Liturgie de la Parole 1er lundi de carême Matthieu 25, 31-46 ; Lévitique 19, 1-2.11-18
Comme
Homélie
La première lecture pourrait faire peur : Non seulement le Seigneur nous dit « soyez saints », mais il ajoute « car moi, je suis saint » ; on pourrait dire sans trahir le texte : « soyez saints, comme moi, qui suis saint ». Oups … Fameux programme et peut-être même un programme terrifiant : avoir la même sainteté que Dieu lui-même … Mais, en même temps, la sainteté à laquelle nous sommes appelés est un chemin relationnel assez ordinaire : ne pas voler, ne pas mentir, ne pas exploiter, ne pas haïr, aimer son prochain comme soi-même. On imagine souvent la sainteté comme quelque chose de mystique … Pas du tout, elle se vit dans les relations concrètes, dans ce que les philosophes appellent mon « être-au-monde », ma manière de vivre dans le monde et avec les autres. On est loin d’une extase mystique ou d’une lévitation.
L’évangile éclaire cela. Dans ta relation au monde, dans ton rapport aux autres, c’est moi que tu rencontres : « ce que vous avez fait ou pas fait, c’est à moi que vous l’avez fait … ou pas ». Notre Dieu n’est pas au ciel ; son « ciel » est sur terre, juste à côté de nous. Et, comme à Noël, comme on le verra aussi à la Passion, Dieu se montre dans l’humilité, la pauvreté, la petitesse : malade, nu, étranger, prisonnier … Notre Dieu et sera toujours un Dieu vulnérable. Saint Jean Chrysostome écrivait : « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas quand il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, avec des étoffes de soie, pour ensuite le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. » Notre travail de carême, de conversion est de le découvrir, de le dé-couvrir là où naturellement nous ne nous attendons pas à le trouver. Et c’est un travail bien plus exigeant que de se passer de chocolat, fût-il Galler.
Et enfin, je vous redis la Parole du Lévitique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Si vous mettez ce texte et l’évangile ensemble, vous comprenez que mon prochain est le lieu de la rencontre avec le Christ. C’est là que je peux le voir, l’entendre, le toucher même. C’est comme une autre eucharistie : je le vois dans le Pain consacré et dans le pauvre ; je l’entends dans les lectures du jour et dans le cri de l’opprimé ; je le touche au moment de la communion et lorsque je touche un malade. Impossible de différencier, voire de dissocier l’amour de Dieu et l’amour de mon frère ! Mais avouons que parfois, on aimerait !
Le Carême n’est pas une montée solitaire vers Dieu, mais un chemin où l’on découvre que Dieu nous attend dans le visage de l’autre.
Pierre Hannosset le 23 février 26
https://padrepierre.blogspot.com/2026/02/lundi-de-la-1ere-semaine-de-careme.html

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