »
Ce qui a permis à Jean le Baptiste de reconnaître l’Envoyé de Dieu, c’est l’Esprit-Saint !
Ce même Esprit nous permet, aujourd’hui, de reconnaître les signes de Sa présence…
Et en ce jour, nous célébrons la mémoire de l’un des chantres de l’Esprit !
Saint Basile le Grand, évêque de Césarée… et son ami Saint Grégoire de Nazianze, qui préféra la vie monastique à l’épiscopat. Ils vécurent au 4e siècle.
Si Basile écrivit le Traité du Saint-Esprit, Grégoire est le « théologien de la Trinité »…
En ce 2 janvier, nous voulons rendre grâces au Seigneur pour les Saints qui guident son Eglise.
A leur prière, rejoignons les intentions des hommes et femmes de notre temps et répondons à l’invitation du psalmiste : « Chantons au Seigneur un chant nouveau… »

Méditation

Dans son épître, Saint Jean nous exhorte :
« Quant à vous, que demeure en vous ce que vous avez entendu depuis le commencement. Si ce que vous avez entendu depuis le commencement demeure en vous, vous aussi, vous demeurerez dans le Fils et dans le Père »

En ce temps de Noël, nous sommes invités à nous rendre disponibles à l’appel de Dieu et à son désir de « demeurer » en nous.
Pour nous rendre sensibles aux signes de la Présence de cet Hôte intérieur, je voudrais vous citer un extrait du Traité du Saint-Esprit… oui, un extrait, je vous rassure, car c’est un volume consistant !
Voici ce qu’écrit Saint Basile :

« Qui donc, en entendant les noms que l’on donne à l'Esprit, n'élève pas sa pensée, ne hausse pas sa réflexion vers ce qu'il y a de plus sublime ? Car on dit : l'Esprit de Dieu, l'Esprit de vérité qui procède du Père, l'Esprit ferme, l'Esprit qui dirige. ‘Esprit Saint’ est son appellation propre et particulière…
Il est inaccessible de sa nature, mais on peut saisir sa bonté. Il remplit tout par sa puissance, mais il se communique seulement à ceux qui en sont dignes, et non pas dans une mesure uniforme mais en distribuant son activité en proportion de la foi…
Il se divise, mais sans subir aucune atteinte. Il se donne en partage, mais garde son intégrité : à l'image d'un rayon de soleil, dont la grâce est présente à celui qui en jouit comme s'il était seul…
C'est ainsi que l'Esprit, présent à chacun de ceux qui peuvent le recevoir comme si celui-ci était seul, répand sur tous la grâce en plénitude. Ceux qui y participent en jouissent autant qu'il est possible à leur nature, mais non pas autant que lui-même peut se donner…
Comme les objets nets et transparents, lorsqu'un rayon les frappe, deviennent eux-mêmes resplendissants et tirent d'eux-mêmes une autre lumière ; de même les âmes qui portent l'Esprit, illuminées par l'Esprit, deviennent elles-mêmes spirituelles et renvoient la grâce sur les autres.
De là viennent la prévision de l'avenir, l'intelligence des mystères, la compréhension des choses cachées, la distribution des dons spirituels, la citoyenneté céleste, la danse avec les anges, la joie sans fin, la demeure en Dieu, la ressemblance avec Dieu, et le comble de ce que l'on peut désirer : devenir Dieu ».

En recevant en nos cœurs un hôte si porteur de bienfaits, nous serons capables de recevoir ce que St Jean appelle l’objet de « la promesse que lui-même nous a faite : la vie éternelle »

Temps de silence
Notre Père
Oraison
En ce jour où nous faisons mémoire des Saints Basile le Grand et Grégoire de Nazianze, nous voulons te rendre grâces d’avoir choisi l’homme et la femme pour demeure. Nous t’en prions, accorde-nous de recevoir en nous ton Esprit-Saint, afin qu’Il nous inspire, nous accompagne et réalise en nous ton rêve pour nos vies. Alors, nous pourrons reconnaître tout autour de nous, et en nous-mêmes, les signes de Ta présence. Nous te le demandons par Jésus-Christ, ton Fils ressuscité, qui règnes avec Toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

Sr Marie-Jean Noville 2 janvier 21


jeudi 1 janvier 2026

Luc 2, 16-21 Liturgie de la Parole 1er janvier Marie, Mère de Dieu

Introduction

    C’est un triple événement  que nous célébrons aujourd’hui. 
- Nous saluons Marie en qui les chrétiens reconnaissent la « mère de Dieu ».
- Ensuite la journée mondiale pour la paix qui nous invite à nous interroger sur les causes de nos divisions et d’y trouver remède en construisant un monde plus solidaire.
- Enfin l’entrée dans un nouveau millésime, 2026 porteur de bien des attentes et d’espoirs.
Dans la joie, accueillons cette année de vie, de grâce et de bonté que le Seigneur nous offre.  Dans la confiance, car en son pardon il nous ouvre un chemin d’avenir.

Homélie 

      Marie, Mère de Dieu :   Ce titre a bousculé les structures de pensée de l’humanité :  Qu’une simple femme mette au monde le Fils de Dieu, qu’elle soit le lien privilégié qui unisse le ciel et la terre, le divin à l’humain, que, par elle, Dieu ait voulu se faire homme, est la plus prodigieuse nouvelle que notre terre ait jamais entendue.
      Désormais, chose inouïe, inconcevable, inimaginable,  il nous est permis de reconnaître en toute personne, le reflet de Dieu. 
      Par contre qu’une femme puisse enfanter Dieu, fut l’obstacle où achoppèrent bien des chrétiens dès les 1ers siècles.  C’est donc pour raffermir leur foi que le concile d’Ephèse en 431 proclama Marie « Mère de Dieu ».
Cette déclaration a eu pour conséquence d’exalter Marie parfois de façon exagérée alors que, comme nous le montre une fois encore l’évangile d’aujourd’hui, Marie était une femme d’intériorité.
Ainsi par exemple, St. Luc montre que les bergers, 1ers messagers de la Bonne Nouvelle, vont rapporter aussitôt tout ce qu’ils ont vu et entendu.  En contraste, Marie reste silencieuse et retient, médite tous ces événements dans son cœur. 
Et ce n’est pas le seul endroit où les évangélistes nous disent que « Marie méditait dans son cœur ».
      Mes chères sœurs, chers amis,
En ce jour de l’an, la tradition nous invite à exprimer nos vœux, c’est-à-dire des paroles bienveillantes.
C’est avec cette conviction que je vous adresse ici mes souhaits. Puissions nous comme Marie, dire « oui ». un « oui » qui mobilise tout notre être, toutes nos énergies 
- pour que notre confiance en Dieu soit contagieuse et nos cœurs débordants de joie.
    Je vous souhaite une bonne sainte et heureuse année. 

Abbé Fernand Stréber Hurtebise 1er janvier 2026


mercredi 31 décembre 2025

Jean 1, 1-18 Liturgie de la Parole 31 décembre

Homélie 

Nous voici arrivés au terme d’une année civile. Le calendrier va changer et pourtant, rien de magique ne se produira. Et pourtant Dieu sait que nous avons entendu ces dernières semaine parler à profusion de la magie de Noël ! 
Non le monde ne s’arrête pas. La vie continue. Cependant, ce moment a un poids spirituel intense. Car l’Église nous apprend un geste fondamental : relire le temps devant Dieu.
Non pas pour dresser un bilan comptable de nos réussites et de nos échecs, mais pour reconnaître ceci : le temps que nous avons vécu n’était pas vide — il était habité.
Habité par Dieu.
La Parole de Dieu ne nous parle jamais du temps comme d’un simple déroulement mécanique. Le temps biblique est un temps traversé par la fidélité de Dieu. 
Le psalmiste le dit avec audace : « Mes jours sont dans ta main » (Ps 31). 
Autrement dit : rien de ce que nous avons vécu n’a échappé à Dieu — ni les jours lumineux, ni les heures lourdes, ni les silences, ni les blessures.

Nous arrivons en cette fin d’année avec des mémoires contrastées.
S’y trouvent des motifs de gratitude, visibles ou secrets.
S’y trouvent également des regrets, des fatigues, peut-être des échecs qui nous collent encore à la peau.
Et nous pourrions être tentés de penser : « Cette année est perdue ».
Mais Dieu ne connaît pas les années perdues.
Il ne connaît que des années offertes.
Même ce qui nous semble stérile, Dieu peut le transfigurer. Même ce qui fut pauvre, il peut l’assumer. Car le cœur de notre foi n’est pas l’optimisme, mais cette certitude: Dieu est fidèle, même quand nous ne l’avons pas été.

La liturgie ne nous invite pas à tourner la page trop vite ; non, elle nous invite à un acte profondément chrétien : l’action de grâce
Dire merci, ce n’est pas dire que tout allait bien. 
Dire merci, c’est reconnaître que Dieu était là — et qu’il est encore là.
Et c’est ici que la figure du Christ devient décisive.
Jésus n’a pas traversé le temps en le fuyant. Il l’a habité jusqu’au bout. « Et le Verbe s’est fait chair… engendré avant le Temps, il entre dans le cours du Temps ». 
Il a connu l’attente, l’incompréhension, l’épreuve, la joie, l’abandon, la mort. Et c’est précisément ainsi qu’il a réconcilié le temps avec l’éternité.

En Christ, le temps n’est plus une menace qui nous échappe, mais un lieu de salut.
Chaque jour peut devenir un lieu de rencontre avec Dieu. Chaque instant peut être visité par la grâce.
Alors, au seuil de l’année nouvelle, l’Église ne nous demande pas d’abord de prendre de bonnes résolutions. Elle nous demande quelque chose de plus profond: un acte de confiance.
Confier à Dieu ce qui fut.
Confier à Dieu ce qui vient.
Confier à Dieu ce que nous ne maîtrisons pas.

L’espérance chrétienne n’est pas naïve. Elle sait que le monde est fragile, que l’histoire est traversée de violences, que nos vies restent vulnérables. Mais elle ose affirmer ceci : l’avenir n’est pas fermé, parce qu’il est déjà ouvert par le Christ ressuscité.
Frères et sœurs, entrer dans une nouvelle année, ce n’est pas repartir à zéro.
C’est avancer avec Dieu, forts de ce qu’il a déjà fait.
C’est croire que ce qui vient peut encore être sauvé, relevé, transfiguré.
Demandons, ce 31 décembre, la grâce d’un regard croyant sur le temps.
Non pas un regard nostalgique ou inquiet, mais un regard eucharistique : un regard qui sait dire merci, même dans l’inachevé.
Car le dernier mot sur notre histoire n’est jamais le nôtre.
Le dernier mot appartient à Dieu.
Et ce mot est un mot de vie.

Amen.

Doyen Philippe Goosse Hurtebise 31 décembre 25